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Pour la mémoire et contre l'impunité

Au cours du printemps 2001 dans la région de Kabylie, d'une manière organisée et visiblement préméditée, les forces de répression algériennes provoquent puis attaquent à l'arme de guerre les populations kabyles qui protestent pacifiquement. Même du temps de la colonisation française, personne ne se souvient avoir connu un tel déchaînement de violence, laissant derrière lui 127 personnes tuées et 5000 autres blessées, dont plusieurs dizaines resteront handicapées à vie.

Le 14 juin 2001, le mouvement citoyen des Aarchs de Kabylie organise une marche historique à Alger qui rassemble près de deux millions de personnes, venues accompagner une délégation devant remettre au chef de l'Etat algérien, la plate-forme d'El-Kseur, contenant les revendications politiques, socioéconomiques et identitaires. La réponse des autorités fut identique aux précédentes : la violence et le mensonge pour terroriser, disloquer et discréditer un mouvement kabyle démocratique et largement populaire. Ce jour-là, trois personnes ont été tuées et plusieurs dizaines ont été blessées.

Aujourd'hui, 5 ans après ce printemps noir et la marche du 14 juin pour la dignité, la liberté et l'amazighité, les crimes commis par les forces de sécurité algériennes demeurent impunis et les assassins laissés en liberté au mépris de la dignité des victimes, de leurs parents, de leurs familles, de leurs amis, de toute la Kabylie et des principes universels. Mais si un répit précaire est observé, tant que la justice n'a pas fait son œuvre réparatrice, la mémoire et la douleur resteront vives et ni le pardon, ni la sérénité ni la paix ne pourront durablement régner.

Dans la région des Aurès, le jeune Chouaib Argabi assassiné en 2003 par un membre de la Garde communale à Taghit, les manifestants torturés par les gendarmes à T'kout ainsi que les citoyens arbitrairement arrêtés et détenus, attendent toujours que justice leur soit rendue.

Dans ces circonstances et conformément au droit international et en particulier à la lutte contre l'impunité, il est urgent pour l'Etat algérien de répondre aux exigences suivantes :

  • Procéder de manière impartiale à toutes les enquêtes, en vue de mettre en lumière toute la vérité sur la tragédie infligée à la région de Kabylie en 2001 et aux exactions commises par les gendarmes dans l'Aurès,
  • Procéder à l'arrestation immédiate, au jugement et aux sanctions exemplaires des responsables des crimes commis dans ces régions, ainsi que leurs commanditaires,
  • Prendre les mesures administratives et législatives pour réparer le préjudice moral et matériel infligé aux victimes et à leurs parents,
  • Prendre les mesures administratives et législatives pour réparer le préjudice moral et économique subi par les kabyles, et les Chawis,
  • En concertation avec les populations locales, prendre les mesures administratives et législatives adéquates pour prévenir le renouvellement de tels crimes de génocide contre le peuple amazigh d'Algérie et mettre fin à la délinquance institutionnelle qui sévit particulièrement dans les régions de Kabylie et des Aurès.

En tout état de cause et à la demande de parents de victimes du printemps noir de Kabylie, le CMA a décidé d'actionner tous les instruments internationaux disponibles (aux niveaux de l'ONU, l'UE, l'UA, etc.) contre l'impunité et pour la justice et la réparation.

Dores et déjà, le CMA recommande instamment à l'Organisation des Nations Unies :

  • de condamner l'Etat algérien pour ses violations flagrantes du droit international et violations graves du droit international humanitaire qui constituent des crimes de droit international,
  • d'exiger de l'Etat algérien le respect de toutes ses obligations en matière de droit international et en particulier la Résolution 60/147 adoptée par la 60 ème session de l'Assemblée générale des Nations Unies en 2005, concernant les "Principes fondamentaux et directives concernant le droit à un recours et à réparation des victimes de violations flagrantes du droit international des droits de l'homme et de violations graves du droit international humanitaire".

Ulac Smah Ulac, pas de pardon sans vérité, justice et réparation.

Paris, le 12 juin 2006


Auteur: Lounes Belkacem
Date : 2006-06-19


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