Arabe
English
 
 
 
 Editoriaux
 Lu dans la presse
 Opinions publique
 Bréves
 Rendez-vous
 Interviews
 Flashs
 Courrier des lecteurs
 Sondages
 Forum
 Journal du rire

Contactez nous

Cherif, Hajj et compagnie


Cher lecteur, aujourd’hui, je veux te parler d’un mal insidieux qui ronge notre société ; notre peuple. Le mal est tellement ancré qu’il sera bien difficile de l’extirper. Il s’agit d’une classification fallacieuse des citoyens en différentes catégories : Les chérifs, les hajjs et autre compagnie; et les autres. Cela ne va pas, heureusement, jusqu’à l’existence d’une caste des intouchables, comme dans le l’hindouisme. Cela nous donne l’espoir de pouvoir nous en libérer un jour, que j’espère proche. Mais c’est tout de même une maladie, à métastases, comme le cancer.

Qu’est-ce-que cela veut dire d’être grand, meilleur, tout simplement par descendance ? Ceci me rappelle une anecdote de France. A une femme qui se targuait d’être descendante d’untel, quelqu’un a rétorqué ‘Moi, je monte d’un plombier du seizième (arrondissement de Paris). Et l’ami qui me l’a raconté a ajouté qu’il pouvait aussi répondre ’Vous êtes descendue trop bas’. Je ne peux pas, non plus, m’empêcher de rapporter la sentence d’un Algérien, du 20ième siècle, venu visiter le Maroc. Etonné par le nombre incroyable de prétendants à la chérifité, il avait tout simplement dit ‘S’en est trop pour une seule femme’.

Je vais te raconter certaines dont j’ai été témoin. Un supposé chérif nous a prit le seul réveil que nous avions, pour soit disant être à l’heure pour ses prières. A une autre occasion, c’est lui, au lieu de mon père, qui le faisait toujours, qui a égorgé le mouton du sacrifice annuel ; et ce malgré ma protestation que, par ailleurs, je ne cachais pas. Celui-là n’était pas instruit ; à part quelques versets de coran. Mais quand il s’agit de ceux qui ont des diplômes, y compris des ingénieurs, des professeurs, des médecins, des avocats, des juges, etc., il y a de quoi avoir froid dans le dos. Et ne parlons pas des politiciens, en particulier des élus qui siègent au parlement ; et qui veulent édicter des lois pour le pays.

Et voilà que s’en mêle aussi le titre de Hajj. Depuis que j’ai eu un certain âge, on m’agresse dans la rue en m’appelant Hajj. D’ailleurs, je ne le suis pas; et ne veux pas l’être. Il y en a même qui se fâchent quand je leur déclare que je ne suis ni Hajj, ni Chérif ; et que je ne veux être ni l’un, ni l’autre. Ils arguent que c’est par respect qu’ils le font. Et voilà qu’on apprend qu’il faut être Hajj ou Chérif pour être respecté. Un citoyen ordinaire, n’a-t-il pas droit au respect, tant que son comportement n’appelle aucun reproche ?

Les Moulays, les Hajjs, les Sidis, la plaisanterie est finie. Il faut mesurer l’être humain à l’aune du sérieux, du travail bien fait et du patriotisme. Oublions les privilèges et le nationalisme ; le faux nationalisme dont se parent beaucoup de bonimenteurs. C’est un cousin des autres travers dont on parle ici.

Et l’histoire du Dâhîr, qu’il soit de tawqirê (respectabilité) ou de chérifité (noblesse), nous en avons soupé. On n’acquière pas du respect et/ou de la noblesse par décret. Les temps du ‘Le Pharaon a parlé’ sont dores-et-déjà révolus.

Lisez, s’il vous plait, le petit mais grand livre du maître M. Chafik ‘Pensées sous-développées’ ; Vous seriez édifiés sur beaucoup de maux qui sucent la vitalité de notre peuple.

Heureusement, les citoyens ne veulent plus, refusent, de supporter l’insupportable. Espérons que la transition se passera en douceur. Je ne peux, ici, que rappeler la sentence du Professeur G. Ayyache ‘Le peuple marocain n’a pas eu les dirigeants qu’il mérite’ (la formulation est la mienne ; j’ai oublié la sienne. Mais le contenu est sauf).


Auteur: Hha Oudadess
Date : 2019-04-01


Suivez-nous sur Facebook
 

 
Communiquer
Partager sur Facebook avec vos amis-es
 
 
La plume de Hha Oudadess
Envoyer l'article à un ami
Article lu 1042 fois

 

Les commentaires : Important :Prière de noter que les commentaires des lecteurs représentent les points de vue de leur auteurs et non pas d’AmazighWorld; et doivent respecter la déontologie, ne pas dépasser 6 à 10 lignes, critiquer les idées et non pas les personnes, êtres constructifs et non déstructifs et dans le vif du sujet.

 
Commentaire N° : 1
Par: id Bawⵣiki Le : 2019-04-03
Titre: Un seul remède: le savoir et la culture.
Pays: France  


L'Inde où le système de castes est très présent dans les esprits jusqu'à nos jours, à cela il faut ajouter tout un ensemble de croyances diverses et variées, Le pouvoir de ce pays n'a pas trouvé d'autres solutions que celle de pousser le peuple vers la connaissance et la culture, ainsi l'école est obligatoire pour tous les enfants jusqu'à l'âge de 14 ans. Il n' y a pas d'enfant qui n'est pas scolarisé à cause des difficultés financières de ses parents, ceux qui sont un peu éloignés de leur école reçoivent un vélo gratuit quand ils ne bénéficient pas d'un ramassage scolaire. Ont peut dire aujourd'hui que le Maroc tout entier dans le domaine de la connaissance et la science n'arrive pas à la cheville de Bangalore.

Le ramadan arrivant on va encore voir le pouvoir et beaucoup d'autres religieux, par des récits et des discours châtiés, et mirobolants qui n'ont aucun fondement indiscutable, asséner aux Amazighs une nouvelle couche d'obscurantisme en anesthésiant leurs cerveaux pour leur mettre la tête à l'envers, les rendant incapables de mettre en cause des habitudes, des traditions et des dogmes venues d'ailleurs. Il ne faut certainement pas attendre d'eux de suivre l'exemple Algérien.

Il faudra peut-être attendre plusieurs générations avant que les berbères ne finissent par dire " Yan Elhajj hachak".





 
 
 

 
Votre commentaire ici :
Nom
Email (votre email ne sera pas affiché)
Titre
Commentaire
  Sécurité : copier le code suivant l79r8k2f ici :  
 
 

 

D'autres articles :













Ce que je crois
Auteur: Moha MOUKHLIS - Date : 2017-08-10




 

Headquarters : Amazigh World  (Amadal Amazigh), North America, North Africa

  amazighworld@gmail.com

Copyright 2002-2009  Amazigh World. All rights reserved.