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Maroc, la psychose d'un ténébreux nécromancier

À propos d'une harangue alarmiste antinationale et séditieuse publiée par M. Mustapha Alaoui dans son journal hebdomadaire « Alousboue assahafi » du vendredi 26 janvier 2OO7

Encore un anathème contre l'amazighité, venant cette fois non d'un politicien frileux obstiné ou d'un intégriste invétéré, mais bien d'un marocain ayant sa souche dans la montagne amazighe, journaliste et  Alaoui de surcroît! Quel « ifrit » ou bandit-démon a pu ressusciter dans l'âme d'un « intelligent marchand» journaliste pour lui troubler la raison et le travestir en inquisiteur médiéval ?

Simulant un macabre scénario titré sous la couleur de sang dans un rectangle qui rappelle ces panneaux de danger, il anticipe sa projection qui est une réelle incitation à la panique et à la « FITNA » du peuple, accusant d'hérésie et de troubles de manière sournoise des militants amazighs qui ne cessent d'endurer l'exaspération, le mépris arrogant et la discrimination qu'injectent dans la société en général de faux démocrates noyant leur incapacité à gérer la nation  dans d'interminables spéculations électoralistes ou dans leurs logomachies idéologiques.

Les accusations détournées de M. Mustapha Alaoui portent des allusions graves enrobées dans sa harangue  monitoire semblable à ces bulles pontificales où se décrétaient les bûchers cathares au 12e siècle. Ceux qui nous ont rapporté l'histoire réelle de ce peuple victime de la machination des rois capétiens ont prouvé qu'il ne s'agissait pas d'hérésie mais bien pour exproprier les Occitans, les terroriser pour qu'ils cèdent leurs domaines aux puissants toulousains qu'épaulait l'Église catholique. Mais les Cathares étaient simplement de bons chrétiens humanistes qui avaient aussi leurs belles traditions.

Qui a poussé le vieux  « journaliste » Mustapha dans une telle palinodie impardonnable ? Lui qui a quand même écrit des mémoires sur les guerres des plateaux des Ait ousammer, le pays amazigh qui court à partir de Midelt et qui embrasse tout le Sud-Est marocain. Peut être à sa manière mais il est le seul à avoir au moins pensé à écrire des témoignages sur une sombre et cruelle époque. Et l’IER n'en a pas tenu compte.

Toutes les questions sont ouvertes sur une telle attitude qui semble motivée par des implications captieuses. La harangue sanguinaire parut juste à la veille du congrès à Marrakech du Parti Démocrate Amazigh Marocain (PDAM) qui fut interdit et qui allait se dérouler à partir du vendredi 2 février 2OO7.  Juste une semaine avant, la distribution d' «Alousboue» a eu lieu le vendredi 26 janvier 2OO7. Pourrait-on admettre qu'au seuil du 3e millénaire, des journalistes négriers mercenaires seraient en activité dans notre pays au service des forces occultes qui veulent déstabiliser la nation et à l'insu de l'Etat que certains accusent de relâchement pour éloigner les soupçons? Accusation qu'a entérinée M. Alaoui bien que pour lui, le relâchement des pouvoirs publics se limite à leur impossibilité à couper les langues aux Imazighens après leur avoir interdit de constituer un parti qu'ils ont dénommé amazigh pour ennoblir la mémoire source qu'est la terre, la motte génératrice et non pour clamer la race qui est le nom génétique du genre humain.

M. Mustapha Alaoui somme de manière solennelle les Imazighen sous une étiquette marchande inspirée d'anciens fondateurs de comptoirs commerciaux limités aux rives maritimes : « Ô nouveaux phéniciens...abandonnez la ‘’fitna’’ (discorde) dormante ». Ce qui suppose que le Maroc aurait été et toujours une terra nullus où se relayaient des hordes coloniales que viennent remplacer les nouveaux phéniciens.

Oui, chers lecteurs, militantes et militants des droits humains, démocrates conséquents et citoyens intègres engagés dans le sursaut de l'ère nouvelle qui s'empare de notre pays ! Pour notre journaliste réputé pour ses polémiques souvent acerbes, pour ce "cherif", historiquement, spirituellement et génétiquement produit "humain" ayant des racines dans la montagne amazighe comme il l'avoue et désavoue à la fois, il n 'y aurait que des barbares et phéniciens au Maroc, se ravisant pourtant dans un bref éclair de mémoire que sa grand-mère est une tamazighte, la seule  qui mérite à ses yeux cette appartenance spécifique, et que son grand-père vécut parmi les Ait Seghrouchen qui prirent les armes contre les Français. Grand-père ayant certes combattu aux côtés des montagnards mais le journaliste petit fils n'a pas dit si l'aïeul était arabe, amazigh, chérif... j'admets pour ma part qu'il ne pouvait être que chérif amazigh pour respecter cette sagesse devenue une référence universelle pour l'humanité : «  l'homme est fils de son milieu. »


A lire ses terrifiantes prémonitions dignes d'un moribond délirant, ses alarmes de vieille cloche fêlée, braillant au milieu d'antiques épaves qui semblent fieffer l'imaginaire de notre "chérif", tout Marocain fragile, cédant à la panique ou hâtif irréfléchi se mettrait au qui-vive face à la menace d'armées amazighes qui vont chasser les amazigho-arabes du Maroc. Amazigho-arabes au lieu d'arabes pour se conformer au contenant territorial géographique historique, Tamazgha pour les Marocains imbus d'équité et respectueux de nos réalités nationales car Tamazgha est la grande patrie des Icelhyen, Isahraouyen, Irifyien, Aâraben et des « Ait idurar nw ammas » dits Imazighen mais admettons berbérie pour faire plaisir à M. Mustapha Alaoui . Des guerres cruelles a-t-il prédit, raciales et pires que celles que se livrent les fratries et les confréries religieuses antagonistes qui déchirent et ensanglantent l'Iraq, des guerres qui n'auront pas de fin car elles seront ethniques, finit-il par affirmer !!!!

L'obsession aârbaouiste ou arabiste chauvine l'ayant obnubilé, il ne pouvait comprendre le sens des mots de la langue de ses oncles amazighs qui seraient selon sa logique bivalente les ancêtres des nouveaux phéniciens et leurs langues et écriture que symbolise tifinagh seraient un résidu de leur parler. Comme tout méconnaissant entêté, il se laisse trahir par des connotations homonymiques tout antinomiques qui firent pareillement écrire et dire à nos ineptes chercheurs tant d'absurdités. Le tifinagh, pour le rappeler et marteler sur ces têtes de granit, est un mot composé d'un nom et d'un démonstratif : il y a "tifi" qui signifie découverte, trouvaille et nnegh qui signifie "notre", et ce mot veut dire en tamazight sans la moindre confusion : notre retrouvaille, rencontre, repère. Des caractères qui charment nos tapis amazighs et distinguent nos « tighermin » ou châteaux du Sud construits par des maçons amazigh ayant hérité leur savoir de savants bâtisseurs de l'art hispano-mauresque qu'ont supplanté nos flibustiers théoriciens par l'art arabo-islamique...

Mais les mentalités nébuleuses continuent de brouiller les esprits faillibles tel notre journaliste échotier qui se découvre comme par hasard un cumul de talents aux allures ambulatoires, historien, sociologue, psycholinguiste, ethnologue, et même archéologue émerveillé dans une étrange hallucination qui lui fait déterrer l'origine de la langue amazighe dans des parchemins phéniciens enfouis sous les versants montagnards des Ait Seghrochen. Il faut que les académiciens chercheurs, particulièrement ceux de l'IRCAM (Institut Royal de la culture amazigh) mettent à jour leurs acquis car les commerçants byzantins ne se sont pas limités à quelques comptoirs dans les criques océaniques mais avaient selon notre chercheur occupé tout l'empire d' « Amor w akouch » (hommes et terre de Dieu) notre actuel « Almaghrib » ou tamazgha occidentale. Mais surtout, ne l'oubliez pas ! Notre journaliste a des racines dans la montagne d'une région amazighe et a un ancêtre qui prit les armes à côté des patriotes qui menaient des luttes de résistance durant plus de 3O ans dans les montagnes et les hauts plateaux amazighs ! (arabe, amazigh, phénicien ou chérif, il a omis de le dire comme il a spécifié son amazighité maternelle ancestrale ). « Journaliste » vétéran, il se serait pourtant acquitté du devoir de mémoire envers ses oncles montagnards et empêcher l'Institution Équité et Réconciliation, l’IER d'hier de commettre ce tort monumental envers les mémoires de patriotes des atlas, du Rif, du Sahara et tout le Sud du Maroc qui se sont soulevés contre l'occupation durant près de quarante ans. Mais pour lui ce furent les ancêtres de ces nouveaux phéniciens qui seraient les 28 % qui parlent « albarbaria ».

Admirez la logique perspicace du vieux « journaliste » ! Il sort même des statistiques bâclées où la question relative à la langue parlée par les foyers marocains est ambiguë : «  langue parlée », telle que la question a été posée dans le formulaire du recensement ! Bien entendu les Imazighen citadins sont polyglotes et la question équitable aurait été : «  Quelle est l'origine géographique de la famille?». Ce qui aurait donné le pourcentage exact des Imazighens qu'on peut d'ailleurs évaluer en survolant les espaces qu'ils occupent et qui représente les trois quarts du royaume. Mais « hna huma hna. Nukni ayd igan nukni ». « Tazggalt, tamxxart, taxendallast ou taghccact » pour respecter la langue NICHAN du Maroc tel qu'il est de TELQUEL

Pieds joints, il fonce en dévalant les quatorze siècles pour évoquer l'un des martyrs de Tamazgha des héros! Il parla du grand Moulay Idriss 1er en collant à la mémoire de cherif amazigh indépendantiste awraba, « l'arabisme » alors que l'homme légendaire a fui les turpitudes sanguinaires du Calife arabe de l'époque qui l'avait assassiné au Maroc même par l'intermédiaire de l'un de ses lieutenants mercenaires arabes. Idriss est musulman certes mais n'était plus arabe puisqu'il fut adopté lui et l'Islam par la puissante confédération des Awraba, et c'est une question de terre d'accueil amazighe. Et c'est l'un des points qui frustrent les Imazighens à cause de ces dénominations hâtives et intolérables : tout ce qui vient de l'orient arabe doit garder cette désignation même s'il est dans la terre africaine amazighe depuis des temps immémoriaux. Imaginez cet interminable cordon ombilical qui n'existe que dans  l'imaginaire d'hommes incrustés dans bizarre analogie! Idriss a refusé le statut de vassal que voulait lui imposer le Calife arabe et il l'a payé de sa vie de la manière qu'a subi le charismatique Omar Alkhattab, Ali gendre du prophète Mohamed et les autres...Pour tout penseur marocain honnête Moulay Idriss serait du rang de Youguerten qui fut prisonnier des romains, lui-même petit-fils de Masnsen (Massinissa), grand roi qui laissa cette citation patriotique célèbre, reprises par plusieurs historiens: «  l’Afrique aux africains et non aux romains et phéniciens ». Le roi Yuba 1er s'est suicidé pour ne pas faire allégeance à César, la grande Reine juive amazighe  Dihia s'est également suicidée pour éviter les affres de l'esclavage sous la domination d'un arabe qui envahit sa patrie. Mustapha Alaoui qui taxe les Imazighens de phéniciens commet un grave outrage à la mémoire des rois martyrs du grand Maghreb, la Tamazgha mère et mère adoptive des peuples.

 

Le journaliste qui joue les sabreurs a aussi versé dans une perfide spéculation en prétendant qu'il savait inadmissible le mémorandum qu'a présenté à l'ONU le Réseau amazigh pour la citoyenneté (RAC) avant même que le S.G de l'ONU l'eut feuilleté. Mémorandum présenté à l'occasion du 58e  anniversaire des droits humains à l'organisation onusienne par l'ASSOCIATION sus indiquée que préside le dynamique et respecté de tous les progressistes marocains, Maître Ahmed Arhmouch.

Mustapha Alaoui a également et audacieusement proféré des assertions diffamatoires en affirmant que les   Imazighens préfèrent la religion juive. Un antisémitisme puant puisqu'il semble les sermonner tendancieusement.  À notre époque, ces sornettes de religieux mutants ou permutants sont ridicules et « nainisent » leur auteur. Après  l'incitation à la panique, le voici qui donne libre cours aux rumeurs vagabondes. Il confond comme tout suffisant, les mémoires historiques du peuple amazigh dont les ancêtres avaient adopté la religion hébraïque puis le christianisme avant même l'avènement de l'Islam. Ici, sa bulle contre les nouveaux phéniciens condamne même les Imazighens et leur éminent compatriote saint Augustin qui vécut au début de l'ère chrétienne comme il profane la mémoire de leur reine juive Dihya qu'il qualifie de sorcière. Pour la mémoire, il faut rappeler que Saint Augustin a légué à l'histoire ce témoignage indiscutable: « Demandez à nos paysans qui ils sont, il vous répondront qu'ils sont amazighs ». Ce fut à une époque où les arabes étaient gouvernés par des rois juifs ou chrétiens.

Il est étonnant de voir fréquemment des apprentis en tout fouiller dans le passé des Imazighens qui ne dérogent en rien du passé des peuples de la terre mais ces faiseurs d'élucubrations n'ont jamais posé la question ni sur le mot arabe ni sur la culture qu'il représente. Des populations dont on ne connaîtrait jamais le nom d'origine ont été baptisées "arubu, aribi " par les perses et les akkadiens, les hébreux les appelaient "arab". Selon les connaisseurs, dans ces langues, ce mot signifie homme du désert.

Des siècles passèrent après que les perses et les hébreux les eurent aperçus dans leur fuite à cause de l'échauffement de leur pays à cause d'un changement de climat selon les historiens, les arabes avaient des proconsuls sous la domination romaine. Après leur défaite contre les Assyriens, ils étaient toujours en rébellion puis s'engageaient dans l'armée perse sous le roi Xerxes (481)...Leur royaume nabathéen,  dont la capitale est Petra,  s'allia à Rome. En lO6,  Trajan l'annexa et en fit la « province arabia ». Quelques-uns uns avaient même accédé à la tête de l'empire romain et exercèrent leur pouvoir sur tout le désert syrien, s'alliant à Rome puis aux Sassanides...Une autre dynastie arabe Ghassanide s'allia à Byzance (45O) et adopta le christianisme monophysite puis nestorien ainsi que le judaïsme qu'ils pratiquaient. C'était la situation des populations instables nommées arabes par d'autres peuples avant l'avènement de l'islam. Le lecteur m'excusera pour cette digression dont personne n'a besoin mais certains guindés suffisants, pédants donneurs de leçons en ont besoin puisqu'ils éprouvent du plaisir à dénaturer le passé de peuples qui ont été les grands supports de la splendeur de l'islam : amazighs, turcs, iraniens, kurdes et bien d'autres n'ayant aucun rapport ethnique avec les arabes)... et nos Arabistes se réfugient aujourd'hui dans cette religion qu'ils dénaturent pour soulager le poids de la frustration dû à leurs éternels et chroniques déboires. Et ce ne sera pas si Alaoui qui nous prouvera le contraire ni expliquera le sens de ces collages incongrus : Maghreb arabe, monde arabo-islamique, civilisation arabo-islamique...

Je suis moi-même membre de la commission préparatoire de l'association culturelle amazigho-hébraïque. Mustapha Alaoui dont je sollicite l'adhésion à cette noble association connait mieux que d'autres le rôle joué socialement, économiquement et culturellement par les juifs amazighs des montagnes et des plateaux du sud. Un passé partagé
qu'on voudrait restituer par devoir envers la mémoire du peuple cosmopolite marocain. Alaoui évoque avec une
grogne feintée une association pour la normalisation avec l'État  d'Israël. Et même si cela avait réellement
lieu, quel crime y aurait-il pour le fait d'avoir des amis d'Israël, particulièrement berbères marocains. Pour ce qui est du sionisme, un humaniste cosmopolite et démocrate n'a nullement besoin des enseignements de Mustapha Alaoui pour l'abhorrer ! Ces propos racistes, antisémites, anti-amazigh, en un mot contre la nation et allégatoires pourraient entraîner des poursuites judiciaires contre leur auteur.

Je ne pourrais point adopter l'air pharisien pour prier Dieu de pardonner M. Mustapha Alaoui comme il a terminé ses admonestations latentes en bon moine, demandant à Dieu de nous pardonner dans la langue NICHAN  « ad awen ighfer Moulana ! »  et non en phénicien puisqu'il en a une excellente connaissance. Dieu seul sait s'il pardonnera ou pas au "journaliste" d' « Alousboua Assahafi ». Celui-ci aurait pu au moins écrire la SAGA des  chorfa amazighs au lieu de s'entêter à verser   la psychose dans les esprits.

Isul mayd ittunan !
Il Il y a encore à dire!
Mazal maytgal

Ouâchrine Houssa
ohoussa@yahoo.fr


Auteur: Ouâchrine Houssa
Date : 2007-02-12


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