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Histoire d'Afrique du Nord revisitée
Une des façons -pour mieux comprendre l’histoire- est de la lire à grande échelle dans le temps et dans le contexte avoisinant. Ici le cas de Tamazgha (Afrique du Nord) en dates clés :

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Année 1963 : La Constitution est adoptée par référendum. Instauration d’un régime de parti unique. M. Ben Bella est élu président de la République le 15 septembre. Hocine Aït Ahmed crée quelques jours plus tard le Front des forces socialistes (FFS) et entre en dissidence en Kabylie.

 

 
Année 1964 : Une petite cellule comprenant trois universitaires d’origine kabyle : Amar Abada, Mouloud Mammeri et M’barek Redjala est mise en place à Alger. L’arrestation de Redjala et son emprisonnement de mai à août 1965 ainsi que les divergences d’ordre politique et idéologique qui ont surgi par suite, ont mis fin à l’existence de ce premier groupe qui a commencé à réfléchir sur le devenir de la langue berbère après l’indépendance de l’Algérie.
Le chanteur Slimane Azem est interdit d’antenne (et ses disques interdits d’importation) à la chaîne kabyle de Radio-Alger. Quelques présentateurs non conformistes sont limogés (ex. Ahmed Aimene).
Réduction des horaires de la chaîne kabyle. Celle-ci émettait auparavant au rythme d’une vacation continue quotidienne, de seize heures de durée environ. On ramène le tout à moins des neuf heures trente découpées en trois tranches quotidiennes (2 x 2h30 + une fois 4h30).

 

 
Année 1964 : Le gouvernement arabe qui a pris le pouvoir sur l'Algérie décrète un décret portant sur l'arabisation de l'administration.

 

 
Année 1964 : Le gouvernement arabe qui a pris le pouvoir sur l'Algérie impose le décret du 22 mai 1964 qui devait fournir les instruments nécessaires à l'instauration progressive de l'arabe dans l'administration.

 

 
Année 1964 : Étant donné que, en 1962, l'Algérie était dépourvue d'enseignants parlant l’arabe coranique, le gouvernement n'imposa que sept heures d'enseignement de l'arabe par semaine dans toutes les écoles; ce nombre passa à 10 heures par semaine en 1964 grâce au recrutement des milliers de professeurs en Égypte et en Syrie.

 

 
Année 1964 : Les troupes françaises se retirent d’Algérie en juin, mais restent présentes à Mers El-Kébir et au Sahara.

 

 
Année 1965 : La nation africaine, le quotidien en français de l’Istiqlal, cita un texte de Jamal Addine Al Afghani : » un peuple peut vivre sans roi mais un roi ne peut pas vivre sans peuple » Dris El Fellah, le rédacteur en chef du journal fut condamné a dix mois de prison et le quotidien fut suspendu pour six mois.

 

 
Année 1965 : La style érigée par l’armée française dans la montagne de Bougafer au moyen atlas marocain après sa grande perte a été enlevé par le pouvoir marocain, pour ne pas révéler les consciences endormies des Imazighen. Sur cette style est écrit : "A la mémoire des officiers, sous-officiers, caporaux, soldats, goumiers et partisans des troupes mobiles des confins et de Marrakech tombés glorieusement dans les durs combats du djebel Saghro".

 

 
Année 1965 : Renversement de Benbella par le coup d'Etat de Boumedienne.

 

 
Année 1965 : Le colonel Boumediène renverse M. Ben Bella. La Constitution est abrogée en juillet.

 

 
Année 1966 : Un groupe de militants berbéristes dépose à la préfecture de Paris les statuts de l’Association berbère d’échanges et de recherches culturels (A.B.E.R.C) qui s’est fixé pour but "de faire connaître la culture spécifiquement berbère, l’étude de la langue et de la civilisation berbères". Elle se propose "d’étudier l’histoire berbère et de dresser la fresque de cette grande et antique civilisation encore méconnue du grand public". L’ A.B.E.R.C. s’interdit "toutes discussions politiques ou religieuses". Son bureau est constitué de Abdelkader Rahmani (ingénieur), Amar Naroun (homme de lettres), Mohand Amokrane Khelifati (manœuvre), Said Hanouz (pharmacien), Mohand Arab Bessaoud (instituteur), Djaffar Oulahbib (chef électricien). L’A.B.E.R.C. est enregistrée à la préfecture de police de Paris le 3 février 1967. L’ABERC ou Académie Berbère connaîtra un essor remarquable. Elle diffusera un bulletin en Kabylie, dans l’algérois et dans les Aurès pour sensibiliser le plus grand nombre de personnes, surtout la jeunesse, autour de leur identité. Elle drainera plusieurs milliers de jeunes. Mais son militantisme politique excessif voire raciste, la répression et son statut mal défini, feront éloigner d’elle les intellectuels et les compétences scientifiques berbères.

 

 
Année 1966 : Un groupe de militants berbéristes dépose à la préfecture de Paris les statuts de l'Association berbère d'échanges et de recherches culturels (A.B.E.R.C) qui s'est fixé pour but "de faire connaître la culture spécifiquement berbère, l'étude de la langue et de la civilisation berbères". Elle se propose "d'étudier l'histoire berbère et de dresser la fresque de cette grande et antique civilisation encore méconnue du grand public".
L' A.B.E.R.C. s'interdit "toutes discussions politiques ou religieuses". Son bureau est constitué de Abdelkader Rahmani (ingénieur), Amar Naroun (homme de lettres), Mohand Amokrane Khelifati (manœuvre), Said Hanouz (pharmacien), Mohand Arab Bessaoud (instituteur), Djaffar Oulahbib (chef électricien).
L'A.B.E.R.C. est enregistrée à la préfecture de police de Paris le 3 février 1967. L'ABERC ou Académie Berbère connaîtra un essor remarquable. Elle diffusera un bulletin en Kabylie, dans l'algérois et dans les Aurès pour sensibiliser le plus grand nombre de personnes, surtout la jeunesse, autour de leur identité. Elle drainera plusieurs milliers de jeunes. Mais son militantisme politique excessif voire raciste, la répression et son statut mal défini, feront éloigner d'elle les intellectuels et les compétences scientifiques berbères.

 

 
Année 1966 : Nationalisation des mines et des compagnies d’assurances étrangères en mai. Signature d’accords de coopération avec la France.

 

 
Année 1967 : Les deux premières années de l’enseignement du primaire sont arabisées en Algérie.

 

 
Année 1967 : La Charte nationale algérienne est adoptée par référendum. Ce document qui est un texte national fondamental définit l’Algérie comme étant une partie intégrante de la nation arabe. "Le peuple algérien se rattache à la patrie arabe, dont il est un élément indissociable" (...)" L’Algérie n’est pas une création récente. Déjà sous Massinissa, fondateur du premier État numide, et de Jugurtha, initiateur de la résistance à l’impérialisme romain, s’était dessiné le cadre géographique et commençait à se forger le caractère national". (...) "A ces deux caractéristiques principales se sont ajoutés progressivement à partir du 7e siècle les autres éléments constitutifs de la Nation Algérienne, à savoir son unité culturelle, linguistique et spirituelle (...)". On peut affirmer, ajoute le texte de la Charte nationale, "que ces différentes périodes de notre histoire ont constitué un creuset où se sont fondus intimement les brassages ethniques, les apports de toutes sortes, comme les créations nouvelles du génie national, tout cela pour aboutir à une expression originale de la personnalité arabo-musulmane de notre peuple...".
La politique culturelle s’attellera, selon la Charte, à concrétiser un projet des plus urgents : la généralisation de l’utilisation de la langue arabe qui "est un élément essentiel de l’identité culturelle du peuple algérien. On ne saurait séparer notre personnalité de la langue nationale qui l’exprime. Aussi, l’usage généralisé de la langue arabe, et sa maîtrise en tant qu’instrument fonctionnel, est une des tâches primordiales de la société algérienne au plan de toutes les manifestations de la culture et à celui de l’idéologie socialiste".
Le choix de la langue arabe est fait. Il est irréversible. "Il ne s’agit nullement de choisir entre la langue nationale et une langue étrangère. Le problème du choix étant dépassé et irréversible, le débat sur l’arabisation ne peut porter, désormais, que sur le contenu, les moyens, les méthodes, les étapes, la conception générale d’une langue".

 

 
Année 1967 : M'barek Redjala adresse une lettre à Hocine Ait Ahmed, leader du Front des Forces Socialistes (FFS), sur la question berbère. Il écrit notamment: "Je signale à l'intention de tous que l'idée d'une réhabilitation de la culture et de la langue berbère fait du chemin en Algérie, et que tout parti qui n'en tiendrait pas compte ne saurait bénéficier des masses de la Kabylie. Les plus avancés songent même à la création de la nation berbère. Les jeunes intellectuels berbères y voient la seule issue à la longue et douloureuse tragédie que nous vivons. Nous sommes obligés de les freiner dans leur zèle de vouloir dès maintenant poser le problème de la nation berbère. Ils expliquent leur attitude par la crainte qu'ils ressentent de voir l'arabe éliminer les dialectes berbères. L'argument est de valeur. Quoi qu'il en soit, ce problème doit nous préoccuper Si nous voulons canaliser, impulser au lieu de suivre lorsqu'il sera trop tard". Un groupe de lycéens du Lycée Amirouche de Tizi-Ouzou sont exclus du lycée lorsqu'ils se proposent de jouer une pièce de théâtre en langue tamazight.

 

 
Année 1967 : Fondation de l'Acamédie Berbère à Paris.

 

 
Année 1967 : L’armée française quitte les bases de Reggane et Bechar en mai. En juin, l’Algérie rompt ses relations diplomatiques avec les Etats- Unis à la suite de la guerre de six jours entre Israël et les armées arabes. Coup d’Etat avorté contre Boumediène en décembre.

 

 
Année 1968 : Le second président algérien, Houari Boumedienne (1965-1979), s’engage dans une action plus radicale. Par un décret de 1968, il impose l’arabisation de la fonction publique : dans un délai de trois ans, les fonctionnaires devront apprendre suffisamment d’arabe pour travailler dans cette langue. La majorité d’entre eux n’y parviendront pas, mais les arabisants verront s’ouvrir à eux, dans le même temps, les portes de la fonction publique. Il en ira de même dans l’enseignement, dont l’arabisation est intensifiée, à partir de 1970.

 

 
Année 1968 : Mise en route du processus formel d'arabisation de la fonction publique en Algérie.

 

 
Année 1968 : Houari Boumediene signe une ordonnance rendant obligatoire pour les fonctionnaires et assimilés de nationalité algérienne d’origine, "la connaissance suffisante de la langue nationale" au moment de leur recrutement. Création du premier cercle culturel berbère à la cité universitaire de Ben-Aknoun (Alger). Ses activités sont axées sur le renouveau culturel : théâtre, émissions radio¬phoniques, cours de berbère animés par Mouloud Mammeri, cycles de conférences, premiers galas de la chanson kabyle, bibliothèque, création de journaux parmi lesquels la première revue berbère ’’Taftilt". Mohamed Sedik Benyahia, ministre de l’information, organise une conférence où il reçoit une pétition de protestation lancée par des étudiants berbérophones contre la "destruction de la radio kabyle".

 

 
Année 1968 : Les mesures d’économie prises par le pouvoir français ont progressivement réduit la chaîne kabyle de Radio-Paris à sa plus simple expression puisqu’en 1967168 elle ne disposait que de 15 mn d’émission quotidienne sur la même longueur d’onde que la chaîne arabe. Néanmoins, on y passait souvent Slimane Azem. L’animateur de cette chaîne, Hamid, a même assuré en quelque sorte une certaine publicité à la récente "Académie berbère" dont il était membre.

 

 
Année 1968 : Le gouvernement arabe qui a pris le pouvoir sur l'Algérie décrète l'ordonnance du 26 avril 1968 sur la connaissance obligatoire de l'arabe pour les fonctionnaires.

 

 
Année 1968 : Houari Boumediene signe une ordonnance rendant obligatoire pour les fonctionnaires et assimilés de nationalité algérienne d'origine, "la connaissance suffisante de la langue nationale" au moment de leur recrutement.
Création du premier cercle culturel berbère à la cité universitaire de Ben-Aknoun (Alger). Ses activités sont axées sur le renouveau culturel : théâtre, émissions radio¬phoniques, cours de berbère animés par Mouloud Mammeri, cycles de conférences, premiers galas de la chanson kabyle, bibliothèque, création de journaux parmi lesquels la première revue berbère ''Taftilt".
Mohamed Sedik Benyahia, ministre de l'information, organise une conférence où il reçoit une pétition de protestation lancée par des étudiants berbérophones contre la "destruction de la radio kabyle".

 

 
Année 1969 : Saïd Hanouz et Mohand Arab Bessaoud déclarent à la Préfecture de police de Paris la création de l’Académie "Agraw Imazighen". Son but est l’étude et la sauvegarde de la culture berbère. Elle diffuse un journal mensuel "Imazighen". En réalité cette Académie n’est que l’ABERC qui a changé de nom.

 

 
Année 1969 : A l’ouverture du premier Festival culturel panafricain à Alger, le président Houari Boumediene dans son discours rappelle aux Africains que "longtemps contraints de nous taire ou de parler la langue du colonisateur, c’était un devoir essentiel et premier que de retrouver nos langues nationales, les mots hérités de nos pères et appris dès l’enfance." Il reconnaît "qu’il n’y a pas de langue qui, au départ, soit plus apte qu’une autre à être le support de la science et du savoir..." Le pouvoir de Boumediene interdit à la chanteuse et romancière berbérophone Taos Amrouche ainsi qu’à d’autres chanteurs berbérophones de représenter l’Algérie à ce même festival. Amère, Taos Amrouche écrira une tribune "en marge du festival" dans le journal le Monde (ce qui vaudra à celui-ci avec les articles sur le procès de Krim Belkacem, près d’une année d’interdiction !). Néanmoins, Taos Amrouche se produira au moins une fois à la fin juin 69 à la Cité Universitaire de Ben Aknoun grâce à l’invitation du "cercle d’études berbères" qui y fonctionna avec plus ou moins de bonheur entre 68 et 70, appuyé par le comité de gestion de la cité.
Crédits : © Extraits de "Chronologie du mouvement berbère, un combat et des hommes" de Ali Guenoun paru aux éditions Casbah Alger, 1999

 

 
Année 1969 : Saïd Hanouz et Mohand Arab Bessaoud déclarent à la Préfecture de police de Paris la création de l'Académie "Agraw Imazighen". Son but est l'étude et la sauvegarde de la culture berbère. Elle diffuse un journal mensuel "Imazighen". En réalité cette Académie n'est que l'ABERC qui a changé de nom.

 

 
Année 1969 : A l'ouverture du premier Festival culturel panafricain à Alger, le président Houari Boumediene dans son discours rappelle aux Africains que "longtemps contraints de nous taire ou de parler la langue du colonisateur, c'était un devoir essentiel et premier que de retrouver nos langues nationales, les mots hérités de nos pères et appris dès l'enfance." Il reconnaît "qu'il n'y a pas de langue qui, au départ, soit plus apte qu'une autre à être le support de la science et du savoir..."
Le pouvoir de Boumediene interdit à la chanteuse et romancière berbérophone Taos Amrouche ainsi qu'à d'autres chanteurs berbérophones de représenter l'Algérie à ce même festival.
Amère, Taos Amrouche écrira une tribune "en marge du festival" dans le journal le Monde (ce qui vaudra à celui-ci avec les articles sur le procès de Krim Belkacem, près d'une année d'interdiction !). Néanmoins, Taos Amrouche se produira au moins une fois à la fin juin 69 à la Cité Universitaire de Ben Aknoun grâce à l'invitation du "cercle d'études berbères" qui y fonctionna avec plus ou moins de bonheur entre 68 et 70, appuyé par le comité de gestion de la cité.

 

 
Année 1969 : création par Mouloud Mammeri de la première école algérienne d'anthropologie (CRAPE - Centre de Recherches Anthropologiques, Préhistoriques et ethnographies).

 

 
Année 1969 : traduction en français par Mouloud Ammeri aux Editions Maspero Paris " Les Iserfra, poèmes de Si Mouhand u Mhand"

 

 
Année 1970 : Création de 1ere association islamiste marocaine appelée jeunesse islamique "chabiba islamiya" par Mr Abdelkarim Moutai avec accord de l'état marocaine.

 

 
Année 1970 : Les Années Boumediene : Les pressions du gouvernement algérien aboutiront à faire supprimer complètement l’émission en kabyle de Radio-Paris, alors qu’historiquement il n’y a jamais eu autant de berbérophones en France ! A la chaîne kabyle de Radio-Alger, on notera que les reportages sportifs réalisés en direct des stades jusque-là en kabyle seront supprimés et assurés désormais par un relais de la chaîne en arabe. De la même façon on assiste unilatéralement au passage fréquent de disques en arabe sur la chaîne kabyle, alors que la réciproque sur la chaîne arabe ou mieux à la télévision n’est pas assurée (une chanson tous les trois à six mois au plus à la TV !).
Crédits : © Extraits de "Chronologie du mouvement berbère, un combat et des hommes" de Ali Guenoun paru aux éditions Casbah Alger, 1999

 

 
Année 1970 : L’immigration des Les Amazighs juifs vers Israël est amorcée sous le gouvernement de Golda Meïr : « ? מיהו יהודי » en hébreu (transcription francophone « mihou yehoudi ? »1) se traduit en français par l'expression : « qui est Juif ? ». Cette question donne son nom à un ensemble de débats qui eurent lieu au parlement israélien les 9 et 10 février 1970, qui aboutirent au vote d’un amendement de la loi du retour de 1950 qui garantit à tout Juif ainsi qu'à son éventuelle famille non juive le droit d'immigrer en Israël, dans lequel est défini comme Juif tout individu « né de mère juive, ou converti au judaïsme et ne pratiquant pas une autre religion ».

 

 
Année 1971 : "Année de l'arabisation" proclamée par le président Houari Boumediene en Algérie.

 

 
Année 1971 : Le gouvernement arabe qui a pris le pouvoir sur l'Algérie impose le décret du 27 juin 1971 qui a rendu l'arabe seule langue autorisée. L’article 7 de la loi no 91-05 du 16 janvier 1991 interdit toute autre langue que l’arabe:
Article 7
1) Les requêtes, les consultations et les plaidoiries au sein des juridictions sont en langue arabe.
2) Les décisions de justice et les jugements, les avis et les décisions du Conseil constitutionnel et de la Cour des comptes, sont rendus ou établis dans la seule langue arabe.
Bien que l'arabe classique soit effectivement la seule langue permise dans les cours de justice, l'arabe dialectal (ou arabe algérien) est habituellement utilisé, alors que le français et le Tamazight ne sont plus tolérés, sauf en cas de force majeure. Contre toute attente, les sentences des juges ne devaient être rendues qu'en arabe classique sont surtout formulées en arabe algérien. En somme, on peut dire que la justice et ses tribunaux utilisent exclusivement l’arabe de la tribu arabe de Quraychite (d'Arabie Saoudite).

 

 
Année 1971 : Le gouvernement arabe qui a pris le pouvoir sur l'Algérie lance l'ordonnance «portant extension de l'ordonnance no 68-92 du 26 avril 1968 rendant obligatoire, pour les fonctionnaires et assimilés, la connaissance de la langue nationale».

 

 
Année 1971 : Le cercle d'études berbères et l'UNEA (Union Nationale des Étudiants Algériens) sont dissous par le pouvoir de Boumediene après de nombreuses manifestations, grèves et l'arrestation de plusieurs étudiants pour "menées subversives".

 

 
Année 1971 : Nationalisation des hydrocarbures le 24 février : l’Etat acquiert 51 % des avoirs des sociétés pétrolières françaises présentes en Algérie. En novembre, le gouvernement lance la « révolution agraire » et la « gestion socialiste des entreprises » (GSE).

 

 
Année 1972 : Création d'un ensemble d'associations islamistes. Ce mouvement islamiste dont l'idéologie est basée sur l'hostilité au nationalisme arabe socialiste venu du moyen orient qui a déjà donné naissance a plusieurs coups d'état et la naissance des républiques dans le monde arabe : le baathisme et le nacirisme.

 

 
Année 1972 : La célèbre chorale féminine kabyle du lycée Amirouche de Tizi-Ouzou (ayant obtenu les premiers prix au Festival de la chanson populaire), se verra contrainte par le proviseur et les autorités locales à chanter une grande partie de son répertoire en langue arabe. Si Mohamed Baghdadi (directeur des sports) propose une réforme du sport mettant en place "la commune sportive de base" et il prétend aussi lutter contre le régionalisme et pour l’arabisation : il obtient ainsi la transformation de la JSK (Jeunesse Sportive de Kabylie) en JSK (Jamai Sarrii al Kawkabi).
Crédits : © Extraits de "Chronologie du mouvement berbère, un combat et des hommes" de Ali Guenoun paru aux éditions Casbah Alger, 1999

 

 
Année 1972 : Un groupe de militants de la cause berbère suggère la création d’un enseignement de la langue berbère à l’Université Paris VIII (Vincennes). Cette initiative donne naissance au Groupe d’Études Berbères (G.E.B). L’enseignement de la langue berbère ne sera effectif qu’à partir du 29 janvier 1973 quand l’Université Paris VIII décide sa création.
Crédits : © Extraits de "Chronologie du mouvement berbère, un combat et des hommes" de Ali Guenoun paru aux éditions Casbah Alger, 1999

 

 
Année 1972 : La célèbre chorale féminine kabyle du lycée Amirouche de Tizi-Ouzou (ayant obtenu les premiers prix au Festival de la chanson populaire), se verra contrainte par le proviseur et les autorités locales à chanter une grande partie de son répertoire en langue arabe. Si Mohamed Baghdadi (directeur des sports) propose une réforme du sport mettant en place "la commune sportive de base" et il prétend aussi lutter contre le régionalisme et pour l'arabisation : il obtient ainsi la transformation de la JSK (Jeunesse Sportive de Kabylie) en JSK (Jamai Sarrii al Kawkabi).

 

 
Année 1972 : Un groupe de militants de la cause berbère suggère la création d'un enseignement de la langue berbère à l'Université Paris VIII (Vincennes). Cette initiative donne naissance au Groupe d'Études Berbères (G.E.B). L'enseignement de la langue berbère ne sera effectif qu'à partir du 29 janvier 1973 quand l'Université Paris VIII décide sa création.

 

 
Année 1973 : On assiste à la suppression définitive de la chaire de l’université d’Alger. Mammeri ne semble alors mener qu’un vague combat d’arrière-garde. En tout cas, la suppression s’est passée "en douceur". La discipline "ethnologie" disparaît de l’Université dans le cadre de la RES de 71 mise progressivement en application et l’enseignement du berbère n’est prévu dans le cadre d’aucun des modules des nouvelles licences de lettres ou de langues

 

 
Année 1973 : Après la défaite des arabes devant Israël, le panarabisme arabe est en crise. Les frères musulmans créent la Jamaa Islamiyya et soutenu par le président Essadate dans le cadre d'une scène d'alliance opportunistes entre le régime et l'extrémisme religieux. Essadate est connu par "Raiss Al mouminin", il croyait être le 1er a introduire la chariaa islamique dans la constitution Égyptienne.

 

 
Année 1974 : Un autre islamiste aux Yassine écrit sa première lettre au roi Hassan II.

 

 
Année 1974 : La fête des cerises à Larbaa Nait Irathen se termine très mal puisque la police et les gendarmes n’ayant pas suffi à contenir les manifestants, on fera appel à l’armée pour les réprimer durement. La foule était mécontente en raison du remplacement de plusieurs chanteurs kabyles par des improvisations de chanteurs en arabe. Cette même fête des cerises sera d’ailleurs interdite l’année suivante

 

 
Année 1974 : L’interdiction est faite à l’état civil algérien d’enregistrer les prénoms autres que arabes musulmans, ceux-ci faisant l’objet d’une liste exhaustive. C’est toute une série de prénoms berbères qui en fait les frais.

 

 
Année 1974 : Mohamed Haroun, militant berbériste et fils de chahid est arrêté par la Sécurité militaire à Alger pour avoir posé une bombe au tribunal militaire de Constantine. Cette bombe a été désamorcée à temps. C’est aussi le cas de Lounès Kaci et de Hocine Cheradi qui ont posé une bombe au siège du quotidien "El-Moudjahid" à Alger et de Mohamed Smaïl Medjeber qui a posé une bombe au tribunal militaire d’Oran le 3 janvier avec la complicité de Daniel Paul, de Salby Jay et d’André Noël Cherid. Le choix des cibles est très significatif : El-Moudjahid connu pour son aversion pour la question de tamazight, les tribunaux militaires où la répression est assez symbolique, (...) la chaîne de télévision un des outils les plus monstrueux de la répression".
Ces poseurs de bombes sont accusés de trahison, d’atteinte à la sûreté de l’Etat, de complicité, de trafic de devises et de jets d’explosifs. Ils sont condamnés par le tribunal de Médéa le 2 mars 1976. Trois peines capitales, deux condamnations à perpétuité et d’autres peines allant de dix à Vingt ans de prison.
Crédits : © Extraits de "Chronologie du mouvement berbère, un combat et des hommes" de Ali Guenoun paru aux éditions Casbah Alger, 1999

 

 
Année 1974 : L'arabisation de l'enseignement primaire algérien était achevée et celle du secondaire était en bonne voie de l'être.

 

 
Année 1974 : La fête des cerises à Larbaa Nait Irathen se termine très mal puisque la police et les gendarmes n'ayant pas suffi à contenir les manifestants, on fera appel à l'armée pour les réprimer durement. La foule était mécontente en raison du remplacement de plusieurs chanteurs kabyles par des improvisations de chanteurs en arabe. Cette même fête des cerises sera d'ailleurs interdite l'année suivante

 

 
Année 1974 : Allal El Fassi, le panarabe et l’ennemi numero un de l’identité Amazighe en Afrique du Nord et au Maroc en particulier, est mort le 19 mai 1974 à Bucarest, en Roumanie. Alors que les vrais resitants à la colonnialisation française et espagnole au Maroc sont mort aux champs de bataille par les chars des alliés, comme Moha Ou Hammou Azzayyi, Abdelkarim khettabi, Maa El Ainayn et autres…

 

 
Année 1975 : Abdesslam Yassine fonde son association "Adl Walihssane" justice et bienfaisance, ce nouveau chef spirituel a la particularité d'être loin du wahhabisme saoudien et d'être d'origine la zawiya : un islamise d'origine marocain.

 

 
Année 1975 : Un rapport gouvernemental algérien concluait que l'arabisation s'avérait un échec; après 20 ans d'efforts, seuls les ministères de la Défense, de l'Éducation et de la Justice étaient arabisés.

 

 
Année 1975 : repressions, arrestations et tortures des Berbéristes par le régime de Boumedienne

 

 
Année 1975 : Visite de Valéry Giscard d’Estaing à Alger, en avril, la première d’un président français depuis l’indépendance.

 

 
Année 1976 : "Journée du savoir" - Yaoum El-Ilm. Journée commémorative de la mort en 1940 du cheikh Abdel-hamid Ben-Badis président de l’Association des Oulémas Algériens. Le chef de l’État dans une ordonnance, publiée au JORA le 23 avril 1976, définit l’organisation de l’éducation et de la formation. Après avoir défini la mission du système éducatif qui s’inscrit dans le cadre "des valeurs arabo-islamiques et de la conscience socialiste", l’enseignement est assuré en langue nationale à tous les niveaux d’éducation et de formation et dans toutes les disciplines. La mission de l’école fondamentale est de dispenser aux élèves "un enseignement de langue arabe leur permettant une maîtrise totale de l’expression écrite et orale ; cet enseignement, qui est un facteur important de développement de leur personnalité, doit les doter d’un instrument de travail et d’échange pour se pénétrer des différentes disciplines et pour communiquer avec leur milieu".
L’arabisation porte aussi sur l’enseignement préparatoire qui est dispensé "exclusivement en langue arabe". Cette ordonnance met fin d’une manière très claire aux espoirs et aux attentes des berbéristes et des berbérophones. Tamazight est ainsi mise à l’écart et exclue de l’école. Le choix de l’État algérien est désormais fait. L’arabisation est décrétée.
Cette décision des plus hautes instances de l’État engendre un mépris jamais égalé dans les milieux berbérophones et surtout en Kabylie. La revendication se radicalise. Les contestations s’enveniment après la promulgation de la Constitution et de la Charte nationale qui renforcent l’arabisation et la définition de l’Algérie comme nation arabo-islamique. La répression s’abattra aussi sur les berbéristes.
Crédits : © Extraits de "Chronologie du mouvement berbère, un combat et des hommes" de Ali Guenoun paru aux éditions Casbah Alger, 1999

 

 
Année 1976 : Lors des débats sur la Charte nationale les étudiants militants berbéristes diffusent un document de 50 pages. A ces débats, les jeunes militants berbéristes ont pris part en masse. Sept cent vingt (720) prises de parole sont semble-t-il décomptées dans Alger. Ainsi la revendication culturelle et identitaire berbère connaît une ampleur importante. Elle se pose désormais dans des débats publics. Malgré cette "tolérance" le pouvoir utilise la répression.
Après une intervention dans une salle de cinéma à Alger, l’étudiant et chanteur kabyle Ferhat Mehenni est arrêté pour la première fois par la Sécurité militaire. Ces interventions ont sans doute permis aux services de sécurité de mettre à jour leurs fichiers concernant les berbéristes et opposants à la politique culturelle du pouvoir.

 

 
Année 1976 : Tout en dénonçant l’étouffement de la culture algérienne, l’uniformisation, le totalitarisme culturel, le PRS (Parti de la Révolution Socialiste), pour qui la langue arabe doit être la langue nationale, critique sévèrement le pouvoir algérien qui reste silencieux sur la question berbère dans les textes de la Charte nationale de 1976. "Sur la question berbère, la Charte ne dit pas un mot. Voila donc un texte qui se présente comme national et qui évacue complètement un problème auquel sont sensibles des millions d’Algériens. (...) Or la langue berbère existe. C’est la langue maternelle d’une partie des Algériens. Elle doit être reconnue, préservée et développée comme partie intégrante de notre patrimoine national. Son enrichissement, son passage à la forme écrite, son enseignement, sa diffusion doivent être garantis.". Ainsi le PRS, avec à sa tête Mohamed Boudiaf, est le premier parti politique algérien à se prononcer en faveur de la question berbère.
Crédits : © Extraits de "Chronologie du mouvement berbère, un combat et des hommes" de Ali Guenoun paru aux éditions Casbah Alger, 1999

 

 
Année 1976 : Pour avoir tiré des textes littéraires en Tifinagh sur ronéo et aussi pour avoir été abonnés au bulletin de l’Académie berbère (Agraw imazighen) de Paris, deux cents (200) jeunes de la région de Larbaa Nath Irathen sont arrêtés et emprisonnés. Ils seront, pour quelques-uns, condamnés jusqu’à 18 et 24 mois de prison. Afin de porter le coup de grâce à l’édition berbère en Algérie, le Fichier de Documentation Berbère (F.D.B) tenu depuis 1946 par le Père Jean Marie Dallet est mis sous scellés par le pouvoir de Boumediene. Ce Fichier est considéré comme source exceptionnelle de documents concernant l’étude de l’histoire, de l’ethnographie, de la littérature, de la linguistique des communautés berbérophones de Kabylie, du Mzab et de Ouargla. Ce fichier était au début un périodique mensuel, puis bimestriel, pour devenir à partir de 1955 trimestriel. On y trouve des monographies de villages de Kabylie, des études sur l’Islam, les croyances et superstitions, la sagesse populaire, la vie quotidienne, la zoologie, la botanique et la culture matérielle..

 

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