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L'Histoire du Peuple Guanche (ancien canarien)

"La bouche du vieillard sent mal, mais elle dit des choses bonnes et salutaires "

Un proverbe burkinabè

Malgré son importance pour la connaissance de l'histoire de notre peuple, l'oeuvre de Juan Bethencourt Alfonso n'a pas reçu l'évaluation qu'il mérite. Juan Bethencourt Alfonso a été un médecin d'idées libérales, il est né en 1847 au San Miguel d'Abona (Ténérife) au sein d'une famille arrangée. Grâce à sa condition économique, notre auteur a étudié le baccalauréat au centre unique de l'archipel, Le Lycée des Canaries un actuel Lycée Cabrera Pinto- et la Médecine dans l'Université de Madrid (l'Espagne).

L'inquiétude de cet homme s'est concrétisée dans les multiples facettes de sa vie. Juan Bethencourt Alfonso se met au monde de la politique par ses idées libérales. Cependant, au bout de peu de temps il l'abandonne désillusionné, en lançant des critiques dures au système tyrannique régnant aux Canaries.

Ces désirs ardentes de connaissance amènent le médecin à se spécialiser dans l'Histoire Naturelle et l'Anthropologie du point de vue du darwinisme . Dans le cadre de cette ligne de recherche , l'enquêteur a publié les "Coutumes Populaires Canariennes de Naissance, de Mariage et de Mort" , "Les Matériels pour le Folklore Canarien" et "L'Histoire du Peuple Guanche"

Bien qu'en 1978 le Conseil de Tenerife a publié sa première oeuvre, les tentatives pour éditer "l'Histoire du Peuple Guanche" ont été infructueuses. Son oeuvre sommet a été polémique - et encore de nos jours elle continue de l'être - parce que ce livre remarque dans la survivance humaine et culturelle du peuple guanche et il défend l'usage de la tradition orale.

Malgré son antiquité relative, Juan Bethencourt Alfonso emploie une méthode scientifique et directe enviée par beaucoup d'actuels enquêteurs. Bien que notre historien brille par l'usage des sources orales, Bethencourt s'en remet aussi aux documents écrits. Le spécialiste a visité beaucoup d'archives que le spécialiste et plusieurs d'eux ont disparu à cause des incendies dévastateurs. En plus de la source écrite, l'actif investigateur a promu des considérables excavations archéologiques, il a réalisé un inventaire méticuleux du disparu Museo Casilda (Tacoronte) et a fondé le Musée du Cabinet Scientifique (une origine de l'actuel Musée de la Nature et l'Homme).

Comme déjà nous avançons antérieurement, Juan Bethencourt Alfonso diffère d'autres historiens actuels et antiques par son emploi et revalorisation de la tradition orale. Notre enquêteur est né et a été élevé dans un village des Canaries de fins du 19e siècle, où l'oral jouait un rôle fondamental dans la transmission de la connaissance et naturellement, de l'Histoire. Le spécialiste entend l'a tradition oral comme quelque chose propre et fondamental de sa société. On pourrait dire que Juan Bethencourt Alfonso est un enquêteur qui naît du peuple et écrit d'et pour son peuple. Malgré sa position arrangée et sa inmerssion dans les courants de pensée scientifique européenne, Juan Bethencourt Alfonso a écrit de l'intérieur de la société à laquelle il appartient, en donnant le respect qui méritent la mémoire des paysans canariens.

D'un autre côté, l'historien canarien a cassé avec la tradition romantique représentée par le "bon sauvage" de José Viera y Clavijo. Le sens critique de Juan Bethencourt Alfonso s'est concrétisé dans sa vision des Guanches comme d'êtres humains normaux avec leurs défauts et vertus, non comme une "race” innocente qui ne connaissait pas le malheur. Cette vision des anciens canariens peut-être se doit à l'identification historique de Bethencourt avec le peuple guanche.

L'historiographie canarienne et la tradition orale

Traditionnellement, l'historiographie canarienne n'aime pas la tradition orale comme une source pour la connaissance de l'histoire. L'actuelle historiographie nie à la tradition orale sa valeur scientifique, elle octroie cette qualité exclusivement aux sources écrites et archéologiques. Sans le lieu pour des doutes, nous sommes devant un patron d'étude eurocentriste plus propre de la pensée rance colonialiste que de la science moderne.

D'un autre côté, cette basse estime vers les sources orales, découle de que l'historiographie canarienne ne veut pas assumer la continuité et la survivance du peuple guanche après la conquête. La tradition orale n'importe pas, parce que "nos grands pères n'ont rien à voir de ces peuples barbares et préhistoriques qui habitaient dans les îles avant l'arrivée des Européens et de son histoire". Beaucoup d'historiens de nos îles préfèrent s'éloigner de son bagage culturel canarien - s'il existait-, pour s'approcher plus de la posture de l'historien européen, étranger à la réalité anthropologique et historique étudiée. Un exemple de ce rejet constant du canarien est l'attribution fréquente d'une origine européenne de n'importe quelle coutume ou de tradition, plusieurs fois sans citer de données dignes de foi, mais par une intuition simple ou parce qu'ainsi l'enquêteur le croit.

Nous sommes surpris parce que l'édition unique de " L'Histoire du Peuple Guanche" y a une grande quantité d'annotations réalisées par l'actuel historien Manuel A. Fariña González, plusieurs de ces annotations faites aux notes de Juan Bethencourt Alfonso. Bien que nous remerciions la bonne intention de l'actuel historien, plusieurs fois ses annotations ne nous éclaircissent pas les contenus de cette grande oeuvre, mais elles dévient l'attention du lecteur des arguments de Bethencourt Alfonso. Par ailleurs, le professeur Manuel A. Fariña ne semble pas évaluer le rôle historiographique de la tradition orale de la même manière que Juan Bethencourt et Manuel J. Lorenzo Perera, ce dernier l'écrivain du prologue de ce livre, en plus d'un historien et un ethnologue. Dans plusieurs de ses annotations, Manuel A. Fariña controverse excessivement la véracité des sources orales de Bethencourt parce que celles-ci n'ont pas la supposée force testimoniale du document écrit. De plus, le professeur insiste sur le concept de la "Préhistoire", pour dénommer à l'histoire canarienne antérieure à la conquête castillane (des commencements de l'Âge Moderne européen), il met l'accent aussi sur l'ignorance des Guanches de certaines technologies et de savoirs.

L'actuelle recherche doit déjà quitter ces préjugés vers notre histoire, si elle veut obtenir des conclusions scientifiques veraces. Il faut abandonner et changer quelques mots et concepts : assumer que la "préhistoire" des Canaries n'existe pas, car notre "préhistoire" est celle-là du continent africain. l'histoire precolonial des canaries a toujous était étudiée hors de son contexte spacio-temporel.

Rien ne sert à étudier les évidences archéologiques et les documents écrits, si ne nous aidons pas de les sources orales et de la comparaison ethnographique avec le reste du domaine culturel amazigh.

Nous les historiens nous savons que n'importe quelle source doit observée minutieusement, avec un sens critique, pour entendre le passé. Le document écrit n'est pas toujours meilleur que le mot de nos grands-pères, parce que comme a dit Joseph Ki-Zerbo (un historien africaniste du Burkina) "sous son apparente neutralité objective, les documents d'archives cachent tant de mensonges par omission et revêtent l'erreur de respectabilité". Le document d'archives est écrit par la pensée du vainqueur, par l'Européen - ou par le Canarien européanisé-.

“ L'Histoire du Peuple Guanche”

Dans premier thème de "L'Histoire de Peuple Guanche", dédié aux caractéristiques ethnologiques, historiques et linguistiques, nous les lecteurs nous pouvons prévenir les tendances diffusionistes de la recherche de la fin du 19e siècle. L'auteur a étudié l'anthropologie et l'archéologie de anciens Canariens et une moindre mesure les aspects linguistiques, il observe des parallélismes avec les peuples berbères du contenant voisin (surtout avec l' achelhi dans le plan linguistique). Cependant, aussi Bethencourt Alfonso rattache le nord de l'Afrique, inclus notre archipel, aux peuples celtibères de la Péninsule Ibérique. Comme conséquence du colonialisme espagnol au nord du continent africain, durant cette époque est né l'idée d'un empire ancien Ibère - mauritanien ou Ibère - Libyen. Actuellement la recherche historique défend une origine autochtone pour le peuple ibère et pour le berbère (amazigh), mais la lecture des théories difussionistes est intéressante pour l'étude de la pensée colonialiste européenne.

Le deuxième thème est peut-être le plus polémique et le plus intéressant de tous pour les lecteurs. Ce livre traite sur l'ethnographie et l'organisation politico-sociale du peuple guanche (amazigh du Ténérife). Ici Bethencourt Alfonso s'appui sur l'archeologie et l'information orale. L'historien accompagne ses explications avec des dessins détaillés des restes archéologiques (des momies et un vêtement des Guanches, etc..), ainsi que avec des cartes et des plans (une division politique du Tenerife).

Finalement, le troisième thème est dédié à la Conquête des Îles Canaries. Bethencourt Alfonso nous offre une narration détaillée de l'invasion castillane du Tenerife, des relations politiques entre les menceyatos - des divisions territoriales des Guanches - de l' île, des batailles entre des conquistadors et des insulaires, de la résistance postérieure et la survivance du peuple guanche.

Pour le malheur de Juan Bethencourt Alfonso et du peuple canarien, notre historien n'est pas été et n'est pas non plus un prophète dans sa prope terre. Bien que Bethencourt est mort en 1913, "L'Histoire du Peuple Guanche" s'est publié en 1978, après beaucoup d'efforts et grâce à l'aide économique de l'éditeur Francisco González Lemus. Durant cette longue période les manuscrits de Jean Bethencourt Alfonso sont restés occultes au peuple canarien.

Irma Mora, historienne et militante de l'Association Culturelle Ossinissa

source : http://www.ossinissa.com/index.php?option=com_content&view=article&id=193%3Ahistoria-del-pueblo-guanche&catid=10%3Alibros&Itemid=11&lang=fr


Auteur: Irma Mora
Date : 2009-04-19


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