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Tazi : un « mécréant » défenseur de l’arabisation

Abdelhaq Tazi

Chassez le naturel et il revient au galop. C’est exactement ce qu’on peut dire de l’Istiqlal, le parti exclusif du clan arabo-andalous, dont les délires arabistes ont compromis, pour ne pas dire détruit, la vie de millions de Marocains. Il va sans dire que la politique criminelle d’arabisation de l’enseignement a été catastrophique à plus d’un titre.

Pour autant, au lieu de la remettre en question, comme des gens normaux devaient le faire, certains ténors istiqlaliens n’ont trouvé mieux que de demander, dernièrement, de la renforcer davantage en l’étendant cette fois-ci à l’administration et même à la vie publique.

D’où les préparatifs assidus de certains excités de l’Istiqlal de faire avaliser par le parlement, à l’aide des zélés islamistes du PJD, une ancienne loi dont ils se sont subitement rappelés. Et pour cause, elle était fin prête depuis plus de huit ans. En fait, ils n’attendaient que le moment idoine pour la sortir, pourrait-on dire. Et il paraît que c’est le moment ou jamais.

Que ce soit clair une fois pour toute. Je ne suis pas là pour défendre l’administration marocaine. On sait tous qu’elle est plus que sinistrée. Et ce, en raison de la corruption, de la médiocrité et de la gabegie qui y règnent en maîtresses absolues. Depuis toujours. Qu’elle soit par la suite arabisée ou même afghanisée m’importe vraiment peu.

Ce que je veux, c’est de connaître et discuter, le cas échéant, l’argumentation des Istiqlaliens après cette énième sortie « arabisatrice ». Et comme le hasard arrange bien les choses, voilà qu’un certain Abdelhaq Tazi, ancien ministre et membre éminent- bien évidemment- de l’Istiqlal, qui a écrit au journal l’Économiste -qui a brocardé précédemment et la langue arabe et les velléités de l’Istiqlal- pour défendre le projet de son parti.

Lire en bas ou cliquez sur ce lien pour le lire : http://www.leconomiste.com/article.html?a=88489

Le moins que l’on puisse dire en le parcourant, c’est que l’argumentation de monsieur le ministre est d’une légèreté à faire sourire un bébé. Un vide sidéral. L’on comprend maintenant pour quelle raison le Maroc est resté et restera un pays sous-développé. Pauvre pays !

Voici quelques remarques que m’a inspirées le texte du bien nommé Tazi.

1- Comme on peut aisément le voir, Tazi revendique, sans pudeur aucune, le passé et le présent arabistes de son parti. Il en est même fier. Alors que ces terribles dégâts sont visibles même pour les aveugles et à plus forte raison ceux qui ont la chance de voir un peu. Mais notre ex-ministre n’en a cure. C’est normal, ses enfants ont certainement fait leur scolarité dans les écoles huppées de la mission française.

2- Tazi affirme que sa seule volonté est d’appliquer la constitution qui a été, comme vous le savez, concoctée par le seul palais. Avant de la soumettre à la mascarade du référendum naturellement confirmatif. Sait-il que, dans les pays réellement démocratiques, une constitution est longuement discutée par les forces vives de la Nation avant toute ratification ? Autrement dit, elle doit impérativement entre-autre montrer toute la diversité d’un pays. Ce qui n’a jamais été le cas de la constitution dont il a fait une vérité révélée. Et pour cause, elle ne reconnait même pas la majorité de la population marocaine, à savoir les Amazighs. Mais comme tout le monde le sait, pour l’Istiqlal et ses affidés, les Amazighs ne peuvent être que des fantômes… invisibles.


3- C’est tout simplement inapproprié de parler et même d’évoquer le référendum de 1962. La majorité actuelle des Marocains n’y a jamais participé. Parce qu’ils sont nés des années après. On ne peut pas toujours souscrire aux choix des ancêtres ou des grands-parents. Mais à qui le dire ?

4- Le seul parti de la France au Maroc, c’est l’Istiqlal. Il faut savoir que le français n’a jamais eu le poids qu’il a maintenant au Maroc. Même à l’époque de la présence française. L’espagnol, qui était largement parlé dans le Rif, à Ait Baâmrane et dans le Sahara, a complètement disparu. Grâce au parti « français » de l’Istiqlal, la langue de Molière a supplanté définitivement celle de Cervantès. Et l’on ose dire que l’on est contre le français! Mais de qui se moque-t-on ?

5- Tazi est vraiment mal placé pour parler d’une quelconque normalité. N’en déplaise à des gens comme lui, en tant que pays majoritairement amazigh, c’est la langue amazighe qui devait avoir la prééminence et à tous les niveaux au Maroc. Mais certains continuent à le confondre encore avec l’Arabie. Et c’est hélas eux qui détiennent encore et toujours toutes les manettes du pouvoir.

6- Pourquoi toujours parler des Arabes ? À ce que je sais, le Maroc n’est absolument pas arabe (voir les statistiques même du régime marocain). Il est amazigh, monsieur Tazi. Et si vous n’êtes pas content, vous n’avez aucun droit d’en faire un pays arabe.

7- Et comme on s’y attend, un peu comme un réflexe pavlovien, Tazi n’a pas oublié de faire appel à la religion. Et ce, pour donner un semblant de vérité à ses divagations. Puisque le Coran est en arabe, il faut arabiser tout l’univers. Tel est le raisonnement de cet ex-ministre. Il ne doit pas savoir que les plus grands et les plus puissants pays musulmans ne parlent un traitre mot d’arabe.

8- Le pétrole aussi n’a pas été omis. En d’autres termes, si Tazi veut imposer l’arabe dans l’administration et dans la vie publique, c’est en signe de reconnaissance envers les pays du Golfe qui ont aidé, paraît-il, le Maroc pour surmonter la crise énergétique. Heureusement que les Russes ne nous ont pas prêté main-forte ! Sinon, Tazi aurait certainement plaidé pour la russification de l’administration et de la vie publique.

9- Mais dans sa lancée, Tazi dit parfois la vérité. À l’en croire, si l’arabe est une langue des Nations Unies, c’est grâce aux moyens financiers des riches pays du Golfe. Que sera son sort lorsque l’âge d’or du pétrole fera partie du passé ? Je vous laisse, cher lecteur, toute la latitude de lui faire une réponse.

10- Sans avoir froid aux yeux, Tazi affirme qu’il parle l’arabe avec tous les représentants du monde entier. On aurait aimé qu’il donne des noms. Mais il ne l’a pas osé le faire, parce que tout simplement il n’y en a pas. C’est aussi simple que cela. En fait, le seuls avec qui il peut parler l’arabe- si dans le cas où lui-même la maîtrise bien- sont les Arabes. Et encore ! Avec l’importance qu’a prise le dialecte égyptien, celui-ci est devenu par la force des choses la lingua franca des Arabes. Mais Tazi ne peut pas le savoir, car il ne regarde presque jamais les médias arabes. Je suis presque certain qu’il est quotidiennement branché sur les télévisions gauloises.

11- M. Tazi a fini son texte par un adage ô combien éloquent. Tellement il montre au grand jour la schizophrénie identitaire des classes dirigeantes au Maroc. Celui qui renie, écrit-il sûr de lui, ses origines est un mécréant. A-t-il oublié que son propre nom découle d’un toponyme amazigh, Taza ? Dans ce cas, il sera le premier à aller en enfer s’il est d’origine amazighe. Ce qui est fort probable. Sinon, il peut toujours le changer. Des noms à 100% arabes, ce n’est vraiment pas cela qui manque.

 

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Chronologie des évenements :

1/ Le 03/09/2008 : le site amazighworld.org a publié une petition contre le projet de loi du parti de l'Istiqlal déposé au parlement (voir petition ici)

2/ Le 09/09/2008 : le journal marocain l'économiste a publié à la une une réaction au projet, cliquer ici pour voir une copie de l'article en question

3/L'équipe parlementaire de l'Istiqlal avec l'équipe du PJD au parlement marocain réagissent contre le journal

4/ le journal attajdid du PJD réagit contre le journal en invitant Mme Latifa Bennani Smiress présidente des Istiqlaliens au parlement marocain

5/ Abdelhaq Tazi écrit au journal l'économiste dont voici sa lettre telqu'elle a été publié par le journal

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La réaction de l'ancien ministre Istiqlalien Abdelhaq Tazi au journal l'économiste

(tiré du site du journal à l'adresse http://www.leconomiste.com/article.html?a=88489)

Pour ou contre l’arabisation
Voici le courrier que nous a envoyé Abdelhaq Tazi, ancien ministre et membre de l’Istiqlal, à propos de notre éditorial du mardi 9 septembre 2008. Nous avons supprimé les parties qui étaient des insultes.


J’ai l’insigne honneur de faire partie de la «poignée» des conseillers qui ont déposé il y a plus de neuf ans la proposition de loi sur l’arabisation de la Fondation publique, et de la vie publique.
De quoi s’agit-il? Tout simplement d’appliquer la Constitution ! qui dit que le Maroc est un pays musulman dont la langue officielle est l’arabe.
Ce n’est pas «un combat d’arrière-garde» comme le prétend (…) et (…) d’une langue étrangère, mais un combat de fond mené par l’Istiqlal depuis la lutte pour l’indépendance et pour la réhabilitation de notre culture et de notre identité nationale, que le colonialisme a tenté d’anéantir durant l’occupation militaire de notre pays.
Le peuple a tranché cette question en décembre 1962 (référendum sur la Constitution).
Pas d’amalgame, il ne s’agit pas de langue naturelle, mais de langue officielle.
Les combats d’arrière-garde oui, il y en a eu. Mais ils ont été le fait du parti de la France d’alors, juste après l’indépendance. Ce parti a voulu punir l’Istiqlal d’avoir exigé de la France le préalable du retour du Roi Mohammed V avant toute négociation et donc de lui avoir fait perdre le Maroc. Les noms les plus célèbres de ce parti ont été Guedira et le général Oufkir de triste mémoire, qu ont tout fait pour bloquer l’application de la loi suprême, pas seulement en matière de langue et de culture, mais aussi et surtout de démocratie.
Le peuple marocain et son jeune Souverain ont pu redresser la barre côté démocratie.
Il leur revient maintenant et avant qu’il ne soit trop tard de ramener le pays à une situation normale : redonner la prééminence à la langue officielle et à l’humanisme marocain, comme cela se passe dans tous les pays normaux, tout en encourageant l’apprentissage de toutes les langues étrangères utiles à notre développement: français, espagnol, anglais, comme l’a d’ailleurs toujours préconisé l’Istiqlal. J’ajouterais aussi, par les temps qui courent, le mandarin, non seulement pour faire plaisir à notre éditorialiste qui est en retard de 15 siècles sur l’Histoire, mais pour suivre les préceptes du Prophète Sidna Mohammed (que la paix et la bénédiction d’Allah soient sur Lui) qui exhortait les musulmans à acquérir la science même en Chine.
Quant aux Arabes, et à leur langue -qui est, rappelons-le, la langue du Coran- leur contribution au progrès de la pensée humaine universelle et aux sciences parle pour eux et n’ont pas besoin de moi pour les défendre.
Rappelons simplement à notre (…) qui a étalé (…) que ce sont nos frères d’Arabie saoudite, des Emirats arabes unis et du Koweït que nous avons trouvé à nos côtés en ces temps de crise énergétique et alimentaire. Au nom du peuple marocain qu’ils en soient remerciés. C’est d’ailleurs grâce à eux que la langue arabe est devenue une langue officielle à l’Organisation des Nations unies. C’est ainsi que cette langue n’est pas uniquement réservée à «communiquer exclusivement avec les Arabes», mais avec les représentants de tous les peuples du monde.
Si nous voulons que nos produits soient exportés dans les pays du Pacte d’Agadir et dans les autres pays amis, faisons preuve d’un peu d’humilité et surtout soyons nous-mêmes et sûrs de nous-mêmes. Nous n’en serons que plus respectés par nos partenaires dans ce monde globalisé.
Quant à (…) je le renvoie à l’adage populaire -donc à la sagesse: celui qui renie ses origines est un mécréant.

 

La réaction du journal l'économiste au courier de Abdelhaq Tazi :

NDLR

 

Ne remuons pas le fer dans la plaie: chacun sait, et le regrette fort, le mal qui est advenu à cause de l’arabisation faite sous la pression de l’Istiqlal dans les années 80. D’ailleurs, avec une prudence tout à fait compréhensible, les hauts responsables de ce parti à l’époque avaient placé leurs enfants dans les écoles françaises. Doit-on, comme le fait Abdelhaq Tazi dans son courrier, les insulter, parce qu’ils ont fait preuve de réalisme pour l’avenir de leurs enfants? Dans les années 80, la différence entre le langage politique officiel et la réalité des pratiques familiales avait d’ailleurs valu de sévères condamnations par l’opinion publique, et ce parti historique a dû fournir d’immenses efforts pour se laver de cette accusation d’hypocrisie et arriver aujourd’hui là où il est. Pourquoi reprendre, aujourd’hui, le chemin de cette si nuisible hypocrisie?
Enfin, nous devons souligner auprès du conseiller Tazi, qui fut ministre du Plan et qui devrait être au fait des réalités économiques de notre pays, que malgré tous les souhaits que l’on peut formuler, ce n’est pas en arabe que se fait le commerce avec les pays de l’accord d’Agadir, mais bien en français et en anglais. Et pour couronner le tout, le montant du commerce avec ces pays est bien loin de valoir ce que le Maroc réalise avec la France. Il est bien surprenant qu’un conseiller, avec le passé politique qu’a Abdelhaq Tazi, ne le sache pas!


Auteur: Lahsen Oulhadj
Date : 2008-10-29


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