Arabe
English
 
 
Les états nations de Tamazgha
 Algérie
Egypte
 Iles Canaries
 Libye
 Mali
 Maroc
 Mauritanie
 Niger
 Tunisie
 
 CMA
 Pétitions
 

 

Compte rendu de la conférence débat : « Le Mouvement Amazigh, quels mécanismes pour quelles alternatives? » du 7 juin 2008 à Goulmima (Maroc)

Compte rendu de la conférence débat : « Le Mouvement Amazigh, quels mécanismes pour quelles alternatives? » Donnée par Messieurs :A. Adghirni, A. Arehmouch, M. Lhemmouchi, M. Berhouchi et animée par Monsieur H.Lihi.  Organisée par l’Association Socioculturelle Tilelli le 7/5/2008 à Tizi-n-Imnayen (Goulmima) Version intégrale :    Interventions de Messieurs Lhemmouchi, Adghirni, Arehmouch et Berhouchi. NB: bientôt la vidéo de la conférence sera diffusée sur amazighworld.

Introduction :           

La conférence qui s’est tenue dans  la salle de la maison des jeunes, a rassemblé une assistance considérable, tant du point de vue quantitatif que qualitatif. De nombreux jeunes militants du M.C.A, mais aussi des adultes de différentes situations sociales,des médecins et surtout des enseignants. D’aucuns sont venus écouter et participer au débat sur un sujet d’actualité, en l’occurrence celui de la perspective d’avenir d’un mouvement militant ,qui n’en est pas, il est vrai, à son baptême du feu ,mais dont l’itinéraire est loin d’être dépourvu d’embûches , comme en témoignent les incessantes interpellations dont sont continuellement l’objet les militants ,tant à l’intérieur des campus universitaires qu’à l’extérieur. Ceci d’autant plus que ce mouvement identitaire amazigh connaît une mutation qui le place sur les premières lignes de la confrontation sociale et politique. D’autres attirés par la simple curiosité sont venus pour écouter et se faire leur idée propre concernant tout ce qu’ils entendaient et ce que la presse tendancieuse racontait à propos des allégations du chef du parti démocratique amazigh. Il faut dire que la renommée de Maître Adghirni l’avait devancé dans ce petit patelin du sud-est,ce qui n’a pas ,néanmoins occulté le moins du monde les interventions des autres intervenants ,lors de cette manifestation culturelle ; qui restera dans les annales des activités de Goulmima en général et de l’association Tilelli en particulier. 

Présentation des intervenants :   

De prime abord le modérateur, en l’occurrence M. Lihi a remercié,au nom de l’association  les participants, qui se sont donnés tant de peine pour venir jusqu’à Goulmima,avant d’adresser  les mêmes remerciements à toute l’assistance qui a défié la chaleur déjà assez élevée pour venir imprégner cette soirée culturelle d’une autre chaleur plus réconfortante. Ensuite il a invité tout le monde à se lever pour marquer une minute de silence en faveur des victimes des récents évènements d’Ifni qui a connu ,le matin même, un soulèvement populaire réprimé dans le sang par les services de l’ordre, qui y ont semé paradoxalement un désordre inqualifiable.  

1)Intervention de M.Lhemmouchi :         

Le premier intervenant à prendre la parole fut M. Lhemmouchi , de la fédération des associations Amazighs « Amyaway ».Il commença par dresser un historique succinct de la lutte des Imazighen depuis le début du protectorat Français et de l’occupation Espagnole pour justifier que les classes dominantes actuellement au Maroc sont issues de cette période d’occupation et que le colonisateur n’avait fait que passer ses prérogatives à une élite formée par ses soins qui allait veiller à continuer l’exploitation du peuple Marocain. L’intervenant souligna que la prise de conscience Amazigh avait commencé d’abord  grâce à des initiatives individuelles et ce avant le traité d’Agadir qui allait marquer les débuts du travail collectif et associatif. Il fit remarquer notamment l’importance du conseil national de coordination sous l’égide de M. Adghirni ,qui allait canaliser les efforts vers des objectifs identiques .Ensuite il ne manqua pas de souligner aussi l’action avant-gardiste de l’association Tilelli de Goulmima, notamment lors des évènements du 1er Mai 1994 à Errachidia qui a vu l’incarcération de plusieurs de ses membres fondateurs. Evènements qui ont donné un élan nouveau à la lutte identitaire Amazigh contre toute forme d’hégémonisme et d’oppression de la part des responsables du pouvoir central.Ce même pouvoir dans un élan désordonné d’autodéfense avait tenté à plusieurs reprises d’isoler le mouvement Amazigh dans des revendications strictement linguistiques et culturelles et cela par la création d’institutions consultatives ( IRCAM ,CCDH, etc) afin de donner l’impression d’être un état de droit et de dialogue .Pour conclure M. Lhemmouchi s’est arrêté sur certains problèmes qui retardent l’évolution du mouvement culturel, tels que l’absence ou l’insuffisance de coordination entre les différentes formations de ce mouvement. Avant de s’interroger sur la possibilité, en l’état actuel des choses,de créer des partis politiques Amazighs et de terminer par un appel solennel à la revalorisation des principes moraux de l’amazighité.                                                                                                 

2) Intervention de M. Adghirni.     

Dans son allocution, Maître Adghirni avait , quant à lui, rappelé les tout récents évènements dont ont été victimes ses concitoyens d’Aït Baamrane. De temps en temps il s’interrompait pour répondre par son portable à des correspondants sur les lieux mêmes qui lui donnaient des nouvelles fraîches d’Ifni .Il informa l’assistance des raisons de ce soulèvement qui était dû au blocage du port poissonnier de la ville par des habitants qui refusaient de livrer passage aux camionneurs qui transportaient les produits piscicoles de la région dont eux ne profitaient jamais .Ensuite avec un remarquable esprit d’a propos le conférencier enchaîna sur le sujet de l’autonomie du Tafilalt. Il affirma que le problème qui existait entre les habitants de cette région et le pouvoir central est un problème bipolaire,à savoir politique et économique. Poussant plus loin son argumentation il précisa qu’en terme d’échange c’est l’autorité centrale,en l’occurrence Rabat qui profitait au maximum du Tafilalt et non l’inverse,faisant allusion sans doute au défaut infrastructurel  flagrant que connaît cette région sous-développée, laissée à la traîne de toute planification économique. De fil en aiguille il en vint à ce qui allait devenir la pierre d’achoppement de son intervention ,à savoir qu’Imazighen sont actuellement dépourvus de toute politique qui leur est propre et qu’ils ne jouissent d’aucun droit politique. Il entreprit une rapide digression historique pour rappeler en une judicieuse comparaison les temps glorieux des dynasties Almoravides et  Almohades , durant lesquelles Imazighen étaient maîtres de leur destin et s’imposaient même au-delà du continent Africain.           

Revenant au sujet de l’autonomie il se basa sur les demandes plus ou moins explicitement formulées par le Rif et le Sahara pour déclarer qu’il faut penser à l’autonomie de Tafilalt.Ensuite il souligna l’importance que revêt la coordination Aït Ghighouch qu’i considéra comme un symbole de la renaissance Amazigh dans cette région. Il ne manqua pas ensuite de souligner la richesse économique de cette même région qui se distingue par ses ressources minières de grande valeur,d’autant plus qu’elle renferme de nombreux gisements aurifères et autant de mines d’argent sans oublier d’autres métaux tout aussi précieux notamment dans les environs de Tinghir et de Ouarzazate.Parlant ensuite du P.D.A.M , il déclara que le problème de ce parti avec les autorités est d’abord à propos des autonomies et ajouta « Nous avons dit au pouvoir que vous n’avez pas le droit d’accorder l’autonomie au Sahara pour qu’ils exploitent leurs richesses » il fallait comprendre ,si je ne me trompe,ce qui était sous-entendu « alors que d’autres régions ne pouvaient jouir du même privilège ».Il souligna encore une fois que le différend entre le parti et l’état n’est ni la religion ni la langue Arabe.              S’adressant ensuite à l’assistance il l’exhorta en tribun rompu à la rhétorique :  Le P.D.A.M vous dit :« Vous devez maîtriser vos richesses ! » Et pour illustrer le caractère urgent de cette maîtrise il rapporta que l’O.N.A. venait d’acheter du minerai dans cette région au prix faramineux de six cent milliards de centimes. Avant de faire remarquer avec beaucoup de regret qu’aucun parlementaire n’avait jamais soulevé le problème des gisements miniers injustement exploités de la région. Il ajouta pour la petite histoire que si l’on mettait les uns sur les autres les lingots d’argents extraits des gisements de cette région on pourrait (en montant dessus) voir Rabat à partir de Tilouine ! En outre,et pour souligner la diversité des ressources naturelles de cette région il ajouta que l’eau des tribus qui acquiert aujourd’hui autant d’importance que le plus précieux des métaux ,est une richesse qui est en passe d’être dilapidée rapidement par les sociétés qui la mettent en bouteille pour la revendre ensuite sans que les tribus, véritables propriétaires légitimes de ces sources, en profitent pratiquement et il tonna au milieu d’une salle qui buvait ses paroles « nous sommes acculés à acheter notre propre eau ! »         

Concernant les critiques qui lui sont régulièrement faites il les balaya d’un seul geste,les traitant de produit de la machination diabolisante d’une presse aux abois contre tout ce qui est amazigh. Il démentit ainsi catégoriquement avoir jamais annoncé qu’on allait jeter les Arabes à la mer et qualifia ces paroles d’inepties et de mensonges. Dans le même élan outré il se moqua de tous ceux quoi critiquaient sa visite en Israël arguant qu’il était invité d’un organisme international et que le véritable but de ses détracteurs n’était aucunement la défense des palestiniens mais que c’était surtout pour interdire aux Imazighen d’avoir aucune forme de diplomatie pour que cette dernière reste la chasse gardée des Fassis .Ces derniers tendent d’après lui à empêcher tout projet diplomatique amazigh. Il conclut ensuite bravement son allocution en affirmant : « Qu’on nous dise ce qu’on veut ! Nous ne sommes pas juifs ! N’est juif que le fils d’une juive ! » . 

Intervention de M. Arehmouch :

M. Arehmouch au début de son allocution n’a pas raté l’occasion de rendre hommage à l’une des figures de proue de l’armée de libération, Abbas Lamsaadi, martyr de la cause dont cette conférence coïncidait avec la date de son martyr. Il enchaîna sur la marginalisation qui touche Imazighen aussi bien dans le domaine social que politique et regretta amèrement que nous ne possédions aucune forme de protection politique. Il illustra ses propos en rappelant les différentes arrestations dont sont victimes les militants de la cause Amazigh, faisant remarquer ainsi que s’il s’agissait de prisonniers d’une autre tendance ils auraient été libérés dans les meilleurs délais. Reprenant ensuite une remarque de son collègue Adghirni, qui accusait les responsables politiques Marocains de refuser farouchement l’idée même qu’Imazighen puissent avoir une politique qui leur soit propre,Maître Arehmouch s’arrêta sur la fondation de l’IRCAM que le gouvernement a crée pour gérer ,selon lui,la politique amazighe.Il cita textuellement les paroles du monarque qui aurait déclaré : « personne n’a le droit de monopoliser la question Amazigh ».Maître Arehmouch en vint ensuite à stigmatiser L’arabisation systématique de l’administration Marocaine engagée par le premier ministre Abbas Lfassi. Celle-ci faisant partie selon lui d’une politique bien orchestrée contre l’action amazighe. Il s’interrogea par conséquent sur la réalité de l’indépendance des Amazigh,S’interrogea sur la meilleure manière d’établir une base référentielle du militantisme et se demanda aussi comment affronter la politique étatique vis-à-vis de cette question.           

Par souci de pragmatisme il déclara, avec une excellente suite dans les idées,que la cause Amazigh ne peut se faire avec des slogans « Il faut,dit-il ,penser à autre chose : la protection politique ! » Concernant les problèmes vécus il les résuma dans la pauvreté, l’irrespect des droits humains tels qu’ils sont universellement reconnus, ainsi que l’exploitation injuste des ressources minières et des eaux thermales locales. D’après ce maître du barreau rompu à la plaidoirie,le problème Amazigh doit être traité dans son intégralité,loin des solutions volontairement atomisantes qui ont tendance à le fragmenter ,voire à le restreindre dans de simples revendications à caractère linguistique et culturel.         

S’agissant de la manière dont l’Etat Marocain s’est comporté vis-à-vis des victimes des exactions commises par ses différents responsables durant la période tristement célèbre, communément désignées par les « années de plomb », M.Arehmouch se désola que les Imazighen n’aient pas lutté pour imposer leur point de vue concernant la manière de procéder adoptée par l’instance « équité et réconciliation ».A titre d’exemple ,pour illustrer cette affirmation, il cita l’exemple de Nador où l’on avait fait semblant de découvrir des tombes collectives.Ce qui démontre une hypocrisie flagrante de la part des responsables dans leur façon d’élucider les problèmes par l’assassinat des insurgés, dont on fait semblant ,plusieurs décades après,de découvrir aléatoirement les fosses communes.            

N’oubliant pas ,en fin stratège,de parler de Goulmima ,le conférencier lui consacra une partie de son allocution,tout convaincu qu’il était,que les problèmes qui touchent Imazighen devraient les unir au lieu d’en faire des îlots de revendication isolés .Dans ce dessein il s’attaqua d’abord à l’initiative nationale de développement Humain, déclarant ex cathedra que les slogans ne suffisent pas et que cette petite ville du sud-est vit dans la misère et le dénuement total. Allant ensuite au fond de ses convictions concernant l’aspect unitaire que doit prendre la revendication il trancha d’un ton sans équivoque : « Plus le Makhzen t’isole plus il va te vaincre ! ».Presque arrivé au terme de limite du temps qui lui était imparti,M.Arehmouch tint absolument à rappeler un thème déjà ébauché par son confrère Adghirni,en l’occurrence l’autonomie du Tafilalt. Il poussa cependant plus loin le raisonnement en évoquant le cas de nos frères Amazigh Touaregs qui se sont armés pour affronter les pouvoirs hégémonistes qui les oppriment, ainsi que celui de nos frères de Tunisie qui se sont aussi engagés farouchement dans la lutte,sans toutefois qu’il informe l’assistance sur les formes que revêt celle-ci. Enfin , apparemment pressé par le temps que le modérateur gérait jusque là avec maestria ,le conférencier affirma assez rapidement que l’avenir des Imazighen en Afrique du nord consiste à choisir entre gouverner ou déclarer impuissamment que le moment de ce faire n’était pas encore opportun. Pour appuyer cette deuxième alternative qui,apparemment semblait ,pour lui la plus réaliste ;il regretta la faiblesse du soutien des Imazighen entre eux. Et pour ne pas finir sur une note défaitiste quoi que faisant preuve d’une real politic désarmante il signala, comme pour déculpabiliser le militantisme face à un pouvoir central omnipotent , que le budget alloué aux grandes villes impériales en plus de la mégapole de Casablanca ,équivalait à 65% du budget de l’Etat . De plus, ajouta-t-il toutes les aides internationales sont quasiment consacrées au développement de l’ouest du pays,un choix qu’il faudrait certainement tempérer à l’avenir .(La balle est désormais dans le camp de ceux qui déclarent n’user que de balles en caoutchouc !!). 

4) Intervention de M. Berhouchi :

Habitué aux joutes oratoires des campus, du temps de l’âge d’or de l’université  Dhar Lmehraz à Fes, M Berhouchi entama son allocution par un azul tonitruant qui fit écho dans la salle. S’ensuivit une pensée aux prisonniers politiques de la cause amazighe notamment les Touaregs assassinés au Niger et les Algériens tués par les Islamistes .L’orateur rappela ensuite que la population de L’Afrique du Nord est amazighe et posa alors les questions cruciales suivantes : « Pourquoi Imazighen n’ont-ils jamais eu d’existence politique?  Pourquoi sont-ils toujours réduits à la résistance? ». Il enchaîna ensuite doctement: « Si nous ne trouvons pas une réponse nous sommes menacés de disparition. ».Partant de ces apophtegmes  introductifs M.Berhouchi s’engagea à brasser un historique bien argumenté sur la situation actuelle. Il releva d’abord que Imazighen sont écrasés, que l’arabo-islamisme est contre eux avant de revenir au cas du Niger où l’on pouvait constater une alliance contre les Touaregs. Continuant ensuite sur sa lancée, il fit remarquer que les régions de l’Afrique du Nord sont très fragiles et que les pouvoirs qui oppriment Imazighen sont soutenus par la France et les Etats-Unis. A cet égard, il considéra la France comme étant le 22 ème Etat de la ligue Arabe, au vu de l’alignement total de sa politique et de son soutien inconsidéré aux membres de cette ligue panarabiste. « Nous sommes menacés » ne cessa de réitérer M. Berhouchi avant de se demander où en était la conscience de notre réaction vis-à-vis de cette menace.Cette dernière interrogation lui permit d’enchaîner sur un état des lieux du M.C.A qu’il connaît bien pour avoir présidé au destin de Tada (Confédération des associations amazighes du Maroc). Il releva donc que le Mouvement Culturel Amazigh représente l’élite de l’intelligentsia du Maroc, eu égard à la formation intellectuelle de ses militants .Comme preuve de ses affirmations, il cita les manifestations de soutien des prisonniers politiques du mouvement et le boycott des dernières élections communales qui témoignent d’un niveau de conscience politique élevé. Le rôle dévolu à ces intellectuels, selon M.Berhouchi, est « de savoir mener les masses  vers la libération du peuple amazigh, c’est notre tâche ! ».Concernant toujours le M.C.A. il ajouta qu’il a la spécificité d’être identitaire, puis il posa deux questions dont la première s’interrogeait sur le niveau de préparation du peuple amazigh, tandis que par la seconde il se demandait s’il y avait une identité amazighe au Maroc. Par la suite,en guise de réponse, il avança qu’il s’agit en réalité d’identités collectives et souligna le besoin pressant d’une identité d’avenir, d’une identité commune qui engloberait ces identités collectives (Rifaine, Soussie  etc..); condition première, et sine qua non pour libérer le peuple amazigh. Emporté par l’élan d’un sujet qui lui portait à cœur, il ne manqua pas de lancer un appel à l’union des différentes composantes de l’amazighité en ces termes : « Si vous voulez réussir il faut que nous soyons unis! » et pour effacer toute ambiguïté concernant l’amazighité du Maroc, il traduit une citation anglaise de David Hart qui dit textuellement : « si tu grattes la peau d’un Marocain tu trouves un Berbère ! » Poursuivant sa judicieuse argumentation en faveur de l’union identitaire, M.Berhouchi , sans s’essouffler, fit remarque que l’arabe dialectal ( Arabia Darija) exprime en réalité la culture berbère, il se fonda sur ce postulat pour souligner que, de facto, la majorité du peuple marocain est amazighe. Il insista encore une fois sur la nécessité d’avoir un projet de société ainsi que l’obligation d’organiser ou de réorganiser les relations entre gouvernants et gouvernés. Selon lui, ce projet de société devrait reposer sur trois bases essentielles :1)   La laïcité, autrement dit l’impossibilité des partis d’obédience islamiste. 2)   La séparation des pouvoirs.3)   Un Etat amazigh avec sa langue officielle.Pour ce qui est des soubassements idéologiques d’un tel Etat, il prôna la construction d’un nationalisme amazigh, sans lequel nous sommes condamnés à disparaître. S’agissant ensuite du volet économique, il opta pour un équilibre entre le socialisme et le libéralisme.Sur le plan politique, il affirma qu’on ne peut parler d’élections au Maroc tant que le pouvoir n’est pas objet de concurrence, une autre façon de souligner l’aspect inutile d’élections qui n’aboutissent à aucun changement du moment que le pouvoir décisionnel n’est pas objet de compromis.En guise de conclusion, le conférencier déclara avec beaucoup de conviction dans la voix, qu’en ce qui concerne l’Afrique du Nord, seuls Imazighen sont porteurs d’espoir par leur capacité de créer des Etats modernes. Il termina par cette sentence très significative: « La paix en Afrique du Nord repose sur Imazighen !! ».                                                                                                                                                                                                   Par Aziz Boufous.                                                                                                                Tizi-n-Imnayen.                                                                                                                                                                                                                                                N.B : 1) M.Ezziani,qui n’a pu venir à Goulmima a été remplacé par M.Hemmouchi. 2)     L’auteur de ce compte-rendu s’est interdit tout commentaire personnel pouvant influencer l’interprétation des propos et ce dans le souci de rester fidèle à la pensée des intervenants.Il est vrai que du moment que toutes les interventions ont été faites en Tamazight ou en Arabe ,à l’exception toutefois de quelques phrases en Français ;la traduction des paroles prononcées est sous la responsabilité du traducteur qui l’assume pleinement.3)     Je saisis l’occasion pour rendre un vibrant hommage, particulièrement à notre collègue M.Hamid Lihi pour sa maîtrise qui a permis le bon déroulement de cette conférence,ainsi qu’à tous les militants de Tilleli et du M.C.A en général, qui ont fourni des efforts pour qu’un pareil débat puisse avoir lieu dans le respect total des convictions de chacun des participants.tanemirt !


Auteur: Aziz Boufous
Date : 2008-06-15


Suivez-nous sur Facebook
 

 
Communiquer
Partager sur Facebook avec vos amis-es
 
 
La plume de Aziz Boufous
Envoyer l'article à un ami
Article lu 13225 fois

 

Les commentaires : Important :Prière de noter que les commentaires des lecteurs représentent les points de vue de leur auteurs et non pas d’AmazighWorld; et doivent respecter la déontologie, ne pas dépasser 6 à 10 lignes, critiquer les idées et non pas les personnes, êtres constructifs et non déstructifs et dans le vif du sujet.

 
Votre commentaire ici :
Nom
Email (votre email ne sera pas affiché)
Titre
Commentaire
  Sécurité : copier le code suivant h9n9n67d ici :  
 
 

 

 

Autres articles :












Maroc : l’injustice confortée
Auteur: CMA - Date : 2019-04-08




 

 

Headquarters : Amazigh World  (Amadal Amazigh), North America, North Africa

  amazighworld@gmail.com

Copyright 2002-2009  Amazigh World. All rights reserved.