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OUARZAZATE, L’ETYMOLOGIE DU NOM.

OUARZAZATE, L’ETYMOLOGIE DU NOM.

A l’entendre, on ne peut s’empêcher d’être  obnubilé par un son imperceptible venu du désert à l’amble de ses pas cadencés. Ses mirages coutumiers qui nous ont toujours fait rêver par leurs allures fantasmagoriques et leurs particules miraculeuses tombées du ciel qui nous coupent le souffle de la vie plus réaliste de nos moments diurnes et nocturnes dans ces aires muettes et toutes de magie.

Le nom zigzague, glapisse joyeusement dans tous les sons, dans tous les sens, fait rêver, hallucine par sa connotation sublime, presque poétique, intrigue par son alchimie magique et hors du temps.

Ouarzazate porte et vénère la magie d’un nom inexploré, muet. Un arabophone ayant la phobie des lettres avant l’esprit,  confessait dans sa langue apprivoisée à qui ne peut l’entendre, que « s’il advenait du bien dans le nom ( ouarzazate ), Dieu n’aurait pas, à dessein,  éparpillé ses lettres », et de gloser en ces termes : « law kana l khayrou fi warzazate, ma farraka llahou houroufaha ». Je ne puis m’empêcher de souligner le verdict presque sans appel d’une sentence irrévocable aussi fortuite soit-elle . Et pourtant,  le nom qui semble paraître anodin cache bien une profonde acception et consacre la symbiose de l’esprit et de la lettre.

Le Robert définit le nom, de la racine latine nomen, comme étant « un mot ou un groupe de mots servant à désigner un individu ( ou un lieu ) et à le distinguer des êtres ( ou des lieux ) de la même espèce ». Les définitions qu’il en donne tiennent sur 5 colonnes. C’est dire la consistance du terme et sa pertinence.

L’on tentera de prospecter le nom dans sa forme, dans son acception et dans ce qu’il conserve comme substance.
Ouarzazate est effectivement un nom de lieu qui le « distingue » de ses espèces. Il est composé non pas dans l’alchimie d’une même langue entièrement à part, mais dans celle de deux langues à parts entières. Un exemple à méditer autant sa substance est forte. Elle est porteuse d’une invariable médiane, une quintessence concentrée qui annihile en peu de lettres les diatribes frustrées et non rassasiées et les satisfecit dilatoires et corrompus des uns et des autres et du paradigme unique, forcément inique, de l’inconscience humaine.

Ouarzazate, nom composé dans une parfaite mixture phonologique et sémantique de deux termes empruntés à deux langues, sœurs adoptives, est une métaphore dont la substance dépasse et transcende l’épithète du nom et sa formulation. Il va au-delà du terme. Il fixe une constance. Les deux langues cohabitent sans heurt ni conflit, dans un seul mot, et ignorent de ce fait, tous les maux que génère la promiscuité. Deux cultures qui se mettent à l’amble cadencée de leurs montures, en synergie complice pour former un nom qui va au-delà du nom.

Ouarzazate, composé de « ouar » et « zazate », est une douce collation et une synthèse parfaite de deux langues : tamazight et arabe. « Ouar », amazighe, signifie la négation dans toutes ses formes, celui qui ne possède pas, n’a pas, ne peut… ; le second arabe « zazate » pluriel de « zzaza » qui signifie : turbulence, désordre, rapine, insécurité… S’agissant du nom d’un lieu, il veut le distinguer pour en faire un lieu calme et serein ; un lieu tranquille et sans turbulence. Un lieu sûr. Un lieu où le seul bruit est celui du silence. Une autre version propose le terme « zazzate » en y voyant « zettat » qui signifie le tribut du passage. Peu importe, le « ouar » porte la négation de l’une et de l’autre. Donc, le lieu est sûr.

Une magnifique métaphore symptomatique des lieux et de leurs occupants. Et quand on revient à la moralité comme disait un poète arabe bien connu à propos du Palais Saâdien Al Badiâ de Marrakech, on dira que le secret réside non pas dans les lieux mais dans leurs occupants.
L’éponyme consacre cette cohabitation admirable de la langue tamazight et arabe dans un espace géographique purement et singulièrement amazighe de par ses structures sociales, politiques, son patrimoine, ses gravures rupestres. L’Arabe est une minorité écrasante dans toute la configuration actuelle et d’alors. Adoptée par l’amazighité qui lui confère le droit de cité, l’arabe s’épanouit en toute liberté à telle enseigne que sa langue véhiculaire phagocyte, avec consentement, l’amazighe dans le verbe et l’intonation. Il n’a jamais été subjugué et ne connaît point l’humiliation, malgré son droit à la légitime défense face à son déferlement que le côté est canalise pour déstabiliser ce havre éternel de paix et de quiétude. Des îlots existent encore et l’amazighité détentrice du pouvoir, contrairement aux postulats de l’incontournable ’Ibn Khaldoun, a toujours résisté à la tentation de lui imposer ses systèmes de valeur. Des colonies entières existent encore : les bani Ma’qil de Skoura, Wlad Yahya, Sebbah, Chebbanat, les banu Hilal, les chorfas  et d’autres. Ils n’ont jamais subi d’affront.

Une terre paisible où les différentes religions ont cohabité dans une totale et durable paix des siècles durant. Une seule valeur domine : l’appartenance au terroir. Elle dépasse toutes les autres considérations et les supra structures, par ailleurs, jugées sans consistance et dans le meilleur des cas, de mauvais alois.

Le nom  tend à faire la différence. La notion est feutrée. Elle cache la différence et la différenciation par rapport aux autres composantes du paysage régional et en reflète l’image contraire. Si le lieu est sans turbulence, les autres le sont. En effet, la toponymie des lieux révèle des antagonismes flagrants qui se voient sans coup férir autant la signification et patente.

Le nom ne se fait jamais seul. Il est porteur d’un discours hégémonique, de celui qui détient le pouvoir. Qui est-il ? Une minorité insignifiante ; une majorité muette ? Il est celui de l’amazighité, le bon élève assidu de la tolérance et du respect des différences. L’allogène est vite intégré et non assimilé. Il peut garder le comportement qui lui sied dans ses traditions, sa langue et ses coutumes et, en s’y accrochant, il enjolive la compassion de la témérité. Dans ces aires, les minorités sont respectées et mises en valeur. Un compliment revient pour qualifier cet étranger « igllin », le pauvre qui sous-tend, celui qui s’est donné la peine de parvenir jusqu’à nous.

Ouarzazate, un site, un carrefour qui fait toujours la jonction et assure le passage vers d’autres contrées. Jonctions des anciennes routes caravanières qui sillonnent les oasis du sud. Passage vers Marrakech et les plaines du nord. Le nom cache la nécessité de sécuriser les passages stratégiques du commerce, des biens et des hommes.

Ouarzazate consacre par sa bi-pôlarité linguistique, une partie de l’histoire dichotomique controversée de notre pays et apporte la preuve qu’il n’est de communion aussi parfaite que la synthèse marocaine faite de substance amazighe, arabe, africaine, musulmane et judaïque. Ouarzazate, la paix et la communion dans nos gênes.


Auteur: Mohamed El Manouar
Date : 2007-12-16


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Commentaire N° : 1
Par: mohamed oujamaa Le : 2014-07-28
Titre: étymologi = fausse note
Pays: Morocco  

ouar = celui qui n'a pas ou dépourvu
mais azazert est une plante épineuse et basse de la famille des acacias.
ce nom n'a rien d'arabe , comme il n'est pas péjoratif.IL est donné à ce couloir où les pasteurs faisaient transiter leur cheptel sans que les épines des arbres ôtent la laine , matière entrant dans l'économie des échanges.D'ailleurs vers l'est on trouve "IDLSANE" lieu où on tend la laine....
 
 
 

 
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