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Point de vue
Nini, Musaylima et la misère intellectuelle. Inutile ici de rappeler les luttes du Mouvement Culturel Amazigh pour l’affirmation de l’amazighité comme fondement de l’identité nationale, et la diversité de la personnalité marocaine puisque elle est la résultante de moults acculturations et enrichissements sans jamais perdre ce trait distinctif amazigh et comme constante de l’histoire du Maroc. Il semblerait qu’il ya encore au Maroc des énergumènes qui ne ménagent aucun effort pour tenter à leur manière de remettre les compteurs à zéro ignorant le cumul épistémologique et politique qui a été réalisé en la matière. Ce n’est pas un hasard tant que l’idéologie et la cécité empêchent quelques attardés de réfléchir et aller dans le sens de l’histoire loin de tout obscurantisme. C’et le cas d’un certain dénommé Rachid Nini qui, dans sa colonne du 18 juin 2010, vient d’«enrichir » le glossaire anti-amazigh par cette «trouvaille» dans laquelle il considère les berbères comme « les descendants de Musailima Le Menteur».Il s’en est pris dans sa chronique a M. Ahmed Assid et a travers lui les militants berbères qu’il taxe d’impies, d’infidèles ou d’apostasié qu’il faut excommunier et abattre. Tous ces attributs émaneraient de l’usage démagogique et anachronique de la référence à « Musaylima le Menteur » On ne va pas procéder, par l’insulte et la diffamation, comme le fait Nini, mais relever les amalgames qu’il a commis dans son scribe pour induire en erreur les lecteurs, ensuite on tirera quelques conclusions sur les dangers de l’instrumentalisation de l’islam et de la pratique éthique dans la presse. - Nini associe de manière expresse les revendications de l’introduction du dialecte marocain dans l’enseignement public avec les missions d’évangélisation et la mouvance amazighe. Un simplisme désespéré car si Nini l’ignore le dialecte marocain ainsi que le tamazight sont les deux langues nationales parlées par les marocains, elles constituent le véhicule de leur culture et civilisation et c’est de la sagesse que de dire qu’il est judicieux qu’ils doivent apprendre le savoir et la science ou du moins découvrir le monde à travers ces langues populaires à l’opposé de l’arabe classique qui est la langue officielle et de la presse, que, hélas, seule un infime partie du peuple marocain maitrise. Le problème de la langue à enseigner n’a donc rien à voir avec l’évangélisation, c’est un problème linguistique, social, éducatif, culturel et politique. Vouloir en faire un affaire de prosélytisme ou de quoique se soit n’est qu’irrespect pour les lecteurs. Ce qui est indigne d’un journaliste. - Nini s’en veut terriblement à Assid pour avoir dit que ce qui unit les marocains, ce n’est ni l’Islam ni la langue arabe, mais plutôt «la marocanité». Assid a vu vrai car le fondement de la citoyenneté moderne n’est ni la religion ni la langue mais le fait d’appartenir à un pays dans l’égalité des droits et des devoirs ainsi qu’un projet commun dit national qui fait l’unanimité des citoyens. Donc pour parler en démocrate objectif la question de la marocanité doit faire objet de débat et sans tabous et c’est pour cela que le Mouvement Culturel Amazigh a su bien poser le termes du problèmes relatifs a l’identité, a la culture et enfin a la citoyenneté,.L’objectif étant de décrasser les discours dominants qui rattachent le Maroc a une nation arabe imaginaire et tantôt à une Oumma musulmane et donc forcément arabe car la référence dans cette classification et soit l’islam ou l’arabité et c’est bien cela que Nini veut réitérer en faisant l’amalgame entre l’islam qui est la religion de plus d’un milliard de personnes dans le monde et dont les arabes ne sont qu’une infime partie. On peut être musulman sans forcement être arabe. Mais ce genre de discussion est déjà consommé depuis longtemps. Nini fait exprès de la ressusciter non pas par son intérêt pour l’islam ou l’arabité mais par pure démagogie qui relève d’une étroitesse de l’horizon intellectuel du dit journaliste. La marocanité est l’expression de cette volonté de vivre ensemble dans les respects des droits culturels et linguistiques et autres de chaque marocain, encore fat-il que les marocains assument cette marocanité, je ne pense pas que ce soit le cas de Nini. Ce dernier est plus un danger pour la marocanité que ne l’est Assid, et pourtant on ne va pas l’excommunier ou le bannir. Au contraire, on lui recommande de revoir sa copie et de se cultiver un peu plus pour qu’il puisse apporter un brin de culture objective à ses lecteurs qui méritent plus que ces errements de pacotille. M. Arkoun a déjà qualifié ce genre de pratiques d’«ignorance institutionnalisée», une certaine presse de trottoir fait aussi l’affaire dans ce sens. - Il faut bien être attentif a la »boite à outils » ordurière de Nini pour mener son offensive imaginaire. Il fait recours a des faits historiques arabes, qui se sont produit en Arabie en 622 de notre ère. Il s’agit d’un phénomène qui a envahit l’Arabie au même temps que la révélation du prophète Mahomet. Nini retrouve Musaylima, un arabe de la tribu Hânifa et dont il voulait accéder à la chefferie au nom de sa prophétie après la mort du chef de la dite tribu. Rappelons-le, Musaylima est un arabe et il a conçu son propre coran en langue arabe et pas en dialecte marocain, Il prétendait lui aussi être prophète et apôtre de Dieu.et on ne voit pas le problème avec les berbères qui sont à des années lumières de tout cela. L’exploitation de cette trouvaille miraculeuse pêche par sa rupture pour ne pas dire sa transgression épistémologique, géographique et historique. L Eurêka de Nini est que les arabes apostasiés d’alors ressemblent bien aux berbères d’aujourd’hui. Pour mieux dire, si vous voulez savoir qui porte atteinte a la sacrosainte religion et sa langue sacrée, allez voir au Maroc, ils s’appellent bien les berbères. Le non dit de sa diatribe est que la solution est l’éradication, la re-soumission de ces berbères via une de ces razzias ou conquêtes (foutouhat ou ghazaouate). Le plus ridicule c’est que Nini n’est Fqih ni porteur de coran, en plus la Tradition musulmane interdit a tout bon musulman d’excommunier les autres musulmans car seul Dieu connait le bien fondé des intentions des humains. Signes des temps, Nini exploite le fonds de commerce religieux pour discréditer ceux qu’il n’a pas pu battre avec les outils épistémologique de la modernité et des Lumières. Il ressemble bien en cela à ceux du Takfir qui prônent le terrorisme à la Ben Laden qui a accouché du terrorisme international. Il est pitoyable de voir que Nini a plus d’affinités non pas avec ses ancêtres Quraychites mais avec des cousins lointains de Toura Boura. Et si ses derniers ont pu détruire les statues bouddhiques en pierre de Damyan, il faudra craindre pour des hommes en chair et en os. - Nini par sa démarche innommable est bien symptomatique de la misère d’une certaine pensée arabe au Maroc, qui à défaut d’être branchée sur son temps demeure cantonnée et confinée dans une antiquité rétrograde qui a de la peine a user du sens critique et a frayer le chemin du progrès. L’on se réjouit quand même de la petitesse de cette démarche haineuse et son ridicule contre un grand monument de la civilisation humaine à savoir l’amazighité. - je termine avec cette remarque sur les devoirs éthiques d’un journaliste. Celui-ci est censé être objectif et dépositaire du sens critique. Le recours à l’histoire n’est pas une tare en soi mais la falsification de l’histoire et l’incitation à la haine raciale et religieuse est pire que l’hitlérisme et le fascisme. Elle cultive le terreau du fanatisme et de l’obscurantisme. On n’est pas étonné par ces balbutiements de Nini puisque ses déboires est ses antécédents en la matière lui ont valu d’être la capitaine d’un Journal Titanic qui ne tardera pas à couler comme ont coulé les pires mensonges façonnées diaboliquement contre Imazighen. Ecrit par Xubasen Nilasen
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