Arabe
English
 
 
Les états nations de Tamazgha
 Algérie
Egypte
 Iles Canaries
 Libye
 Mali
 Maroc
 Mauritanie
 Niger
 Tunisie
 
 CMA
 Pétitions
 

 

Un siècle d’Amazighophobie


Par Zaid Ouchna, AmazighWorld.org
Date : 2008-03-23

Par: Zaid Ouchna

ZaidDepuis plusieurs  décennies,  nous autres Imazighen  avons lutté sans relâche, durant des décennies l’Amazigh revendique son existence dans la douleur et  depuis des décennies nous avons essuyés  des humiliations et des disconvenues  pour un seul tort : c’est  d’être celui que nous avons toujours été  sur une terre héritée de nos ancêtres.
Pendant ce temps, nous avons fait des choses, nous avons accompli  certes des choses, nous avons raté beaucoup de choses; mais nous avons compris  bien des choses.  Nous avons su que la civilisation Amazighe et  le peuple Amazigh  étaient l’avilit d’une mouvance sectaire, aux origines diverses mais d’idéologie arabo-musulmane  depuis près d’un siècle.

Un siècle jalonné et jonché de trahisons, d’assassinats, de mensonges, de trafique d’influence et de xénophobie. C’est elle, la mouvance sectaire, qui avait baptisé Imazighen « Chleuh » au pluriel et au singulier « chelh ». Ce  dernier  signifie en Arabe : « l’homme dépourvu de ses biens » ou « l’homme mis à nu ». C’est dans le dictionnaire de la langue  Arabe ! Une meilleure preuve, que l’Amazigh n’a jamais été pris pour  un concitoyen. J’en ai vécu moi-même en tant qu’Amazigh  des situations horribles à l’intérieur, comme  à l’extérieur du pays ou on présentait Imazighen aux autres comme des paysans des montagnes et des « barbars ». J’ai subit des humiliations de la part des adhérents de cette mouvance sectaire, qui parlent au nom de l’état. Je suis conscient de ma position d’échantillon.

Tout le monde sait que pour faire disparaître une civilisation, il faudrait au préalable  anéantir le peuple porteur. Une ignoble formule certes ; mais ici, dans le cas du Maroc du moins, toute la population ou presque était Amazighe.  Une donnée qui n’a  évidement pas échappé à la mouvance sectaire. Elle savait qu’elle était, et qu’elle est toujours de toute façon, minoritaire. C’est à partir de là qu’elle a toujours inversée le jeu des conceptions connues pour en faire les siennes, qui n’ont d’ailleurs aucune relation avec des pratiques humaines. Ici, elle a fait fi de tout ce qui est Amazigh  par des acrobaties haineuses et des  rhétoriques  sataniques; c'est-à-dire qu’elle commence par le deuxième volet en  effaçant de la tablette des citées la civilisation Amazighe.  Pour ce qui est du peuple, étant donné la position de  majoritaire de ce dernier, elle ne le prendra jamais en tant que concitoyen, mais plutôt  comme un antagoniste dans le but de lui être utile en tant que soldat pour mieux servir la cause arabo-musulmane érigée par elle-même au rangs des repères sacrés. Une cause qui mène droit au paradis et c’est prescrit.  Cela lui permettrait également de s’accaparer la part du lion des biens du pays sans qu’elle soit un jour  appelée au partage équitable des richesses, comme il est régi dans la plupart des nations dignes de ce nom.  

Une conjoncture, prouvant si c’est  nécessaire, l’inverse de la sordide formule citée plus haut.  
Nous ne pouvons malheureusement pas cacher le soleil avec un tamis, car cette conception aussi immonde soit-elle a trouvé preneurs. Mais là ou le bas blesse plus encore,  c’est la conséquence  méprisante  qu’elle a pu  drainer en mettant l’Amazigh en général face à un ennemi invisible d’une part et de l’autre en dépensant des budgets colossales de ses propres biens pour s’inscrire dans le registre malheureux des disparus. Un budget énorme, dépensé  et  étalé sur cent ans, aurait pu  plutôt le mettre sur les rails du développement. Il aurait pu le mettre hors du besoin. Un budget qui aurait pu promouvoir le Marocain dans sa diversité. Mais, c’est un budget gâché car l’Amazigh et les valeurs de  l’Amazighité restent debout !
Les dates commémoratives sont là pour rappeler à chacun de nous la portée des pratiques peu orthodoxe et  la  conséquence des  dessins de la secte.
  
En 1908,  le système « Makhzen »  passe la main pour permettre à la secte de faire  alliance avec le diable dans le but de  mater le peuple Amazigh  et en soumettre le reste.
 
En 1912, les célèbres accords de la trahison de Fès, ont drainé l’assassinat des milliers d’Amazighs-  si ce n’est plus-  sur les montagnes, dans l’anonymat et sans aucune impunité.
Pauvres sont les résistants du Rif, de Tizi n zzou, de Baddou, de Saghro, de Souss, d’Ayt Baâmran  et autres !
  

1921-1926,  la Guerre du Rif justement. Après la victoire sur les Espagnols à Anoual, le 21 juillet 1921,  Abd El-Krim proclame le Rif. Défait en mai 1926 par les armes chimiques et  les troupes franco-espagnoles dirigées par Pétain, il sera déporté sur l’île de la Réunion.
 Au même moment, la secte envois ses enfants aux grandes écoles orientales au Caire  et occidentales à Paris. Des fois avec des surprises notamment le cas de ce jeune fassi : «  Mohamed Ben Abd el-Jalil, étudiant marocain d'origine fassie, envoyé à Paris avec une subvention du protectorat pour y suivre des cours, notamment à l'Ecole nationale des langues orientales, vient de se convertir au catholicisme. Sa conversion a revêtu un éclat tout particulier : il fut baptisé par l'archevêque de Paris en personne, puis à l'occasion de sa première communion il aurait reçu du Pape lui-même un missel et un chapelet ».
Les enfants Amazighs eux, continuent d’être arrosés par des bombes aveugles air/sol  de l’armée française dans les montagnes et le sud-est.

 16 mai 1930, le dahir sultanien  nommé "Dahir berbère" par les protégés de la France coloniale.
Pendant ce temps la guerre bat son plein aux monts Saghro et Hamdoun. Les habitants du sud-est fuient leurs bourgs, des hommes, des femmes, des enfants et des vieillards regorgent les montagnes.

   1932, Allal elfassi préparait sa licence et militait au Qarawiyin contre les lois d’Izerf en chantant le « llatif » !
 Presque le même jour, les Ayt Yaflman perdent deux  héros et pas des moindres  dans une attaque aérienne au mont Baddou : Iâittw et Oubatteyyou. D’où l’Izli historique :

  • Rar-i-d Batteyyu d Iâittew a yakal
  • Unna trid g widdegh yaden awey-t-in

* Rend gorge à Batteyyou et Iâittew oh la terre !
Ote-toi de celui que tu condescendes des autres 

 1934,  Fondation du Comité d’action marocaine (CAM) en novembre par la nouvelle génération dont  Allal El-Fassi, Mohammed El-Ouazzani et Ahmed Balafrej.
 A la même date,  ce qui reste des patriotes des Ait Yaflman  descendent de Baddou la mort dans l’âme ; des blessés, des orphelins, des veuves et Zaid Ouskounti avec,  regagnent leurs bourgs pillés !

1935, et 1936, Les héritiers des signataires de 1908 reçoivent les consignes. Ils s’organisent dans des oligarchies en un mouvement fasciste appelé : Fityana Qawmi. Leur hymne de Mohamed Tangi intitulé « ya qawmana ! » en est l’illustration de leur intention et de ce qu’ils veulent faire du pays.
Pendant ce temps, Zaid Ouhmad et compagnie infligent une suite de défaites aux  goumiers et aux  colons français à l’Amdghos aux versant du Sud-est du haut Atlas. Une situation encore qui prouve, si besoin il y a, que la notion de concitoyenneté ici, n’est pas de mise. La trahison si ! 

 1939. Sidi Mohammed appelle les Marocains à soutenir la France en guerre. L’histoire nous apprendra par la suite que les Imazighen ont libéré Marseille !

1943 Le Caire, la Santa Barbara de l’idéologie arabo-musulmane,  abrite une rencontre du panarabisme.  On y invente la carte à jouer de « légitimité ». Un peu plus tard au Maroc, la mouvance change du nom et devient : « Istiqlal ».  Les membres de ce dernier signent seuls, et personne d’autre,  une pétition dans l’ombre, dans laquelle ils demandent l’indépendance du Maroc ; car c’était la fin prescrite du protectorat ! L’Istiqlal hérite non seulement  du nom, mais aussi   de papier justificatif et donc  la carte  de la légitimité est assuré. Un nationalisme acquis à la belote comme j’avais déjà dit !  

1947. Allal Elfassi siége à la ligue des états arabes en tant qu’apprenti.

1955. Les accords de La Celle-Saint-Cloud (6 novembre),  remettent les clés du Maroc aux bons  élèves et aux  loyaux protégés.

1956. Il n’y avait pas de constitution à ce moment la, mais ils siégeaient déjà dans la ligue arabe. Le pays ne comptait en son sein pas plus de 11% de sa population qui parle arabe. Quant à son origine, cela est une  autre paire de manche ; car les soldats de l’idéologie arabo-musulmane ne sont jamais  répertoriés.

 1957. Imazighen fondent le mouvement populaire   contre le parti unique de l’Istiqlal, sa première assemblée avait lieu à Goulmima ; mais très vite le cadre  change et de  cape,  et de légitimité.

1962.  La première constitution, préparée dans la cuisine à Rabat,  tombe du ciel sur le peuple Amazigh dans une langue qui ne maîtrise  pas et  qui n’avait même pas le  droit d’être cité dans ses textes !  A cette époque, le chantre Amazigh  Sakkou lançait  un appel  dans l’Izli. Il disait :

  • Mon appel est lancé à mes concitoyens, s’il y a cohérence
  • Ne dites surtout pas « oui », à l’habitation insalubre !

Cette date restera gravée, tout de même,  à jamais dans les mémoires ; car elle n’est pas comme les autres. C’est ici, que la rhétorique, la trahison, le mensonge, le trafique  et le formatage, allaient connaître leur apogée. Jugez-en ? Un peuple sédentaire sur sa propre terre allait dire, soit disant, « oui »  à une constitution qui le prive de tous les droits les plus primaires. Il n’y aurait droit ni à la mort, ni à la vie !
 
1965. Cette date, à Casablanca,  allait connaître une suite d’images époustouflantes. Le paradoxe dû à une politique sauvage,  met des Imazighens face à face  à cause d’une idéologie qui ne les concerne même pas.  D’un côté une tranche rebellée de l’Istiqlal, mais toujours  d’idéologie arabo-musulmane, en la personne de  Chikh Aârab- lire Amazigh ;  et de l’autre  un Général Amazigh également qui défend le système régi de l’Istiqlal ! Eux les Imazighens, luttaient pour un même idéal : c’est celui d’être Arabe plus que des arabes ! Le comble c’est qu’ils étaient tous les deux d’origine  du Maroc dit « inutile ».  Allez comprendre quelque chose ?

1971. L’année a connu des événements que personne ne pourrait imaginer auparavant, surtout pas les scénaristes de Hooly-yood. La manipulation de 1965 refait surface.  Devant la mémoire d’une figure fascinante,  je m’abstiens.   

1972. La troisième Constitution imposée  en mars, dont une partie sera suspendue en avril. Deuxième tentative de coup d’Etat militaire cette foi-ci, le 16 août, menée par le Général Oufkir qui s’est réveillé tardivement et  qui est assassiné le lendemain sans aucun scrupule. L’Amazigh, même serviteur, ne pourrait pas  prétendre au rang de  concitoyen !

1974. Allal Elfassi meurt à Bucarest en Roumanie. Le poète Amazigh Sakkou dira dans son Izli :
* De toute les peines que j’ai eues durant ma vie
 * Seul le « oui »  m’est resté au travers de la gorge !

1983. Le parti de l’’Istiqlal  infecte le système éducatif et les programmes de l’enseignement du pays.  Ce dernier, l’Ighrem Amuqran,  allait perdre de toute sa saveur. Pour cause, l’arabisation et l’islamisation à outrance font des ravages dignes  des anticyclones. La pensée du pays, dans  sa globalité, s’effrite. Les valeurs Amazighes et humaines s’estampent. La norme Marocaine se mue et le désespoir s’affiche. Ils enseignent aux jeunes Amazighs le mensonge dans une langue qu n’est pas la leur. Ils apprennent aux enfants  comment insulter leurs propres parents  et comment rompre avec leur propre mémoire.  Pendant ce temps, quelques personnalités marocaines découvrent enfin  qu’elles sont Amazighes !

1986. Le parti de l’Istiqlal accueil au Maroc le parti  du panarabisme le Baât, qui finance les mercenaires du polisario. Pendant ce temps, les Imazighen et les marocains en général se battent dans la pampa du Sud dit «  le sahara »  pour l’intégrité du pays. De mes  yeux, j’en ai vu la trahison légalisée !

 1994. Le 17/4/1994  avions décidé, nous trois personnes, d’organiser une marche pacifique,  dans le respect de la loi  et sans aucune offense, avec des banderoles écrites en Amazigh la langue du pays. Le 2/5/1994, la réponse ne s’est faite pas attendre. La police marocaine, dans ses diverses sections a procédé  à l’enlèvement et à l’arrestation d’un groupe d’Amazighs, qui malgré la légitimité, la majorité n’était même pas  au courant. L’arbitraire et la honte ne font plus rougir. Comment peut-on être contre une langue telle quelle soit ? Il faudrait peut être un animal pour dire que j’ai des droits !

2000.  Les Imazighens,  venus de l’autre rive pourtant,  dressent les manifestes et les communiqués. Les pétitions se suivent et se ressemblent. Tout le monde veut être là ; qui leader, penseur, militant et des fois carrément chef !  Ils excellent tous, ou presque,  dans des autres langues autre que la  leur.  On chasse le naturel et il revient toujours au galop !

2007. Le parti de l’Istiqlal s’affiche cette foi-ci en clair. Il se nourrit, comme à son habitude des troubles, et  gagne les élections après que les Imazighens  se sont abstenus.  Evidemment, cette vérité  personne n’en a cure. Mais l’étalage de l’histoire est là ! Abbas Elfassi, descendant de Abdelwahid Elfassi  le feqih et père de Allal El fassi,  prend les commandes du pouvoir. La relève est non seulement assurée ;  mais mieux  encore, il prépare Nizar Baraka petit-fils de Allal Elfassi et gendre de l’actuel premier ministre pour faire durer  la suite de l’héritage d’une nation. Ils ont monopolisé la parole et s’accaparent la décision pendant un siècle. Maintenant, on connaît le résultat. Tout le monde s’accorde à dire que la situation du pays  aujourd’hui est catastrophique sur tous les plans. La responsabilité n’incombe bien entendu qu’à ceux qui décrètent pour nous, et à notre place,  notre destinée et le sort qu’ils  ont choisi pour nous. 

Malgré ce constat amer, les Imazighens ne sont toujours pas sur la même longueur d’onde ; c’est une donne presque  banale dirons-nous ?  Mais ce qui est injustifiable, ce sont  les procédés de certaines personnes délirantes qui sèment à tout va, la calomnie et des propagandes mensongères dans le  but de déstabiliser des personnalités Amazighes. Ils accusent les personnes, les associations, les coordinations, et les institutions Amazighes. Pour eux, tout est suspecté ! J’ai vu  des cadres associatifs se transformer carrément  en une tribune  spécialisée dans les procès des absents ; l’idée de la présence de l’ennemi invisible n’est pas  aussi loin que ça !   Nous le savons c’est une des meilleurs  manières pour   s’auto détruire. N’est ce pas la main de l’istiqlal avec des gangs Amazighs ? De mon point de vu, je tire la satisfaction dans le fait que je ne partage  rien avec ces gens.  
 Le sortilège connaît ses foyers !
                                                                                             Zaid Ouchna
 



Suivez-nous sur notre nouvelle page Facebook
 

 
Communiquer
Partager sur Facebook avec vos amis-es
 
Les autres articles de Zaid Ouchna
Envoyer l'article à un ami
Article lu 17953 fois

 

Les commentaires : Important :Prière de noter que les commentaires des lecteurs représentent les points de vue de leur auteurs et non pas d’AmazighWorld; et doivent respecter la déontologie, ne pas dépasser 6 à 10 lignes, critiquer les idées et non pas les personnes, êtres constructifs et non déstructifs et dans le vif du sujet.

 
Commentaire N° : 1
Par: 0672823785 Le : 2010-05-02
Titre: 1313
Pays: Morocco  

ca va makh alik ortghit atasit tilifoun
orit sint wa9ila bay
 
 
 

 
Votre commentaire ici :
Nom
Email (votre email ne sera pas affiché)
Titre
Commentaire
  Sécurité : copier le code suivant sg4f7at3 ici :  
 
 

 

 

Autres articles :










Maroc : non au racisme d’Etat
Auteur: CMA - Date : 2020-07-21






 

 

Headquarters : Amazigh World  (Amadal Amazigh), North America, North Africa

  amazighworld@gmail.com

Copyright 2002-2009  Amazigh World. All rights reserved.