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Mohamed Chafik, directeur de l’Institut Amazigh, sur 2M

Un patrimoine commun Ceux qui ont prêché l'arabisation ont pris le soin de mettre leurs enfants dans des écoles où l'on enseigne dans une langue étrangère. • Mohamed Chafik, directeur de l’Institut Amazigh. L'émission "entretien" sur 2M, diffusée le dimanche 20 janvier 2002, avait, ce jour-là, un invité peu banal. Un érudit de la langue d'Al Moutanabi, parfaitement à l'aise dans la langue de Molière et farouche défenseur du parler berbère. Mohamed Chafik, pour ne pas le nommer, ex-secrétaire d'État à l'Éducation nationale, ancien directeur du Collège royal, membre de l'Académie du Royaume, récemment nommé par S.M Mohammed VI directeur de l'Institut royal de la culture amazighe (IRCA). C'est quasiment la première fois que Mohamed Chafik sacrifie au rituel de la télévision. Il a non seulement réussi à dépasser son appréhension supposée, mais il a, en bon pédagogue, expliqué et rassuré sur un sujet qui, jusque-là, suscitait quelques inquiétudes plus ou moins fondées. On ne craint que ce qu'on ne connaît pas, a-t-il dit d'emblée, la mission de l'IRCA est précisément d'informer sur la nécessité de sauvegarder et de promouvoir une culture constitutive de l'identité nationale. Les barbarismes obscurs et rébarbatifs qui collent à ce sujet, tels "berbérisme" ou "berbéritude", ont été évités. Mais M. Chafik est intraitable sur deux points. Un. Le parler berbère n'est pas un dialecte, c'est une langue constituée. Des chercheurs travaillent depuis longtemps sur sa standardisation grammaticale et sa codification graphique. Sur ce dernier aspect, le choix des caractères "tifinagh" ou arabes, n'est pas encore fait. Ce sera l'une des pistes de recherche de l'IRCA. Mauvaise foi Deux. S'exprimer et surtout se faire comprendre en berbère est un droit. Pour illustrer son propos, M. Chafik a raconté deux histoires véridiques où un jeune délinquant et une bonne femme, n'ont pas été en mesure de communiquer, lui au tribunal, elle dans un hôpital. Ce sont des cas, a-t-il dit, que l'on peut multiplier à l'infini, et qui sont inadmissibles parce que limitatifs d'un droit élémentaire de citoyenneté, celui de pouvoir parer à ses obligations civiques et à ses nécessités incontournables dans sa langue maternelle. Comment éviter l'instrumentalisation de la culture berbère? C'est la question que l'on attendait. M. Chafik a eu une réponse très simple et très pédagogique: Lorsqu'on est de mauvaise foi, on peut tout instrumentaliser. Un exemple qui résume le drame du système d'enseignement marocain. Ceux qui ont prêché à cor et à cri l'arabisation ont pris le soin de mettre leurs enfants dans des écoles où l'on enseigne dans une langue étrangère, soit le français, soit l'anglais, le plus souvent les deux. Quant à savoir si l'enseignement du berbère sera problématique, M. Chafik fournira, là aussi, une réponse qui tombe sous le sens: tout est problématique dans l'enseignement. Il faut savoir trouver des solutions. Émission réussie. On avait envie de dire "nous sommes tous berbères", ce qui ne serait pas loin d'une réalité historique faite de brasage millénaire. Émission globalement bien conduite par Touria Souaf qui nous a habitués à être moins impressionnée.


Auteur: Mohamed Chafik
Date : 2003-04-01
Source : Maroc Hebdo (Maroc)


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