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Pourquoi le christianisme marocain a été exclu du sit-in anti-terrorisme d’IMLIL?

Cette photo, qui a fait le tour des réseaux sociaux marocains, est prise au pour mémoriser le sit-in anti-terrorisme organisé au petit village d’IMLIL au Haut Atlas marocain en guise de protestation contre l’attentat terroriste du 16 décembre 2018 qui a mis fin d’une manière barbare à la vie des touristes scandinaves : Louisa Vesterager Jespersen, une étudiante danoise de 24 ans, et son amie Maren Ueland, une Norvégienne de 28 ans. Les tueurs, ont tenu dans une vidéo deux jours avant de passer à l’acte, le 14 décembre 2018, à préciser que leur acte est au nom d’Islam et qu’ils prêtent allégeance à l’Emir Aboubaker 2 de l’actuelle état Islamique au moyen orient connue par Dayesh/ISIS.

Initié très probablement par les autorités marocaines, l'Association Dar Imma au barrage de Lalla takerkouste dans la localité d’Amezmiz loin d’IMLIL d’environ 50 km, se déclare organisatrice de cette manifestation spéciale qui est la première de son genre au Maroc et qu’il faut saluer d’ailleurs. Elle invite les 10 présidents des communes d’Amezmiz mais aussi pour le premier plan les 3 représentants des trois religions monothéistes comme des co-organisateurs de la manifestation. C’est une première et louable initiative, à savoir :

  • Un IMAM marocain local représentant la religion musulmane (au milieu)
  • Mr Jacky Kadoch, un marocain président de la communauté juive de Marrakech et Essaouira. (a droite)
  • Mr Emmanuel, un français prêtre de l’église chrétienne catholique des Saints-Martyrs de Marrakech construite en 1930, la ville étant alors sous le protectorat français. (a gauche)

Il faut tout de même dire que c’est une première et louable initiative. Celui qui y avait pensé a dû certainement assister à la conférence d’ouverture de l’assemblée générale de l’ONU sur le pacte mondial sur les migrations, tenu à Marrakech à 50km d’IMLIL, les 10-11 décembre 2018, six jours avant l’attentat, où Madame María Fernanda Espinosa Garcés, a ouvert la session par « Le nom de Marrakech vient de la langue Tamazight -langue berbère- ‘’Mourakouch’’. Mour signifie pays (Amour) et Akouch signifie Dieu, ce qui donne « la terre de Dieu » et de ce mot dérive le mot Maroc. (voir l’enregistrement vidéo sur la ONU TV).

Toutes fois, en dehors du message d’amour et de paix transmis par cette manifestation tenue à IMLIL, il est tout de même très important de signaler que les organisateurs, volontairement ou involontairement, n’ont pas invité les représentants du christianisme marocain à l’instar de ce qui a été fait avec l’islam et le judaïsme!

En effet, on a fait représenter les chrétiens Marocains par la communauté chrétienne étrangère vivante au Maroc !   

Cela veut-il dire que le christianisme n’est toujours pas marocain ? Alors que le fondateur de toute l’Eglise catholique au monde est fondée par un Amazigh d’Afrique du Nord, le saint augustin, que les pays d’Europe toute entière aujourd’hui lui réserve le nom de la belle et la plus grande église comme l’église saint augustin à Paris.

Veulent-ils dire que le judaïsme est marocain mais le christianisme ne l’est pas ?

Si c’est OUI, le message « le Maroc est terre de paix et d’Amour entre les 3 religions » qu’ils voulaient transmettre au monde s’est tiré une balle dans le pied. Comme dit le proverbe marocain « s’il a tombé en cours de route, c’est que dès sa sortie de la tente, était incliné » (Mel Lkhima kherj mayel). Dommage !

L’ONU a dû rappeler aux officiels marocains que le Maroc et Marrakech sont des termes Amazighs qui portent une très grande signification très positive « la terre de dieu –AMOUR N KOUCH». Ils doivent donc veiller à ce qu’elle reste ainsi et non pas un butin de la Oumma Arabe.  

Les dessous des cartes de ce choix politique :

En réalité, la religion judaïque ne gêne pas les Mullahs musulmans, puisque ce n’est pas une religion concurrente puisqu’elle n’est pas ouverte au grand public. Pour être juif, il faut que ta mère soit juive sinon il faut empreinte un très long et difficile chemin et ce n’est pas sûr d’y arriver.

Elle ne reste donc comme concurrent que la religion chrétienne qui fait elle aussi du prosélytisme comme l’Islam. Or cette fenêtre a été intelligemment fermée au départ de l’époque coloniale par un chrétien lui-même ! C’est le Marechal Lyautey, le résident général du Maroc à l’époque du protectorat, qui a tenu dans le cadre de la politique arabe de France à faire signer à l’église catholique noir sur blanc son engagement à ne pas faire du prosélytisme religieux au Maroc et de n’ouvrir les églises que pour les étrangers. Cet engagement était l’une des exigences de l’élite du mouvement arabo-islamique, le partenaire de la France et co-signataire avec la France du pacte de colonisation du 30 Mars 1912 dans un Riad à Fès. La capitale spirituelle de l’islam Sunnite, chose qu’il ne vont jamais oublier les différents concepteurs de la politique extérieure de France en Afrique du Nord. Le Marechal Lyautey a même fondé le ministère des affaires religieux islamiques au Maroc et a interdit aux chrétiens catholiques de rentrer dans les lieux saint musulmans, en guise de respect et surtout de récompense et il a interdit la culture Amazighe.

 Ce partenaire, était un salafiste déclaré dans leurs documents fondateurs, mais la France a accepté cette doléance comme une facture nécessaire étant donné que l’autre partenaire potentiel qui est le mouvement berbère a choisi la voie de la résistance armée.

Et ce n’est pas uniquement au Maroc, mais partout en Afrique du Nord, en Algérie, en Lybie, au Mali et au Niger. Le mot d’ordre a passé entre eux sans les nouveaux moyens de communication, mais par le biais de leurs gênes guerrières depuis l’époque romaine.   

Résultat, 60 ans après, la France a transmis le pouvoir aux fils des anciens salafistes qui vont décider par la suite des programmes scolaires qui vont transformer les fils du peuple en terroristes télécommandé du moyen orient, le berceau du fondamentalisme musulman.

à Fès, la signature du pacte de protectorat le 30 Mars 1912
La réaction des tribus Amazighs

Le 11 septembre 2001, le nouveau facteur:

Après le 11 septembre, c’est le christianisme protestant et évangélique qui ne se sont engagé sur rien, qui arrivent en Afrique du Nord. Ils trouvent déjà des centaines des premiers chrétiens au monde qui n’ont pas changé leur fois avec l’arrivée de l’islam au 7eme siècle. Aujourd’hui ils sont des millions partout en Afrique du Nord. En Kabylie, il y a même des villages entiers qui ont fait marche arrière vers la religion de leurs ancêtres lointains.

Aujourd’hui, les chrétiens marocains évangéliques après avoir fondé des dizaines de coordinations les représentants, ont belle et bien décidé de sortir en publique en écrivant officiellement au chef de gouvernement et au conseil national des droits humains en plusieurs reprises demandant la reconnaissance officielle et le respect de leur culte chrétien. Plus encore, la rapporteuse spéciale de l’ONU sur les formes de racisme contemporain leur a réservé une rencontre dans visite au Maroc ce mois de décembre 2018.

Conséquence, à Marrakech par exemple en y trouve deux églises dans le même quartier de Gueliz : une évangélique et une catholique. L’église catholique a accepté d’avoir un policier marocain permanent devant sa porte conformément à l’engagement par contre l’église évangélique n’a pas accepté puisqu’elle est séné être ouverte à tous les fidèles sans exception. Le comble est que parfois les fidèles marocains étrangères à la ville se trompent d’église et se retrouvent dans les commissariats de police.  

Quand le Maroc sera-t-il vraiment AMOUR N KOUCH ?

Le Maroc ne peut pas être une vraie terre de paix de de tolérance comme ils l’avait conçu les Amazighs depuis qu’ils ont fondé sa capitale Marrakech en 1062 et l’ont nommée terre de dieu que si le Maroc exerce tout d’abord la tolérance avec les siens. Et qui sont :

  • Sur le plan religieux : les chrétiens marocains et même les musulmans (es) marocains (es) non Sunnites comme les Chiites et les Ibbadites.
  • Sur le plan culturel et identitaire : les Amazighs, les autochtones d’Afrique du Nord qui crient encore halte aux racisme et aux mépris qui les frappent au 21eme siècle.

Alors d’une pierre deux cout : c’est le seul moyen de se réconcilier avec soi et aussi le plus puissant levier pour faire face au radicalisme fanatique islamique salafiste de pensée unique, qui croit qu’il est le seul au monde à être sur la vraie voie de dieu même parmi les musulmans.


Auteur: Moha Bouwawal
Date : 2018-12-27


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