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Tamazighte: une culture et une civilisation
 
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Des fêtes religieuses en général et païennes en particulier ‎

Alors que les pays arabo-musulmans viennent juste de célébrer, durant la mi-‎novembre, leur fête du sacrifice, qu’ils appellent Aïd-el-kébir, les chrétiens, eux, vont ‎célébrer dans quelques jours, les fêtes de la Noëlle, puis celles du Nouvel-An, une ‎semaine plus tard. Ceux parmi les Imazighen qui observent ce rituel du sacrifice, ‎d’origine sémite et païenne, à ne pas en douter, auront remarqué, que tous les pays ‎musulmans n’arrivent pas à s’accorder sur une même date pour sa célébration, qui ‎pourtant, est une fête importante dans le calendrier musulman. Ce qui n’est guère ‎étonnant, quand on sait, qu’en matière religieuse et dogmatique, et en particulier de ‎l’interprétation du texte dit sacré, les avis sont souvent divergents et contradictoires, ‎qui peuvent conduire à des luttes intestines, souvent désastreuses pour les populations ‎concernées. Et cette année, les choses n’étaient pas différentes, car tous les pays ‎musulmans n’ont pas célébré cette fête le même jour. Cette divergence n’est pas la ‎caractéristique des seuls musulmans, elle existe aussi, au demeurant pour des motifs ‎analogues, chez les Chrétiens. C’est ainsi, que si la majorité des Chrétiens de ‎l’Occident fêtent la nativité le 25 décembre, les Orthodoxes, quant à eux (y compris ‎les Grecs Orthodoxes, les Syriens Orthodoxes, les Coptes Orthodoxes, les Roumains ‎Orthodoxes et autres), célèbrent la nativité le 6 janvier.

Toutefois, les Arméniens, ‎pourtant Orthodoxes, semblent déroger à cette règle, car ils célèbrent la nativité le 18 ‎janvier. De ce qui précède, on voit bien que chaque dénomination croit posséder et ‎observer la date exacte de la naissance du petit Jésus. Mais qu’en est-il en réalité? ‎Connait-on la date exacte de la naissance du Christ? Rien n’est moins sûr ! Pour la ‎simple raison qu’il n’y a aucun acte de naissance pour le prouver et le justifier! Mais ‎lorsqu’on est fils de Dieu, a-t-on besoin d’un acte de naissance pour prouver une ‎naissance ou une existence? Ceci étant, l’on ne peut, dès lors, que spéculer sur le jour ‎de sa naissance du petit Jésus, comme l’on ne peut que spéculer aussi sur son ‎existence ! Mais, étant le fruit d’une conception miraculeuse, puisqu’il est censé être le ‎fils de Dieu, au grand dam des musulmans, qui contestent cette version ou opinion, ‎l’on ne peut que s’interroger sur la véracité de cette existence, car l’homme ne peut ‎être saisi qu’à travers la croyance et la foi inhérente à la religion, qui se trouve en butte ‎à l’Histoire et à sa critique rigoureuse.

Quoi qu’il en soit, la célébration de la naissance ‎du Christ le 25 décembre ne peut être qu’arbitraire, car selon certaines sources, il ‎apparaît que les Chrétiens ne commencèrent à la célébrer que vers le 4ème siècle, et ‎qu’ils ne célébraient que le baptisme et la résurrection du Christ et les martyrs ou les ‎morts. Certains Chrétiens, surtout ceux d’Alexandrie s’opposaient à cette célébration, ‎l’accusant d’être un rite païen, puisque les Pharaons et Hérode célébraient leurs dates ‎de naissance. Au début, les pères de l’église se sont creusé les méninges pour fixer la ‎date de naissance du Christ. Ainsi, plusieurs dates ont été avancées, mars 21 ou 25, ‎avril 18 ou 28, mai 20 ou 28, novembre 17 ou 20, janvier le 2. Certains, utilisant la ‎méthode de la théologie allégorique, très populaire au début de la chrétienté, pensèrent ‎que le Christ devait être né le même jour de la création du soleil. Un certain Polycarpe, ‎par exemple, suggéra même que le petit Jésus naquit un mercredi, puisque le soleil fut ‎créé le quatrième jour dans la Genèse.‎

Mais alors pourquoi les églises chrétiennes ont-elles décidé de récupérer cette tradition ‎ou rite païen et la fixer à la fin du mois de décembre comme jour de la naissance du ‎Christ ? Le Christianisme vainqueur, à l’instar de l’islam, ne pouvait tolérer d’autres ‎rites que les siens, qu’il tient pour vérité absolue et sacrée. Le choix de décembre, ‎comme nous l’avons déjà vu ci-haut n’est pas fortuit. En effet, il coïncide avec deux ‎autres fêtes dites païennes, l’anniversaire de la naissance de Mithra le Dieu Perse, et ‎celle du « soleil invaincue » des Romains, lesquelles étaient célébrés autour du ‎solstice d’hiver. C’est donc le désir des pères de l’église de présenter une alternative ‎aux Dieux païens et surtout pour les éliminer de la vie publique, que fut instaurée la ‎Noëlle. L’arbre de Noëlle ou sapin de Noëlle, que l’on décore dans chaque famille ‎chrétienne, n’est en fait, qu’une survivance du « Tannenbaum » germanique, et donc ‎un rite païen. En somme, ce fut une victoire du Christianisme sur le paganisme, pour ‎sauver l’âme des ouailles en les convertissant à la foi chrétienne une fois pour toute. ‎Ceci semble évident, si l’on considère le choix des dates susdites et la confiscation ‎pour ne pas dire récupération des traditions en particulier celles des peuples nordiques ‎et germaniques. Ceux-ci célébraient la fête de Yule, qui est le solstice de l’hiver, qui ‎marque le début de la fin de l’hiver et les jours les plus sombres de l’année ‎‎(Weihnächten ou Raunächten), conformément aux observations faites par les anciens. ‎Durant ces temps, alors que l’hiver et le froid étaient des temps très pénibles pour ne ‎pas dire meurtriers, le retour du Seigneur Soleil et le prélude du printemps prochain ‎donnaient lieu à des expressions d’espoir et joie, que les gens se devaient de célébrer. ‎Ces célébrations étaient connues sous le nom « blót », durant lesquelles on offrait des ‎cadeaux aux divinités tout en tentant de faire des prédictions et des présages pour la ‎saison future. ‎

Si la religion chrétienne a su récupérer des pratiques et des rites et païens, dans sa ‎tentative pour éliminer le paganisme, ce qui est, au demeurant, une politique efficace ‎d’assimilation, tout autre, est l’attitude de l’islam. Ce dernier, plus transigeant et plus ‎hégémoniste, a tout simplement éliminé toute pratique païenne ou culte jugé comme ‎tel. Pour les éradiquer, il suffit d’une fatwa pour les déclarer haram et donc non ‎conforme à la doctrine islamique. En effet, peu de pratiques ont pu échapper à ‎l’hégémonie islamique, en raison de conditions particulières, comme par exemple ‎l’isolement des populations qui les pratiquent ou par apostasie. ‎

Comme les peuples chrétiens, les Imazighen célèbreront la fête d’Ennayer, le 12 du ‎mois de janvier prochain, du moins ceux qui tiennent à cette tradition, ce qui n’est pas ‎le cas dans toute la Tamazgha. Cette tradition amazighe, qui a survécue la conquête ‎arabe, quoique bien vivante dans certaines régions rurales de Tamazgha, à l’instar de la ‎Kabylie, le Souss, le Rif, etc., par exemple, en raison de plusieurs facteurs objectifs, ‎est malheureusement en voie de disparition dans d’autres parties, en particulier dans ‎les grandes agglomérations devenues cosmopolites, si rien n’est fait pour sa ‎sauvegarde. Ennayer pourrait connaître le même sort de la fête de Souna, une sorte de ‎carnaval, que les tribus Zénètes de l’Oriental marocain célébraient à la fin des ‎moissons en été. Cette fête, où les acteurs, principalement des hommes, vêtus de ‎haillons et de peaux de chèvres et portant masque sur le visage, parcourent les rues en ‎criant « souna veut des lanières de viande séchée… », alors que d’autres répliquent : ‎‎«cette année/saison point de viande…», remontent à la nuit des temps. Cette fête, à en ‎croire les spécialistes, est à l’origine du drame sacré et du théâtre. Elle nous rappelle ‎étrangement celles que l’on rencontre un peu partout dans les autres civilisations ‎méditerranéennes. Toutefois, si cette fête est toujours célébrée et avec plus ‎d’enthousiasme au Souss, elle fut interdite par les nationalistes, d’obédience salafiste, ‎vers les années soixante dans d’autres régions. Cette interdiction fut justifiée non pas ‎par des motifs religieux, mais plutôt politiques. Car les chefs nationalistes, appartenant ‎en grande majorité à bourgeoisie fassie, dont l’idéologie était fondamentalement ‎salafiste, avaient tout simplement décrété que la Souna des masses populaires ‎amazighes donnait une image ridicule et donc négative de la population de la région. ‎Et le coup fut joué sans coup férir.

Qui voulait se faire la risée des colonialistes ? ‎Personne, bien entendu, ce qui est compréhensible, il faut en convenir ! C’est ainsi que ‎les Imazighen de cette région furent roulés dans la farine. Ces bourgeois devaient ‎venir voir et assister aux fêtes du carnaval que l’on célèbre dans les villes européennes ‎comme Alost/Aalst en Belgique, à Basel, en Italie et en Bavière (Allemagne), etc., ‎pour se faire une idée de leurs idées ridicules. Tous ces peuples européens sont-ils aussi ‎arriérés ? Bien sûr que non ! ‎
Le ridicule, à mon sens, est la prétention de nos bourgeois salafiste, que leurs fêtes ‎sont plus dignifiées ‎
Quoi qu’il en soit, beaucoup d’Imazighen se souviendront toujours d’Ennayer, comme ‎la fête des enfants, et pour certains, comme la fête du Cherchem (mets à base de blé, ‎pois chiches, fèves, couscous, etc.) pour d’autres… Et ce souvenir aucune religion au ‎monde ni idéologie ne pourront l’éradiquer ! ‎


Auteur: Mimoun Bouziane
Date : 2009-12-24

 


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Commentaire N° : 1
Par: donikian Le : 2009-12-30
Titre: erreur
Pays: France  

Je souligne une erreur, les arm?niens f?tent bien noel le 6 Janvier et les othodoxes le 7 Janvier. Quand aux grecs (pourtant othodoxes), qui s\'alignent sur le nouveau calendrier, ils f?tent noel le 24 d?cembre comme les catholiques.  
 
 

 
Commentaire N° : 2
Par: abdou Le : 2011-06-26
Titre:
Pays: Algeria  

yenayer est maintenant fete dans tout l algerie.a alger on l apelle laajouza ;ailleur (ras el 3am)  
 
 

 
Commentaire N° : 3
Par: lalah Le : 2012-02-21
Titre: Jean Jacques reve baocueup. Je te salue noble ocean,la samba gresille sur ta tempe,la samba bresille sur ton temps.Je chante fort, il reve loin.En las alturas de Machu pichu,por ti canto campesino.
Pays: Spain  

Jean Jacques reve baocueup. Je te salue noble ocean,la samba gresille sur ta tempe,la samba bresille sur ton temps.Je chante fort, il reve loin.En las alturas de Machu pichu,por ti canto campesino.  
 
 

 
Commentaire N° : 4
Par: Karla Le : 2012-07-13
Titre: Nicolas Sarkozy s\'engageait e0 supprimer les dtoris de succession de 95% des me9nages dont le patrimoine re9sulte du travail, apre8s impf4t paye9. L
Pays: Canada  

Nicolas Sarkozy s\'engageait e0 supprimer les dtoris de succession de 95% des me9nages dont le patrimoine re9sulte du travail, apre8s impf4t paye9. Les 95% dont parle Madame Lagarde sont en re9alite9 95% des he9ritiers dans le cercle familial. Ce n\'est pas la meame chose. La promesse de N.Sarkozy incluait les he9ritiers hors ligne directe, or ils ont e9te9 exclus. Pour neveux/nie8ces le re9sultat est une minime baisse des dtoris. Pour les parents e9loigne9s ou les non parents les dtoris demeurent 60%.  
 
 

 
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