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Said Ezzaoui : « Nous comptons beaucoup sur la communauté soussie installée à l’étranger… »

Said Ezzaoui n’est plus à présenter. Ce jeune militant de juste 25 printemps est on ne peut plus présent sur le terrain du militantisme amazigh. D’ailleurs, il est l’un des membres du comité de suivi pour l’autonomie du Grand Souss, crée après la fameuse déclaration de Taynzert. C’est à ce titre que nous lui avons posé quelques questions auxquelles il a bien voulu répondre.

 

Pourquoi lancer un appel pour l’autonomie du Souss maintenant ?

Nous pensons que le moment est arrivé et que les conditions sont enfin réunies pour formuler une telle demande. Surtout que pour résoudre définitivement la question du Sahara, l’Etat marocain a proposé d’accorder l’autonomie à cette région en omettant complètement et totalement les autochtones amazighs. Ainsi les Rifains et les Soussis ont décidé de réagir. Ils ont mis sur place des comités pour revendiquer le statut d’autonomie pour leurs régions respectives. D’ailleurs, les associations amazighes du Nord n’ont pas hésité à exiger haut et fort l’autonomie pour le Rif lors des manifestations du 1er mai dernier. Pour notre part, pour faire concrétiser ce projet on ne peut plus légitime de l’autonomie, nous avons mis sur place un comité de suivi. En tous les cas, soyez-en sûr, rien ne sera épargné pour le faire aboutir.

Comment est née l’idée de demander l’autonomie du Souss ?

Historiquement parlant, le Souss a toujours joui d’une indépendance relative par rapport au pouvoir central. Ses seuls liens avec le Makhzen se réduisaient à deux petites choses : évoquer le roi dans les prêches du vendredi et user de la monnaie marocaine dans les échanges commerciaux. Les tribus de la région ont toujours eu leurs propres institutions judiciaires et administratives et même militaires. D’ailleurs, des confrontations, parfois meurtrières, entre elles et le Makhzen ont émaillé leur histoire pour le moins conflictuelle. Ainsi celui-ci n’hésitait pas à désigner le Souss et toutes les autres régions qui refusaient opiniâtrement son autorité de « blad ssiba ». A ne pas omettre les différentes alliances et autres confédérations tribales (Tagizult, Tahggat, Ait Ouaouzgit, Achtouken, Ait Baâmrane, Ihahan…), qui n’avaient jamais aucun lien -même ténu- avec le Makzhen, et qui ont toujours existé dans l’histoire du Souss. Ce qui montre que l’idée de l’autonomie est ancrée dans la culture politique des habitants de la région. Vient alors l’appel de Taynzert, paraphé par quelque 34 organisations oeuvrant sur toute la région du Souss et la mise en place du comité de suivi composé de 6 militants amazighs bien connus. C’est donc grâce à la rencontre de Taynzert que nos militants ont exprimé clairement et ouvertement leur volonté de demander l’autonomie de leur région, surtout qu’ils sont plus que déçus par le comportement indigne et injuste du régime marocain envers le Souss et ses habitants qu’il a toujours considérés comme inutiles. Cette rencontre a été également l’occasion d’unir les efforts de tous les militants amazighs dont les initiatives ne dépassaient pas le stade de communiqués récurrents et individuels appelant l’Etat marocain à instituer le fédéralisme.

N’aviez-vous pas craint que l’on vous accuse de surenchère et même de séparatisme comme c’était le cas avec les Rifains ?

Lorsque nous appelons à l’autonomie du Souss, nous ne faisons qu’exercer quelques-uns de nos droits et nous ne demandons à l’Etat central que nos droits tels qu’ils sont définis par les conventions internationales et les lois marocaines. En fait, nous ne faisons que militer pour un Etat réellement fédéral qui accorde aux citoyens de ses régions le droit de gérer leurs propres affaires, de jouir de leurs richesses et de leurs ressources, qui sont continuellement détournées et investies dans le Maroc utile. L’exemple du Souss est là pour montrer que je ne divague pas. Voilà une région immensément riche, mais qui souffre de l’exclusion, de la misère à tous les niveaux et d’un manque flagrant d’infrastructures. Il faut savoir que la majorité des villages du Souss sont enclavés, manquant de routes, d’hôpitaux, d’écoles, d’électricité… Notre revendication d’un Souss autonome ne veut en aucun signifier que nous sommes les tenants d’un quelconque séparatisme. Loin s’en faut. Nous sommes plus qu’unionistes, mais dans le cadre d’un Maroc fédéral qui se réconcilie, enfin, avec ses enfants et ses régions, et qui fasse une coupure définitive avec le modèle jacobin, centralisateur, hérité des Français.

Pour quelle raison les grandes structures associatives amazighes n’ont pas encore ratifié l’appel ?

En fait, seules les associations amazighes présentes à Taynzert l’ont signé. En tous les cas, le comité va faire le nécessaire. Il prendra contact avec les autres associations amazighes qui travaille dans le Souss. Le mouvement de l’autonomie du Souss n’est le monopole de personne. Il est ouvert à tous et à toutes.

Votre appel pour l’autonomie du Souss a été accueilli avec beaucoup de joie avec les internautes amazighs du Souss, ça vous surprend ?

Pas du tout. Nous n’avons nullement été surpris par le soutien que nos expatriés ont manifesté pour notre revendication autonomiste. D’ailleurs, ils ont toujours été attachés à leurs origines et n’ont de cesse d’apporter leur aide pour nos causes.

Nous, dans le mouvement autonomiste, comptons énormément sur la communauté soussie à l’étranger pour expliquer la question de l’autonomie de notre région à l’opinion internationale. Et le cas échéant, faire pression sur l’Etat pour accorder à notre région l’autonomie tant souhaitée dans un Maroc fédéral respectueux de ses citoyens.


Auteur: Lahsen Oulhadj
Date : 2007-08-13


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