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Histoire d'Afrique du Nord revisitée
Une des façons -pour mieux comprendre l’histoire- est de la lire à grande échelle dans le temps et dans le contexte avoisinant. Ici le cas de Tamazgha (Afrique du Nord) en dates clés :

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Année 1983 : "Au nom de dieu, la langue des grandes mères et les histoires des vieillards, il faut le Berbère disparaisse, c’est une langue ancienne» Discours de Mamer Qadhafi.

 

 
Année 1983 : Slimane Azem, poète et chanteur kabyle, meurt en exil à Moissac (Tam et Garonne) en France à l’âge de 65 ans, suite à une maladie.

 

 
Année 1983 : Salem Chaker, chercheur et militant berbèriste vivant en France est interpellé à son arrivée, de retour au pays, à l’aéroport d’Alger. Il est convoqué et interrogé par la police. Il regagne, le 27 février 1983 la France après plusieurs tracasseries, moyen trouvé par le pouvoir pour intimider les militants berbéristes. C’est durant cette période que le Président Chadli entame une visite en Kabylie. Elle est boycottée par la population et même par les lycéens de Tizi-Ouzou mobilisés spécialement pour recevoir le Président, montrant ainsi leur mécontentement et leur refus de la politique du pouvoir.

 

 
Année 1983 : Commémoration du troisième anniversaire de la journée du 20 avril. Des conférences, projections de films, galas et présentation de pièces de théâtre sont au programme. Une conférence axée essentiellement sur le mouvement national algérien et la question berbère est présentée par Maître Mabrouk Belhocine, ancien militant du PPA et du FLN. Des grèves symboliques et des recueillements sont, par ailleurs, observés par les lycéens, étudiants et travailleurs de la région.

 

 
Année 1983 : Un texte signé par 31 militants du Mouvement Culturel Berbère est envoyé au Président de la République pour réaffirmer que leurs revendications (reconnaissance officielle des langues populaires, tamazight et arabe algérien, Libertés démocratiques), restent entières. Saïd Sadi publie un roman en berbère intitulé "Askuti" (le boy scout). Il raconte l’histoire d’un jeune lycéen qui a rejoint le maquis en 1956 et qui se retrouve tortionnaire après l’indépendance, dans les locaux de la police, jusqu’en 1980

 

 
Année 1983 : Visite du président Chadli à Paris, en novembre, la première d’un chef d’Etat algérien depuis l’indépendance.

 

 
Année 1983 : Des manuels scolaires d'histoire au Maroc fond l’éloge du Salafisme, et expliquent que la décadence du monde musulman est due à son éloignement “de l’islam vrai et authentique”. Le fondamentalisme est par conséquent présenté comme la solution face à la déchéance et la dégénérescence du monde musulman. Les noms des grands fondamentalistes comme Al Afghani, Mohamed Abdou, Abou Chouaïb Doukkali, sont évoqués pour illustrer cette idée. Ainsi, le wahhabisme est décliné comme un mouvement religieux qui joue “un rôle efficace dans le retour d’un âge d’or musulman, en guidant la nation de l’islam sur la même voie empruntée par nos pieux ancêtres”. Exactement le même raisonnement soutenu, aujourd’hui, par les plus fanatiques parmi les islamistes du monde arabo-musulman. La morale de l’histoire ? “ L’identité Amazighe qui est le socle des hommes libres « Imazighen » est remplacée par l’idée d’appartenance à un groupe religieux : les fils d’Allah.

 

 
Année 1984 : La communauté universitaire de Tizi-Ouzou rend public un tract pour la célébration du 4e anniversaire du Printemps berbère. Dans ce document, les berbéristes mettent l’accent sur leur décision de prendre dorénavant en charge eux-mêmes les problèmes et les reven­dications. Ils proposent : "(La) généralisation de l’enseignement de tamazight aux universités, lycées, entreprises, villages... ; (1’) organisation des comités (de villages, de cités, de quartiers, d’usines... ) pour solutionner les problèmes sociaux et développer des activités culturelles et renforcer la solidarité populaire ; (la) lutte contre les courants passéistes (maraboutisme, intégrisme) qui bloquent le progrès de (la) société ; (le) soutien aux luttes populaires qui visent à réaliser plus de liberté et de justice sociale (lutte des femmes, ouvriers, étudiants, paysans...)".

 

 
Année 1984 : Un groupe de fils de chouhada militants du Mouvement culturel berbère adresse au wali de Tizi-Ouzou une demande d’agrément d’une association à but non lucratif dénommée "Tighri". Cette association s’est fixé pour objectifs, entre autres, "la contribution à l’écri­ture et la vulgarisation de l’histoire du mouvement de libération nationale, par des études, enquêtes, sémi­naires... La contribution à la vie culturelle, défense de la mémoire des martyrs et des principes fondamentaux pour lesquels ils se sont sacrifiés...". Cette demande d’agré­ment leur sera refusée par le wali le 14 juin 1984. Moins d’une année après, une campagne de répression sera lan­cée par le pouvoir. Plusieurs dizaines de fils de martyrs et militants berbéristes seront emprisonnés

 

 
Année 1984 : Le sous-préfet d’Azazga rejette la demande de passeport du chanteur Ferhat Mehenni. La cause évoquée est "l’avis défavorable des services de sécurité". Un autre berbériste, Ramdane Achab, enseignant de mathématiques au CUID et enseignant de tamazight (enseignement non autorisé officiellement) a vu, lui aussi, sa demande de passeport rejetée le 6 août 1984.

 

 
Année 1984 : Commémoration exceptionnelle du 4e anniversaire du 20 avril. Les festivités durent, pour la première fois, six jours. Elles sont variées et nombreuses : projections de films, conférences animées par Mahfoud Kaddache (historien), Rachid Mimouni (écrivain) et Nabil Farès (écrivain), exposition sur les événements d’avril 1980, les détenus du mouvement berbériste, pièces de théâtre en arabe et en kabyle, soirée poétique et gala à Oued-Aïssi.

 

 
Année 1984 : Mokrane Chemime, militant berbériste et détenu de 1980 est convoqué à Sétif pour, selon Tafsut, "détention préventive". Il est emprisonné durant cinq jours. il est libéré après avoir entamé une grève de la faim

 

 
Année 1984 : Arezki Abbout, secrétaire général de la section syndicale du CUTO, militant berbériste et membre de l’Association des fils de chouhada et Ferhat Mehenni, lui aussi membre de la dite association, sont arrêtés à leurs domiciles. Ils sont conduits à Blida où ils subissent des interroga­toires.

 

 
Année 1984 : adoption par l'APN (Assemblée Populaire Nationale) du Code de la Famille inspiré en grande partie de la Chari'a.

 

 
Année 1984 : M. Bendjedid est réélu préssident d'algérie. Adoption, en juin, du « code du statut personnel et de la famille ».

 

 
Année 1984 : Les populations Amazighes du Rif (Nord du Maroc) ont été surprises par une intervention musclée de l’armée marocaine. Connu aujourd’hui par les événements du Rif de 1984. Ce dossier a été traité avec légèreté par le conseil d’équité et réconciliation crée par Hassan II en vu de tourner la page noir de l’histoire du Maroc.

 

 
Année 1984 : La barbarie lybienne atteint son paroxysme en 1984 avec la pondaison publique de plusieurs étudiants amazighs dans le campus de l’université de Tripoli.

 

 
Année 1985 : Arrestation d'un groupe islamiques armé entraîné en Algérie. Témoignage d'un d'entre eux.

 

 
Année 1985 : La chute du mur de Berlin.

 

 
Année 1985 : «Et si toi, tu suit ce plan, donc tu suit le plan des ennemis, par conséquent on doit te chasser, .. même cette langue (le Tamazight) il faut la laisser disparaître … c’est une langue qui n’a aucun intérêt et nous la refusons …… Si ta mère continu a t’apprendre cette langue alors elle est rétrograde, elle (la mere) te taie le lait du colonialisme et te donne du poison» (Maamer Qadhafi en parlant de Tamazight).

 

 
Année 1985 : A l’ouverture du Séminaire sur l’histoire de la révolution algérienne en wilaya III (la Kabylie), six membres du comité de wilaya de Tizi-Ouzou des enfants de chouhada (martyrs de la révolution) Noureddine Aït-Hammouda (fils du colonel Amirouche), Mokrane Ait-Larbi (avocat), Nacer Babouche, Rabah Benchikhoune (travailleur licencié de Cotitex de Draa-Ben-Khedda), Amar Fali (médecin) et Ferhat Mehenni (chanteur- Imazighen Imoula), voulant prendre la parole, sont arrêtés par la police. Dans un appel à la population lancé le 10 février 1985, le comité des enfants de chouhada de la wilaya de Tizi-Ouzou rappelle que le seul crime des prisonniers "a été d’avoir dénoncé publiquement la confiscation et l’exploitation tendancieuse qui est faite de la mémoire des martyrs, par ceux qui veulent légitimer leur domination, et revendiqué le droit à la parole et la dignité pour tous les citoyens" Ils dénoncent notamment l’arbitraire, la répression, la confiscation de la mémoire des martyrs et la falsification de l’histoire.

 

 
Année 1985 : Le Dr Saïd Sadi, un des animateurs du Mouvement culturel berbère, rejoint les inculpés du 7 février. Il est kidnappé en ville (Tizi-Ouzou) pour avoir manifesté sa solidarité avec les détenus en question. 13 Février 1985 : Les six détenus devenus sept sont jugés, en présence de milliers de citoyens mobilisés par le comité des enfants de chouhada, pour "délit de droit commun" par le tribunal de Tizi-Ouzou qui prononce la relaxe. Dans une déclaration où ils expliquent les causes et les effets de leur arrestation, les relaxés lancent un appel à l’union de tous les Algériens "afin d’imposer un État de droit qui garantisse à tout citoyen la liberté d’expression". Ils interpellent le pouvoir pour qu’il " admette que les problèmes sont posés hors de ses structures et que leurs solutions ne peuvent être que politiques".

 

 
Année 1985 : De violents affrontements entre les Mozabites (berbérophones de rite ibadhite) et les M’dabih-Chaambas (arabophones de rite malikite) sont déclenchés à Ghardaïa Ces affrontements intercommunautaires font deux morts, une cinquantaine de blessés et occasionnent la destruction de plusieurs édifices, magasins, petites unités de production, vitrines et écoles appartenant aux Mozabites.

 

 
Année 1985 : Un groupe de militants des droits de l’homme tous militants du Mouvement culturel berbère, dépose une demande d’agrément et les statuts de la "Ligue algérienne pour les droits de l’homme" (LADH). La naissance de cette ligue dite "berbériste", par le fait de sa composante humaine, la plupart de ses cadres sont ani­mateurs du Mouvement culturel berbère, est venue suite aux divergences nées entre les militants des droits de l’homme de diverses tendances politiques et idéologiques au sujet d'un certain nombre de points.

 

 
Année 1985 : En dehors du cadre officiel et des cérémonies organisées par le pouvoir et l’Organisation nationale des moud­jahidine (ONM), un grand nombre de fils de chouhada (martyrs de la révolution) déposent des gerbes de fleurs à la mémoire des martyrs le jour de la fête de l’indépendance, au cimetière d’El-Alia à Alger et dans d’autres villes du pays. Le pouvoir réagit en déclenchant une série d’arrestations. Plusieurs dizaines de personnes sont successivement arrêtées à Tizi-OuZou, Boumerdes, Tipaza, Chlef, Khenchela Parmi eux des militants berbéristes Il s’agit notamment de : Arezki Abbout, Nouredine Ait-Hamouda, Arezki Ait Larbi, Nacer Babouche, Rabah Ben­chikhoune, Mokrane Chemime, Belkacem Adjroud, Hazerchi Bouzid, Ali Faouzi Rebaine, Rachid Fennoune, Kouider Arrous et Ahmed Mekaoucha. Ils seront tous les douze déférés une semaine après devant la Cour de sûreté de État à Médéa et incarcérés à la prison de Berrouaghia.

 

 
Année 1985 : A 19 heures, à la sortie de son bureau, dans le centre d’Alger ; Maître Abdenour Ali-Yahia, avocat au barreau d’Alger, ancien ministre, membre du Comité central du FLN (1964) et co-fondateur de l’UGTA, président de la LADH et avocat des détenus du 5 juillet 1985, est appré­hende. Il est transféré à la prison de Berrouaghia (Médéa). Il venait de protester, dans un télégramme au Président Chadli contre les arrestations des enfants de Chouhada.

 

 
Année 1985 : Les forces de l’ordre encerclent à Azazga (Tizi-Ouzou ) le bâtiment où réside le chanteur Ferhat M’henni, fondateur du groupe Imazighen Imoula en 1973, arrêté à plusieurs reprises par les forces de sécurité, membre Comité des fils de chouhada, du Comité directeur de la LADH et militant du Mouvement culturel berbère. Il est arrêté à six heures du matin. Il est transféré à Alger pour rejoindre ensuite ses amis à la prison de Berrouaghia. Il sera Conduit à son arrivée dans le quartier des condamnés à mort. Il est transféré plus tard à la prison de Médéa puis le 20 août 1985 à celle de Blida. Le même jour ; un communiqué du Comité des fils de chouhada de la wilaya de Tizi-Ouzou informe la population des arrestations, de leurs conditions et de leurs suites. Les enfants de martyrs attirent l’attention des citoyens sur les rumeurs répandues par les services de répression, qui ten­dent à laisser croire que l’association des fils de chouhada "revendique un statut particulier pour ses membres, des avantages socio-économiques ; (...) ces rumeurs ne visent qu’à dénaturer notre mouvement, à nous isoler de la popula­tion, et à empêcher l’émergence de solidarités au sein de notre société (....) Les camions, les appartements et les postes de responsabilité, ce sont les militants du FLN qui les accumulent et non pas les détenus de Berrouaghia !".

 

 
Année 1985 : Les quatorze détenus de la prison de Berouaghia observent une grève de la faim pour protester contre leurs conditions de détention et dénoncer les abus des services de police et de l’administration pénitentiaire notamment le sort du chanteur Ferhat M’henni. Ils réclament le statut de prisonniers politiques. Ils seront séparés et mis dans trois prisons différentes (Berrouaghia, Ksar El-Boukhari et Médéa).

 

 
Année 1985 : Saïd Sadi, militant du Mouvement culturel berbère et membre de la LADH, Me Mokrane Ait-Larbi avocat et vice-président de la LADH et Said Douman enseignant au centre universitaire de Tizi Ouzou et membre de la LADH, sont arrêtés à l’hôpital de Tiizi-Ouzou pour premier, et à leur domicile respectif pour le second et le Lier Les chefs d’inculpation sont : atteinte à l’autorité de État, distribution de tracts et constitution d’association illégale. Trois membres du Comité des fils de chouhada d’Alger sont arrêtés le même jour. Il s’agit de : Mohamed Ferhi, Amar Mokrani (Ouadhia) et Boudjemaa Iguernelala (Tigzirt). Le tribunal de Bordj-Menaiel condamne six militants fils de chouhada de Naciria, incarcérés durant le mois de juillet, à six mois de prison avec sursis.

 

 
Année 1985 : Le poète et chanteur kabyle Lounis Ait-Menguellet est arrêté chez lui à Ighil-bbwammas.

 

 
Année 1985 : Une décision du conseil de wilaya de Tizi-Ouzou dissout la section de wilaya de l’Union médicale algérienne (UMA) suite à ses activités en faveur Said Sadi et des détenus de l’été 1985. Même période : Lors du débat sur l’enrichissement de la Charte nationale, des membres du groupe "Les Berbères" d’Oum-El-Bouaghi, région chaouia, sont arrêtés les forces de sécurité.

 

 
Année 1985 : Le Dr Hachemi Nait-Djoudi, secré­taire adjoint de la LADH est arrêté. Il est transféré à la prison de Berrouaghia.

 

 
Année 1985 : Le poète et chanteur Lounis Ait-Menguellet est condamné par le tribunal correctionnel d’Alger à trois ans de prison et à une amende douanière. Le chef d’inculpation, selon l’APS, est la détention illégale d’armes de chasse et de guerre.

 

 
Année 1985 : Une centaine de personnes environ, sont condamnés à des peines allant de 6 à 24 mois de prison suite à des manifestations en Kabylie.

 

 
Année 1985 : Le bureau international de la FIDH émet un avis favorable d’affiliation de la LADH.

 

 
Année 1985 : des détenus de l’été 1985, militants de la LADH, de l’association des enfants de chouhada et militants du Mouvement culturel berbère : Ali Faouzi Rébaine (3 ans de prison), Arezki Ait-Larbi (3 ans de prison), Arezki Abbout (3 ans de prison), Ferhat M’henni (3 ans de prison), Saïd Saad (3 ans de prison), Saïd Doumene (3 ans de prison). Rachid Fennoun (2 ans de prison), Kadour Arrous (2 ans de prison), Hachemi Nait Djoudi (2 ans de prison). Belkacem Adjroud (18 mois de prison). Mâamar Benaoucha (1 année de prison). Nouredine Ait-Hamouda (11 mois de prison), Rabah Benchikhoune (11 mois de prison), Nacer Babouche (11 mois de prison), Abdenour Ali-Yahia (11 mois de prison), Mokrane Ait-Larbi (11 mois de prison). Ahmed Mekaoucha (10 mois de prison), Hazerchi Bouzid (10 mois de prison), Fetouma Ouzegane (10 mois de prison). Amar Mokrani (6 mois de prison), Boudjemâa Iguernelala (6 mois de prison), Mohand Ferhi (6 mois de prison). Mokrane Chemime (acquitté).

 

 
Année 1985 : Manifestations en Kabylie en raison de la condamnation du chanteur Aït Menguellet, pour son soutien aux prisonniers de la Ligue des Droits de l'Homme condamnés à Médéa.

 

 
Année 1985 : Parution de la revue spécialisée berbérisante AWAL dirigée par Mouloud Mammeri qui va durer jusqu'à 1989.

 

 
Année 1985 : La première promotion d’enseignants d’éducation islamique – branche introduite à l’enseignement marocain en 1979 par Hassan II et le parti de l’Istiqlal- arrive comme enseignants à l’école marocaine. C’est la promotion qui a étudié les textes rédigés par des figures de proue de l’islamisme, parfois radical, comme l’Egyptien Sayed Qotb ou le Pakistanais Abou Ala Maoudoudi. Elle suffisamment apprit les fameuses formules comme “L’islam est une religion et un Etat”, “Le droit musulman est applicable en tout temps et tout lieu”, “L’islam est la solution”, “Al Jihad Al Akbar et Al Jihad Al Asghar“ etc. Le fondamentalisme d’Etat est en marche.

 

 
Année 1985 : Apres la pondaison publique de plusieurs étudiants amazighs dans le campus de l’université de Tripoli l'année dernière par le pouvoir lybien, En 1985, le même sort a été réservé à Ferhat Ammar Hleb, un jeune amazigh revenu au pays au terme d’études effectuées aux Etats Unis. Il a été pendu sur une place publique à Zouara au cœur du pays amazigh. Ferhat était connu pour ses positions favorables à l’identité amazighe.

 

 
Année 1986 : L’Académie algérienne de langue arabe est créée par décret. Elle est placée sous le haut patronage du Président de la République. Cette Académie, qui est une institution nationale à caractère scientifique et culturel, a pour objectifs de : "Servir la langue nationale en oeuvrant à son enrichis­sement, sa promotion et son développement ; Préserver sa pureté et veiller à l’adapter aux réalités contemporaines en tant que véhicule d’invention scienti­fique et technologique ; Concourir à son rayonnement en tant qu’outil de création dans les domaines des lettres, des arts et des sciences".

 

 
Année 1987 : La Jamaa islamique de Mr Abdessalam Yassine porte le nom de Adl Walihssane.

 

 
Année 1987 : Ouverture d’un Institut national supérieur de Culture populaire à Tlemcen. Il a pour vocation de "contribuer à la préservation du patrimoine culturel populaire algérien : traditions, coutumes, médecine traditionnelle, arts populaires, chants et poésies".

 

 
Année 1987 : A l’occasion du 25e anniversaire de l’indépendance, l’un des "poseurs de bombes", Mohamed Haroun est libéré de la prison de Lambèse après onze années de détention, bénéficiant d’une grâce présidentielle.

 

 
Année 1987 : Le grand prix national des Lettres est décerné à Kateb Yacine à Paris.

 

 
Année 1987 : Certains des plus "chanceux" parmi les militants amazighs lybiens, qui ont réussi à fuir le pays, ont été rattrapés par les services secrets de Kadhafi et assassinés. C’est ainsi que le 26 juin 1987, Youssef Salah Kherbich a été tué à Rome (Italie). Ces crimes macabres sont légitimés au nom d’une idéologie barbare, raciste et impérialiste : l’arabo-islamisme.

 

 
Année 1987 : Le 7 novembre 1987, Habib Bourguiba, le «combattant suprême» et «président à vie» fut déposé par son premier ministre Zine el-Abidine Ben Ali, sous prétexte que son grand âge (84 ans) le rendait incapable de gouverner plus longtemps le pays. Il avait été déclaré «médicalement empêché» de remplir sa fonction. Dans un livre intitulé Notre ami Ben Ali, les journalistes Nicolas Beau et Jean-Pierre Tuquoi racontent ce qui suit: « Sept médecins dont deux militaires, sont convoqués en pleine nuit, non pas au chevet du malade [Bourguiba] mais, là encore, au ministère de l'Intérieur. Parmi eux se trouve l'actuel médecin du président, le cardiologue et général Mohamed Gueddiche. Ben Ali somme les représentants de la faculté d'établir un avis médical d'incapacité du président. «Je n'ai pas vu Bourguiba depuis deux ans», proteste un des médecins. «Cela ne fait rien! Signe!», tranche le général [Ben Ali]. » Le général Ben Ali devint, en tant que successeur constitutionnel, président et chef suprême des forces armées. Dans une déclaration faite à la radio nationale, il annonçait ainsi sa prise du pouvoir : « L'époque que nous vivons ne peut plus souffrir ni présidence à vie ni succession automatique à la tête de l'État desquels le peuple se trouve exclu. Notre peuple est digne d'une vie politique évoluée et institutionnalisée, fondée réellement sur le multipartisme et la pluralité des organisations de masse. » Ce «coup d’État constitutionnel» Mais cela sera pour consommation interieur, le general putshiste qui a chaoisi la politique d’arabisation, sera lui aussi président à vie.

 

 
Année 1988 : Avec l'ouverture politique l'arabisation devient une question secondaire dans l'opinion publique Algérien.

 

 
Année 1988 : Une table ronde réunit des militants berbéristes à Tizi-Ouzou. Des divergences apparaissent.

 

 
Année 1988 : Une importante réunion de militants du Mouvement culturel berbère a lieu près d’Azeffoun (Tizi-Ouzou ). Elle déclare l’urgence de créer une organisation politique du MCB.

 

 
Année 1988 : Des manifestations populaires éclatent à Alger pour manifester le ras-le-bol populaire contre 1e régime de Chadli Bendjedid. Ces manifestations se propagent à plusieurs régions du pays sauf en Kabylie où règne un calme relatif. C’est une secousse qui ébranle et accélère l’évolution du champ politique en Algérie. Les jours qui sui­vent ces événements d’octobre voient l’ouverture du régime vers un pluralisme politique rendu jusque là impossible par le parti unique depuis 1962. Lors des émeutes d’octobre, Matoub Lounés, chanteur et militant du mouvement berbériste est atteint de plusieurs balles tirées par des gendarmes qui avaient dressé un barrage sur la route de Ain-El-Hammam.. Matoub selon certaines sources, détenait des tracts appelant la population de Kabylie au calme.

 

 
Année 1988 : Un mois après les événements d’octobre 1988, le Dr Saïd Sadi, Maître Mokrane Ait-Larbi, Mustapha Bacha et Ferhat M’henni tiennent une conférence de presse au campus de Tizi-Ouzou . Ils déclarent que le Mouvement culturel berbère à travers sa lutte, "s’est toujours inscrit dans la perspective d’une dynamique du pays... (...), l’expres­sion des axes stratégiques prioritaires qu’il s’est définis, reconnaissance et prise en charge de la langue et de la cul­ture berbères, libertés démocratique notamment, trouvent une solution naturelle dans une vie publique libre et tolérante". "(...)Seule, continuent-ils, une société régie par des politiques dignement représentatives (...) peut mettre aux différents cadres de représentation socio-politique (...) de jouer pleinement et efficacement leur rôle". Ils appellent à la tenue des premières assises du mouvement.

 

 
Année 1988 : Un meeting initié par le comité de cité de l’université de Tizi-Ouzou se tient au stade Oukil Ramdane. Il regroupe plusieurs personnalités et militants du MCB. L’intervention du Dr Sadi, ajoutée à son initiative, lancée avec trois de ses camarades d’appeler à une conférence de presse, fait réagir d’autres militants du MCB. Dans une "lettre à la population", ils accusent nommément le Dr Sadi de prôner une ligne non revendicatrice (des propositions ont été avancées) contraire aux principes du mouvement. "Nous sommes", écrivent-ils, "en droit de nous interroger sur d’éventuels engagements pris avec le pouvoir dans le cadre des réformes politiques annoncées. Quelle satisfaction avon-nous obtenue pour passer du stade revendicatif au stade de la proposition ?". Ils dénoncent la mainmise des quatre militants (Sadi, M’henni, Bacha, Mokrane Ait-Larbi) sur le mouvement ­berbère et parlent d’une rupture "effectivement et publiquement consommée". Ils appellent à l’esprit de responsabilité des militants pour "déjouer toute tentative de récupération de cette scission".

 

 
Année 1988 : Dans un autre document daté du 17 décembre 1988 et intitulé "pourquoi des assises", ses auteurs parlent de la "nécessité de l’option d’une organisa­tion pitico-culturelle indépendante, libre, représentative et ce" qui permettra à leur mouvement de franchir "un saut qualitatif en rapport avec la situation et les exigences socio-culturelles actuelles, à l’instar des autres courants de pensée dans le pays".

 

 
Année 1989 : Signature de l’acte de naissance de l’Union du Maghreb Arabe (UMA) par les chefs d’états de Tamazgha. Un acte qui va rester lettre morte car opposé même à la réalité des pays, mais l’identité Amazighe va payer chère.

 

 
Année 1989 : Grève d'enseignants à l'appel d'un comité "arabiste", soutenue par le FIS (le mouvement islamiste algérien qui va par la suite prendre les armes), et partiellement suivie. Le baccalauréat bilingue arabe-français est supprimé.

 

 
Année 1989 : Depuis 1989, il est possible d’éditer des livres en Amazigh sans se faire poursuivre par la police. Mais les incertitudes de la vie politique algérienne n'ont pas vraiment permis à l'édition Amazighe de prendre son essor. En ce qui a trait à la presse, plusieurs tentatives de création de périodiques ont échoué. Quelques journaux régionaux et nationaux font néanmoins l’expérience d’une "page Amazighe" dans leur édition régulière. Dans le domaine de la radiodiffusion, l’amélioration de la situation semble plus sensible. La station Chaîne II, une radio kabyle dont l'existence avait été menacée à plusieurs reprises dans les années soixante-dix, a vu sa place et son rôle fortement élargis et consolidés. La télévision, quant à elle, présente quotidiennement une brève version Amazighe (en kabyle et en chaoui) du journal télévisé, mais il n’y a pas encore d’émission en langue Amazighe. Des projets en ce sens dorment sur les tablettes: on parle d'une "tranche horaire Amazighe" ou même de la création d’une seconde chaîne de télévision (un projet à l'étude depuis plusieurs années déjà).

 

 
Année 1989 : Hassan II, Chadli Ben Jdid, Qadhdhâfî réunis tous a Marrakech (Maroc) à l’invitation de Hassan II pour fonder la plus grande supercherie de l’histoire d’Afrique du Nord : L’Union du Maghreb Arabe (U. M. A.), jetant ainsi un défi à la mémoire des grands fondateurs de Tamazgha (Afrique du Nord) Youssef B. Tachfine et de Abdelmoumen. Les illustres signataires ont commis manifestement une erreur –volontaire- dans la dénomination de ce traité qui sous-entend toute une idéologie hégémonique… et qui, normalement, devait être plutôt dans l’esprit et dans la forme : « Union D’Afrique du Nord ou plus clair Tamazgha» » afin d’en assurer et véracité historique et durée…

 

 
Année 1989 : Le comité préparatoire, dans "Éléments de réflexion pour les assises", dresse un bilan de huit années de lutte. Le Printemps berbère a, selon le document, "permis aux berbérophones d’exprimer massivement leur attachement à leur langue et à leur culture, interpellé leurs compatriotes sur la nécessaire d’une discussion autour de l’identité nationale". Mais "la terreur" et les "traditions de lutte insuffisantes, la perte de la notion de l’effort permanent"et "la fermeture des autorités en la matière, ont amené les militants à concevoir leur combat dans des regroupements informels où le fonctionnement était plus déterminé par les rapports individuels que par les exigences structurelles de la lutte". Pour ces causes, "des potentialités humaines et matérielles considérables n’ont pu être rentabilisées, occasionnant ainsi de sérieux dommages à l’épanouissement culturel berbère". Ils sont convaincus que cette situation "doit cesser car inefficace et dangereuse". Ils proposent "un définitif de l’improvisation qui a prévalu jusque là, de créer, "un cadre structurel suffisamment efficient et fonctionnel qui n’en réduise pas l’envergure sociologique" et "trouver la meilleure voie par laquelle l’intégration nationale et maghrébine de (leur) lutte peut se faire". Ces assises qui se tiendront les 9 et 10 février 1989, donneront naissance au parti politique "Le Rassemblement pour la Culture et la Démocratie (RCD)".

 

 
Année 1989 : Neuf années après la tenue du 1er séminaire de Yakouren et après plusieurs années de clandestinité, le Mouvement culturel berbère tient son 2eme séminaire à Tizi-Ouzou. Il a pour objectif de faire le bilan qualitatif de la trajectoire qu’il a connue et définir ses contours actuels, les perspectives sur les plans de l’organisation et du programme de travail. Dans sa plate-forme, le MCB se défi­nit comme "un mouvement de revendication rassembleur et autour de la question identitaire, culturelle et linguistique ­"Le MCB, mouvement à caractère pacifique, non violant est "une force sociale et politique, démocratique..." qui inscrit son combat dans le cadre du mouvement démocratique de tout le peuple algérien".

 

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