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L’Agrrame double agent


Les services secrets peuvent créer un faux Agrrame pour concurrencer le vrai. Un patient, client, consultant ou invité de Dieu a droit à passer trois jours et trois nuitées, logé et nourri gratuitement à la maison de l’Agrrame ou à la zaouïa où il enseigne, fait ses prêches, dirige des prières et écrit des iskkirne ou des sabab, amulettes, pour les visiteurs.

C’est ce laps de temps qui est exploité pour asseoir la renommée du faux Agrrame et le rendre un agent efficace du Makhzen. L’Agrrame reçoit le client, écoute ses doléances et lui donne rendez vous dans deux ou trois jours, et même plus en cas de nécessité, après telle ou telle prière.

Cet Agrrame communique directement les propos du client qu’il a recueillis aux agents des renseignements. Ces services font leur enquête, interviennent pour trouver une solution au problème de ce patient naïf et reviennent remettre le dossier au faux Agrrame. Lorsque ce patient écoute tout ce que lui dit cet Agrrame et la manière dont son problème est réglé, il est troublé et voit en cet Agrrame un esprit en chair et en os et pas un être humain.

Une fois retourné chez lui et qu’il voit que son problème est effectivement réglé comme par enchantement, par exemple invité par le caïd en personne qui lui présente ses excuses, le rétablit dans ses droits etc., ce client est acquis corps et âme pour cet Agrrame et lui fera de la publicité partout où il ira le restant de sa vie.

Les services secrets ont fait venir une fois un Agrrame Soussi dans un grand hôtel d’Agadir pour un Prince saoudien qui avait des problèmes avec sa femme qu’il a laissée en Arabie Saoudite. Cet Agrrame a simulé tout un rituel en sa faveur, que ce Prince a payé au prix fort.

Nos services des renseignements, en collaboration avec ceux de l’Arabie Saoudite, ont amadoué l’épouse de ce Prince. L’Agrrame lui a assuré qu’il la trouvera à l’aéroport en train de l’attendre avec impatience. C’est avec des coups similaires qu’ils arrivent à connaitre les secrets les plus intimes de n’importe quel client pauvre ou riche.

Du temps de leur occupation au Maroc, les Portugais enlevaient les femmes marocaines grâce aux zaouïas et aux Marabouts se trouvant surtout sur la côte. L’Agrrame demande à la femme de son choix de venir lui préparer des plats de couscous à la zaouïa, ce qu’elle ne peut refuser ni elle ni son mari ni sa famille par peur de la malédiction de l’Agrrame et il y a souvent dans la cuisine une porte secrète derrière laquelle il y a un long passage souterrain qui mène jusqu’à la mer où il y a une embarcation prête à mettre les voiles pour le Portugal ou ailleurs.

Si la femme disparait, l’Agrrame leur dit d’être heureux car l’esprit de son Ancêtre l’a emmenée avec lui au Paradis. C’est ainsi que l’une de ces femmes enlevées est devenue la Sainte Fatima au Portugal. Un paysan est allé passer la nuit près de la tombe de l’Agrrame et pendant la nuit, il reçoit la visite d’un vieil homme qu’on a fait venir d’un autre village, qu’il ne connait pas et qui lui demande ce qu’il veut pour qu’il lui exauce ses vœux. Ce pauvre ne souhaitait avoir qu’une vache et avant d’arriver chez lui les Igrramne ont envoyé quelqu’un d’inconnu livrer une belle vache au domicile de ce paysan.

Ce dernier, lorsqu’il arrive chez lui, sait que c’est l’Agrrame qui est venu le voir qui lui a envoyé ce précieux présent divin. L’Agrrame, l’Amghare, le Caïd et le Roi se substituent au Dieu dans l’imaginaire des pauvres gens incultes par ce genre de pratiques. C’est un miracle pour tout le village et qui se racontera de père en fils. Chacun (e) y ajoutera sa retouche personnelle.


Auteur: Mohammed Hifad
Date : 2016-07-20

 


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