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Maroc, à qui profite le veto contre la 1ere revendication de la révolte sociale de Février 2011 ?

Comme à la coutume, à l’occasion du printemps Amazigh, plusieurs milliers de militants Amazighs ont manifesté à la capitale Rabat le 23 avril 2017 pour rappeler les revendications démocratiques du mouvement Amazigh aux qui on a rajouté les revendications sociales cette année.  Les manifestants ont scandé des slogans de type : « Non aux parlements arabes en Afrique du Nord » ; « Le peuple rifain a décidé la démilitarisation du Rif » ; « Non à la spoliation de nos terres pour les offrir aux arabes du Golf » ; « Nous ne sommes des Idrissides, Nous sommes les descendants de Massinissa » ; « Nous ne sommes pas des arabes, corrigez l’histoire » ; « On a combattu le colonialisme et on a subit la tyrannie » ; « Imider, Idya … sont les symboles du mépris »; « Non à la législation du mépris de l’amazigh au nom de la loi » . ….. Les manifestants n’ont pas oublié de porter des drapeaux Kurdes pour exprimer la similitude de la question Kurde et Amazighe dans ledit « monde arabe ».

Clin d’œil sur l’histoire

Il y a 17 ans que les Amazighs du Maroc – à l’instar de leurs frères en Algérie- célèbrent chaque année, le 20 Avril, leur printemps démocratique.  Ils ont commencé une décennie avant la révolte sociale du 20 Février 2011 qui a touchée toute l’Afrique du Nord jusqu’au moyen orient. Ils étaient même le moteur principale de cette révolte, c’est d’ailleurs pourquoi sa première revendication n’était que l’une des principales revendications du mouvement Amazigh : l’officialisation de la langue Amazigh dans la constitution marocaine.

Deux semaines plus tard, le 9 Mars 2011, le discours royale du 9 Mars 2011, a parlé aux marocaines (es) pour la première fois d’un fait historique réel, mais jamais affiché : la colonne vertébrale de l’identité marocaine est l’identité Amazighe. Ce qui a permet entre autre d’apaiser les tensions.

Mais le 1 juillet 2011, la constitution marocaine finalement née, reconnait certes le Tamazight langue officielle à côté de l’arabe, mais pose au même temps trois problématiques qui vont être par la suite des grands points de discorde entre le pouvoir et les Amazighs :

  • La première problématique : la composante musulmane est rattachée uniquement aux arabes. On lit dans le préambule de la constitution : « le Royaume du Maroc entend préserver, … son unité, forgée par la convergence de ses composantes arabo-islamique, amazighe et saharo-hassanie, s’est nourrie et enrichie de ses affluents africain, andalou, hébraïque et méditerranéen ».  Ce trait d’union qui relie le mot musulman uniquement à l’arabe aura par la suite des répercutions inattendu par les législateurs.
  • La deuxième problématique : l’identité Amazigh, qui devrait être la colonne vertébrale de l’identité marocaine, est devenue un simple composante parmi trois autres dont deux sont arabes : arabo-islamique et saharo-hassanie. Même la composante Saharo-touareg qui est dominante n’est pas citée.  Cela a sonné très mal aux oreilles des Amazighs, pour qui, cette historique volonté politique de toujours mépriser et minoriser tout ce qui est Amazighe devant tout ce qui est venu du moyen orient persiste toujours. C’est le début de la perte de confiance nouvellement installée.
  • La troisième problématique : l’officialisation de la langue Amazighe est conditionnée par l’édition par le gouvernement d’une loi organique qui trace les domaines de son officialisation. C’était une douche froide pour les Amazighs qui avaient répondu : si les gouvernements répondaient aux revendications du peuple, il y aurait pas de révolte ! L’absence de confiance s’installe de plus en plus.

En effet, après l’adoption de cette constitution se sont les Islamistes, qui sont les plus hostiles à tout ce qui n’est pas arabo-musulmane, qui arrivent au pouvoir. La dite loi organique reste lettre morte, ce qui a re-allumé la tension entre le gouvernement et le mouvement Amazigh.  C’est la première fois dans l’histoire du Maroc qu’on brule dans une manifestation le portrait du chef du gouvernement en guise de divorce total et définitif.

 

1er gouvernement d’après la révolte sociale de 2011 : 1ere douche froide

Le chef de gouvernement Mr Benkirane, de son côté n’a pas hésiter d’afficher son hostilité, il a fini par éditer toutes les lois exigées par la constituions, sauf celle relative à l’officialisation de la langue Amazighe c’est exprès qu’elle est éditée trois jours avant la fin du mondât et pour mieux installer le sentiment du mépris c’est sans consultation de la société civile Amazighe, contrairement aux autres lois. Les législateurs de ces dernières lois, ont aussi profité du retard de la première pour interdire purement et simplement l’usage de l’Amazigh dans toutes les autres institue comme la justice, le parlement, les établissements scolaires et publics.

2eme gouvernement après la révolte sociale de 2011 : 2eme douche froide

Après la déception du 1er gouvernement après la révolte sociale de 2011, les réseaux sociaux marocains ont exprimés leur joie avec la destitution du chef de gouvernement Benkirane et son remplacement par le 2em homme du même parti des frères musulmans, Mr Saad Eddine El Othmani.

Mais ce dernier qui était bien apprécié dans les milieux amazighs, par ses positions personnelles envers la question Amazighe et qui étaient complétement opposées aux celles de son parti islamiste, vient de les décevoir par le contenu de sa déclaration de son programme gouvernementale.  Le mouvement Amazigh lui reproche de finalement réduire la question Amazighe à de la forme avec un contenu anti-amazigh. Pour eux, le nouveau chef de gouvernement a fait certes son premier discours en langue amazighe, et de même les négociations entre les partis politiques, mais le fond de son programme gouvernemental est purement anti-amazigh.

Il n’a réservé aucun paragraphe à cette question amazighe qui était la première revendication de la révolte sociale de 2011. Pire encore, il l’a traité dans un paragraphe nommé « option démocratique » pour demander l’application de la loi organique faite en solo par son chef partisan Benkirane d’une façon non démocratique. Certaines milieux l’ont compris une pure provocation, alors qu’ils attendaient vu ses positions personnelles avancées de parler de la réécriture de l’histoire et des manuels scolaires qui méprise toute l’histoire Amazighe et fait l’éloge aux arabes Quraychites d’Arabie.

A qui profite donc cette politique ? Qui est derrière sa conception ? On est-il vraiment conscient de ses conséquences ? Le futur proche y répondra….

A bon entendeur

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Quelques photos de la manifestation :

 


Auteur: Moha Bouwawal
Date : 2017-04-24


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Commentaire N° : 1
Par: id Bawⵣiki Le : 2017-04-25
Titre: Merci à Bouwawal pour cette belle contribution. Bravo à Amazighworld de faire face.
Pays: France  

 
 
 

 
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