Arabe
English
 
 
 
 Editoriaux
 Lu dans la presse
 Opinions publique
 Bréves
 Rendez-vous
 Interviews
 Flashs
 Courrier des lecteurs
 Sondages
 Forum
 Journal du rire

Contactez nous

Six candidats à l’élection présidentielle française répondent à la Coordination des Berbères de France

La coordination des Berbères de France a fait parvenir, le mois dernier, une liste de revendications aux différents candidats à l’élection présidentielle :

- que la langue et de la culture berbères soient traitées en tant que langue et culture de France, avec l’ensemble des dispositions réglementaires qui s’appliquent aux langues et cultures régionales,

-  que l’enseignement du berbère se fasse au sein de l’école et par des enseignants de l’Education Nationale pour tous les élèves qui en feraient la demande,

-  que soit créée une radio franco-berbère, espace de liberté et d’expression de notre diversité,
-  que soit créée une maison de la culture berbère à Paris,

-  que soit créé un Institut ou Centre de recherche sur le monde berbère dans une université ou à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales,

-  que les télévisions publiques fassent une place plus visible aux cultures de France, donc à la culture berbère composante des cultures de France.

Suite à cette sollicitation, six candidats se sont positionnés et nous ont répondu : Arlette Laguiller, Ségolène Royal, José Bové, Olivier Besançenot, Nicolas Sarkozy et François Bayrou.




Réponse de Nicole Julien, pour Lutte Ouvrière

Monsieur,

L’agenda d’Arlette Laguiller ne lui permettant pas de donner, personnellement, suite à votre récent courrier, elle nous a chargé de vous répondre.

Vous revendiquez que la langue et la culture berbère occupent une plus grande place dans la société française. Nous ne regardons pas comme vous le dites, la diversité culturelle de notre pays avec méfiance et circonspection, bien au contraire. Nous pensons que cette diversité est une richesse pour la société.

Notre pays s’est constitué par l’apport des immigrations successives, celles venues des différentes provinces vers les grandes villes, puis celles venues des pays d’Europe d’abord, du Maghreb et d’Afrique ensuite. Ce qui a unifié ces migrants entre eux et avec ceux qui vivaient déjà dans ce pays, c’est d’abord de pouvoir se comprendre et donc parler la même langue, une langue apprise par les plus jeunes à l’école qui, parfois, sont le trait d’union nécessaire avec les plus âgés.

Cela n’empêche pas, bien sûr, de conserver sa langue d’origine et de vouloir la transmettre à ses descendants, ce qui se passe tout naturellement au sein des familles où les enfants sont souvent parfaitement bilingues.

Veuillez agréer, Monsieur, nos meilleures salutations.

Pour Lutte Ouvrière ,

Nicole Julien
Lutte Ouvrière


 

 




Réponse de Ségolène Royal, pour le Parti Socialiste

Cher Monsieur,

Je tiens à vous remercier de votre courrier qui évoque une question très importante, celle de la reconnaissance de la culture berbère au sein de notre société.

Je sais ce que représente la communauté berbère en France et je souhaite que celle-ci ait la place qu’elle mérite au cœur des instances de notre République. Cette culture doit pouvoir être transmise dans les meilleures conditions et ne doit plus faire l’objet de discrimination, voire de racisme.

Je souhaite être la présidente de la diversité culturelle, parce que je sais que la France est un pays riche de ses différences. Je souhaite que chaque culture puisse évoluer au sein de notre pays; et surtout que chacune puisse être partagée.

Apprendre à connaître une culture différente de la sienne est toujours une richesse pour l’individu qui se méfie de ce qu’il ne connaît pas. C’est le rôle des multiples structures associatives dont je salue l’action.

Je vous prie de croire, Cher Monsieur, à l’expression de mes sentiments les meilleurs.

Ségolène ROYAL

 




Réponse de l’équipe de campagne d’Olivier Besancenot

Bonjour,

Nous avons bien reçu votre courrier et nous vous en remercions.

Vous avez visiblement pu prendre connaissance des mesures que nous préconisons dans les domaines qui vous intéressent plus particulièrement. Nous n’y revenons donc pas. Si vous souhaitez de plus amples informations, n’hésitez pas à nous en demander ! Sachez par ailleurs que nous sommes pour la reconnaissance pleine et entière de l’identité, de la langue et de la culture berbères, avec toutes les dispositions que cela implique.

Plus généralement nous sommes pour la signature par la France de la Charte européenne que vous mentionnez.

Cordialement,

L’équipe de campagne d’Olivier Besancenot

 




Réponse de José Bové
Monsieur le Président,

Je vous remercie de l’envoi de votre courrier, mais vous comprendrez que le temps puisse nous manquer, à ma petite équipe et à moi-même pour répondre aux milliers de missives et questionnaires que nous avons reçus. J’ai conscience que chaque association, organisation ou groupe de citoyens se pose légitimement un certain nombre d’interrogations quant à la position des candidats à la présidence de la République concernant l’objet de leur existence et de leur action.

Cependant deux caractéristiques du mouvement que j’ai l’honneur de représenter atténuent quelque peu ce besoin bien naturel d’explications.

Premièrement, le très large regroupement autour de ma candidature de citoyens engagés s’est constitué progressivement depuis des années - et singulièrement depuis le rejet du traité européen - en s’affirmant altermondialiste, c’est-à-dire en opposition radicale à un modèle de société fondé sur l’argent, le profit, l’exploitation et la compétition. Cette position forte implique pour nous une remise en cause fondamentale de la plupart des voies et moyens d’adaptation à cette société dont se réclament la grande majorité des autres candidats. Nous pensons que rien n’est inéluctable. Il n’y a pas de fatalité et les générations futures méritent mieux que notre résignation. Le politique doit reprendre le pouvoir concédé abusivement à l’économique. Nous nous emploierons de ce fait à faire triompher nos idées qui toutes convergent vers le bien-être des populations les plus défavorisées et vers la sauvegarde de la planète. Car il n’est plus possible aujourd’hui de dissocier progrès social, progrès économique et impératifs écologiques. Il y va de la poursuite de la vie même sur Terre.

Sauf à considérer qu’un candidat doive répondre à toutes les questions sectorielles, catégorielles, particulières émanant des centaines de milliers d’associations qui participent à la vie démocratique de la France, je considère que les grandes orientations de mon programme sont soit connues de tous, soit consultables sur mon site de campagne www.unisavecbove.org[1]. Ce sont mes engagements vis-à-vis des électeurs.

Il va de soi que si je suis élu, je devrai rapidement prendre la mesure de la situation particulière de nombreuses parties de la population et lancer des programmes politiques de réforme. Croyez bien que les contributions que vous m’avez apportées aujourd’hui seront étudiées alors et que je n’hésiterai pas à vous contacter pour obtenir des précisions ou vous faire participer éventuellement à la réflexion.

Deuxièmement, mais cette caractéristique n’a pas la même force que la précédente, notre mouvement est en phase de croissance accélérée, sans disposer pour autant des infrastructures et de la puissance des partis traditionnels. C’est en soi une force parce que la discussion est totalement libre ce qui permet l’émergence d’idées et de projets novateurs tout en fédérant des énergies militantes considérables ; c’est également une faiblesse qui se traduit par notre incapacité à traiter toutes les sollicitations avec diligence dans la courte période de la campagne électorale.

Au-delà de ces considérations générales, je vous rappelle que nous voulons pour notre pays :
• une révolution sociale pour imposer une autre répartition des richesses entre ceux qui peinent et ceux qui profitent abusivement sans rien faire ;
• une révolution démocratique pour imposer une autre répartition des pouvoirs entre les citoyens et les assemblées ;
• une révolution écologique pour imposer un autre arbitrage entre la croissance incontrôlée et la préservation de la planète.

Ayant la conviction profonde qu’un autre monde est en marche et qu’un autre avenir est possible, je donne rendez-vous aux électrices et aux électeurs le 22 avril et vous prie de croire à ma volonté de construire une société plus juste et plus humaine.

José Bové

[1] Consulter en particulier : « Charte pour une alternative au libéralisme » ; »Nos propositions en matière d’urgence environnementale » et »Ce que nous voulons : les 125 propositions des collectifs locaux pour une alternative unitaire à gauche ».

 




Réponse de Nicolas Sarkozy
Monsieur le Président,

Vous m’avez interrogé sur la place qui doit être reconnue à l’enseignement et à la culture berbère en France. C’est avec la plus grande attention que j’ai pris connaissance de vos préoccupations, et vous remercie de m’en avoir fait part.

La langue française est l’âme de la France , sa culture, sa pensée et plus encore sa liberté. La diversité linguistique a toujours été un facteur de liberté de pensée et la condition du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Je ne crois pas à la langue unique, y compris au prétexte de son efficacité. Chaque langue a des subtilités d’interprétation. La politique de la langue unique est, en réalité, un leurre qui masque la volonté de domination de la pensée unique.

J’ai bien conscience que le patrimoine linguistique de la France , ce n’est pas seulement le Français.. C’est aussi l’extraordinaire richesse de ses langues régionales et des langues parlées de tous ceux qui sont issus de l’immigration. L’ignorer, se résigner à leur disparition, constituerait un immense appauvrissement, y compris pour la langue française. Je souhaite que leur enseignement soit correctement pris en charge par l’éducation nationale. Je souhaite que l’on soutienne leur pratique et leur diffusion.

Pour autant, il n’est pas question de confronter le Français aux autres langues régionales. Nous avons le devoir de veiller à l’unité française que nous avons mis si longtemps à construire et qui reste le bien le plus précieux mais aussi le plus fragile que nous ayons à léguer à nos enfants.

Si je suis élu, je ne serai pas favorable à la charte européenne des langues régionales. Je ne conteste pas les langues régionales. Au contraire, je veux les soutenir et les développer. Mais je crains que l’adoption de cette charte n’ait des conséquences sur le Pacte national.

Force est de constater que la question des minorités en France n’est pas celle des minorités en Europe. Et je crains que le juge européen chargé d’appliquer cette charte, en considérant des expériences historiques du problème des minorités différentes des notre, ne conclue qu’une langue régionales peut être considérée comme langue de la République au même titre que le Français. Au-delà de la lettre des textes, il y a la dynamique des interprétations et des jurisprudences qui peut aller très loin. La question des langues et de la place du Français est consubstantielle à notre pacte national.

Je sais qu’il existe une demande forte pour que le berbère soit enseigné à l’école. Le développement de l’enseignement du berbère en terminale au lycée se développe et je souhaite qu’il soit encouragé tout au long du lycée. Une épreuve facultative de berbère est organisée depuis longtemps dans plusieurs académies. En 2006, une convention a été signée avec l’institut des langues et civilisations orientales pour permettre la préparation de l’épreuve facultative de berbère au bac grâce à une subvention de 15 000 euros et pour la préparation et l’édition d’annales de berbères. A terme son enseignement pourrait déboucher sur la création d’une option obligatoire et d’un CAPES.

Je suis naturellement favorable à toutes les initiatives qui pourraient être prises pour faire connaître et soutenir la culture berbère que ce soient par la création d’une radio ou de programmes radiophoniques ou audiovisuels ou d’une maison de la culture berbère.

Je connais l’apport essentiel des Berbères et en particulier des kabyles dans la richesse française dans les domaines économiques, sportifs, littéraires ou encore artistiques. On ne dira jamais assez combien la France doit à des personnalités comme Edith Piaf, Zinédine Zidane, Kateb Yacine, Jean Amrouche, Taos Amrouche, Mouloudji, Idir, Mouloud Feraoun ou encore Isabelle Adjani ou encore mon ami Daniel Pévost.

Je sais, par ailleurs, l’attachement des Berbères à leur culture millénaire. Ils ont bien raison de la défendre. La France dont je rêve est une France qui fasse une place à chacun, quelle que soit son origine, dans le respect de ce qu’il est.

Vous m’interrogez enfin, sur la politique en matière de discrimination positive. Celle-ci ne vise pas une communauté mais des personnes. Elle s’adresse à toutes celles et tous ceux qui ont la volonté de réussir mais n’ont pas les mêmes chances de réussir que les autres parce qu’ils n’ont pas pu avoir accès à de bonnes écoles, ni au bon réseau de connaissance, parce qu’ils sont victimes de discrimination Négatives quelles quelles soient.

Je souhaite une politique ferme mais juste. La discrimination positive doit redonner une réalité à la méritocratie et à l’ascenseur social. Il faut tendre la main à celles et ceux qui souhaitent faire des efforts pour réussir.

Les discriminations sont inadmissibles dans une République qui a porté surs ses frontons les notions de « liberté, égalité, fraternité ». Il faut transformer les égalités virtuelles en égalités réelles et ne plus se limiter à des principes comme le font, à certains égards, les défenseurs de notre modèle traditionnel d’intégration. C’est pour cela que je suis favorable à une discrimination positive à la française, celle qui nous permet à la fois de ne pas renier nos principes républicains (ne la fondant pas sur une base territoriale) et de prendre de taureau par les cornes (en promouvant des modèles positifs et méritants).

En espérant que ces précisions répondent à vos attentes légitimes et restant à votre écoute, je vous prie d’agréer, Monsieur le Président, l’expression de ma considération distinguée

Nicolas SARKOZY
Candidat à l’élection présidentielle


 




Réponse de Marielle de Sarnez, directrice de campagne de François Bayrou

Cher Monsieur,

C’est avec un grand intérêt que j’ai pris connaissance du questionnaire que vous avez envoyé à François Bayrou attirant son attention sur les droits culturels de la langue berbère. François Bayrou défend depuis de nombreuses années la diversité des langues et des cultures. Il a bien conscience que ces langues font partie du patrimoine de la nation. Ce ne sont pas des survivances. Elles sont au cœur de notre identité.

Nous proposons d’inscrire dans la loi la défense de ces langues. La Constitution devra préciser que le Français est la langue de la République, « dans le respect des langues régionales ». Cette volonté induira une décision politique de première importance : la signature par la France de la Charte des langues régionales ou minoritaires.

En ce qui concerne la défense de la langue berbère, François Bayrou s’engage sur l’ensemble des revendications de la CBF. L’égalité de traitement entre les langues régionales et minoritaires doit être garantie. L’enseignement du berbère doit être rendu possible au sein de l’Education Nationale pour tous les élèves qui en feraient la demande. Et la culture berbère doit pouvoir bénéficier d’un plus grand espace d’expression médiatique, que ce soit à travers la création d’une radio franco-berbère ou dans le cadre plus général des médias existants. François Bayrou défend aussi le projet de création d’une maison de la culture berbère et d’un centre de recherche sur le monde berbère.

Soyez assuré que François Bayrou est très soucieux de défendre le droit au pluralisme culturel. En tant que citoyens français, nous avons tous le droit de pratiquer les langues qui ont fait ce que nous sommes.

Merci d’avoir pris la peine de nous écrire.

Je vous prie de croire, cher Monsieur, à l’assurance de mes sentiments les plus cordiaux.


Marielle de Sarnez
Directrice de campagne de François Bayrou

 


Auteur: CBF
Date : 2007-04-22


Suivez-nous sur Facebook
 

 
Communiquer
Partager sur Facebook avec vos amis-es
 
 
La plume de CBF
Envoyer l'article à un ami
Article lu 12986 fois

 

Les commentaires : Important :Prière de noter que les commentaires des lecteurs représentent les points de vue de leur auteurs et non pas d’AmazighWorld; et doivent respecter la déontologie, ne pas dépasser 6 à 10 lignes, critiquer les idées et non pas les personnes, êtres constructifs et non déstructifs et dans le vif du sujet.

 
Votre commentaire ici :
Nom
Email (votre email ne sera pas affiché)
Titre
Commentaire
  Sécurité : copier le code suivant hturkkdk ici :  
 
 

 

D'autres articles :















VŒUX POUR L’ANNEE 2019
Auteur: Madjid AM - Date : 2019-01-03


 

Headquarters : Amazigh World  (Amadal Amazigh), North America, North Africa

  amazighworld@gmail.com

Copyright 2002-2009  Amazigh World. All rights reserved.