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Les "Isefra, poèmes de Si Mohand Ou M’hand" de Mouloud Mammeri


PAR : YAHIA YANES.

*Ay Aseqqif n Ṭmana.

Ay Aseqqif n Ṭmana
Ḑmen wid i icebbḥen isem-ik
Deg urebbi-k iẓẓel istaεfa
Lbaz ixtaṛen akal-ik
Icebbeḥ-ik d agwni isefra
Itran ẓerren-d lqedr-ik
Ay aḥnin bab n lqwedra
Del Si Muḥend u Mḥand di reḥma-k.

C’est en 1969 que Mouloud Mammeri publia chez les Editions François Maspéro « Les Isefra, poèmes de Si Mohand ». (1)
Cette œuvre monumentale d’une valeur inestimable est enrichie par une traduction et une étude détaillée de la poésie du célèbre barde qu’était et est toujours Si Mohand U Mhand.

Le grand Mouloud Mammeri, par ce travail de recherche de longue haleine, met à la portée de tous les amoureux de la belle poésie un nombre important de poèmes qui étaient voués à la déperdition et à l’oubli. Désormais et grâce à notre grand homme de culture, la poésie de Si Mohand compilée dans un volume, occupera une place prépondérante dans toutes les bibliothèques de qualité où se côtoient les œuvres de Paul Verlaine, Charles Baudelaire et Victor Hugo tous poètes contemporains de notre aède national.

Est-il utile de présenter le célèbre écrivain Mouloud Mammeri ? Est-il utile de présenter celui qui fut un professeur doublé d’un chercheur brillant ? Celui qui donna corps et âme à une langue vouée aux gémonies par les tenants d’un pouvoir obscure et despotique ? Oui, il est toujours utile et bénéfique de parler du célèbre homme multidimensionnel (Mouloud Mammeri), de vulgariser son œuvre, de la mettre à la portée du plus grand nombre, et de perpétuer son combat jusqu’à la reconnaissance officielle de notre langue et de notre culture qui sont, qu’on le veuille ou non, le ciment originel de notre peuple et de notre pays.
En plus d’être un grand écrivain et anthropologue de talent mondialement reconnu, Mouloud Mammeri fut un chercheur émérite. En effet, il est l’auteur de divers travaux sur l’anthropologie et l’ethnologie berbères.

Ce grand linguiste s’intéressa aussi aux touaregs dont il étudia l’idiome, variante de la langue Tamazight, il en étudia la grammaire et le lexique utilisés par eux.

Avec les ‘’ Isefra, poèmes de Si Mohand Ou M’hand, cet œuvre atteint l’apogée de riches poèmes et suivi d’une excellente traduction de celui qui était d’abord l’homme aux multiples dons toucha à tout : professeur et chercheur brillant de sa langue et celle du célèbre poète, en publiant deux grammaires et un lexique pour tamazight. Suivi de romans, nouvelles, essais, théâtres, œuvres anthropologiques et ethnologiques, sans parler de la grammaire et lexique Touareg que Mouloud Mammeri dirigea avec même la revue Lybica alors qu’il était Anthropologue, ethnologue et directeur du (Centre de recherches anthropologiques, préhistoriques et ethnographiques) à Alger.

Il dirigea aussi plusieurs revues dont les Cahiers d’Etudes Berbères et Awal et créa à Paris, avec le précieux soutien de Pierre Bourdieu, un grand ami de l’Algérie, le CERAM (Centre d’Etudes et de Recherches Amazigh).

Ce grand penseur et professeur à l’université d’Alger nous a légué également une biographie exhaustive du barde universel de la famille Ath Hammadouche né en 1845 à Icheraïouen (Tizi-Rached) décédé à l’hôpital Saint-Eugénie de Michelet le 28 décembre 1906.
La biographie du célèbre poète qui fut enterré au sanctuaire de Sidi Saïd Ou Taleb à Aseqif n Tmana Aïn El Hammam, ex-Michelet est déjà, par un travail de recherches que cela demanda, une œuvre à elle toute seule. Ce grand chercheur nous a tracé la vie du grand poète qu’il agrémenta d’une multitude de poèmes.

Selon ce père spirituel de la langue et de la culture amazighes qu’était Mouloud Mammeri, pour Si Mohand Ou M’hand la poésie n’était ni un métier, ni un destin, il ne l’avait ni cherchée, ni choisie, elle s’était imposée à lui. Il suffit de lire un poème pour s’apercevoir spontanément de sa fascinante simplicité, ce qui ne pouvait être le fait que d’un esprit supérieurement lucide, à la limite inespérée. Comme disait Tahar Ben Jalloun :« L’âme d’un peuple peut s’exprimer dans la musique et le chant, dans la pierre ou les mythes. Celle des Kabyles a choisi le verbe. La parole a valeur fondamentale. Le poème dit a valeur éminente. Telle est la vocation et la tradition de la civilisation Kabyles. Les ‘’ Isefra, poèmes de Si Mohand Ou M’hand ’’ sont un recueil essentiel où le lyrisme personnel du poète acquiert une dimension universelle.»

Avec un ton Baudelairien, Mallarméen, ou à l’instar de Paul Verlaine et de Victor Hugo, Si Mohand Ou M’hand est un poète légendaire de tous les âges et de toutes générations sans distinction aucune. (2)

*Si Muḥend U Mḥand.

Sγur : YEḤYA YANES.

Anta temẓi ur tzuzneḍ
Ay izem truḥeḍ
Lewqat ur k-zmiren ara
S umeslay win twezneḍ
S lemεun i tzerεeḍ
Newret-it d leqraya
Teğğiḍ-d agerruj yebweḍ
Ayen akken tessarmeḍ
Leqqmen-t-id d tasekla.
* * * * * * * * * * * * *
Wi yebγan Ṛebbi a t-iweḥed
Di Si Muḥ U Mḥand
Isem-is mechuṛ di tmura
Yettru wul iẓri iḥemel-d
D zzher ulaḥed
Almi nettwabder lebda
Γas bges a cceṛ qiss-d
D iṭij ma icreq-d
Tafukt-is tuγ-d akk tama.

* * * * * * * * * * * * * * *

Ma guleγ seg Tizi-Wezzu
Almi d akfadu
Nnif γas d lexsara
A nareẓ wala a neknu
Axiṛ d aεwessu
Γas ass-nni mazal-itt ar ass-a
Lmeḥna tura deg uqerru
Welleh ar d as-necfu
Isfra-k d tisura.

* * * * * * * * * * * * * * *

Ilemẓi win k-ittḥibbin
D tayri i s-yezzin
Am ujajiḥ zaden yisufa
Amγar win k-id-yettmektin
Tagecrirt iγlin
I tγurreḍ a zzman bu tḥila
Aγilas bu taεyunin
Ṛeḥem-it ay aḥnin
Ay aseqqif n Ṭmana.

YAHIA YANES. (Poète et écrivain, chercheur en langue et culture amazighes)

* * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * *
(1) Deux auteurs qui ont publié aussi les '' Poèmes de Si Mohand Ou M’hand''.
Il s’agit bien de Si Amar Saïd Boulifa (Recueils de poésies kabyles) en 1904, Mouloud Feraoun (Les poèmes de Si Mohand) en 1960.
(2) Voir mon article : '' Poèmes Kabyles Anciens et Mouloud Mammeri '' au amazighworld.

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- Voir dans mon ouvrage '' Tijmilin '' (Hommages). Hommage à Slimane Azem et Si Mohand Ou Mhand, en page : 41, 42 et 43. Ouvrage qui sera publié prochainement aux éditions la Pensée avec le grand soutien de la Fondation Tiregwa, coordination canadienne pour Tamazight.

-Dépôt légal : 3520-2012.
-ISBN: 978-9931-355-14-4.
-Cet ouvrage renferme des lettres suivies de plusieurs poèmes composés à la mémoire de ces deux grands hommes. Biographies et plus de mes 80 poèmes composés à la mémoire de plusieurs personnes.


Auteur: YAHIA YANES
Date : 2014-02-04

 


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Commentaire N° : 1
Par: halou mahmoud Le : 2015-03-26
Titre: si mohand ou mhand
Pays: Algeria  

si mohand awi kid yeran at§soualit zeman  
 
 

 
Commentaire N° : 2
Par: mokane awjaûd Le : 2015-07-04
Titre: salutation
Pays: Algeria  

c'est un plaisir de nous faire savoir que la poésie kabyle est vaste et intéressant pour moi de la connaitre merci mille fois pour ce site c'est une fierté pour les amazighes  
 
 

 
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