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Egypte, Tunisie etc. : y a-t-il un autre avenir que «l'algérien ?»


Jour zéro de l'an de la fitna bis. Question abusive et réponse facile: où va l'Egypte ? Elle va vers l'Algérie. Autant que la Tunisie. Pour ce second pays, on semble être dans la phase 90: celle de la bonne santé du FIS triomphant, du délire Ghozali, du trouble de vision et de locution de Chadli et de l'assassinat des intellectuels. Question subséquente : pourquoi les fascistes commencent-ils toujours par tuer les poètes, les élites et ceux qui croient qu'il faut penser et pas croire? Quel est le lien? Celui du démenti: l'intellectuel est le démenti intime du fanatique. Il est l'évidence de son tort et la part de soi qu'il faut effacer et tuer. Proverbe du chroniqueur «les gens d'un seul livre sont toujours intolérants, les gens de plusieurs livres sont des gens libres». Cela s'est passé en Iran, premier prototype du régime religieux, puis en Algérie et ensuite en Tunisie. Et l'Egypte? Elle est dans la phase éradication par les mathématiques et la punition: si on doit tuer 5% de la population, pour sauver les 95% restants, il faut le faire et cela se justifie pensent les janviéristes du monde entier. C'est la vieille doctrine de la fin qui justifie les moyens. C'est la phase Algérie, après le culbutement du FIS et l'installation du Haut comité d'Etat.


En définitive? L'histoire ne sert qu'aux livres, pas au vivant dit une voix triste et fataliste, accrochée comme un mauvais oiseau, à l'arbre de la généalogie. A bien regarder, les islamistes n'ont rien appris de la tragédie algérienne. Ni obligation de consensus, ni tolérance, ni stratégie des dialogues, ni nécessité de coalition, ni déniaisement. En Tunisie comme en Egypte, les islamistes commencent par leur obsession: le laïc, la femme, le corps, la liberté, le Bismillah avant l'hymne et le drapeau, la confrérie et la clandestinité comme le FIS, en Algérie, il y a vingt ans. Et ils finissent dans le même panier: chassés, éradiqués, tués, repoussés vers les maquis et le crime et discrédités et obligés de dévoiler leur vraie nature méchante et agressive.


Et en face, les régimes n'ont rien appris: la solution est l'éradication, tueries, disparitions, état d'exception, lois selon la force etc. et l'issue? On ne la connaît pas. Cela ramène à vivre ce que nous vivons en Algérie: les islamistes vont gagner «la société» et le régime va garder la main haute sur les rentes et les réseaux. Les seuls perdants seront ces gens qui croient encore que la démocratie est la solution, que la modernité est inévitable pour le bonheur et la justice. C'est vers quoi se dirige l'Egypte: le désespoir calme et défait de la résignation.


Celui qui veut qu'il n'y ait pas d'issue possible entre les militaires et les fascistes islamistes. Il n'y a que le «moindre mal» et ainsi de suite. Et c'est pourquoi, dans ces parages maudits que sont les pays du monde dit «arabe» on va continuer à vivre ainsi, dans le malaise, la pauvreté, l'imbécillité et le sursis. On ne sera pas le centre du monde, les espaces de la créativité humaine, les lieux de la liberté et du leadership. On sera encore et toujours les marges violentes et idiotes du monde libre. En Algérie, les islamistes n'ont pas été vaincus à la fin et le régime non plus. C'est l'espoir qui l'a été. Et en Egypte, il l'est déjà. Et en Tunisie peut-être.


Y a-t-il une autre issue? Possible mais tellement peu. Notre tragédie ne semble avoir servi à personne et même pas à nous, chez nous. Mauvaise journée, hier, et mauvaise humeur du ciel et de la tête.



Auteur: Kamel Daoud
Date : 2013-11-01


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