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EL baz Benaceur, Toute une vie consacrée à la Chanson Amazigh


Ecrit par : Hamzaoui Abdelmalek

Fils de M. Lbaz Mohamed et de Mme Itto Ouchâaïb, issus du village historique de «Tounfite» qui a combattu farouchement l’armée française durant le protectorat . Il est né en 1943, à « Tounfite », cercle de Boumia, province actuelle de Midelt. Il a grandit au sein d’une famille qui comptait en plus des parents, un demi- frère du côté paternel ainsi qu’une fratrie composée de deux garçons et trois filles.

Ce campagnard, fils d’un fellah (agriculteur), a eu la chance, à l’image de certains jeunes de son époque, d’avoir des parents compréhensifs et visionnaires qui l’ont scolarisé et inscrit dans la seule et unique école primaire du village, en 1950 .Il quitta cette école après avoir décroché, avec succès, son certificat d’études primaire, en 1956. Il poursuivit ses études dans la ville de Midelt, dans le célèbre collège «Al Ayachi» qu’il quitta également avec grand succès, après l’obtention du brevet des collèges - certificat de fin d’études secondaires de jadis- pour rejoindre, dans un deuxième temps, rien que pour l’année scolaire (1961-1962) le célèbre lycée «Sijilmassa» dans la ville actuelle d’ «Errachidia». En fin de compte, c’est à Azrou, au lycée «Tarik Bnou Ziyad», nouvelle appellation du «collège berbère», qu’il a mis fin à son parcours d’élève, en 1963, en ayant atteint le niveau de la première année du baccalauréat, tronc commun, et en ayant acquis une bonne maîtrise du français, de l’arabe et de tamazight.

Au cours de l’année 1964, il se présenta à un concours, organisé par le ministère des finances, qu’il passa avec succès. Il fut recruté comme fonctionnaire, à l’âge de vingt et un an, au service de « la dépense visa » , au sein de la Trésorerie Générale à Rabat ou il travailla sous les ordres de son directeur général «M.Cretin», décédé dans un crash d’avion au Maroc et qui survint, selon monsieur Lbaz, entre l’année 1964 et 1965.

Ne pouvant plus supporter la pollution, le vacarme et le climat humide de la ville de Rabat, où il a passé une année, environnement qui n’avait rien à voir avec son entourage naturel où il naquit et évolua, il demanda sa mutation à Meknès. Sa motivation réelle, en établissant cette requête, est qu’il souhaitait se rapprocher de son village natal, le berceau de ses racines. A l’époque, la trésorerie générale de cette province était très étendue dans la mesure où elle couvrait les provinces de Meknès proprement dit ainsi que celles d’El Hajeb, d’Ifrane, de Khenifra, de Midelt et d’Errachidia. Lbaz a occupé un poste au sein du service des contrôles des perceptions des villes susmentionnées. Il demeura à ce poste de 1964 à 1967 et travailla sous la direction de M. Loualladi qui fut trésorier provincial à «Hamriya», un quartier de la ville nouvelle de Meknès. Durant son séjour dans cette ville, il élut domicile tout près des logements militaires se trouvant sur la route d’El-Hajeb, situés près de son lieu de travail.

A la fin de 1967, Lbaz Benaceur, présenta une autre demande de mutation à Ksar Souk qu’il obtint assez facilement. Dans cette ville, il devint le précepteur- adjoint de M. Khraouech, originaire d’Ifrane, puis de M. El-Hachmi Essamouni qui, lui, était originaire de la ville d’Erfoud.

En 1970, le père de M. Lbaz décéda et le jeune Benaceur décida, pour répondre aux attentes de son entourage et revenir dans son fief de Tounfite pour s’occuper de la gérance des biens de sa famille, de démissionner et de quitter la fonction publique qu’il a servie de 1964 à 1970.

Devenu chef de famille et héritier des tâches agricoles que pratiquaient son feu père, Benaceur tint ses engagements jusqu’en 1976, date à laquelle il passa un autre concours organisé par les soins des services du ministère de l’intérieur à Khénifra, conformément à la première charte communale du Maroc. Il réussît de nouveau à intégrer la fonction publique et fut affecté, en 1977, au siège de la première commune rurale de son village natal, Tounfite, dans lequel il occupa les fonctions de régisseur des « recettes et dépenses ». Il est à noter, pour anecdote, que le premier président de cette commune était M. El Kortobi Moulay Lâarbi, originaire de la petite contrée de Sidi Yahya Ouyoussef.

Ses compétences et la grande expérience qu’il avait acquise, lors de son passage dans les différents services du ministère des finances, lui valurent, en 1977, le détachement dans les différents services du «caïdat» de son fief où il évolua en tant que responsable de la régie, pour une année puis, par la suite, comme chef de la D.A.R – Division des Affaires Rurales- pour une durée de trois ans – jusqu’à l’an 2000. Et enfin, comme chargé de la D.A.G – Division des Affaires Générales- jusqu’à 2003, date de sa retraite. Il eut cependant un vide d’au moins sept années pendant lesquelles il exerça en tant que *chômeur * et agriculteur ainsi qu’il l’affirme en plaisantant.

Après ce modeste aperçu sur les parcours estudiantin et professionnel de M. Lbaz Benaceur, des parcours très mouvementés et exemplaires à la fois, dans la mesure où ils lui ont permis de travailler de 1977 à 2003 dans son village en tant que gérant des biens familiaux, tout en travaillant dans la fonction publique. Il a accompli ces tâches avec courage, sérénité et fidélité.

M. Lbaz, l’élève, le fonctionnaire, le chômeur et le fellah, était aussi un grand artiste qui a marqué l’histoire de l’art amazigh par ses innombrables succès. il est important, à ce propos, de porter un éclairage sur cet artiste afin de lui restituer la place qui est la sienne au sein de notre société et, parallèlement à cela, de mettre en évidence la carrière artistique qui fut la sienne, sans oublier, bien sûr, de rappeler aux générations actuelles et futures que sa contribution à la musique amazigh ne fut pas négligeable.

A vrai dire, ses débuts en tant qu’amateur, dans le domaine artistique, remonte à l’an 1962, du temps où il était encore élève à Azrou. Il a commencé à pratiquer l’instrument musical le plus populaire dans le Maroc Central, loutar, qui le fascina. Cet amour s’émoussa rapidement pour céder la place au luth. Il eut une réelle passion pour cet instrument pour lequel l’engouement commença pendant son séjour à Meknès et le suivît pour tout le restant de sa vie d’artiste. Cette nouvelle passion s’explique par le fait que loutar est limité dans la restitution des sonorités musicales, alors que le luth « l3oud », instrument à six cordes, lui donnait les moyens de répondre au défi qu’il s’est lancé pour concurrencer ses prédécesseurs et néanmoins maîtres, considérés comme les vétérans de la chanson amazigh, à l’instar, par exemple, d’Ouâassim Hammou Lyazid d’Ain Leuh. De Cherki Roudani de Laksiba. De Lfennan Mouloud Oulbachir et de Jarmani Oulkhir, plus connu sous le nom de Belkhir ; tous deux originaires de Lkbab. Ayant été fonctionnaire, célibataire, à Meknès, donc, sans responsabilités familiales, il profitait de ses moments libres pour se rendre chez son maître M.Belhassan qui possédait à cette époque une petite boutique de réparation et de vente d’instruments musicaux dans un quartier situé dans l’ancienne médina. Là, ce dernier lui enseignait le solfège de même que la pratique du luth. Il est à signaler au passage que l’artisan, M.Belhassan, était un grand musicien, membre de l’orchestre régional de Meknès et qu’il eut pour maître Mohamed ben Abdeslam. Ainsi, en1967, en parallèle avec les cours de musique particuliers et gratuits qui lui étaient dispensés dans la boutique, l’apprenti «anazur», toujours ambitieux, eut l’idée de s’inscrire au conservatoire musical municipal de la ville, à « Hamriya », pour y suivre des cours de solfège. Son passage comme élève au conservatoire, ne dura que quelques semaines, dans la mesure où il fut muté à «Ksar Souk » pour son travail.

Ainsi, lors de son séjour à Meknès, Il eut l’occasion de se lier d’amitié avec un jeune violoniste, Belghazi Benaceur, qui fréquentait la même boutique que lui afin de s’approvisionner en cordes de violon et en colophane. Des liens solides d’amitiés s’étaient tissés entre ces deux artistes. Il est à reconnaître que le niveau artistique du violoniste était relativement supérieur à celui de son ami à qui il avait proposé de former un duo pour se produire durant les fêtes. Cette expérience ne dura qu’un laps de temps car l’amateur Lbaz, en fonctionnaire exemplaire, était conscient qu’il ne pouvait pas rester éveillé toute la nuit et rejoindre son travail dans la matinée à l’heure où le violoniste avait toute latitude pour profiter d’un sommeil réparateur.

A force de persévérance et d’entêtement dans la pratique musicale, M. Lbaz, dans sa ville d’adoption, Ksar Souk, réussît à devenir un vrai artiste professionnel et a constitué son premier groupe artistique à la tête duquel il se plaça pour commencer à répondre favorablement, surtout en fin de semaines, aux invitations qu’il recevait. Sa réputation grandissant, il décida de faire ses premiers déplacements artistiques volontaires à Casablanca, en se rendant dans la maison de production « Boussiphone », pour enregistrer ses chansons. Le contrat qui le reliait à cette maison de production le désavantageait beaucoup étant donné qu’il stipulait dans l’une de ses clauses que toutes ses productions seraient la propriété de la maison d’enregistrement et qu’il ne pourrait disposer de ses œuvres avant une période de huit ans au moins, à partir de la date d’édition ; autrement dit (de deux fois quatre ans, espacés d’une période de presqu’une année). En contrepartie, l’anazur percevait un cachet en paiement de ses productions artistiques. Cheikh Lbaz Benaceur et sa troupe, toujours la même, se composait des tambourinaires Krirou Lahcen et Kous Ali, en plus de femmes artistes, chanteuses dans la chorale et danseuses et parmi lesquelles, nous citerons Fadma Assou et Fadma Tâadjjibate, toutes les deux toujours en vie et ex chikhates en retraite forcée, liée à leur âge. Tous les membres de cette troupe artistique étaient issus, ainsi que l’est leur chef, de Tounfite. Cependant, comme l’est tout artiste chevronné, Lbaz se forçait, de temps à autre, à dénicher de nouvelles recrues ayant des voix mélodieuses afin d’apporter une plus-value à sa troupe.

Durant ces voyages vers la capitale économique pour enregistrer ses 45 et 33 tours en vinyle, la troupe faisait escale, pour la nuit, chez son ami, le père spirituel de la chanson amazigh, feu « Ouâassim Hamou Lyazid » à, Ain Leuh.

Ce fut ce dernier qui l’a présenté, en tant qu’artiste, aux premiers fonctionnaires de ce département, chargés de la gérance de la dite radio qui comptait, entre autres, parmi ses dirigeants : messieurs Berrahou Lhoussaïne, Akharfi Mohamed ben Brahim, tous deux de la tribu des «Iziyyane» de Khénifra. Ouâali Ouassaêddine, originaire des environs de Laksiba N’Moha Ou Said, et enfin Hmmadi Lyazid Fadili, issu de la tribu des « Ait Bouzmmour » qui a résidé de son vivant à « Dait Rroumi », localité située dans les environs de la ville de Khémisset.

Il est à noter que tous ces militants qui ont œuvré et contribué à la promotion de notre patrimoine amazigh sont depuis longtemps en retraite et toujours en vie. Leur parcours professionnel et les calvaires qu’ils ont enduré pour la sauvegarde de notre art et son archivage, en plus des sacrifices qu’ils ont consentis lorsqu’ il s’agissait de prendre en charge, chez eux et à leurs propres frais, les artistes amazigh du Maroc Central qui affluaient jadis vers le siège de la RTM, sans rendez vous, pour enregistrer leurs chansons, méritent un grand hommage. Ainsi, ce volet mériterait aussi que des chercheurs se penchent dessus en vue de rendre hommage à ces personnages qui ont œuvré pour faire avancer l’art amazigh.

Ceci étant dit, revenons à cheikh Lbaz, et notons à titre d’anecdote que durant sa première entrée dans le siège de la RTM, en compagnie de son ami, Hamou Lyazid, précité, qui, comme à l’accoutumé, à enregistré de nouvelles chansons, a fait que Lbaz, a assisté au déroulement de cette opération et qu’il l’a beaucoup appréciée. Profitant d’un moment de pause, les fonctionnaires de la radio le sollicitèrent pour qu’il contribue à l’enrichissement de l’archive de cet établissement. Ils l’invitèrent ainsi à enregistrer, lui aussi, ses productions, à l’instar de ses prédécesseurs. Il accepta volontiers ces propositions et revint un peu plus tard pour honorer la promesse faite au temps de M. Belâalem et de M. Driss Belkacem, tous deux hauts fonctionnaires de la RTM.

Ce répertoire réduit, enregistré à la radio, eut lieu au cours de l’intervalle qui précéda la signature de son deuxième contrat avec la maison de production Boussiphone. Ces quelques titres, toujours en parfait état de conservation dans l’archive de l’ex RTM, témoignent de ses créativités et de sa grande capacité de grand artiste aux talents multiples. Il était, tour à tour, auteur – quelques fois-, compositeur, musicien, chanteur et chef de groupe (orchestre). Il était et est toujours un grand patriote qui a su investir ses connaissances et son savoir incommensurable, au service de l’indépendance de notre pays étant donné qu’il a traduit de l’Arabe à Tamazight, certaines succès de l’époque appartenant à des chanteurs arabes de renommée nationale, tel, par exemple, Ismail Ahmed pour lequel il a interprété dans sa langue maternelle, tamazight, en s’accompagnant de son luth.

- Nadini Ya Maliki, en compagnie des chikhates d’Imouzzer Kandar.
En plus de ces autres titres qui sont toujours bien conservés à la SNRT.
- A ydam ghrikh a Mina
- A bou tachnouine
- Issour am i3dil aditawite
- Tayri n’imouray nnech.

EL baz Benaceur, n’était pas un poète chevronné, ainsi qu’il le reconnaît volontiers. Cependant, il avait la capacité d’improviser des vers qu’il chantait occasionnellement. Son entourage artistique le plus proche, en d’autres termes, ses tambourinaires, ses chikhates et quelques amis constituaient la source majeure de ses inspirations musicales.

En ce qui a trait à quelques unes de ses productions enregistrées sur disque chez Haj Ali Boussif, nous citerons, à titre d’exemple :

- Sal sal injda 3addane
- Inas wa inas iwsmoun

De surcroît, ce grand artiste à, ainsi qu’il le reconnaît, enregistré aussi chez « Boussiphone » entre cinq et six chansons en s’accompagnant de son « loutar ».

Lors d’une rencontre qui survint au sein des locaux de la radio amazigh, il a reformé un duo avec son ancien ami, le violoniste, Belghazi Benaceur, en souvenir du temps où ils animaient des soirées conviviales à Meknès. Cette rencontre donna lieu à la naissance de cinq succès mémorables, parmi lesquels nous trouvons :

- Sal imjerban sal tlba barcha n’oussafar ouma adbib innayi our ghours cha n’oussafar.

Il est certain que la carrière artistique de cheikh Lbaz, autrement dit quasiment une vie entière consacrée à l’art, ne peut se résumer en quelques modeste lignes comme c’est le cas ici…

« Ay dam ghrikh a Mina » restera toujours sa chanson fétiche qu’il continue, encore maintenant, à fredonner en silence car elle lui rappelle tout un pan de sa jeunesse.

Son parcours artistique, n’a pas été médiatisé ainsi qu’il aurait dû l’être afin de mettre en évidence son immense talent.

Ce chapitre ne peut se clore sans faire référence aux liens d’amitié certains qui existaient entre EL baz Benaceur et le commandant « Marrakchi »,Haj Lâarbi Kawkabi, chef de l’orchestre Royal, chanteur et grand compositeur qui lui avait proposé d’intégrer ce prestigieux orchestre au moment où l’anazur Lbaz lui remît un vers amazigh très rythmé, riche par sa diversification culturelle et qui évoque un tour des régions du Maroc, afin qu’il l’incorpore dans l’une de ses chansons populaires intitulée (kachkoul châabi).

Ce vers si célèbre, refrain de la chanson – qui n’est pas de sa production - est extrait de l’une des chansons que M. Lbaz Benaceur avait enregistrées chez « Boussiphone » :

- Ahawa chegue amm i3del at ddout gguide awa Ouma nek hane ihrrazane ghifi

Le répertoire de cet artiste aux talents indéniables est très riche et diversifié. Ce qui lui a offert plusieurs opportunités de se produire un peut partout au Maroc ainsi qu’à animer des festivals - toujours sur proposition et autorisation des autorités provinciales de Khénifra dont il dépendait... Il a aussi pris part à quatre soirées télévisées sur la première et unique chaîne de l’époque dans le cadre d’une émission intitulée : « Fi Robou3 al Atlas » ; émission transmise en direct, à l’époque, tous les dimanches soirs. Concernant ses représentations à l’étranger, il reçut plusieurs invitations de ses fans, résidant notamment en France, Tunisie ou en Egypte. Cependant, son statut de fonctionnaire lui interdisait de répondre à ce genre de sollicitations dans la mesure où il était assujetti à un devoir de réserve.

Le grand artiste et vétéran, Lbaz Benaceur, dont l’histoire de l’art amazigh se souviendra éternellement, a quitté la scène artistique depuis 1988 pour faire plaisir à sa famille. Son luth dont il ne se séparait jamais était tombé entre les mains de ses jeunes enfants qui l’ont disloqué à jamais ; détruisant par la -même une liste sans fin de souvenirs artistiques.


Auteur: HAMZAOUI Abdelmalek
Date : 2016-04-10


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Commentaire N° : 1
Par: Assoufia Le : 2016-04-11
Titre:
Pays: Morocco  

Fière de vous chère grand père ♥  
 
 

 
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