DES RACINES BERBERES DANS LE GREC, LE LATIN ET LES LANGUES SEMITIQUES
Tous ces documents,dont
l'authenticité est vérifiée, nous incitent à penser que la langue
berbère, par son antériorité, est une langue mère. Ceci est
confirmé par la présence simultanée de nombreux vocables de base berbère,
dans des langues aussi diverses que les langues grecques, sémitiques et
latines. Ainsi, sans citer des mots aussi répandus que: «ma»: mère
- ou «mouTe » : mort , nous trouvons des vocables comme:1-semmece mot signifie en langue
berbère le nom. Nous le trouvons avec le même sens dans la langue
grecque sous le mot "semma" (qui a donné le mot sémantique
en français) et, sous le vocable de «A-semmou » ou « achemou »,
dans les langues sémitiques. Louya : ce mot signifie en berbère
paroles, discours. Il se retrouve avec le même
sens dans le mot grec "logos" et dans le terme arabe
"lougha".
A-seguemmesignifie en berbèrele nombre, ou partie de..., ou
fraction de... Ce mot se retrouve, dans la langue latine, sous
le vocable "segma", signifiant segment et, en langue
arabe, sous le mot "mesegueme" qui veut dire 'ordonné'.
Ces quelques exemples, qu'il est possible de
multiplier, suffisent à démontrer que la langue berbère n'est pas étrangère
à la formation des langues du Moyen-Orient, et du Bassin Méditerranéen
d'où sont issueslesplusbellescivilisations humaines.
Cette langue-mère se serait diluée peu à
peu, au cours des siècles, jusqu'à disparaître des langues modernes.
Elle est restée à peu près intacte chez les divers peuples berbères
du Nord de l'Afrique, dont elle constitue l'ethnie.
REPARTITION DES BERBERES SELON HERODOTE
Les groupements berbères se sont
diversifiés, dès les premiers
temps, et ont pris la forme de vie, imposée par la nature des régions
qu'ils ont occupées. Le grand historien grec Hérodote (qui a vécu
entre 480 et 423 avant Jésus-Christ, c'est-à-dire mille ans avant la
naissance du Prophète Mohammed) parlant desBerbères,qu'ilappelle Libyens, écrit : La Libye renferme beaucoup de nations différentes...
Voici l'ordre dans lequel on trouve les peuples de la Libye:
A commencer depuis l’Egypte : les premiers
qu'on rencontre sont les Adyrmachides... Les Giligames touchent aux
Adyrmachides... Immédiatement après Les Giligames, on trouve les
Asbytes, du côté du couchant ; ils habitent le pays au dessus de Cyrène,
mais ils ne s’etendent pas jusqu'à la mer... Les côtes maritimessont occupées parles Cyrénéens... Les Auschises sont à l'occident des
Asbytes, auxquels ils confinent ; ils habitent au dessus de Barce
et s'étendent jusqu'à la mer près des Evesperides. Les Cabales (d'où
vient le mot Kabyles) demeurent vers le milieu du pays des Auschises. Le
pays des Auschises est borné à l'ouest par celui des Nasamons.
Au-dessus de ces peuples, vers le midi, dans un pays rempli de bêtes féroces,
sont les Garamantes. Ils ont pour voisins les Macés... Ceux-ci sont à
l'ouest et le long de la mer … Les Gindanes touchent aux Macés… Les
Lotophages habitent le rivage de la mer qui est devant le pays des
Gindames... ;ils
confinent le long de la mer aux Machyles... Immédiatement après les
Machyles, on trouve les Auséens…. ; au-dessus, en avançant dans
le milieu des terres, on rencontre la Libye sauvage au-delà de laquelle
est une élévation sablonneuse qui s'étend, depuis Thèbes en Egypte,
jusqu'aux Colonnes d'Hercule (Gibraltar). On trouve dans ce pays
sablonneux... les Ammoniens... , après les Ammoniens... on
rencontre une colline de sel avec de l'eau et des habitants aux
environs... Le mont Atlas touche à cette colline... Les habitants de
ce pays... se nomment Atlantes... à l'est du fleuve Triton. Les Libyens
laboureurs touchent aux Auséens, ils ont des maisons et se nomment
Maxyes3 . Les Libyens maxyes touchent aux Libyens Zauèces4- les Gyzantes habitent immédiatement après les Zauèces...
Tels sont les peuples de Libye.
Toutes
ces nations berbères seront appelées plus tard, par les Romains,
Numides et Mauritaniciens. Leurs descendants actuels sont les Kabyles de
l'Algérie et les Berbères marocains.
Seuls de
tous ces peuples berbères, les Egyptiens, favorisés par la vallée du
Nil, ont pu former une unité nationale. Les autres groupements ont
conservé jalousement leur liberté et sont restés indépendants les
uns des autres. Ce manque de cohésion sera plus tard la cause de leur
perte et de leur ruine.
EMPRUNTS GRECS AUX BERBERES
Quoi qu'il en soit, ces premiers groupements berbères ont vécu en société
bien organisée et policée, suivant de près l'évolution égyptienne.
Il ne reste aucun vestige de ces temps anciens. Un jour, peut-être, des
fouilles très profondes ramèneront des documents qui nous éclaireront
sur la vie de ces
groupements. Il est pourtant des faits qui peuvent
nous fixer sur l'état d'esprit et le mode de vie de ces populations. Hérodote,
parlant de la société grecque, écrit :
Les
Grecs ont emprunté des Libyennes l'habillement et l'égide
<bouclier> des
statues de Minerve, excepté que l'habit des
Libyennes est de peau et que les franges de leurs égides ne sont pas
des serpents, mais des bandes de cuir. Le reste de l'habillement est le
même. Le nom de ce vêtement prouve que l'habit des statues de Minerve
vient de Libye. Les femmes de ce pays portent, en effet, par dessus
leurs habits, des peaux de chèvre, sans poils, garnies de franges et
teintes en rouge. Les Grecs ont pris leurs égides de ces vêtements de
peau de chèvre. Je crois aussi que les cris perçants qu'on entend dans
les temples de cette déesse tirent leur origine de ce pays. C'est, en
effet, un usage constant parmi les Libyennes et elles sont acquittent
avec grâce. C 'est aussi des Libyens que les Grecs ont appris à
atteler quatre chevaux à leurs chars.
Dans un autre chapitre, parlant des Libyens nomades,
il déclare :
Tout
le pays, qui s'étend depuis l'Egypte jusqu'au lac Tritones, est habité
par des Libyens nomades qui vivent de chair et de lait. Ils ne mangent
point de vache, pas plus que les Egyptiens et ne se
nourrissent point
de porc. Les femmes de Cyrène ne se croient pas permises non plus de
manger de la vache, par respect pour la déesse Isis, qu'on adore en
Egypte.Elles jeûnent même
et célèbrent des fêtes solennelles on son honneur. Les femmes de Barcé,
non seulement ne mangent point de vache, mais elles s'abstiennent encore
de manger de la chair de porc.
Ces groupements berbères étaient organisés
en petits états, parfois des Cités-états
ou des petits-royaumes
indépendants. Il est à peu près certain que
les royaumes maritimes berbères ont eu une civilisation et une activité
sociale, économique et politique très grandes, contemporaines des
civilisations "minoenne" et "mycénienne". Plus
tard, ils
entretinrent des contacts et des relations commerciales
suivis avec les Phéniciens (auxquels ils ont concédé des comptoirs
pour favoriser leurs échanges : Lixus, Utique, Carthage), de même
avec les Grecs et les Romains.