Arabe
English
 
 
Les états nations de Tamazgha
 Algérie
Egypte
 Iles Canaries
 Libye
 Mali
 Maroc
 Mauritanie
 Niger
 Tunisie
 
 CMA
 Pétitions
 

 

Les lois organiques de la honte : Laâraj désintègre le seul acquis Royal de l’amazighité


Votées par le parlement marocain il y a quelques semaines, les lois relatives à la mise en œuvre de l’officialisation de l’amazighe et au Conseil national des langues et de la culture marocaine constituent une régression dangereuse et notable en matière de reconnaissance et de valorisation de la langue et de la culture amazighes au Maroc. Des lois scélérates qui sèment le trouble, menacent la stabilité et la paix sociale. Et pour cause :

La première loi, élaborée par des parlementaire amateurs en matière de droit et de législation et avalisée par le Ministre de la culture, M. Laâraj, relève d’un bricolage incohérent et anticonstitutionnel, dans ce sens que la constitution consacre une langue (en construction) mais pulvérisée par des articles de ladite loi et réduite à un ramassis de « dialectes ». S’y ajoutent le flou juridique qui caractérise un certain nombre d’article au contenu aléatoire.

En outre, ladite loi, focalise sur une seule dimension de la civilisation et de la culture amazighe : la langue. Il s’agirait d’un texte « technique » qui prend plaisir à évacuer les dimensions civilisationelle et culturelles de l’amazighité. L’amazighité reste subordonnée à des postulats dogmatiques de l’arabité en tant que topique globale qui gomme justement les apports potentiels de l’amazighité dans différents domaines à la construction de l’identité nationale. Car l’amazighité, en tant que langue, ne se limite pas à la langue comme moyen de « traduction » de contenus exogènes, elle est porteuse de valeurs et s’inscrit dans une histoire millénaire qui constitue notre mémoire collective.

La deuxième loi « assassine » l’Institut Royal de la Culture Amazighe en le spoliant de ses acquis (matériels et immatériels) et en assujettissant son personnel (administratifs et chercheurs) à la volonté du Conseil qui en dispose à sa guise. En dépit des avertissements formulés par le député et avocat Ouammou (de Tiznit), quant à la dangerosité de la démarche désinvolte du Ministre, ce dernier persiste et signe.

L’IRCAM sera « digéré » par le Conseil, c’est la volonté du Ministre de la culture. La seule institution dédiée à l’amazighité part en fumée. Le Ministre aurait du demander l’édification d’un nouveau siège pour le Conseil. Il a préféré phagocyter l’IRCAM pour le priver de l’autonomie que lui a octroyée le Dahir Chérifien d’Ajdir portant sa création et son organisation.

Le Ministre a ainsi insidieusement hypothéqué l’avenir de l’IRCAM et des décisions royales en matière de reconnaissance de l’amazighité. Une erreur historique monumentale dont les conséquences sont imprévisibles. Car le Ministre devrait penser que l’amazighité a besoin non d’un institut localisé à Rabat mais d’une structure délocalisée devant jouir d’annexes dans toutes les régions du Maroc. Le Ministre a réduit la question amazighe à un problème « technique ». Une faute impardonnable.

Car l’amazighité a besoin de ministères, de fondations et d’autres structures lui permettant de se maintenir, rattraper son retard historique du à des politiques ségrégationnistes délibérées qui menacent la paix sociale. Le Ministre doit se rappeler que les conflits sanglants qui agitent le monde ont tous des soubassements ethniques et identitaires. Il doit se rappeler que Sa Majesté a apporté des solutions pragmatiques et progressives pour une question qui mine notre identité.

Obnubilé par son poste, le Ministre fait de la politique de la petite semaine, au sein d’un parti qualifié à tord de « berbériste ». Avec le silence coupable des cadres et responsables de cette structure qui plient l’échine. Mêmes les amendements proposés par des formations politiques anti amazighes, mais conscientes des enjeux de la question, ont été rejetés avec arrogance par le Ministre.

Car le Ministre ne sait pas que la question amazighe est un enjeu non seulement nationale mais aussi régional : elle concerne et concernera dans l’avenir la Tunisie (et l’Algérie dont elle est le foyer) et la Lybie. Elle concernera aussi la Diaspora amazighe qui avoisine les 07 millions de résidents marocains à l’étranger « Canada, USA, Espagne, Belgique, Hollande, France, Allemagne et Italie ».


Que le Ministre songe un moment à la trajectoire du Mouvement culturelle berbère en Algérie qui, faute d’écoute a dégénéré vers la création d’un Gouvernement Provisoire de Kabylie et d’un Mouvement pour l’Autonomie de la Kabylie; qu’il songe un moment aux mouvements amazighe des Iles Canaries qui peuvent infléchir le sort du Sahara Marocain, notre territoire ancestral auquel Sa Majesté a proposé un plan autonomie élargie, que revendique une entité fantoche dénommée « Polisario ». Qu’il pense un moment au soutien précieux de nos frères amazighs touaregs de l’Azawad au Mali.

Apparemment, le Ministre ne voit que le bout de son nez. C’est une position inqualifiable au moment où Sa Majesté déploie tous ses efforts pour nous arrimer en Afrique et nous ouvre des horizons authentiques. Non. M. Le Ministre persiste, la question amazighe lui passe par-dessus la tête.

Notre pays a réalisé des acquis indéniables dans moult domaines, y compris celui de la matrice identitaire amazighe. Espérant que la Cambre des représentant revienne à la sagesse a amende ces lois iniques qui ne peuvent qu’honorer et valoriser l’image du Royaume du Maroc au niveau national, régional et international.


Auteur: Moha Moukhlis
Date : 2019-08-05


Suivez-nous sur Facebook
 

 
Communiquer
Partager sur Facebook avec vos amis-es
 
 
La plume de Moha Moukhlis
Envoyer l'article à un ami
Article lu 2246 fois

 

Les commentaires : Important :Prière de noter que les commentaires des lecteurs représentent les points de vue de leur auteurs et non pas d’AmazighWorld; et doivent respecter la déontologie, ne pas dépasser 6 à 10 lignes, critiquer les idées et non pas les personnes, êtres constructifs et non déstructifs et dans le vif du sujet.

 
Votre commentaire ici :
Nom
Email (votre email ne sera pas affiché)
Titre
Commentaire
  Sécurité : copier le code suivant 5jfkq91x ici :  
 
 

 

 

Autres articles :









Maroc : l’injustice confortée
Auteur: CMA - Date : 2019-04-08







 

 

Headquarters : Amazigh World  (Amadal Amazigh), North America, North Africa

  amazighworld@gmail.com

Copyright 2002-2009  Amazigh World. All rights reserved.