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Pourquoi La Création d'une Troisième République Tunisienne Est Devenue Une Nécessité Historique Urgente

Ou "Quand la Relativisation Devient Salutaire et la Généralisation Mortelle"


Les Relativisants* tunisiens ont déjà publié depuis peu leur interprétation minimaliste de l’Islam en déclarant qu’ils s’inspirent de la perception que le compagnon du prophète de l’Islam, Abu Bakr Essiddik avait de l’Islam pré-coranique et ont appelé les Tunisiens et les Nord-Africains à adopter cette vision de l’Islam, la seule garante de sa survie et de son développement, puisque cette vision embrasse l’idée de progrès au sujet de laquelle l’auteur de cet article a publié sur internet une thèse intitulée " l’idée du progrès en Occident et en Orient depuis sa genèse jusqu’au milieu du XXe siècle".

La Tunisie et le reste des pays du Maghreb vivent actuellement une période de transition que personne ne sait combien de temps elle va encore durer. Pour leur part, Les Relativisants tunisiens pensent que ce qu'ils ont écrit sur le sujet n’aura pas d’effet palpable avant des décennies et, de ce fait, se sentent dans l’obligation de mener à terme leur projet de changement radical en abordant la situation politique actuelle de la Tunisie, et en aidant à écourter, dans la mesure du possible ,la période transitoire et en partant du principe de que " la necessité est la mère de l’invention " politique . Ainsi, en appelant à l’instauration d’une Troisième République , nous ne faisons guère que nous soumettre à l’exigence de cette « invention » après le patent constat d’halètement et d’essoufflement intellectuel de la classe politique tunisienne, essoufflement annonciateur de la fin d’une période et du début d’une nouvelle.

Quelle est la cause de ce halètement et de la situation d’instabilité et de versatilité qui s’est emparée des Tunisiens ? Un groupe recommande de voter pour un tel parce il sera le "Sauveur" et à un autre de répondre : que non ! nous devons voter plutôt pour un tel parce que c’est lui par qui le salut de Tunisie arrivera ! Quant à nous, les Relativisants, nous sommes fermement convaincus que si le peuple tunisien ne trouve pas propre salut par lui-même, personne ni rien ne le sauvera.

Les Relativisants Tunisiens répètent toujours que, quand ils abordent n’importe quelle question touchant aux problèmes de leur société, ils ne font qu’observer les lois de la nature pour s’en inspirer, en tenant, compte, bien entendu, de la spécificité de l’être humain parmi les espèces vivantes. Il en de même quand il s’agit de la politique. Ainsi, ils ont pu tirer des enseignements des conditions et de la manière avec laquelle divers groupes d’animaux choisissent leurs chefs , qu’ils s’agisse d’un groupe d’oiseaux ou d’un troupeau des sangliers et ainsi ils ont pu noter que ces animaux, dans leur diversité, et ce pour assurer leur unité animale, n’acceptent pour chef que l’animal qui appartient à leur race, qui mange ce qu’ils mangent, boit ce qu’ils boivent et s’accouple de la même manière dont ils s’accouplent. A ce sujet, nous gardons toujours à l’esprit la scène singulière dont nous étions témoins et dans laquelle un bélier est devenu soudain avec son berger qu’il a commencé à cogne avec les cornes à plusieurs reprises parce que le berger avait maltraité le reste du troupeau.

Cet instinct est le même qui conduit le troupeau à changer de chef quand ce dernier n’a plus la force ou la capacité de l’orienter. Chez les humains, ceci est vérifiable dans le domaine du sport humain, où le choix du capitaine de l’équipe se porte généralement sur d’anciens joueurs ayant démontré leur habilité sur le terrain.


Chez nous, en Tunisie, nos hommes politiques ont, depuis l’indépendance du pays, dévié de cette voie. Et même si le fondateur de la Tunisie moderne, Habib Bourguiba, avait rassemblé un certain nombre de traits de leadership lui ayant permis de réaliser une " unité nationale " pendant un certain temps, il n’en demeure pas moins vrai qu’ intellectuellement parlant, sa vision des choses et son approche politique souffrait d’une carence en termes de relativisation, en ce sens qu’il n’avait pas pris conscience du changement du " temps civilisationnel " tunisien dans sa relations avec le temps civilisationnel des pays avancés, ce qui a, en définitive, a été à l’origine de la menace de désintégration de cette unité nationale et mené à son renversement par un nouveau candidat au leadership qui s’est appuyé sur la force pure sans devoir faire preuve, lui non plus, d’une approche relativisante.

Ceci montre qu’on ne saurait résumer toutes les tendances vers l’éclatement en une nouvelle "unité nationale" tant qu’elle ne repose pas sur les trois principes suivants : l’idée du progrès, le principe de la relativisation et l’idée de la justice sociale (et nous ne visons pas par là le modèle de justice sociale du socialisme moribond ). Nous sommes en mesure de d’affirmer qu’à cette date, il ne s’est pas trouvé de classe politique et intellectuelle ayant embrassé le principe de la relativisation et alerté les leaders politiques à l’occasion de la manifestation du moindre caprice, et, à l’exception d’une toute petite minorité d’intellectuels, hommes et femmes, la grande majorité de ces intellectuels ont toujours préféré faire l’éloge de pouvoir, au risque de se condamner à disparaitre à jamais.

Les leaders des partis soi-disant modernistes et leurs opposants salafistes n’ont jusqu’ici fait que rééditer l’image du prétendant au leadership du pays sans que ce dernier réunisse les conditions et les qualités requises pour ce rôle. Tous, sans exception, perdent de vue le "mode de vie "des sangliers et de la manière dont ils choisissent instinctivement leur chef (un tel mode impliquant qu’il soit un membre du troupeau et qu’il vive de la même manière que le reste de ses congénères). Ainsi, la structure mentale de l‘ensemble de la classe politique suggère qu’ un seul principe guide leur action : celui qui postule que " le pouvoir est source d’enrichissement et de puissance", et dans ces conditions, ils n’auront pas compris que "les sujets" c’est-à-dire le "peuple" ont été transformés par les moyens de communications modernes, entrainant ainsi un changement de leur perception des relations entre l’Etat et la société.

De même qu’il y’a lieu de noter l’émergence d’un nouveau mouvement en Tunisie, celui des intellectuels "organiques" qui estiment être en mesure de remplacer, au niveau intellectuel et politique, ceux sur lesquels s’était appuyé un Etat qui n’a cessé de célébrer un "mariage de mules", par essence, contrenature, car depuis quand une telle union donnait elle un "pur sang"?

L’auteur traite dans ce manifeste du présent état de halètement intellectuel et politique et montre qu'il est possible de le dépasser en instaurant une Troisième République dont l'épine dorsale reposerait sur l'idée de la relativisation, assimilée à "l'olivier tunisien", avec toutes ses spécificités propres découlant de son sol, de son climat et du régime de précipitation. Il s’agit là d’un travail collectif dont l’aspect le plus singulier est qu’il concilie entre les modes de pensée de deux générations, groupant des membres du troisième âge ainsi que des membres dont l’âge moyen tourne autour de la quarantaine.
l’apport du manifeste, qui à notre avis, revêt un aspect très important au niveau civilisationnel couvre trois volets.

Le premier volet du manifeste renferme une critique de ceux qui ont écrit l’histoire du pays en partant d’une vision assez vague qui entretient la confusion entre le concept de soulèvement et celui de révolution.

Cette vision fait abstraction de la structure sociale composée des deux classes antagonistes , c’est-à-dire le pouvoir central avec sa machine de dissuasion représentée par l’armée et la police et qui avait pour alliés des intellectuels dont les intérêts étaient étroitement liés à ceux du pouvoir central. Prenons l’exemple du soulèvement du rebelle appartenant à la tribu berbère des Majer, Ali Ben Ghedhahem (au dix-neuvième siècle) que la population avait surnommé alors "Bey du peuple" parce qu’elle le considérait, instinctivement un " intellectuel organique "étant donné qu’il avait suivi un enseignement à la Zeitouna, tandis que les intellectuels alliés du régime provenant de toutes les régions du pays, et dont une partie était d’origine paysanne, avaient condamné ce soulèvement qui avait gagné la sympathie de toutes les zones " marginalisée ".

Quand nous examinons l’histoire de la Tunisie depuis le soulèvement d’Ali Ben-Ghedahem à ce jour, nous notons que la campagne a toujours fourni au pouvoir exécutif son outil de répression représenté par l’armée et la police, ainsi que ses alliés, les " pseudo-intellectuels " constitués d’intellectuels d’origine rurale aspirant à s’intégrer au pouvoir central soit à travers une loyauté absolue, soit à travers le mariage de leurs filles aux notables du pouvoir, sans égard au principe de "moralité" dont se prévalait tout le monde.

Le second volet traite des conséquences de cette confusion au niveau de la structure mentale des hommes politiques traditionnels qui ont gouverné le pays.

Le troisième volet, pour sa part, définit le sens donné à l’idée du progrès, au principe de la relativisation et de l’idée de justice sociale, lesquelles devront servir de fondements de la Troisième République.

Notre principal grief envers ceux qui ont écrit l'histoire du pays c’est d’avoir ignoré la dimension de classe.

En effet, des centaines, pour ne pas dire des milliers de livres, ont traité de l'histoire politique de la Tunisie et des pays du Maghreb depuis ce que les historiens ont, à tort, appelé la "revolution" généralisée du célèbre Zeitounien tunisien, Ali Benghedahem (1864) et continuent de le faire jusqu’à ce jour. Toutefois, l’ensemble de ces travaux se sont focalisés sur le " Centre " et ont négligé la " périphérie " ; car ce soulèvement ressemble le soulèvement qui avait eu lieu en France et avait été qualifié par les Français comme un soulèvement paysan (ou Jacquerie). Ce qui est commun aux deux événements, c’est qu’ils avaient été le fait de paysans refusant de payer les impôts, contestant par là même à l'autorité de la ville représentée par le gouvernement central qui négligeait la campagne qui, en fait, assurait sa survie.

Le large public qui nous intéresse dans ce pays et dans le reste des pays du Maghreb est constitué de gens normaux et naturels, et parce qu’ils sont ainsi, la plupart d’entre eux ne ressentent pas ce qu’on appelle un "complexe", qui est un produit culturel lié à une certaine conception du temps; par conséquent, tant qu’ils ont les moyens de satisfaire leurs besoins alimentaires, sexuels et intellectuels, même de manière minimale, ils ressentent ce qu’il est convenu d’appeler" le bonheur " et rien ne les pousse à se soulever et à révolter contre l'autorité centrale. Et s’il arrive que certains parmi les hommes politiques, qui n’appartiennent pas à cette même classe et qui se sentent frustrés par une telle attitude, trouvent que la majorité du peuple font preuve de " manque de conscience politique", ils ne font qu’émettre un jugement délibérément fallacieux car la conscience politique et sociale est un produit culturel et politique que le pouvoir dominant a toujours cherché à monopoliser et fait en sorte que la large public n’y ait pas accès, car cela conduirait inévitablement à la remise en cause de sa propre légitimité.
C’est pour cette raison que tout pouvoir dominant s’efforce d’assurer les conditions de vie matérielles minimales à "ses sujets ", et n’œuvre pas à développer sa conscience sociale et politique, et qui représente la véritable conscience.

Ces politiciens qui accusent la population de "manquer de conscience politique" ont pris l’habitude d’employer l‘expression de "zones marginalisées" pour identifier les zones caractérisées par ce manque de conscience politique allant jusqu’à les confiner aux les zones n’ayant pas bénéficié d’un développement économique et culturel, alors que ces zones marginalisées sont présentes dans presque toutes les régions du pays, à l’exception des noyaux de deux régions spécifiques : la région du Sahel et celle de Sfax. Comme on le voit, cette classification est erronée car même les deux régions précitées renferment des zones secondaires défavorisées et pour revenir au soulèvement de Ghedahem, le " Bey du Peuple ", son mouvement avait également touché ces deux régions.

Les régions du Sahel et de Sfax, que nous venons de qualifier de noyaux, doivent elles-mêmes être distinguées l’une de l’autre, en termes de relativisation, car la région du Sahel avait été privilégiée, sous le règne de Bourguiba, dans tous les domaines alors que Sfax avait été La marginalisée par le pouvoir, Sfax que nombre d’observateurs considèrent comme " le Japon" de la Tunisie, eu égard aux qualités de sérieux et de productivité dont les sfaxiens font preuve dans tous les domaines, fruits d’une éduction basée sur la discipline qui répugne le relâchement et le laxisme qui caractérisent non seulement la mentalité des gens du sahel en général" mais toutes les régions du pays".

Vous pouvez faire votre petite enquête et procéder à un recensement pour vérifier le bien-fondé de ce que nous, les auteurs de ce manifeste, qui d’ailleurs, ne sommes pas originaires des deux régions précitées, postulons, et vous allez vous rendre compte qu’il va falloir étendre le sens de zone marginalisée à l’ensemble de la Tunisie.

Nous savons à l’avance qu'un certain nombre d'hypocrites et d’incultes vont nous accuser d’encourager le régionalisme
Nous leur répondons qu’il est impossible pour un Tunisien ayant été suffisamment imprégné de l’idée de relativisation d’être régionaliste parce que tout simplement sa disposition mentale l’en empêche. En revanche, cette même disposition mentale ne l’empêche pas de faire part de ses convictions même si elles sont à contre-courant de la plupart des arguments avancés par les soi-disant défenseurs de "l’unité nationale ", dont bon nombre excellent dans la pratique illicite de transfert de devises à l’étranger.

L’objectif derrière ce manifeste est donc de démontrer que la plupart de ce qui a été écrit sur la Tunisie a occulté ou omis le fait que la campagne ainsi que l’ensemble des zones marginalisées qui se trouvent à la périphérie de la capitale tunisienne, représentent le "père de la ville" et que lorsque ce père subit l'humiliation économique décrite par l’expression " zones défavorisée" ou "zones marginalisée", il lui est possible, en raison d’un manque de conscience sociale et politique, de prendre son mal en patience, mais arrivé à un stade où il est menacé dans son existence même, il va se trouver contraint de se révolter.

C’est ce qui s’est passé en Tunisie lors du dernier soulèvement en 2011 et la fuite du président du pays, que les auteurs considèrent comme le plus important trafiquant de devises dans l’histoire de la Tunisie. Par conséquent, ils dénoncent tout appel à l’instauration d’un nouveau régime musclé ou policier, car Ben Ali n’était pas le militaire qu’on imaginait, mais plutôt l’homme des services de sécurité dans lequel les trafiquants de tous bord ont trouvé l’allié inespéré.

Le système politique et économique dominant a recours à un procédé politique connu: l’intimidation et la séduction. Il s’agissait de se rallier les intellectuels d’origine paysanne et non paysanne en contrepartie d'un statut social et économique meilleur que celui de leurs compatriotes ruraux; ces intellectuels qui tentent d’oublier leur origine vont essayer de s’identifier aux piliers du régime au pouvoir en place, et dont ils vont devenir les ardents et loyaux défenseurs. Le régime au pouvoir, quant à lui, s’appuie sur un noyau politique et régional qui ne voit dans la campagne, tout simplement, qu’une source d’extorsion matérielle, car, et contrairement au discours officiel, il ne voue à la campagne que mépris.

En Tunisie et dans le reste des pays du Maghreb, le discours politique insiste toujours sur la nécessité de préserver ce qu’on appelle "unité nationale" tout en attribuant à terme" nation " un concept vague et déconnecté de la réalité de cette unité nationale véritable qui doit se traduire, sur le plan de réalité, par la possibilité pour chaque citoyen de disposer de sa part de nourriture, de logement décent, de santé et de routes. En l’absence de de ces biens, l’individu n’a plus de raison de s’attacher à l’unité nationale, et le corps social, économique et politique va se désintégrer, donnant lieu à des loyautés envers l’Occident ou l’Orient, qui pourraient, pour les uns et les autres, constituer un refuge protecteur.

Les auteurs de ce manifeste sont des paysans dans l’âme ; cependant, ils considèrent qu’il faudrait dépasser la dimension poétique et religieuse de la notion d’âme " et de raisonner au plan du réel, partant de la conviction que la réflexion, si elle n’est pas associée à l’action, devient un fardeau pour l’intellectuel, notamment celui qui est lié profondément au régime dominant qui pourvoit, d’une manière ou d’une autre, à ses intérêts. Les auteurs du manifeste, les Relativisants, n’ont comme instrument de transformation radicale que leur plume, et se considèrent, dans ce sens, comme des "insoumis" intellectuels et politiques et s’ils ont un mérite quelconque, c’est celui de s’efforcer d’être cohérents dans leurs idées et actes, et parce qu’ils ressentent, au fond d’eux-mêmes, les conditions de vie pénible de leur concitoyens, et c’est pour cette raisons qu’ils se considèrent eux-mêmes comme des intellectuels organiques, se démarquant ainsi de tous les intellectuels qui les ont précédés, dont leurs propres enseignants à l’université.

Conséquences de la confusion qui caractérise à l’heure actuelle la structure mentale des hommes politiques ayant dirigé le pays.

Nous réaffirmons que nous tirons toujours les enseignements des lois de la nature et les appliquons à la société humaine parce que notre structure mentale est celle de Relativisants.

Cette relativisation est ce qui explique notre attitude vis à vis de Habib Bourguiba, le non Relativisant, qui n’avait pas été en mesure de comprendre ce que le " corps social" signifie, c'est-à-dire un tout indissociable. Par conséquent, il avait pratiquement favorisé le développement de sa région natale au détriment du reste du pays, et le développement de son parti aux dépens du reste des partis, et pas seulement sur le plan de la rhétorique. Ceci a eu d’énormes conséquences à tous les niveaux, de l’éducation à a la politique en passant par l’économie, et la prédominance du régionalisme sahélien, dans une première étape, et les réactions à ce phénomène dans une deuxième étape. En effet, ce que nous avons pu constater, à travers les dernières élections présidentielles, c’est que l’ensemble des régions du Sud tunisien ont voté contre( feu) Béji Caid Essebsi et lors des élections législatives, ont voté soit pour Marzouki soit pour Ghannouchi, sans parler de la tentative de règlement de comptes au niveau de la "Commission de la Dignité" de Ben Sedrine, qui voue à Bourguiba une haine farouche, autre preuve tangible de ce que nous avons déjàpostulé.

Aucun des Tunisiens non salafistes ne met en doute les réalisations de Habib Bourguiba, lui qui avait embrassé de l'idée du progrès linéaire (mais non relativisant) en affrontant avec succès les défis qui se posaient au pays, à l'exception de deux domaines où son modèle avait failli: premièrement, celui de ne pas considérer le corps social tunisien comme un ensemble indissociable et de prévenir toute velléité de privilégier une région par rapport au reste des régions et, deuxièmement, de favoriser l’émergence d’une conscience sociale et politique générale. Les raisons derrière une telle défaillance réside dans le fait que Bourguiba et ses proches, bien qu’ils aient encouragé tout ce qui touche à l’éducation, du cycle élémentaire jusqu’à l’université, avaient cherché à concevoir un petit clone sahélien – plutôt Monastiroi- de Bourguiba, qui ne fera que reproduire la pensée de ce dernier pour tout ce qui touche à la gestion des affaires du pays ou de ses relations avec les voisins et delà des frontières du pays, et ce clonage, à notre humble avis, est pratiquement impossible parce l’être humaine est capable de se répéter.

La "drame" de Bourguiba, littérairement parlant, réside dans sa structure mentale, incapable de relativisation, et ce, malgré le fait que cette tête bien faite reflète une formation politique moderniste solide, et c’est précisément ce qui le distingue de l’ex-président par intérim, Moncef Marzouki, dont l’esprit est devenu hanté par une séries de phénomènes superficiels et déconnectés de la réalité, parce que les lois de la nature réfutent les qualificatifs dépréciatifs dont il a traité le peuple tunisien après que ce dernier l’eut chassé de la présidence, à cause de son incapacité mentale, ce qui nous pousse à le qualifier de politique et non d’idéologue, à l’instar de l’ex-instituteur Rached Ghannouchi, dont la déficience mentale l’empêche de saisir le sens de la relativisation, puisqu’il se base sur des aspects apparents et provisoires sans chercher à en connaitre les causes profondes, s’alignant sur les modes de pensée propres aux masses populaires qui voient les contraires dans toute chose:
principalement entre l’ homme et la femme et justifiant une discrimination sur la base du sexe, ignorant par là les résultats auxquels est parvenue la médecine moderne concernant la prétendue opposition totale apparente entre masculin et le féminin, et on peut dire la même chose concernant d’autres questions sociales importantes .

Cette carence organique que nous soulignons est celle-là même qui a conduit Moncef Marzouki à comparer sa vie en France à sa vie en Tunisie, en se limitant aux apparences, bien entendu. Et c’est ainsi que le peuple français lui apparait doté de morale alors que le peuple tunisien en est dépourvu, comme si nousétions en présence d’identités " morales" opposées, et, il faut bien reconnaitre qu’il nous est difficile de qualifier une telle description, surtout qu’elle émane d’un médecin.
L’apport de ce "médecin" aurait pu nous être bénéfique, nous, les Relativisants, s’il avait limité le sujet de sa préoccupation à son domaine de spécialisation et travaillé sur l’activité du cerveau et de sa complexité ; cependant, il a préféré fonder un parti politique qu’il a appelé " Al-Harak " ou "Mouvement" et Dieu sait ce que recouvre le concept de " harak "!

Etymologiquement, " Al Harak " suggère le mouvement, qui renvoie lui-même à la force motrice du véhicule, de l’avion ou du sous-marin etc… et tous termes dérivés reflètent les mouvements qui se passent aussi bien dans la nature que dans la société humaine, c'est-à-dire tout ce qui est contraire à la fixité et à la stabilité et , en ce qui concerne l’être humain, et à ce qui le motive au cours des étapes de la vie, de l’enfance à la vieillesse, entre autres, ce qui lui permet d’atteindre un état de jouissance. Ceci est également valable pour la société, en ce sens que la vie sociale et politique est totalement similaire à la situation d’une mer qui varie en fonction du climat ; elle est parfois agitée et parfois calme, traversée par des courants en temps de flux et de reflux. On peut même dire qu’elle est semblable à la vie de l'individu, dans son comportement sexuel lorsqu'il passe d’un état d'agitation à un état d’apaisement et de stabilité, assimilables aux situations de flux et de reflux sexuels, la période de flux correspondant à la situation de répression sexuelle pouvant conduire à des réactions surprenantes si l’être humain n’est pas suffisamment imbibé du principe de relativisation qui doit être appliqué à tout phénomène, à toute civilisation et à toute époque. Il s’agit là, comme nous l’avons postulé, d’un concept moderne pour l’humanité entière car c’est un concept médical qui n’a rien à voir avec le concept de relativité en physique et c’est pourquoi nous l’avons adopté dans la formulation du principe que "la relativisation est salutaire alors que la généralisation est mortelle" appliqué dans la présente étude après en avoir testé la validité sur l’être humain qu’il s’agisse de la révolution française, de la révolution américaine, du soulèvement d'Ali bin Ghedhahem , de la révolution russe ou encore de la révolution algérienne.

Concernant la révolution algérienne, c’est la révolution qui revêt la plus grande importance pour nous, car il s'agit d'une révolution en Afrique du Nord et à cet égard, nous rapportons les propos de l'un de ses grands penseurs politiques (algériens. Il s’agit de Larbi Ben Mehidi (1923-1957) qui fut assassiné, à l’âge de 34 ans, par l'armée française après sa capture.
Lorsqu'il eut senti que les circonstances de la révolution avaient mûri, Larbi Ben Mehidi fit la déclaration suivante: "Jetez la révolution dans la rue et le peuple s’en emparera". Dans cette déclaration, il exprime la période de flux, qui en termes sexuels, correspond à la période d’érection maximale et d’excitation du nerf sexuel adulte au niveau du cerveau tant pour l’homme que pour la femme.

Interrogé sur le sort de cette révolution une fois l’indépendance politique obtenue, Larbi Ben Mehidi avait déclaré qu’il ne pouvait rien prédire, car au cours de la phase future , les Algériens vont mobiliser leurs énergies pour assurer leur confort, qui va de l’acquisition d’une voiture à la possession d’autres biens, suggérant qu’ils entreront dans la phase de l’après reflux, en d’autres termes, une période de tranquillité de stabilité la suite de laquelle ils devraient revenir à la situation d’avant le reflux.

Les théoriciens de gauche qui parlent de "révolution permanente" sont parfaitement conscients du problème, mais cette conscience reste limitée à quelques d’intellectuels, alors que la structure mentale des masses populaires ne peut admettre une telle interprétation.

Ceci s’applique également à la Tunisie : en 2011, il existait une situation d’agitation sociale et politique qui a brièvement produit une littérature politique vantant les valeurs du changement, mais parmi ces courants révolutionnaires se sont infiltrés d’autres courants de tendances diverses, pour ne pas dire antagonistes, pour en changer l’orientation, ouvrant la voie à une nouvelle littérature politique qui, soit condamne la révolution soit réclame le retour à la situation d’avant la révolution. Et ainsi, nous vivons aujourd'hui ces situations de flux et de reflux dans tout ce qui touche dans nos vies.

Les manifestations, qui deviennent presque quotidiennes en Tunisie, sont l’expression d’un plaisir inachevé pour diverses raisons: ces manifestations réclament une gratification d’une nature indéterminée , parce qu’il s’agit d’une gratification complexe dans laquelle interviennent des facteurs divers parfois antagonistes ; cependant, ces facteurs s’accordent sur une seule exigence, celle de la nostalgie d’une mer calme et un ciel sans les nuages seuls susceptibles de produire des pluies bénéfiques, ainsi que de la grêle, des foudres et des inondations dévastatrices et celui qui seul contrôle le sens des nuages et la nature des précipitations, ce sont les partis politiques qui expriment la réalité profonde de ce peuple. Malheureusement, cette classe politique n’existe pas en Tunisie à l’heure actuelle, que l’on se positionne à gauche, au centre ou à droite de l’échiquier politique, selon l’appellation occidentale, car toutes ces formations sont l’émanation d’un mode de pensée manichéenne mortelle et non salutaire que le temps civilisationnel a dépassé, parce que non relativisant. Et c’est ce qui explique que l’on soit en présence d’une multitude d’individus proposant d’élire comme prochain président de la Tunisie un homme politique qui soit capable d’assurer la stabilité durable du pays.

Il s’agit là d’une pensée politique, pour le moins simpliste, pour ne pas la qualifier en des termes insultants pour certains!
Comment allons-nous clôturer cette introduction?

Tout ce qui précède montre que la nouvelle Tunisie à laquelle nous aspirons à travers une approche Relativisante, a besoin de réapprendre une éthique autre que celle d’un machiévelisme arborant des couleurs nationales. Car s’il est possible de comprendre et même de justifier cette démarche machiavélique dans les relations internationales, le machiavélisme devient une véritable calamité quand il est applique à l’échelle de la nation. Les régimes au pouvoir, que ce soit en Tunisie ou dans les autres pays du Maghreb, ont recouru au machiavélisme dans la gestion des affaires intéressant leurs peuples respectifs, et pour réaliser leurs objectifs, ils ont soudoyé les intellectuels des deux sexes pour en faire des propagandistes. Et c’est ainsi qu’ils ont veillé à confiner la morale à tout ce qui touchait aux apparence, tel que le voile pour la femme ou son opposé, et pour les hommes d’afficher leur religiosité à travers une marque sur le front, l’officialisation de pratique du jeune pendant le mois de Ramadan, ou son contraire, l’autorisation de la consommation du porc ou sa prohibition………… alors que le problème est beaucoup plus profond.

Pour nombre de penseurs Relativisants, aucun peuple sur terre n'est totalement arriéré. Les seuls éléments « arriérés » sont ceux qui sont en charge des affaires publiques mais qui demeurent incapables de comprendre que le corps social est un tout allant du cerveau et aux orteils des pieds. Si jamais, on empêche le sang de circuler vers les orteils des pieds (à l’instar des "Marginalisés"), ceci ne pourra qu’affecter à son tour, le cerveau lui-même.


Si nous avions voulu nous étendre davantage dans cette introduction, nous les Relativisants tunisiens aurions pu traiter également la connotation sexuelle de cette relation conflictuelle entre l’Etat et la Périphérie, en ce sens que le Centre exploitait sexuellement la campagne et les régions marginalisées. En Tunisie, tout le monde sait que les zones marginalisées fournissent au Centre un grand nombre de jeunes filles pour aller y travailler en tant que " ouvrières domestiques " et dont le travail ne se limite pas à ce à quoi elles ont été recrutées, mais plusieurs d’entre elles sont exploitées sexuellement par les enfants des familles qui les emploient et dans certains cas par les « chefs de ménage » eux -mêmes.

Lors des premières élections démocratiques générales en Tunisie, un grand nombre de femmes des zones marginalisées ont voté en faveur d'un parti hostile à l'idée de progrès et qui considère que la femme est une intimité (awrah) (En d’autres termes, tout dans son corps et son apparence a une connotation sexuelle susceptible de faire naître chez les hommes une tentation).

Ceci a été possible parce que ces femmes ne disposaient de la conscience socio-politique, à la différence des autres femmes appartenant aux milieux privilégiés intellectuellement et économiquement. C’est pour cette raison que nous estimons que parler de la femme tunisienne en des termes généraux, demeure un discours « truqué » tout comme les marchandises « truquées », tel qu’utilisé dans le langage populaire.

L'histoire sociopolitique de la Tunisie demeure incomplète et c’est la raison pour laquelle nous estimons ne pas être en mesure d’aborder ce sujet.

Notre mission à nous les Relativisants est de faire parvenir le sang à toutes les parties du corps tunisien, ni plus, ni moins, mais comment peut y arriver quand tout ce qui précède suggère que nous sommes confrontés à une déficience structurelle qui ne peut être guérie, ne serait ce que de manière relative, qu’en lui administrant un remède de même nature.

Une partie de ce que nous proposons implique la répartition des centres des pouvoirs politique et législatif sur d’autres gouvernorats que celui de Tunis, étant donné que ce gouvernorat ne peut plus s’étendre davantage. Il s’agit là d’une voie sur laquelle d’autres Etats se sont engagés et qui a eu des résultats encourageants, permettant ainsi de réduire les contradictions initiales entre le Centre et la Périphérie avec toutes les conséquences pouvant en résulter sur le plan général.


Auteur: Mohammed Naceur Nefzaoui
Date : 2019-08-19


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