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Tamazighte: une culture et une civilisation
 
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L’Amazighité à travers le prisme de l’un de ses grands vétérans : Feu Dr. Abdelmalek Houcine Ousadden

A PARAITRE PROCHAINEMENT

Mohamed EL MANOUAR


                                         La voix de l’espoir

PRELUDE…

Une folle idée m’avait prise, m’avait hantée ; je ne saurai ni pourquoi ni comment ? Subjugué par l’idée d’enregistrer, d’immortaliser autant que faire se peut les propos d’un grand personnage pour qu’ils restassent dans le patrimoine de l’humanité, de l’éternité, de la permanence de ce que nous sommes et resterons.  J’étais dans le pluriel obnubilé par ce personnage singulier, emblématique, attrayant, séduisant, ferme dans ses convictions. Passionné par ce personnage passionnant, hors du commun, ses jugements sont sans concession. Un Auvergnat de plate couture dans sa voix roque, sa stature imposante, son regard d’aigle perçant,  ses arguments tranchants. Un homme qui ne peut se faire passer inaperçu.

Nous étions tous les deux à Fès. Nos chemins ne s’étaient jamais croisés à la fin des années 1970. Ironie de l’histoire ! Ce n’était que tard, beaucoup plus tard, que je l’avais rencontré grâce à mon ami Ali Amsoubri, chez lui à Rabat avec son épouse, Outé, Itto, cette grande dame qui nous avait fait le plaisir, le bonheur, de nous recevoir avec la fine délicatesse des dames de souche et de grande famille.

Convivial, l’entretien se fit sans couture apparente. C’était, pour moi, l’occasion d’approcher et d’apprécier cet homme d’envergure. Ce fut le déclic qui m’avait poussé les ailes pour percevoir d’en-haut et explorer le fond d’un grand militant, d’un grand personnage qui laisse, à coup sûr, indélébiles ses traces dans l’histoire de L’Amazighité de notre pays. Perspicaces, ses analyses restent dans la mémoire du mouvement amazighe dans sa substance, sa diversité et ses valeurs.

Il semblerait, selon Ali Amsoubri, que le contact, la communion des idées furent prises. On se comprenait à demi-mot. De ses ruades, que de plaisir et d’émerveillement. Unique dans sa substance, il était.

Au-delà de sa rigueur, son aspect rustre, il était l’ami, le père de tous, Dr Ousadden cachait une jovialité, une tendresse que seuls les intimes connaissaient et appréciaient. Il était le vétéran, la conscience de l’appartenance à L’Amazighité.

Un combat qu’il avait mené depuis sa tendre enfance. Il l’avait payée d’un tribut énorme. Que d’épreuves humiliantes il avait subies. Il feignait se dépasser sans sa témérité persistante. Il sût vaincre les obstacles, les embuches d’une vie combien résistante et ardue. Il était resté égal à lui-même, non corrompu et il sût raison garder.

Il recevait dans sa résidence à Imouzzer n Kandar les bourgeons de la jeune junte des Imazighen. Trompé comme acier, il résistait, faisait de L’Amazighité sa raison d’être et de rester, vivre et survivre dans cette passion qui l’avait habitée et qui ne l’avait jamais quittée jusqu’au bord de sa tombe.

Cette idée finît par se concrétiser alors que j’étais au festival national d’Ahidous organisé par l’association taymat à Ain Louh. Son président  m’y invita pour modérer une rencontre culturelle sur la poésie amazighe dans ses divers genres et notamment sa composante Ahidous. Profitant de l’occasion, contact fut pris avec Dr. Abdelmalek Ousadden qui s’était déplacé spécialement, malgré son état de santé, de Bir Tam Tam. Nous partîmes, moi, Aicha Ouzine et Ali Amsoubri, mes deux amis les plus intimes, à Imouzzer n kandar rencontrer ce monument hors du temps, dans le temps, ce visionnaire intrépide, ce baroudeur infatigable. Ce fut un moment délicieux, succulent ; un moment inoubliable ; un moment sublime à écouter dans le sens, le son les propos de cet homme hors pair ; un homme qu’on aura peine à retrouver ; un homme qui restera incrusté dans les cœurs de ceux qui l’aiment. Il est un homme avec ses forces et ses faiblesses et non un ange irréprochable…

Une séance qui devait durer une ou deux heures ! L’entretien durera six heures sans interruption malgré mes injonctions d’arrêter de filmer. Ce n’était que peine perdue. Il insista. Et quand il insiste, personne au monde ne peut arrêter ce mastodonte, cette tête de mule lucide, dont les positions étaient souvent tonitruantes ; mais il était agréable à vivre. L’estime et la considération  finissent par niveler les différences. 

Hésitant au départ, je m’étais permis de lui faire savoir qu’un jour il disparaitra et avec lui un pan de L’Amazighité. Et c’est par devoir, le devoir de la mémoire, de l’enregistrer dans ses pérégrinations, sa militance et ses convictions. Convaincu, il se mît à l’œuvre avec une constance toute particulière.
Ses propos sont consignés dans cet ouvrage qui rend hommage à un personnage fier de ce qu’il était. Il restera l’exemple d’un amazighe entier, singulier et sans couture apparente.

Avec notre Professeur Mohamed Chafik, ils sont les deux penseurs, les deux précurseurs d’une identité, d’une langue, d’une culture, d’une histoire tentaculaire ; une histoire qui a défié les aléas du temps et les humeurs changeantes des hommes.

Ils furent des rares qui avaient inventé le futur, c’est-à-dire le présent qui inévitablement enclenche un processus irréversible pour que Tamazight puisse recouvrer la place qui lui sied dans l’échiquier national, culturel, spatial et politique.

En revanche, ils ont laissé une pépinière qui va se fortifiant, se foisonnant, tambours battants ; elle est sur les premiers rangs de la mise en œuvre de la constitutionnalisation de L’Amazighité. Tamazight ne se meurt jamais. Elle est non seulement une langue de communication, mais surtout une langue qui incarne la matrice de notre identité nationale et transnationale avec ses valeurs humanistes et universelles. Notre pays doit s’enorgueillir d’avoir l’une des langues les plus anciennes du monde. Une langue écrite dans sa graphie  propre, une langue qui véhicule une histoire de plus de trente trois siècles, une langue, une culture qui ont survécu à tous les cataclysmes passés…une langue qui vit et continuera de vivre… qu’en déplaise à ses détracteurs, à leur paradigme unique, inique, d’une pensée qui s’en va à vau l’eau…

Et la bataille ardue qui nous reste à gagner, cependant, c’est contre le mal qui est en nous, le mal collectif qui nous ronge et qui nous empêche de voir les choses telles qu’elles doivent être et non telles qu’ils les veulent qu’elles soient, qu’elles restent comme à l’image d’un passé obséquieux et poltron.

ⵜⵓⴷⵔⵜ ⵜⵎⴰⵣⵉⵖⵜ
Tudert i Tmazight

Longue vie à Tamazight




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