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Histoire d'Afrique du Nord revisitée
Une des façons -pour mieux comprendre l’histoire- est de la lire à grande échelle dans le temps et dans le contexte avoisinant. Ici le cas de Tamazgha (Afrique du Nord) en dates clés :

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Année 1931 : l’historien anticolonialiste Charles-André Julien pouvait constater que : "Aujourd’hui, on ignore généralement que le Maroc, l’Algérie et la Tunisie sont peuplés de Berbères, que l’on qualifie audacieusement d’Arabes. Quant aux indigènes, ils se désignèrent souvent du nom d’Amazigh (Tamazight au féminin, Imazighen au pluriel) qui signifiait les hommes libres, puis les nobles et s’appliqua à plusieurs tribus avant l’occupation romaine" (C.-A. Julien, Histoire de l’Afrique du Nord, Paris, Payot, 1931, p. 2).

 

 
Année 1931 : décès de Si amar U Said Boufila à Alger.

 

 
Année 1933 : Après la défaite de la résistance Amazighe Marocaine, les nationalistes arabes marocains de Fès ont manifestés pacifiquement pour marquer la 1ere fête du trône. La réponse du Sultan sera l’année d’après et à la même date.

 

 
Année 1933 : La France a envoyée des émissaires au commandant de la résistance Amazighe au Maroc dans les montagnes du moyen Atlas Mr Assou Oubasslam. Mais celui-ci refuse de déposer les armes.

 

 
Année 1933 : La première bataille de Bougafer au Maroc de la résistance Amazigh contre l’invasion française, conduite par le héros Assu Ubasslam. L’armée du commandant Assu est constitué de 1200 hommes et l’armée française du général Bournazil 83.000 soldats. Cette bataille s’est déroulée dans la montagne de Bougafer non loin de la capitale du moyen Atlas : Khnefra.

 

 
Année 1933 : La deuxième bataille de Bougafer au Maroc de la résistance Amazigh contre l’invasion française, conduite par le héros Assu Ubasslam.

 

 
Année 1933 : La troisième bataille de Bougafer au Maroc de la résistance Amazigh contre l’invasion française. Dans cette dernière bataille la France a perdu son général Bournazil.

 

 
Année 1933 : Ce jour là, le commandant Assou Oubassalm descend de la montagne de Bougafer suite à la demande de l’armée française pour signer un traité de paix. La discussion sera entre le commandant Assou et le général Houré qui a remplacé le général Bournazil mort dans les 3 batailles de Bougafer qui ont aussi coûtée à la France la mort de 3500 soldats et 10 officiers et aux Imazighen 1300 hommes. Mais avant que l’Amghar Assou Oubasslam dépose les armes il exige un certain nombre de conditions : 1. la France ne poursuit pas les les résitants d’Ayt Atta après la guerre 2. Le Qaid Aglou (allié de la France) ne doit pas gouverner sur la confédération d’Ayt atta 3. la loi Amazigh Azerf restera la loi de gouvernance d’Ayt atta et non pas la chariaa Islamique. 4. jamais les femmes Amazighes ne feront Ahidous pour les Français et le makhzen marocain dans les festivités officielles.

 

 
Année 1933 : Messali Hadj reconstitue l’Etoile nord-africaine, qui sera à nouveau dissoute en 1937 par le gouvernement du Front populaire.

 

 
Année 1934 : la dernière tribu Amazigh qui a acceptée en 1934 la tutelle du sultan et la soumission aux troupes françaises.

 

 
Année 1934 : création du 1er journal en langue d’Arabie Saoudite au Maroc par Mr Ettarriss

 

 
Année 1934 : En réponse à la manifestation de loyalisme au Sultan le même jour l’année précédente par les nationalistes arabes de Fès, le Sultan fait une visite a cette ville. Organisèrent une grande manifestation de loyalisme à l’occasion de la visite du Sultan à Fes. Ce fut un tournant décisif, car une alliance que personne n’avait prévue naquit là et devait durer jusqu’en 1955.

 

 
Année 1934 : La mort du maréchal Lyautey et fut enseveli à Rabat. C’est qu’en 1961 que sa dépouille sera ramenée en France pour être déposée à l'Hôtel des Invalides. Lors de son maladie à Fès le mouvement nationaliste arabe marocain avait organisé une prière pour lui au mausolée de Moulay Driss, un rituel de bougies qui passent la nuit au mausolée et déposés sur sa tète lui a été consacré. Mais le bon dieu est plus fort de Moulay Driss, il a appelé son âme qui a mis a matraqué les tribus Amazighes.

 

 
Année 1936 : La question berbère est posée dans le mouvement de Messali Hadj par Amar Imache.

 

 
Année 1938 : Parution du premier texte de Mouloud Mammeri qui n'avait que vingt ans sur ; La Société berbère.

 

 
Année 1939 : Le pouvoir au Maroc est encore entre les mains des confédérations de tribus Amazighes qui sont à leurs tours affiliés à 23 principales Zaouias. Les Chorafas, eux, bien qu’étroitement liés aux Zaouias, constituent cependant un groupe distinct composé de plusieurs familles divisées en deux grandes branches : les Idrissides descendants de Idriss I et les Filalies auxquels se rattachent les Alaouites qui s’établirent dans les Oisis de Sijilmassa.

 

 
Année 1941 : Ahmed Oumeri enrôlé comme des milliers d'Indigènes pour que la France « protectrice » ne tombe pas entre les griffes du nazisme, déserte l'armée à Sedan. Il est arrêté puis emprisonné à la caserne de Belfort (actuelle El Harrach) où il fut réincorporé au régiment de « la marche des Levants. Ahmed Oumeri réussit sa tentative d’évasion et opta aussitôt pour le maquis contre le colonialisme à la manière de ses ancêtres.

 

 
Année 1942 : L’association des anciens élèves du collège berbère d’Azrou au Maroc fut fondée en 1942 avec, semble t-il, l’accord de la résidence qui espérait probablement qu’elle deviendrait le porte parole du sentiment anti-nationaliste. Mais son président Abdelhamid Zemmouri dévoila bien vite les sympathies nationalistes de l’organisation en demandant une augmentation substantielle des heures d’enseignement de l’arabe.

 

 
Année 1942 : Débarquement allié à Alger.

 

 
Année 1943 : Ferhat Abbas présente en mai le Manifeste du peuple algérien, qui revendique l’égalité totale entre musulmans et Européens d’Algérie. Le texte est rejeté par le Comité français de la libération nationale (CFLN), formé à Alger le 3 juin. En décembre, le général de Gaulle annonce dans un discours prononcé à Constantine une série de réformes concernant les droits civiques des Algériens.

 

 
Année 1944 : Assurés de l’appui secret du Sultan du Maroc, les diregents du parti national marocain annoncèrent, le 11 janvier 1994, la création d’un nouveau parti politique : Istiqlal (l’indépendance) « … qui englobe les membres de l’ex-parti national et des personnalités indépendantes demandant l’indépendance du Maroc dans son intégrité territoriale sous l’égide de Sa majesté Sidi Mohamed Ben Youssef … » conformément à la demande du Sultan on ne parlait pas de monarchie constitutionnelle. « L’Istiqlal laisse a Sa Majesté le soin d’établir un régime démocratique, comparable au régime de gouvernement adopté dans les pays arabes d’orient grandissant les droits de tous les éléments et de toutes les classes sociales de la société marocaine et définissant les devoirs de chacun » (J. et S. Lacroute documents 1944-1946).

 

 
Année 1944 : Les étudiants Amazighes du collège berbère d’Azrou se mirent en grève pour manifester leur solidarité aux élèves des lycées arabes (Moulay Youssef à Rabat et Moulay Idris a Fes). Tous les diregents sont arrêtés et l’association dut se tenir tranquille jusqu’en 1952. Mais elle pu obtenir quelques une de ses réclamations : augmentation des heures d’arabe, admission d’élèves non berbères et accès a des postes administratifs plus élèves. Ceci montre que l’idéologie arabo-islamiste a déjà gagne les esprits de ces jeunes berbères.

 

 
Année 1944 : les troupes du Sultan Moulay Abderrahmane furent défaites lors de la bataille d’Isly

 

 
Année 1945 : Mohand Idir Ait Amrane, étudiant au lycée de Ben-Aknoun, compose le premier chant patriotique en berbère moderne, intitulé "Ekker a mmis umazigh" (debout fils d’Amazigh). Le compositeur y évoque les illustres fondateurs de la nation algérienne : Massinissa, Jugurtha, Kahina, et Messali. Il termine son chant par un appel à la jeunesse en vue du combat pour la libération de l’Algérie. Ce chant, considéré à l’époque comme hymne, connaîtra un léger mais très significatif remaniement en 1949, suite à la crise dite berbériste. Son auteur y éliminera le nom de Messali.

 

 
Année 1945 : La création de la ligue arabe à Paris et non pas à Damas, c’est le résultat du mouvement nationalitaire arabe qui a été crée en 1913 avec l’appui britannique et français. Le collant britannique a donc fondé la ligue et lui-même fait son statut pour finir définitivement avec la Oumma Islamiyya ou l’empire Ottoman. Cette destruction de l’empire Ottoman est motivée par l’implication de ce dernier dans la guerre mondiale contre les britanniques et les français et son alliance avec L’Allemagne Nazi. Les arabes étaient donc prédisposés a se rallier avec les collants pour le pouvoir au détriment de l’unité musulmane. Ce qui explique aujourd’hui le non engagement des pays musulmans et surtout les Turques (les descendants des Ottomans) a coté des arabes sur le problème palestinien. La ligue arabe est une sorte de syndicat des etats arabes et de ceux dit arabes comme ceux d'Afrique du Nord.
A cause de la prévalence de la souveraineté étatique sur l'intérêt panarabe, la ligue arabe n'a pas fait ses preuves. Soixante ans après sa création, les questions les plus élémentaires non jamais été tranches comme celle de la périodicité des sommets arabes ainsi que celles de la procédure des votes, Bref une organisation qui agonise.

 

 
Année 1945 : Mohammed Ben Youssef apporte un soutien discret à la création de la Ligue Arabe.

 

 
Année 1945 : Le général De Gaulle reçoit à l'Elysée le Sultan Mohammed Ben Youssef, et le décore "Compagnon de la Libération". Quelques mois avant il y avait la création de la ligue arabe à Paris.

 

 
Année 1945 : Bennaï Ouali demande au comité d'organisation du PPA (Parti du Peuple Algérien) de Messali Hadj, l'unification en une seule région de toute la berbérophonie. La direction refuse. On parle de régionalisme kabyle.

 

 
Année 1945 : De grandes manifestations en faveur de la Libération éclatent en Kabylie à Sétif, Kherrata, Guelma qui feront 80.000 morts fusillés à l'auto-mitrailleuse. L'occupant jette les cadavres dans les puits, dans les gorges de Kherrata. Des miliciens utilisent encore les fours à chaux. Ces enfummades et emmurements de civils ont cours depuis 1845.

 

 
Année 1945 : Victoire des alliés à la 2ème guerre mondiale. La France qui a mis en place en Afrique du Nord (tamazgha) des partis politiques arabes comme le FLN en algérie et l'Istiqlala au Maroc, se prepare au passassion du pouvoir aux elites nord-africain qui fons allegence à l'arabo-islamisme du moyen orient

 

 
Année 1945 : Les européens donnent le feu vert à la création de la Ligue arabe à Alexandrie à la place d’une grande monarchie arabe qu’avait promet l’Angleterre aux arabes en contre parti de leur révolte contre la oumma islamique (l’empire Othoman). Le hadith cherifien de Sahih Al Boukhari a été utilisé par le britannique Alexendre d’Arabie pour conduire la révolte arabe, et qui dit que « la Oumma Islamique doit être dirigée par les arabes –et de préférence les Chérifs- et non pas les non arabes » en faisant référence aux Othomans Turques. La Ligue arabe, officiellement c’est la Ligue des États arabes est une organisation régionale à statut d'observateur auprès de l'Organisation des Nations unies. Elle fut fondée par sept pays et compte aujourd'hui vingt-deux États membres. Certains analystes politiques considère la France comme le 23 eme pays de cette ligue.

 

 
Année 1945 : la convention de Lalla Maghnia (1845) ramenèrent alors le calme, tracèrent des frontières maroco-algériennes privilégiant les autorités françaises d’occupation de l’Algérie, mais ne stoppèrent pas, néanmoins, les volontés expansionnistes européennes au Maroc.

 

 
Année 1946 : Le Général Guillaume écrivait «Aucune tribu Amazighe n’est jamais venue à nous spontanément. Aucune ne s’est rendue sans combat et certaines sans avoir épuisé jusqu’au dernier de leurs moyens de résistance» (Guillaume, op. cit. p73)

 

 
Année 1946 : Amar Kilellil ( ancien militant du PPA et membre de la direction du Parti entre 1939 et 1943 ), chargé de la liaison entre la direction et la Kabylie, effectue une tournée dans le district de Grande-Kabylie. Lors d'une réunion de district, les militants dont Amar Ould-Hamouda, Mohand Amokrane Khelifati, Ali Laimèche et Hocine Aït Ahmed, exposent le problème identitaire berbère. Ils demandent, selon Aït Ahmed, qu'un débat soit entamé sur la question et que celle-ci ne reste plus un tabou. Ils chargent Khellil de transmettre à la Direction leur demande d'avoir" voix aux délibérations et aux décisions du Parti". Contrairement à Aït Ahmed, Khelifati Mohand Amokrane, cité par Ouerdane, parle lui de la" mise entre parenthèses de la question de la langue berbère" au cours de la même réunion.

 

 
Année 1946 : Après le départ du Général De Gaulle du gouvernement Français, un civil, Eirik Labonne est nommé nouveau résident général au Maroc. La France montre petit à petit au mouvement nationaliste arabe marocain la bonne volonté vers l'independance. le parti de l'Istiqlal est autorisé 2 ans avant.

 

 
Année 1946 : Ferhat Abbas fonde l’Union démocratique du manifeste algérien (UDMA) en mai, et Messali Hadj le Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques (MTLD) en octobre.

 

 
Année 1947 : Exactement 3 ans après la création de la ligue arabe à Paris (le 22 Mars 1945), Le Parti Baath (ou Ba'ath ou Ba'as ou Parti Baas arabe socialiste) est créé en 1947 à Damas (en Syrie) le 07 Avril 1947 par un chrétien (Michel Aflak) et un musulman (Salah al-Din al-Bitar), et a pour but l'unification des différents États arabes et ceux qui seront arabisés par la suite en une seule et grande nation arabe. Le mot arabe بعث signifie en français « résurrection » ou « renaissance ». Normalement c’est la création des partis panarabes dans les états arabes qui vont donner par la suite la création de la ligue arabe et non pas l’inverse, ce qui explique que cette trajectoire est bien tracée par les deux collants français et britannique avec la bénédiction des intellectuels arabes. le Baath arriva au pouvoir en Syrie (1963-1966 puis de 1970 jusqu'à nos jours) et en Irak (1963, chassé la même année puis de 1968 à 2003 chassé par l’alliance internationale). La doctrine baathiste combine le socialisme arabe et le nationalisme panarabe. Le mot « Socialisme » fait toujours référence spécifiquement au socialisme arabe opposé au marxisme et se fondant sur la personne (et non sur les classes). La laïcité, elle, est un autre pilier du Baath : Michel Aflak le chrétien fondateur, reconnaît la place prépondérante de l'islam dans l'essor de la nation arabe, mais pense que seul un État laïc permettra de regrouper toutes les composantes d'une nation arabe très divisée sur le plan confessionnel. Mais l’histoire après a montré qu’il a complètement tort car 60 ans après c’est la branche musulmane du parti qui l’emporte, dans tous les pays arabes et spécialement en Irak où tous les laïques socialistes Baathistes se sont transformés en Islamiste Jihadistes. Au Maroc par exemple les partis politiques fondés par le Baath Irakien (la koutla) sont est allés même en 1996 à proposer au roi Hassan II une constitution qui applique la Chariaa Islamique ce qui veut dire couper la main du voleur.

 

 
Année 1947 : Le Sultan Mohammed Ben Youssef qui s'était déplacé prononce le discours de Tanger, réclamant l’indépendance du pays et son intégrité territoriale.

 

 
Année 1947 : animateurs du mouvement dit berbériste, font leur entrée au Comité central du Parti : Omar Oussedik devient adjoint d'Ahmed Bouda, Amar Ould-Hamouda devient haut cadre de l'0.S., Hocine Aït-Ahmed devient chef national de l'0.S., et Ouali Bennai responsable du parti en Kabylie. "Le message de Yougourtha", ouvrage de Mohand-Chérif Sahli est diffusé par l'Union Démocratique du Manifeste algérien (UDMA) de Ferhat Abbas. Il est en même temps saboté par le MTLD.

 

 
Année 1947 : Le sultan du Maroc, Mohammed ben Youssef (Mohammed V), s'exprimait publiquement en chef incontesté du nationalisme marocain, le discours de Tanger présente le Maroc comme un pays arabe lié aux autres pays rabo-musulmans et se réfère à la Ligue arabe dont les prises de position en faveur de la décolonisation et des indépendances nationales correspondaient aux aspirations de son opinion publique, en particulier du parti de l'Istiqlal. Ce discours, où la France n'est pas mentionnée. C'est la première fois qu'ou entend l'appartenance du maroc au Monde ou Empire arabe. Ci-aprés le discours en arabe : لما ولانا بأمر هذه البلاد فسعينا جهد المستطاع في تلافي الاحوال، مرشدين الى سر النجاح في الحال والمآل، مهتدين بتعاليم ديننا الحنيف، الذي ألف بين قلوب المسلمين، ووفق الامة العربية المسلمة الى التعاضد والتكاتف والتعاون حتى وضعت أسس تلك الجامعة الرشيدة، التي متنت العلاقات بين العرب اينما كانوا ومكنت ملوكهم ورؤساهم في الشرق وفي الغرب من توحيد خطتهم، وتوجيه سيرهم نحو الهداية الدينية، والعزة الاسلامية، والكرامة العربية، وأخذنا العهد على أنفسنا ببذل كل الجهود في استرداد مجدنا الغابر،

 

 
Année 1948 : La création de l’état d’Israél a entraîne l’émigration de milliers de juifs du nord d’Afrique. Apres les accords d’indépendance, les organisations juives firent une active propagande pour pousser la communauté israélite à quitter des pays ou elle aurait a subir la férule des Musulmans.

 

 
Année 1948 : Ouali Bennai invite, en secret de la direction du PPA/MTLD et de l'administration coloniale, une quin¬zaine de militants berbéristes et militants du PPA/MTLD à un séminaire bloqué qui dure trois ou quatre jours au village "Arous" près de Fort-National (Larbaa-Nath-Irathen) en Kabylie. Sont présents entre autres : Ouali Bennai, Amar Ould-Hamouda, Mohand Idir Ait Amrane, Said Ali Yahia, Said Oubouzar, Mohand Cid Ali Yahia dit Rachid, Sadek Hadjeres... Deux points essentiels sont à l'ordre du jour: 1- Condamner la politique réformiste du MTLD et appuyer l'idée du passage à la lutte armée. 2- Introduire la dimension berbère dans l'organisation de la future Algérie indépendante. Un rapport est écrit et remis à Ouali Bennai pour l'exposer devant le Comité central du Parti. Mohand Idir Ait-Amrane est chargé par ses camarades, à la fin de la réunion, de rencontrer Mouloud Mammeri pour un éventuel travail sur la langue berbère.

 

 
Année 1948 : Le MTLD diffuse une brochure de 50 pages intitulée: "Mémorandum à l'0.N.U.", qui s'ouvre par: " La nation algérienne, arabe et musulmane, existe depuis le VIIeme siècle". Il occulte, de ce fait, la composante berbère de l'Algérie. Ce document a soulevé, à l'époque, une indignation et un climat de mécontentement, de méfiance et de rejet chez les militants berbéristes. Il alimente les contradictions et élargit le fossé entre les tenants de l'arabisme et les tenants du berbérisme.

 

 
Année 1948 : Rachid Ali Yahya, élu au comité fédéral par le Congrès de novembre, et apuyé par Bennaï Ouali et Amar Ould Hamouda, s'oriente vers la la création du MPB (Mouvement Populaire Berbère). Sur 32 membres du PPA-MTLD, 28 rejettent toute idée d'une Algérie arabe musulmane et se prononcent pour une Algérie algérienne. Rachid Yahya sera assassiné par la suite.

 

 
Année 1949 : Le premier mouvement Amazigh est né en 1949 lors de la crise dite berbériste au MTLD, la fédération de France du MTLD fit voter (28 voix sur 32) –- à l'initiative de Rachid Ali Yahya –- une motion allant à l'encontre des idées du parti : « Algérie Algérienne ». Une purge au sein du parti a directement suivi ce vote. Hocine Benhamza, docteur en sciences économiques de l’université de Paris, militant au sein du PPA, ancien détenu politique pendant la guerre d’Algérie dit à ce propos : « A la fédération de France du MTLD, il y avait 32 membres dont 28 à l’initiative de Rachid Ali Yahya, étudiant, et sous l’impulsion de militants kabyles notamment Benaï Ouali, Ferah Ali, Oubouzar et d’autres, disaient « nous nous battons pour la démocratie, la laïcité, l’indépendance et pour une Algérie algérienne ». Messali et ses partisans, y compris ceux du comité central, disaient « l’Algérie est un pays arabe. Elle doit se tourner vers les pays du proche orient, devenir une composante de la nation arabe. L’Algérie est un pays musulman, il faut promouvoir la religion musulmane ». Et les responsables kabyles même ceux faisant partie de l’OS, disaient « oui, aux revendications berbères mais pas de façon prématuré, il faut d’abord obtenir l’indépendance avant de poser le problème berbère ». Suite à toutes ces divergences, le mouvement berbère de base n’a pas été suivi et, c’est un point à vérifier. » Aujourd'hui le mouvement Amazigh est réactivé pour réparer les erreurs du passé.

 

 
Année 1949 : Ali Yahia Cid dit Rachid, étudiant en droit à Paris et membre du Comité directeur de la Fédération de France du PPA/MTLD, réussit à faire voter une motion dénonçant le mythe d'une Algérie arabo-islamique et défend la thèse de l'Algérie algérienne. Elle est acceptée à une majorité écrasante : 28 voix sur 32. Pour certains responsables du Parti, le concept de "l'Algérie algérienne" est un concept colonialiste et donc anti-nationaliste.

 

 
Année 1949 : Juste après le vote du 01/03/1949 au Comité directeur de la Fédération de France du PPA/MTLD qui a reussi a admettre le concept de "l'Algérie algérienne" et non de l'Algérie arabe, la Direction du PPA/MTLD, sentant une prise en main de la Fédération de France par les militants de l'Algérie algérienne, donne l'instruction à Embarek Fillali, représentant à Paris, d'organiser un commando pour reprendre de force les locaux de la Fédération, et diffuse un tract pour condamner le berbérisme.
Au même moment, Radjeff Belkacem, ancien de l'ENA et membre du conseil de la Fédération de France, originaire de Kabylie, réunit le Comité fédéral constitué de 25 membres et fait voter une motion : " Condamnation de la déviation politique du Comité Fédéral". Elle recueille 12 voix pour et 13 voix contre. Suite à ce résultat, Radjeff se réunit avec quelques militants dont le Dr Chawki Mostefai et Sadok Saidi, originaires de Kabylie eux aussi, dépêchés par la Direction d'Alger pour régler le problème et "récupérer" la Fédération des mains des "scissionnistes". Ils décident ensemble d'organiser des groupes d'autodéfense contre les berbéristes. L'effectif, selon Radjeff, atteint 70 hommes. Des bagarres éclatent entre ces groupes et les tenants de l'Algérie algérienne pour la récupération des locaux du Parti, notamment dans les 18e et 19e arrondissements de Paris.

 

 
Année 1949 : De Paris, Ali Yahia Rachid, sentant le danger, suite à l'intervention de la Direction d'Alger, lance un appel à Ouali Bennai pour l'aider. Ce dernier, en voulant se rendre à Marseille, est arrêté au port d'Oran par la police. L'arrestation de Bennai par la police est suivie par celles de plusieurs cadres de la Kabylie. Omar Boudaoud, responsable de l'O.S en Basse Kabylie, est arrêté à Rebeval (Baghlia), Said Oubouzar, responsable politique de la région de Tizi-Ouzou est arrêté à Alger; Amar Ould¬ Hamouda, un des responsables de l'O.S et membre du Comité central est arrêté à Alger, Omar Oussedik, membre du Comité central et adjoint d'Ahmed Bouda est arrêté à Alger. Ils sont tous torturés puis incarcérés. "Ces arrestations créent un profond malaise au sein des militants kabyles qui accusent les dirigeants du Parti de "complicité" avec l'administration coloniale".
Ces hauts responsables et permanents du Parti sont accusés, alors qu'ils se trouvent en prison, de berbérisme, de régionalisme et d'anti-nationalisme par la Direction du PPA/MTLD. Ils seront tous exclus du Parti. Ait Amrane leur dédie en septembre 1949 un chant : "Si Lezzayer ar Tizi-Wezzu" (d’Alger à Tizi-Ouzou).

 

 
Année 1949 : Vingt-deux (22) responsables de la Kabylie (chefs de zones) se réunissent dans la région d'Azazga; toute la Kabylie, semble-t-il, y est représentée pour discuter du problème du berbérisme et essayer de débloquer la situation. Le Parti, dans cette région d’Algérie, enregistre des démissions collectives importantes. Un rapport rédigé par Saïd Ali Yahia (étudiant) devait être remis à Messali Hadj par une délégation composée de trois membres Abdelkader Ait Sidi Aissa, Cheikh Mohand Ouameur et Messaoud Oulamara. Ils sont aussitôt reçus par Messali qui les félicite d'avoir entrepris une telle initiative. Il promet de les convoquer bientôt pour étudier le problème avec le Comité central. L'attente de la réponse du président du Parti fut longue.
Sous le pseudonyme d'Idir El-Watani, trois étudiants: Sadek Hadjeres, étudiant en médecine, Mabrok Belhocine et Yahia Henine, étudiants en droit et membres de la commission de rédaction du journal El-Maghreb El-Arabi, diffusent une brochure intitulée "L'Algérie Libre vivra" au sein du PPA/MTLD. Ce, pour "faire connaître les conceptions du courant de rénovation et réfuter l'accusation de berbérisme". Ils y développent notamment le concept de "nation".
Pour les auteurs de la brochure, "la nation ne suppose obligatoirement ni communauté de race, ni de religion, ni de langue". Elle est basée sur quatre éléments indispensables: "le territoire, l'économie, le caractère national qui se traduit dans le mode de vie, la mentalité et la culture, le culte d'un même passé et le souci d'un même avenir". En réponse aux tenants de l'arabisme, ils expliquent que "l'existence en Algérie de deux langues parlées (référence aux langues arabes et berbère) n'empêche pas du tout la compréhension mutuelle des éléments qui les parlent". Au contraire "la diversité, loin de nuire, est (...) complémentaire et une source de richesses". Ils montrent l'existence d'une Algérie antérieure à l'Islam et plusieurs fois millénaire et complètent l'hypothèse de Messali qui limite l'histoire de l'Algérie au VIIeme siècle.

 

 
Année 1949 : Ferhat Ali, vieux militant de l'ENA, ancien opposant à Messali, militant du PPA/MTLD à Tizi-Rached et ami de Laimèche et des étudiants berbéro-nationalistes est atteint d'une balle de pistolet, tirée par Krim Belkacem accompagné de Hanafi Fernane et de Akli Djeffel, restés solidaires de la direction du Parti, après la crise de la Fédération de France. Ferhat "refuse, selon Aït-Ahmed, de se soumettre au diktat des chefs écartant l'ancienne équipe dirigeante en Kabylie". Peut-on voir ici une tentative de récupération de la Fédération de la Kabylie tenue par les berbéro-nationalistes, après celle de la Fédération de France?C'est l'avis des victimes. Le lendemain, l"'Echo d'Alger", quotidien colonialiste, profitant de l'incident, publie un article sous le titre "Des membres dissidents du PPA veulent créer le P.P.Kabyle...", déclaration présumée de Ferhat Ali.

 

 
Année 1949 : De prison, Ouali Bennai, voulant connaître la façon dont se déroulaient les événements politiques, envoie une lettre à Said Ali Yahia, que Maître Abderrahmane Kiouane, avocat du parti, devait lui remettre. Il lui demande: "que devient le M.R.B ?". Cette lettre, lue et photographiée par la direction du Parti, est distribuée à toutes les kasmates du PPA/MTLD. Elle est, pour la direction, une preuve irréfutable de la présence d'une organisation secrète, dite "Mouvement révolutionnaire berbère "mise sur pied par Bennai". Elle déclenche en fait une campagne anti-berbère. Elle sert à condamner le berbérisme avec une ardeur et un acharnement jamais connus. Des délégués itinérants sont envoyés par la Direction du (PPA/MTLD) à toutes les kasmates d'Algérie. Leur mission est de faire condamner le "berbérisme". Leur preuve, la lettre envoyée de prison par Bennai. Les moyens: tous les moyens d'explication et de condamnation, y compris insultes et intimidations. Pour l'envoyé à Tiaret, les "berbéristes" "étaient des alliés objectifs du colonialisme". A Alger et notamment à Belcourt, des bagarres et des matraquages entre les arabo-islamistes et les berbéro-nationalistes ont éclaté. Ces incidents n'ont pas touché seulement les berbéro¬nationalistes mais aussi les militants arabophones qui soutenaient le concept de l'Algérie algérienne et qui sont en majorité originaires de l'Oranie. Belaid Ait Medri, agent de liaison de Kabylie est remplacé par Fernane Hanafi

 

 
Année 1949 : Le Comité Central du MTLD convoque Messaoud Oulara à Alger pour discuter du problème "berbériste". Il est accompagné de Laifa Ait Waban et Salem Ait Mohand. Ils sont reçus par Mustapha Ferroukhi, Rabah Bitat, Ahmed Bouda et Hocine Lahouel (secrétaire général du MTLD). Ce dernier accuse "à tort et à travers les ennemis du pays, sans les nommer, les agitateurs et les malhonnêtes". Messaoud Oulamara répond que Messali s'avère "le principal responsable de la pagaille" que vit le Parti.

 

 
Année 1952 : La France propose au Mouvement nationaliste arabe marocain de suivre la politique de l’interdépendance, de créer une administration et des conseils communs et d’ouvrir des négociations sur la base des dispositions du traité de Fès.

 

 
Année 1953 : Distribution d’un manifeste signé par une vingtaine de notables, Marocains Pro-français, accusant « le Sultan de conduire le pays vers le chaos » et de s’allier à "des partis politiques illégitimes". Ils parlent ici des deux partis issus du mouvement nationaliste arabe marocain.

 

 
Année 1953 : Le ministre français des Affaires étrangères, Georges Bidault, adresse un message au Général Guillaume pour lui demander de « calmer le chef berbère El Glaoui ».

 

 
Année 1953 : Le PPA/MTLD, par le biais de son organe de presse "L'Algérie libre", dénonce la pièce de théâtre de Abdellah Nakil intitulée "El-Kahina". La pièce mise en scène le 27 novembre 1953 par Mustapha Kateb, retrace l'histoire de l’invasion arabe et la résistance des Berbères sous la conduite de Kahina, reine des Aurès.

 

 
Année 1954 : Une association culturelle dénommée 'Tiwizi I Tmazight" (entraide pour tamazight) est fondée à Paris Par un groupe de militants berbéro-nationalistes dont Ali Boudaoud, Hocine Heroui, Mohand Amokrane Haddag, Mohand Amokrane Khelifati... Son objectif est le développement de la langue berbère. Une revue qui porte le même nom est éditée par l'association. Mohand Idir Ait Amrane leur rend hommage par un poème en kabyle intitulé "A kra wer neggan udan". Cette association se dissout d'elle-même après le déclenchement du ler Novembre 1954 et ses membres rejoindront en bloc le Front de Libération Nationale.

 

 
Année 1954 : Lors des discussions sur la constitution du FLN, Mourad Didouche propose de diviser la Kabylie en deux. L'une sera rattachée à l'algérois et l'autre au Constantinois. Belkacem Krim s'oppose et obtient l'aval au cours d'une réunion avec Mohammed Boudiaf et Mostefa Ben Boulaid. Les séquelles de la crise dite "berbériste" de 1949 sont toujours présentes dans l'esprit des militants nationalistes.

 

 
Année 1955 : Signature à Paris au ministère des affaires étrangères de la déclaration de l’indépendance du maroc. Les signataires : Mr BEKKAY et Mr PINOU. 43 ans avant il y avait la signature du protectorat le 30-03-1912.

 

 
Année 1955 : Les tribus Amazighes marocaines qui avaient représenté un élément fondamentale dans l’organisation du pouvoir traditionnel acceptèrent, après 1934, de coopérer avec les nouvelles autorités. La déposition de Mohamed V mit fin à la relative collaboration et les tribus Amazighes devinrent «nationalistes» tout en gardant leurs distances vis-à-vis de l’Istiqlal. De la même manière plusieurs abandonnèrent le parti après 1956 pour joindre le P.D.I par hostilité envers l’Istiqlal plus que par admiration pour Hassan Ouazzani.

 

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