Tamazighte: une culture et une civilisation
 
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Observatoire de la presse

AL MAGHREB AL ARABI, UNE SUPERCHERIE ... UNE FORFAITURE.

 

 

 

                   Docteur A. H. OUSADDEN

 

L’Union du Maghreb Arabe (U. M. A.) a été fondée et son traité constitutif signé, le 17 Février 1989 – à Marrakech – jetant ainsi un défi à la mémoire de Youssef B. Tachfine et de Abdelmoumen.
Les illustres signataires ont commis manifestement une erreur –volontaire- dans la dénomination de ce traité qui sous-entend toute une idéologie hégémonique… et qui, normalement, devait être plutôt dans l’esprit et dans la forme : «  Union Du Grand Maghreb » (U. G. M.) (1) » afin d’en assurer et véracité historique et durée…

 

 

Extrait d’un ouvrage à paraître

 

 

 

 

AL MAGHREB AL ARABI,

UNE FORFAITURE.

A  entendre ce « Maghreb Al Arabi », cité et rabâché à tout instant et à tout propos, à la radio et à la télévision, dans la presse, et les discours officiels, on finit par se demander si cette cacophonie persistante et outrageante ne cherche pas, sans gêne et sans scrupules ni honnêteté intellectuelle, à créer par cette campagne tapageuse qui falsifie allègrement et naïvement l’Histoire, une assiette psychoterritoriale « néohistorique » à ces prétentions naïves et oniriques d’assimilation néocolonialiste et d’inspiration manifestement arabo-orientaliste, l’on ne peut guère imaginer le sentiment de viol et d’insulte que provoque en chaque amazigh ce vocable injurieux d’ «Al Maghreb Al Arabi » ! Devant cette provocation, l’irritation porte souvent cet amazigh à proférer des propos d’indignation, devant cet attentat à l’Identité Nationale, à froisser son journal et parfois-même à porter un coup de pied à sa radio ou à sa télévision. « Officialisée » par des procédés douteux et irréguliers sous les gouvernements successifs et sans consulter honnêtement la population amazigh, cette appellation d’Al Maghreb Al Arabi, insolite et inattendue, parue même dans le préambule de la Constitution, à l’insu de l’opinion publique, soulève la réprobation sourde et unanime de la population amazigh ainsi que de la Classe intellectuelle Marocaine, convaincues de cette supercherie et de l’effet désastreux que cette falsification de l’Histoire, anachronique et scandaleuse, peut provoquer sur la cohésion nationale. Cette politique raciste remontait bien avant l’Indépendance et cette campagne menée actuellement tambour battant, chantant avec un cynisme effronté l’arabité d’un Maghreb Amazigh, entretenue, affinée et orchestrée par certains partis politiques en mal d’arabisme, sous la bénédiction de nos autorités et appuyée de pétrodollars, risque de porter un coup fatal à la réconciliation des cœurs et des esprits, réconciliation que nous appelons de tous nos vœux et dont S. M. Mohamed VI à jeté les fondations rationnelles dans ses déclarations historiques de l’an 2001 à Ajdir Khénifra.
Ce « néologisme » d’ « Al Maghreb Al Arabi »,  même s’il était parfois usité et toléré pendant la résistance, sans rencontrer d’opposition ouverte de la population Amazigh, ce fut par solidarité et reconnaissance, mal placées du reste, envers certains Etats Arabes pour leur appui diplomatique à la cause du Maroc face au colonialisme Français. Ce fut aussi et surtout à cause de cette atmosphère de terreur dans laquelle vivait le peuple Marocain sous le poids d’une « police nationaliste secrète arabiste » crée par un Parti Unique, arabiste et fasciste qui considérait en ces temps, toute critique ou liberté d’opinion, de trahison ou même d’apostasie. L’on rappelait en toute occasion aux Imazighens –qui venaient tout juste de sortir anéantis, des guerres de résistance –du Riff et des Atlas- le « péché originel » et la supercherie du fameux dahir dit « Berbère » pour lequel pourtant les Berbères n’ont jamais été consultés.

D’autre part, et par solidarité islamique et Nord Africaine avec l’Algérie combattante, il était naturel et de bon ton d’opposer à la fiction colonialiste de l’ « Algérie Française », le slogan d’une Algérie Algérienne « arabe et islamique ». Ne pouvant à ce moment engager de polémique sur un sujet très sensible, au risque de susciter des dissensions fondamentales, le peuple amazigh défait et, désorganisé par les guerres coloniales, complexé et chargé de tous les torts d’une « siba » (plutôt que de mérites d’une résistance nationale au colonialisme) préféra étouffer ses ressentiments et remettre à plus tard l’examen de cette question. Combien-même la devise arabiste allait bon train : «  il n’y a dans ce pays « dit-elle », ni arabes, ni berbères, nous sommes tous des arabes », slogan insolant et cynique auquel la masse amazigh répondait silencieusement par un sourire plein de mépris.

D’autre part la fiction d’une « Algérie Française » ayant fait long feu, le Maghreb n’a plus besoin d’être travesti et affligé de ce qualificatif « arabe » contre-nature, l’Histoire et l’existence dans ce pays d’une population originelle amazigh –non arabe- très importante en témoigne.  Ces manœuvres perfides et provocantes  antinationales et anachroniquement impérialistes, qui violent quotidiennement et dans tous les services de l’Etat, la conscience et la dignité de tout le peuple amazigh, si elles persistent et ne soient pas officiellement dénoncées et réprimées, risquent fatalement de nuire à la cohésion nationale et de compromettre une hypothétique union du Grand Maghreb. Cette  cabale d’ « Al Maghreb Al Arabi », est montée par des activistes arabo-orientalistes irréalistes, qui refusent depuis longtemps à s’intégrer dans cette nation, se souvenant nostalgiquement d’une origine nébuleuse, renforcée d’ethniques à consonance orientale et d’arbres généalogiques apocryphes, sous la bénédiction impérialiste et hégémonique d’un monde arabo-orientaliste en perpétuelle discorde et d’une Ligue Arabe qui renaît périodiquement de ses cendres, se berçant d’illusions, dans leurs rêves, de régénérer un passé à jamais révolu.

A l’origine, cette classe arabiste dirigeante, au Maroc, installée naguère comme auxiliaire par le Protectorat Français, était composée d’individus venus d’horizons divers (Andalous, Levantins, Algériens, aventuriers amenés au Maroc dans les fourgons de l’armée Française, Ulémas de nos medersas, bourgeois, et gros commerçants de nos cités, y compris les marabouts de nos zaouïas), connus depuis longtemps pour leurs relations perfides et leur intelligence avec l’étranger Européen dont ils ont acquis nationalités et protections, refusant dédaigneusement une intégration -qui aurait été toute naturelle- à la société Marocaine, se comportant au contraire comme une élite « arabe » au milieu d’un marais amazigh. Dociles et « orthodoxes », ne cherchent que leur intérêt personnel, ils réussirent à s’installer à la Cour et à investir le Makhzen l’isolant du Maroc profond qu’ils accusèrent d’irrédentiste et d’arriéré. Ils occupèrent ainsi les postes auxiliaires de commande (l’autorité et le commandement effectif appartenant aux Français), charges qu’ils consacrèrent héréditaires dans un cercle fermé jaloux de son isolement et de ses privilèges exorbitants. Confirmés par les autorités coloniales, nos arabistes, furent de précieux collaborateurs, dignes de recevoir plus tard de la France partante les clés de la succession. Après l’Indépendance, l’acquisition des Nationalités et des Protections fut dépassée. Pour redorer le blason, ils dressèrent des arbres généalogiques apocryphes, d’ascendance arabo-orientale, tout en considérant ce pays maghrébin comme une terra-nullus dont ils sont les premiers occupants. Depuis toujours, ils ne cessent de lorgner vers l’Orient où ils espèrent trouver parenté, alliers et appui.

 

Une mutation historico biologique

Nous assistons, aujourd’hui, en effet à une campagne intempestive où le Maghreb, connu depuis l’Antiquité sous le nom de Berberie,  ou Tamazgha (pays des Imazighens) nous paraît avoir subi, grâce aux manœuvres perfides de ces magiciens, une mutation qui dément et l’Histoire et la biologie, usant de tous les arguments fallacieux et enfantins, grâce à la radio, la télévision, l’administration, la presse et jusqu’à l’école dans ses manuels scolaires où l’on n’hésite pas à falsifier l’Histoire pour effacer la mémoire de ce peuple amazigh, abusant ostensiblement d’un préambule constitutionnel, qui considère le Maroc comme une partie du monde arabe. Mais contrairement à ces prétentions et manœuvres le Maghreb Amazigh demeure, vigilant, serein et imperturbable, le substrat des valeurs identitaires de ce peuple, le dépôt et le support de l’authenticité et de la personnalité Maghrébine entière. Au demeurant, si le Maghreb était réellement arabe comme certains le « découvrent » et s’égosillent à le clamer pour mieux l’incruster dans les cerveaux dociles et naïfs, il serait superfétatoire de l’affliger de ce qualificatif « arabe » ; c’est comme qui dirait la « Syrie Arabe », « l’Egypte Arabe », « l’Irak Arabe » ; ce qui impliquerait pour éviter la confusion l’existence d’une Syrie, d’une Egypte, d’un Irak non arabe ! Parler d’un « Maghreb Arabe », c’est sous entendre et déduire qu’il y a logiquement un Maghreb non Arabe que d’aucuns passent à dessein sous silence et feignent d’ignorer, espérant l’effacer de nos mémoires, mais qui existe bel et bien dans l’Histoire et dans nos cœurs et s’appelle Tamazgha ou Maghreb Amazigh, malgré une politique d’arabisation systématique pour laquelle tous les appareils de l’Etat sont mobilisés. Ainsi,  les adeptes de cette idéologie impérialiste, croient naïvement changer aussi facilement la carte du monde, travestir l’Histoire et effacer une Identité et une culture amazigh plusieurs fois millénaires en faisant croire par ces cogitations puériles et malhonnêtes que l’Afrique du Nord ( de son vrai nom « Tamazgha » ou pays des Imazighens) tout récemment  encore connue de l’étranger sous le nom antique de Mauritanie et de Berberie usités par Carthage, Rome et les impérialismes qui ont tenté vainement de la subjuguer, a subi brusquement sous nos yeux – après des milliers d’années- par un tour de passe-passe, une mutation. C’est à se demander si le Pouvoir qui use de ce terme d’Al Maghreb Al Arabi, dans ses déclarations, n’encourage pas cette campagne pernicieuse et subversive, va persister dans cet égarement et ne pas mettre fin à ce scandale antinational qui n’a que trop duré dans ses manœuvres criminelles, mettant en danger l’Unité Nationale. Nous disons quant à nous, conformément à la vérité historique, à nos traditions démocratiques et tolérantes, dans l’intérêt supérieur de la Nation, que tous les habitants de ce pays, tout en étant issus d’un fonds amazigh, et sans distinction discriminatoire, de langue et de race, devaient être des citoyens Marocains, à part entière. Nous dénonçons et voulons dépasser ces considérations racistes et anachroniques auxquelles nous ramènent ces attardés de l’Histoire. Nous déclarons solennellement qu’au Maghreb il n’y a qu’un peuple qui doit vivre un destin commun avec une culture plurielle féconde et que S. M. Mohamed VI veut réconcilier avec lui même et avec son Histoire. Les adeptes de ce Maghreb Al Arabi se rappelant avec nostalgie sans doute, la Phénicie, l’Orient, Carthage, le Périple d’Hanon, les randonnées d’ Oqba… dont ils se croient héritiers, évitant de se regarder dans le miroir de l’Histoire – pour découvrir avec stupeur qu’ils sont d’authentiques Imazighen.
Ils aiment sans doute rappeler ce qu’ils ont été, mais non ce qu’ils sont devenus. Toujours et depuis ces temps reculés, ils ont rencontré sur cette terre africaine une population amazigh autochtone qui les a tantôt accueillis tantôt combattus ; qu’on se souvienne : Carthage, Rome, Byzance, Wandales, Turcs, Espagnols, Français, ont été jetés à la mer. Cette terre appartient aux Imazighen et aux Imazighen elle restera.

Le Parti Unique au Pouvoir-
                                               Et ses successeurs

Après le départ de la France qui lui a remis gracieusement les clés de la succession, le Parti Unique, Arabiste, s’installe au Pouvoir, mais jeune et inexpérimenté se trouve face à des problèmes qui dépassent ses compétences moyenâgeuses et ses moyens ; plutôt que de mobiliser le peuple pour la construction du pays, ce Parti Unique Arabiste qui prenait toujours l’Orient pour exemple, usa de la terreur et de l’intimidation, pour éliminer toute opposition, étouffer toute critique ou velléité démocratique. C’est ainsi qu’il inaugura de façon honteuse des mesures discriminatoires et dictatoriales qui se sont d’ailleurs perpétuées sous les gouvernements successifs qui tous ont tôt oublié les principes, pour lesquels le Peuple Marocain a souffert pendant de longues années de Résistance, gouvernements où l’on voit invariablement figurer les mêmes familles… Les mesures principales de cette gestion ruineuse furent, entre autres les suivantes :

  1. - D’abord distribution des dépouilles de l’ancienne administration du Protectorat, réparties sur les dignitaires du Parti Unique !
  2. - Création d’une police parallèle au service du Parti Unique, pour éliminer toute opposition.
  3. - Liquidation physique des anciens résistants indépendants du Parti Unique,
  4. - Inauguration du népotisme et recrutement discriminatoire dans la fonction publique d’un personnel sans qualification tiré des Msids et des Kissaria pour servir dans l’Administration, la Justice et l’Enseignement,
  5. - Arabisation systématique et hâtive de l’enseignement où des professeurs orientaux et leurs apprentis apprennent aux élèves amazighs –et jusqu’à présent- qu’ils sont arabes  et que leurs ancêtres sont des arabes venus d’Orient, avec :
  6. - Programmes et manuels scolaires falsifiant allégrement l’Histoire, et manipulant l’écolier amazigh, dont on veut effacer la mémoire et rattacher l’origine et le destin à un orient arabe,
  7. - Génocide de la culture amazigh et fermeture de tous les centres d’enseignement de la langue amazigh là où ils se trouvent.
  8. - Fermeture des Tribunaux et Institutions Judiciaires amazigh et remplacement de leurs juges par des « fqihs » arabophones de formation scolastique et médiévale, qui imposent aux plaideurs de comprendre un droit coranique qu’ils ignorent et de parler arabe, langue naturellement inconnue d’eux, avec interdiction de s’exprimer dans leur langue maternelle, tamazight,
  9. - Interdiction et répression de l’opposition.
  10. - Mise au pas de ce monde amazigh –avec ses notables- sans respect et sans égard aucun aux lourds sacrifices qu’ils ont consentis pour l’Indépendance Nationale,
  11. - Mépris des Imazighens, dans leur ensemble, objets de quolibets et de railleries  dans les villes,  les rues et les administrations,
  12. - Moqueries et hostilités envers les traditions, les us, les coutumes et les symboles identitaires amazigh,
  13. - Falsification scandaleuse et ridicule, de la toponymie et de l’onomastique amazigh, rebaptisées en arabe, changeant ainsi le visage du pays,
  14. - Refus tout récemment encore d’inscrire les noms amazigh sur les registres de l’Etat Civil ; le nom : Itri, Isli, Idir, Touda, Coceila, Massinissa, Yugurta, Kahéna… sont systématiquement écartés alors qu’on doive  les choisir sur une liste imposée de noms arabes « illustres », « plus civilisés », importés d’Orient, tels que : Oum Keltoum, Fayrouz, El Khensa, Oqba,  Al Ghassani, Abou Nouass, Abou Horeira, Ibnou El Jerrah,  Aissa et Moussa, Daoud ou Haroun, qui honorent actuellement nos parcs et places publiques, nos rues et nos monuments officiels comme si nous manquons de noms célèbres, fils de ce pays, dignes de figurer sur les plaques pour honorer leur mémoire.
  15. - Création d’un Ministère de l’Information où l’on ne parle, écrit, et diffuse qu’en langue arabe classique et en langues étrangères, réduisant la langue amazigh –au rôle de folklore- ; la radio, la télévision, la presse officielle et privée, ne semblent s’adresser, en des termes savants et recherchés qu’à un auditoire imaginaire autre que ce peuple Marocain, qui ne comprend guère quant à lui ce « jargon » littéraire que le speaker  lui récite à grande vitesse ou qu’on lui livre dans les journaux, à lui peuple Marocain à majorité analphabète,
  16. - Ecoles et dispensaires ruraux rares, vétustes, isolés, mal équipés et mal encadrés,
  17. - Agents d’Administration hostiles  et hautains face à l’Amazigh, qu’ils obligent sans ménagement en « nouveaux colons » à s’exprimer uniquement en arabe et ne cherchant dans l’exercice de leur fonction que leur intérêt personnel,
  18. - Corruption débridée du corps administratif, etc…

Corps étranger dans le corps de la Nation

Devant la confiscation de ses droits identitaires, culturels et sociaux, devant les revendications de sa citoyenneté étouffée, le peuple Amazigh s’estime comme un corps étranger dans le corps de la Nation. Mais soucieux de sauvegarder l’Unité de cette Nation, et de consolider une Indépendance retrouvée, il étouffe ses ressentiments et prend son mal en patience, fondant des espoirs sur les générations montantes mais l’arabisation galopante laissera-t-elle le temps au temps.

Les Partis Politiques :

La vocation première d’un Parti Politique consiste en premier lieu à éduquer le peuple, l’encadrer et en faire de bons citoyens, respectueux des Institutions et des lois, comme de suivre et de contrôler la politique du Gouvernement.
Or ces partis politiques –qui se multiplient, se scindent  et se ressoudent à l’envie comme les cellules d’un tissu cancéreux, ont abandonné ce devoir pour ne chercher que des intérêts particuliers ; sans programme que la démagogie sur des thèmes communs, chacun cherchant sa part dans la curée  ou nourrissant l’espoir d’aller siéger au Parlement et si la chance  sourit  à ses leaders de participer au gouvernement. D’où la corruption qui atteint tout  le corps électoral et fausse tout scrutin. La fidélité aux principes et programmes démagogiques annoncés à la cour de la campagne électorale est un vain mot. Nos députés n’ont aucune honte à changer de clan, dés la publication des scrutins, pour des raisons purement matérielles pour aller s’inscrire ailleurs, abandonnant les principes et le « Président », celui-ci, de son côté, agit en propriétaire et chef incontesté dans « son » parti. Toutes ces formations convoitent à tout prix des sièges au Parlement –et pourquoi pas ?- des portefeuilles ministériels, seuls à même de voies enrichir, et de jouir de la « considération » populaire. Quant aux adhérents,  qui ne s’embarrassent guère de morale et de principes idéologiques quelconques, ne cherchent qu’un intérêt immédiat, qu’une « intervention » pour « décrocher » un emploi,  une aide à la réussite d’un fils au concours ou l’intercession pour échapper aux poursuites judiciaires, ou tout au moins être des convives à un grand festin…
Nos partis « populaires » leurs Présidents, leurs rejetons et leurs clientèles, nos députés au Parlement, gardent prudemment le silence devant ce mouvement revendicatif amazigh, préservant ainsi leur «  crédit », leur « siéges » et leur « orthodoxie », s’occupant de leurs « affaires » et pensant à leur élection prochaine.
 Dans ce contexte, ce « Maghreb Arabe » s’agite officiellement dans chacun des Etats Nord-Africains et sous la bénédiction des potentats du Proche-Orient dont il croit être le légitime représentant ici, exerçant sans gêne et sans opposition, sa propagande arabiste et ses manœuvres d’arabisation, soutenue par les pétrodollars et périodiquement affinées et confirmées par le fameux comité d’ « Al Maghreb Al Arabi » animé par le Parti de l’Istiqlal du Maroc, le F. L. N. d’Algérie et le Néodostour de Tunisie, les héritiers de Nacer en Egypte en passant par l’imprévisible Khaddafi, et cette ligue Arabe qui reparaît périodiquement pour rappeler ses origines arabes au continent Africain.
Cette politique antinationale, ségrégationniste et centrifuge, cet apartheid qui s’exprime quotidiennement par la voie d’un Maghreb Al Arabi, insensible aux appels à l’Union lancés par S. M. Le Roi, restent malgré tout profondément ancrés dans les cœurs et les esprits des commis et décideurs de l’Etat, adeptes d’une politique orientale hégémonique.
 
Etat Unitaire ou Fédéral !
Maroc utile et Maroc inutile.

Seulement les tenants de cette politique arabiste ruineuse oublient que plusieurs impérialismes se sont succédés à vouloir coloniser cette terre sans jamais y parvenir et venir à bout de ce « démon berbère » (suivant l’expression de feu Bourguiba) qui se révèle un trop gros morceau impossible à avaler au risque d’étouffement.
Ces tendances séparato-isolationistes arabes existent depuis longtemps chez les bourgeois de nos cités, particulièrement chez les rejetons Andalous et Levantins qui, pour des intérêts égoïstes dominateurs refusent de s’intégrer à la population autochtone.

 Les Protections et Nationalités

Nos grandes cités sont bien connues, en effet, pour leur rancune vouée à ces Imazighen qui, mobilisés souvent, jadis, par les Sultans, venaient rétablir l’ordre à l’intérieur des remparts et en mater les révoltes. Devant l’acquisition des Protections et Nationalités étrangères, l’incurie d’un Etat, en perpétuelle anarchie, cette population citadine qui a de tout temps tissé des relations avec les Etats Européens a souvent usé de procédés pour le moins condamnables, afin de s’assurer –en tant que caste particulière en dessus du peuple- contre les « abus » du Pouvoir, ces Pachas et Caïds –telles ces fameuses protections et nationalités étrangères, qui leur conféraient honteusement l’immunité devant la juridiction nationale. La compromission de grands commis de l’Etat, la corruption, le népotisme, l’incompétence et l’ignorance, était une maladie chronique dans le pays. Nos nationalistes, beaux parleurs, élevés à l’école Française du Protectorat, aspiraient à prendre la relève dans un Maroc indépendant et «  pacifié » rêvant d’un Etat Marocain « à l’image, disent-ils, des pays d’Orient », ce qui eut pour conséquence de nous attacher ultérieurement au carcan arabo-oriental et de nous mêler de ses contradictions. L’amazigh, quant à lui, conscient de sa faiblesse, du moment, observe et fait le gros dos en attendant des jours meilleurs mais reste fidèle à son Identité, à ses valeurs, à ses traditions, à l’Unité Nationale, à sa foi et à son Roi Amir El Mouminine !. Tout en privilégiant nos relations humaines avec les pays islamiques, nous refusons par contre toute inféodation à une quelconque idéologie ou politique étrangère ; comme nous réprouvons énergiquement l’apparition dans notre société de tout courant raciste ou séparatiste nourri par ces attardés de l’Histoire. Une grande partie de nos dirigeants ; la plupart de nos partis politiques, alimentés en pétrodollars et intoxiqués par une propagande arabo-islamiste, tout inféodés béatement à cette idéologie impérialiste, à la mode depuis Nasser et clament de plus en plus hautement l’arabité du Maghreb,  profitant du calme relatif des Berbères qui restent apparemment sans réaction devant cette forfaiture. Il en est parmi eux qui affirment que le phénomène amazigh – qui n’existe que dans les esprits pervers-, n’est qu’une invention du colonialisme français ? D’autres sont convaincus que le temps travaille pour la réduction proche et inexorable, de cette « réserve » amazigh, anachronique, épine plantée dans le pied du Maghreb Al Arabi ; réduction que l’Etat planifie par une arabisation et une assimilation complètes et qu’il n’y a pas lieu de s’inquiéter autre mesure d’un quelconque danger berbériste ni des jappements sans conséquence de ce mouvement culturel amazigh limité à quelques agitateurs. Nos partis politiques, soit disant à clientèle massivement amazighe, crées pour jouer le rôle qu’on leur assigne, font preuve d’une orthodoxie et d’une docilité sans faille, et d’un silence déconcertant devant la confiscation scandaleuse de nos droits et nos revendications légitimes. Nos députés au Parlement demeurent de leur côté muets et imperturbables devant les viols répétés de l’Identité Amazigh. Quoiqu’il en soit, ce peuple amazigh qui existe sur cette terre depuis l’origine des temps, n’est pas mort et ne risque pas de disparaître. Il existe toujours, fier de lui-même, sur la terre de ses ancêtres, immense et vigoureux et prêt cette fois, à engager la bataille de Destin, conscient qu’il est de l’état dramatique de sa condition de peuple autochtone exclu de chez lui, dont la langue, les institutions et l’onomastique même sont bannis dans ce pays par une classe dirigeante qui se dit arabe. Cependant encore bercé par le souvenir de ses droits historiques  imprescriptibles, fier de sa résistance séculaire à tout impérialisme étranger, jaloux de sa liberté  et ses traditions démocratiques (amazigh voulant bien  dire « homme libre »), de sa culture plurielle, de sa langue et, au dessus de tout, de son identité , ce peuple amazigh est farouchement décidé à œuvrer avec honnêteté et détermination dans la voie qui est la sienne, assuré par les hautes décisions de S. M. le Roi Mohamed VI qui veut réconcilier les deux faces de la médaille, ces deux faces qui se tournent le dos depuis 14 siècles, et façonner ainsi une société nouvelle, saine, tolérante, solidaire et fière de sa marocanité.

Pendant ce temps, la Bourgeoisie Marocaine et la classe intellectuelle, répudiaient la nationalité marocaine pour aller s’abriter sous le parapluie d’une protection étrangère. Les « Protégés » -dont la liste est bien connue- exhibaient avec fierté et sans honte cette distinction particulière qui les mettait au dessus des lois nationales et d’en bénéficier devant les tribunaux et l’administration.
Par de tels procédés la France en particulier, s’était aménagé dans ce pays, bien des intelligences qui lui furent de précieux collaborateurs.

   Le Protectorat de la République Française au Maroc :
       Protéger qui ? De quoi ?
                                                                               
Si nous examinons de près, le sens du Protectorat français au Maroc, nous sommes forcés de nous poser la question suivante ; protéger qui et de quoi ? La France  installée en Algérie, confisque bien des territoires marocains et continua de harceler nos frontières, convoitant manifestement la conquête du Maroc, pays voisin et homme malade de l’époque. Par des ententes et des concessions plus ou moins secrètes faites aux Puissances Européennes, la France finit par avoir les mains libres pour intervenir « officiellement » au Maroc. Celui-ci n’étant pourtant l’objet d’aucune menace, le Protectorat que voulait lui imposer la France était sans objet, la menace ne pouvant venir que de la France elle-même. Les événements se précipitèrent, comme à dessein pour justifier une intervention française. Le peuple Marocain, las et excédé par la faiblesse du makhzen, le désordre de la société, les coups d’Etat fomentés par les prétendants au trône, les Rogui, la présence des troupes étrangères à l’Est, à Casablanca et à Fès, le mécontentement populaire était à son comble suivi de soulèvements et de rebellions. Le sultan Moulay Hafid lâché par la bourgeoisie de Fès, ses bailleurs de fonds et la plupart de ses vizirs, était assiégé dans son palais alors qu’un prétendant au trône était proclamé à Méknès, Fès, encerclé par des tribus accourues était en état d’insurrection. Déjà les Berbères accourent pour délivrer la « terre d’Islam » et faisaient parler la poudre jusqu’à sous les murs du palais. Le Sultan Moulay Hafid affolé sollicita de la France des troupes pour le dégager.
La France ayant beau jeu lui imposa alors l’acte de protectorat de 1912, dont les clauses principales furent les suivantes : (voir addenda).

En somme l’acte de Protectorat consacrait officiellement la main mise de la France sur le Maroc, avec, l’engagement de celle-ci à prendre en charge les intérêts du Maroc et principalement de protéger le sultan, son trône et ses Etats, alors menacées par l’insurrection populaire générale. C’est ainsi qu’à partir de la signature de l’acte de Protectorat que commença officiellement la conquête coloniale du pays, conquête menée par la France avec les massacres que l’on sait sur une résistance amazigh, mais avec l’assentiment et le concours du Makhzen.

- Résistance héroïque qui a provoqué l’admiration même de l’ennemi mais non reconnue par l’Etat et qui attend toujours réparation.
La bourgeoisie mercantile de nos cités, nos andalous et nos protégés s’allièrent à la colonisation pour acquérir des privilèges et une partie du Pouvoir. Les autorités coloniales ne se privèrent pas de cette collaboration docile. Des écoles et collèges furent battis pour la formation des enfants de ces auxiliaires indigènes tout en maintenant intact un arsenal scolastique traditionnel. Quelques familles envoyèrent leurs fils poursuivre leurs études dans les universités étrangères, en France et au Proche Orient où une « renaissance arabe » battait son plein et invitait nos jeunes turcs, élèves à Al Azhar au Caire, à rêver d’un Maghreb Arabe Indépendant «  à l’image des pays d’Orient », oubliant totalement la composante amazigh du Maroc, faisant fin de l’Histoire du Maghreb, ils ne rêvaient que d’inféoder

l’A. F. N. à cette ouma arabo-islamique qui venait tout juste de donner le coups de poignard au dos du Khalifa musulman Ottman, par ses révoltes et son alliance avec les pays occidentaux. Des voyages « d’études » et touristiques en France furent organisés pour les élèves des collèges –Moulay Idriss de Fès et autres, par le Résidant général Lyautey autour duquel nos uléma et nos grands se pressaient, implorant le Très Haut de veiller sur sa santé. Par contre, l’on récitait le latif dans les mosquées devant le danger imminent d’un Abdelkrim qui s’approchait de la ville de Moulay Idriss.

Déclarations historiques
et solennelles à Ajdir Khénifra.

Toujours à l’écoute bienveillante et attentive de son peuple, S. M. le Roi Mohamed VI comprit qu’il était temps de se pencher sur l’objet des souhaits et revendications du peuple amazigh. C’est ainsi que, par ses Hautes Déclarations de l’an 2000 à Ajdir Khénifra, S. M. Mohamed VI reconnaît officiellement à la langue amazighe, son rang de langue nationale dont l’enseignement sera désormais général et obligatoire à tous les Marocains. Ce fut comme un coup de tonnerre que cette décision historique qui n’a pas son pareil depuis l’Antiquité ! La joie éclata dans les Atlas, des feux s’allumèrent et des larmes de joie furent versées ; le monde entier salua cette décision ! En effet, il semble pour le moins paradoxal et humiliant pour les Imazigens que leur langue, pourtant enseignée dans les universités étrangères, soit bannie de nos écoles nationales, où les langues Européennes, Africaines et Asiatiques sont l’objet d’un enseignement. Au moment même où des nations cherchent à réanimer et récupérer, avant leur disparition totale, les moindres détails de leurs langues, culture et civilisations anciennes, qu’elles considèrent précieusement comme un patrimoine aussi bien national qu’universel, par contre on souhaite ici, –et on s’y active officiellement- par un nivellement stérile, le génocide d’une culture et d’une langue amazigh pourtant vivaces, ayant derrière elles des milliers d’années d’existence et constituant le fonds même du génie de l’Homme Nord Africain.

La langue amazigh reste à ce jour exclue de l’Administration et des Tribunaux et absente dans les programmes des autres Départements Ministériels, tel le Ministère de la Culture ou celui de la Communication, où elle est reléguée au rôle de folklore. Le Ministère de l’Enseignement, cheville ouvrière qu’il devait être de la promotion de l’amazighité, leur ravit la vedette et en constitue le bouquet ; Après avoir suscité l’espoir de le voir appliquer les hautes Directives Royales, relatives à l’enseignement de l’amazigh, ce Ministère semble faire marche-arrière, reprendre l’ancien « livre blanc » et déplier la vieille « charte » de l’enseignement où la langue amazigh ne servirait que de support éventuel à l’apprentissage de la langue arabe, et ceci avec l’assentiment du gouvernement, malgré les directives précises  et solennelle de S. M. Le Roi, Les rares écoles qui commencent à enseigner quelques rudiments de la langue amazigh sont actuellement vides et leurs enseignants découragés.
Le blocage et la mauvaise volonté du Ministère de l’enseignement en particulier et du gouvernement en général, sont patents.

 

La scolarisation en pays amazigh

C’est ainsi que la scolarisation, pierre angulaire de toute éducation Nationale et de la santé de toute société, ne semble pas figurer parmi les préoccupations  majeures de l’Etat. Nos écoles, là où elles existent, sont souvent désertées et abandonnées aux chouettes. L’enseignement, dispensé en arabe dit classique, langue somme toute étrangère à l’enfant amazigh comme à tout le peuple Marocain, dans des locaux vétustes éloignés du Douar, où mènent des chemins boueux, est confié la plupart du temps à un personnel peu qualifié, et souvent absent ; tout cela présageant du résultat : en effet, après quelque temps passé à l’école, et avoir appris que nos ancêtres les Berbères sont originaires d’Arabie et du Yémen, à l’instar des écoliers de l’Afrique Noire qui aimaient chanter « nos ancêtres les Gaulois », l’écolier amazigh finit fatalement par déserter l’école pour aller grossir le chômage ou verser dans la délinquance. Si par extraordinaire, il parvenait aux cycles supérieurs, tout concours organisé, habituellement pour recruter à un emploi, ressemble à une comédie et à un barrage où meurent toutes ses illusions ; le recrutement parallèle, la corruption, le népotisme et la connaissance médiocre en langue arabe le disqualifiant d’avance. Devinez sa rancœur et la suite…

La langue amazigh, langue nationale à enseignement obligatoire = tollé « silencieux » désapprobatif ! De nos arabistes.

La reconnaissance de la langue amazighe comme langue nationale grâce à la lucidité de S. M. Mohamed VI, et dont l’enseignement doit être obligatoire à tous les Marocains fut une révolution historique saluée partout dans le monde civilisé. Cette affirmation a semé le désarroi dans la classe arabiste et soulevé un tollé « silencieux » injurieux et une réprobation sournoise et indignée, particulièrement chez certains partis politiques, les cercles administratifs, et ministériels, les « Ulémas », et jusque chez les tolbas et les khatibs des mosquées. Cependant, ne pouvant s’élever ouvertement contre les directives de S. M.  Le Roi, tendant à réconcilier deux communautés qui, depuis des siècles s’ignorent, et ce, en les appelant à se comprendre et à vivre intimement un destin commun, ces cercles hostiles feignent de faire contre mauvaise fortune bon cœur, tout en menant sournoisement leur campagne hostile à la promotion de l’amazigh, faisant largement usage d’arguments racistes et même religieux. Au fond, ce n’est pas seulement l’apprentissage et l’enseignement de la langue amazigh qu’ils réprouvent que la promotion de l’homme amazigh, craignant de le voir un jour devenir leur égal en citoyenneté et échapper à leur domination.

En effet l’enseignement de la langue amazigh, qui devait être général et obligatoire, est entré théoriquement dans sa nième année d’application. Il paraît se limiter à l’apprentissage bénévole de l’alphabet Tifinagh, dispensé par un surveillant qui fait office d’instituteur : rares écoles habilitées à abriter cette expérience, effectif scolaire rare et bénévole, pas de centres de formation pédagogique, pas de corps enseignant formé ou en voie de formation, programmes incohérents, horaire limité, avec des manuels pleins d’erreurs, conçus, non pour enseigner une langue unifiée et standardisée, mais des dialectes régionaux. En un mot pas de volonté politique du gouvernement dont l’inertie prouve sa tendance à revenir sur les dispositions du Dahir Royal concernant la promotion de l’amazighité. Les ennemis de cette promotion jubilent en silence. Cela nous rappelle cette campagne tapageuse intitulée « écoles foraines pour adultes » organisée naguère sous les arbres par les autorités du Protectorat, mais qui ne dura que l’espace de quelques jours d’été…
En un mot, cela engage la responsabilité totale du Ministère de l’Enseignement et du gouvernement dans cette mascarade.

 La langue arabe, classique et littéraire :
Langue nationale ?
Langue officielle ?
Langue populaire ?

Au Maroc, les arabistes, responsables de l’arabisation du peuple, continuent d’ignorer l’évidence que la langue arabe classique et littéraire enseignée- dans un esprit scolastique- et en usage dans l’Administration depuis des siècles, n’est ni nationale ni populaire ni usitée dans la conversation. Cela constitue un scandale que de l’affirmer. Cette langue –somme toute étrangère- lue et écrite seulement, par une minorité, n’est point une langue populaire. Même les initiés s’en passent dans leur communication orale pour question pratique sous peine de paraître pédants ou incompris du public, ils usent tout naturellement de l’une des deux langues nationales populaires- l’amazigh ou l’arabe dialectale- mais qui restent à nos jours paradoxalement absentes dans nos écoles. On s’entête chez nous à nier l’évidence d’un système scolaire inopérant et à considérer la langue arabe classique comme un dogme sacro saint consacré par le Coran, dogme à conserver, alors que bien des peuples musulmans ont fait leur révolution dans ce domaine pour accéder au progrès. Le latin n’est plus une langue populaire, ni nationale, ni officielle chez les nations dites latines telles la France, l’Espagne, l’Italie et les autres. Force est de constater cette aberration chez nous de vouloir être plus conservateurs que les orientaux et plus « arabes » que les arabes eux-mêmes. C’est là assurément une des causes premières de notre arriération et de notre sous développement ! Il faut avoir le courage de briser ce tabou et laisser aux générations montantes le soin de régler ce problème, l’émergence d’un Atatürk qui en imposera une solution.

Stigmates indélébiles d’une guerre coloniale, qui demande réparation.

Comme on le constate, cette conspiration permanente, raciste et dictatoriale, qu’on croyait révolue refuse toute émancipation à ce peuple amazigh, peuple « libre » et autochtone par définition dont on veut perpétuer la soumission. Disloqué et meurtri par une conquête coloniale dont il porte encore les stigmates et dont il n’a à ce jour reçu réparation ; dépossédé de ses biens, refoulé et contenu dans des zones arides, ce peuple amazigh n’a  pourtant jamais contesté son allégeance au Sultan Amir El mouminin, et était toujours prêt à défendre la liberté et l’indépendance de ce pays, leur pays ! Pays de la siba, dont on aimait à qualifier ces tribus, consistait seulement chez ces confédérations à s’opposer à la dictature d’un gouverneur véreux qui venait entouré de ses mehallas pour les rançonner, semer la terreur, couper les arbres, brûler les récoltes, piller le pays, emmener en trophée des notables enchaînés et des têtes tranchées pour les accrocher aux portes des cités afin d’intimider le public.
Quoi qu’il en soit, cette campagne tonitruante raciste et antinationale, menée avec insolence autour d’ « Al Maghreb Al Arabi », ne cherche en fait qu’à réduire ouvertement le bloc amazigh, l’effacer de la carte au plus vite, par une arabisation systématique.

Les programmes diffusés à la Radio et à la Télévision : pour qui ?

Ignorant les dernières dispositions Royales ou Sa Majesté considère la langue et la culture amazigh comme un patrimoine national, une richesse et un ciment pour la cohésion de la nation, l’entente et la fierté des générations futures, le Gouvernement, l’Administration et les média ne semblent pas prendre en considération ces  Hautes directives et s’obstinent à ne s’adresser dans leur discours savants, en langue arabe classique, qu’à une partie de la population –une élite «arabe » de nos cités –acquise aux thèses obscurantistes d’un « Maghreb Al Arabi ». L’autre partie de la population, des plaines et des monts, du « Maroc Inutile » analphabète dans sa majorité, ne parlant que l’amazigh ou un arabe dialectal approximatif et ignorant l’arabe classique des savants – est complètement ignorée-. Du reste, l’important, pour la presse et les speakers de la radio et de la télévision en particulier, n’est pas de s’assurer que leur discours est bien reçu, mais plutôt qu’il soit rédigé dans un style recherché et en arabe littéraire (S. V. P.) ! Et débité à grande vitesse à l’attention des lettrés de Rabat, Casablanca et Fès et non à ceux des Ait Atta, Ait Hdiddou, Ait et Ait, du Rif au Sahara, qui n’entendent quant à eux rien à ce galimatias, si tant ils arrivent à le capter.

« Maroc Utile »- « Maroc Inutile »

Ce deuxième Maghreb oublié et « inutile » ne peut être que ce Maghreb Amazigh pourtant immense et autochtone, fier de son authenticité et de son Histoire et qui ne regarde ni à l’Est ni à l’Ouest à la recherche d’une paternité. L’Administration, nos dirigeants et nos élites, les médias (presse, radio-télévision) semblent acquis à l’ancien concept colonial du Maroc Utile et du Maroc Inutile, ce dernier ultramontain aride, pauvre et apparemment peu rentable économiquement, aujourd’hui du moins. La promotion économique et sociale de ces régions à populations amazighes, a toujours été quasi nulle, timide, vu l’intérêt « brut » que l’Etat peut en tirer. L’on oublie cependant qu’il ne faut point insulter l’avenir, ces régions recèlent peut-être des richesses insoupçonnées… L’on oublie aussi que ces populations, fières, laborieuses et attachées à leur pays, ont, au cours de l’Histoire fourni au Maroc les meilleurs de ses fils et qu’elles se sont toujours dressées comme un seul homme, à l’appel de la Patrie, pour contrer l’adversité.

 

Le Dahir dit Berbère :
une supercherie, une forfaiture !

 D’autre part, complexé et ayant mauvaise conscience devant un dahir dit « berbère » - une supercherie qu’on lui impute-, bien que la rédaction en ait été faite et scellée en haut lieu et à son insu, le peuple amazigh n’a toutefois réagi à cette cabale que tardivement pour déclarer hautement :

  1. - Qu’il a été seul à résister, héroïquement et jusqu’à la dernière cartouche à la pénétration coloniale, alors que l’ « autre partie » de la population Marocaine, qui avait fait le lit à cette conquête, appelée de tous ses vœux, et assurée de toute sa collaboration, s’est empressée d’en assurer l’intendance et de s’enrichir, réjouie, des souffrances du « berbère » succombant devant la progression  infernale de la conquête  coloniale,

  

Le prosélytisme catholique et le Dahir dit Berbère

  1. - Que le prosélytisme catholique en montagne qu’on s’évertuait à dénoncer dans nos cercles « nationalistes » – si jamais il a existé- n’a eu aucun effet sur une population amazigh fanatiquement musulmane, et que les seules conversions connues ont eu lieu parmi la bourgeoisie  et l’élite de nos cités,
  2. - Que la communauté amazigh à toujours été régie – et cela depuis l’antiquité- par ses propres valeurs : coutume, traditions, égalitarisme, tolérance, assemblée délibérantes, système juridique Azref, où la condamnation à mort et la prison sont exclues. Ce droit coutumier étant reconnu et respecté de toutes les dynasties qui se sont succédées au Maroc.
  3. - Que ce dahir dit « berbère » si décrié par ces « nationalistes » résistants de la 3ème heure, n’est qu’un alibi inventé dont ils se servirent postérieurement, pour faire oublier leur absence sur les champs de la Résistance. Il leur suffisait peut-être de réciter le latif à l’ombre des mosquées !… pour le rétablissement d’un Lyautey soufrant, et la défaite d’un Abdelkrim.

 

Dahir Berbère, une supercherie.

Au demeurant qu’est ce que au juste ce Dahir Berbère ?
«  L’appellation légale en est textuellement « Dahir du 16 Mai 1930 », réglant le « fonctionnement de la justice dans les tribus « de coutume berbère »
« L’altération de cette appellation officielle en « Dahir Berbère » puisqu’elle laisse supposer « que les Berbères étaient les auteurs de ce « Dahir… orientait ainsi l’attention sur les « Berbères… tout en les accablant « d’accusations fallacieuses pour en faire des « boucs émissaires et dédouaner l’élite « (nationaliste) et Makhzanienne de sa « grande responsabilité dans les événements « qui ont entraîné la colonisation du pays et « la collaboration de cette élite sous « l’occupation. C’est ainsi que le Dahir qui « porte l’épithète berbère, n’est que fruit de « l’imagination malsaine de ses auteurs, « contrairement au Dahir du 16 Mai 1930. « ceux qui en usaient dans leurs discours, en « avaient-ils au moins lu les dispositions ? Le « Parti de l’Istiqlal, héritier du Parti « National, et qui compte encore parmi ses « membres, certains inventeurs de la « supercherie du Dahir Berbère… et qui a « profité de son emprise hégémonique sur la « scène politique nationale à l’aube de « l’Indépendance pour imposer cette « supercherie dans le cursus scolaire         « (et l’opinion national) et l’ancrer dans les « esprits, a déclaré solennellement, par la « voie de son organe officiel Al Alam n°1867 « du 16 Mai 2001, à l’occasion de la « commémoration de l’événement, que le « nom des Imazighens a été injustement collé, « au Dahir Berbère et qu’il est équitable de « l’appeler désormais Dahir Colonial. »

Didaf –Agadir O’fella –n°07 vol. 01 Nov. 2004

Mais le peuple amazigh dans sa totalité, tout en étant reconnaissant à S. M. le Roi d’avoir crée l’Institut Royal pour la Culture Amazigh (I. R. C. A. M.) et d’avoir reconnue la langue amazigh comme langue Nationale, revendique que sa langue soit constitutionnellement déclarée langue nationale et officielle. Le Mouvement Culturel Amazigh n’a de cesse de réclamer ce droit et en fait une priorité dans ses revendications.

Conspiration et Collusion avec le Polisario ?

Quant aux adeptes et disciples de ce « Maghreb Arabe », abusés par le préambule de notre Constitution, et le comportement coupable d’un gouvernement arabiste, ils disent et affirment, par leurs discours et leurs écrits qu’ils appartiennent ostensiblement à une communauté particulière distincte du peuple Marocain, communauté arabe notamment apparue nouvellement sur cette « terra-nullus » marocaine, faisant ainsi totalement abstraction des populations amazigh autochtones. Aussi, avec un Maghreb Arabe au Nord et une République Arabe Sahraoui au Sud, le Maroc historique – avec ses populations amazigh- serait pris en tenaille pour sa colonisation et son arabisation complète. Apparemment, l’Etat Marocain ne semble pas soupçonner les buts sataniques de cette collusion. Le peuple Amazigh –quant à lui, était loin de réaliser les dessous perfides que nourrissait ce Maghreb Al Arabi, mais ce peuple Marocain culpabilisé, affaibli, désorganisé et meurtri par une conquête coloniale inhumaine à laquelle il a résisté de 1907 à 1934, sa population décimée, ses cadres et notables humiliés et écartés, complexé devant ces beaux parleurs arabes issus de nos kissarias et de nos msids et dont ils ne comprend pas le langage. Ce peuple amazigh occupé à panser lentement ses blessures, se résigne momentanément devant les caprices et, les rêves des nouveaux maîtres.

Le Sahara occidental  est Marocain et le restera.

En dépit des manœuvres algériennes (et diplomatiques) le Sahara Marocain présente des caractères différents du Sahara central (ancienne possession coloniale Française et actuellement possession coloniale Algérienne) dont le statut reste encore indéterminé et susceptible d’une décolonisation (au profil des Etats limitrophes).

Le peuple Amazigh s’interroge et s’inquiète devant la tournure des événements concernant notre Sahara Marocain. D’emblée nous pouvons dire avec force et conviction que le Sahara occidental est Marocain et le restera en dépit des manœuvres diplomatiques ou pression internationales ou onusiennes qui tendent contre toute logique d’avaliser les thèses Algériennes hostiles au Maroc (petro-gazo-dollars obligent) qui veulent annexer une province marocaine et y installer ses mercenaires Polisario, ce Polisario qui constituera une force à longue échéance. –qu’à Dieu ne plaise- et finira par balayer ses parrains Libyens, Algériens et autres. Du reste l’Algérie aurait pu installer son protégé sur son propre Sahara plutôt que de jeter son dévolu sur le Sahara Marocain. Peut-être pour se ménager une porte sur l’Atlantique ou que le sous sol du Sahara Marocain, révèle des richesses concurrentes à Hassi Baida et Hassi Massoud ? au demeurant, l’on peut s’étonner ici à juste titre que ce monde diplomatique soit resté insensible et devant le harcèlement du Polisario partant du territoire algérien, et devant les camps (qu’elle alimente) de lihmamda où sont incarcérés des Marocains depuis plus de vingt ans ! Mais la responsabilité incombe en premier au Maroc qui se devait d’aller libérer ses enfants et détruire ce nid de guêpes. En effet, ou que l’Algérie exerce sa souveraineté et son autorité sur son territoire, et l’installation sur son sol d’un Polisario Etat dans l’Etat, d’où partait des incursions intolérables contre le Maroc. Ou bien le Maroc serait en droit d’exercer son droit de poursuite … jusqu’à présent, le Maroc s’abstient de réagir (fraternité nord-africaine mal conçue à la lâcheté?). Toujours est-il que le Sahara est une province Marocaine et le restera. Le Peuple Marocain est capable de soutenir pour sa juste cause une guerre sans fin ! Après la Mauritanie, les territoires de l’Est annexées par la France coloniale, Tindouf, le Maroc se rétrécit comme une peau de chagrin. Halte à cette politique d’abandon.

Les mercenaires du Polisario et les partisans du Maghreb El Arabi qui constituent une cinquième colonne dans le pays soient solennellement être avisés qu’ils seront appelés à passer devant les tribunaux pour y subir inexorablement la rigueur de la loi pour haute trahison.

Nulle force au monde ne pourra contraindre le Maroc à se laisser spolier une de ses provinces et à briser son unité !
L’Algérie qui se veut impérialiste et belliqueuse, arrogante et surarmée qui veut imposer son leadership à l’Afrique, qui abrite à son compte un ramassis de mercenaires qu’elle lance sur le Maroc, devait comprendre que de pareils ennuis pourraient bien lui être crées sur son propre sol. L’Algérie veut-elle assurer ses arrières sahariens et conquérir un pays riche de promesses pétrolières, en même temps s’ouvrir une porte sur l’atlantique. Pure utopie ! Nourrie par la complaisance de ses clients occidentaux !
Ce serait vouloir passer sur le ventre de tous les Marocains pour réaliser ce rêve.
D’autre part, l’autonomie dans le contexte politique actuel, appelle inexorablement l’indépendance, qui est elle-même pleine de prétentions. Non à la partition, non à l’autonomie, non à l’annexion !

Une Amazighité toujours vivante, toujours fière de son histoire, toujours fidèle à son identité.

Malgré les vicissitudes de l’Histoire, depuis l’Antiquité à nos jours, malgré les impérialismes qui se sont succédés à vouloir l’asservir, malgré les souffrances subies récemment encore sous les coups des armées franco-espagnoles, avec leur artillerie, leurs chars, leur aviation et leurs enfumages sous les regards réjouis d’une bourgeoisie citadine qui s’affairait à tirer profit de cette conquête coloniale, ce peuple amazigh, même abattu et dont toute revendication ou manifestation, identitaire suscitait le soupçon ou relevait de la trahison ou même de l’apostasie, ce peuple dis-je, est resté fidèle, à sa mémoire collective, à son histoire, à ses traditions, fier de son amazighité, de sa langue et de son identité. Les populations amazigh, longtemps ignorantes et maintenues par nos « uléma » et nos « tolba » dans la crainte « d’un pêché imaginaire », étaient lentes à comprendre le but satanique de l’amalgame « arabité Islam ».

Nous assistons actuellement à une campagne intempestive et tenace menée par ces arabistes où ce Maghreb connu depuis l’Antiquité sous le nom de Berbèrie, nous paraît avoir subi, grâce aux manœuvres sataniques de nos magiciens une mutation impérialiste subite et inattendue démontant l’Histoire et la Biologie, campagne ségrégationniste, raciste et hégémonique et combien néfaste à l’unité nationale, mobilisant la radio, la télévision, les services de l’Administration, la presse et jusqu’à l’école dans ses manuels scolaires appuyés par des enseignants venus d’Orient, s’abusant volontairement par l’interprétation d’un préambule constitutionnel. Mais contrairement à ces manœuvres, le Bloc Maghreb Amazigh, demeure stoïque et sans faille, le substratum, et le creuset des valeurs de ce pays, le symbole de l’authenticité de tout le peuple Maghrébin.

Que n’ont-ils pas enduré ces arabo-andalous, levantins, pour préférer obstinément vivre depuis des siècles en corps étranger dans le corps de la Nation, à laquelle ils refusent de s’intégrer, leur nombre insignifiant, n’était pas, à la hauteur de leurs ambitions politiques. Raciste, isolationniste, d’esprit hautain, cette caste se targuait de culture héritée de familles « illustres » -attestées par des arbres généalogiques apocryphes. Désespérés de ne parvenir jamais à réduire cette masse Amazigh qui leur inspire crainte et aversion, ils vivaient en sociétés fermées de franc-maçon, repliés sur eux-mêmes attendant des jours meilleurs… Ayant réussi à investir le Makhzen – après lui avoir été hostiles- ils se sentirent dès lors en sécurité. Récupérés par le Protectorat comme auxiliaires, enhardis par la défaite de la Résistance, la pauvreté intellectuelle des Imazighens, ils jouent comme sur du velours, se conduisant en maîtres dans ce pays, où ils se taillent des empires de fortune et rêvaient de nous offrir comme une nouvelle Andalousie à un Orient arabo-islamique – pour en mériter un certificat de bonne conduite et un acte de notoriété- considérant le peuple Amazigh comme une réserve qu’il faut réduire ou assimiler au plus vite, craignant un réveil inattendu de ce démon qui viendrait – qu’a Dieu ne plaise- déranger leur jeux et réduire leur domination, ils s’attaignèrent particulièrement à tout ce qui constitue la personnalité amazigh : langue et institutions. Pour peu qu’ils sentent une promotion sociale ou politique chez ce peuple, fut-elle la codification de l’Azref (droit amazigh qu’ils intitulaient « Dahir Berbère ») ou la création de ce collège Berbère d’Azrou, les voilà qui crient au feu et appellent la guerre sainte, faisant vibrer hypocritement la corde religieuse des croyants. Peut être voulaient-ils par ces subterfuges, comme celui de la récitation du latif dans les mosquées, mobiliser les fidèles, pour se racheter à bas prix et se faire oublier leur vile collaboration avec le colonialisme et leur attitude hostile à un Abdelkrim. Après  la réédition et la soumission des Imazighens, ils ont beau jeu de détruire notre Identité, nos institutions, notre culture et notre langue, cette langue dont l’oralité séculaire grève notre insertion dans le concours des nations au progrès et à la civilisation, comme elle a condamné son peuple à un mutisme séculaire, où son Histoire n’a été relatée que de façon mutilée et partiale par des peuples étrangers.

Disloqué, traqué et refoulé dans des zones quasiment arides par une guerre coloniale injuste et tacitement approuvée par l’Etat, le peuple Amazigh, qui en porte encore les stigmates est toujours dans l’attente d’une réhabilitation réparatrice, la récupération de ses terres et de ses biens. Mais qui songe à leurs restituer ces droits, légitimes et imprescriptibles alors que la question est d’actualité chez les Etats voisins anciennement colonisés ? Nos dirigeants, repus et satisfaits et occupés à leurs affaires personnelles, les parades et les cérémonies, nos partis politiques dégénérés qui ont abandonné leur mission, nos parlementaires qui en font un interdit à ne pas soulever – pour peu qu’ils y ont jamais songé, – ces fils  de notables au Pouvoir qui ignorent la géographie de ce pays et jusqu’aux grandes étapes de notre Histoire ? Ce peuple qu’ils manipulent à volonté n’est pas inerte et sans âme et qui est toujours prêt à défendre l’Indépendance et la liberté de ce pays.

Le prix d’une collaboration.

Tout en menant en montagne une guerre d’extermination sans pitié, contre une population amazighe innocente et jalouse de son indépendance et de sa liberté, la France s’assurait en même temps de la collaboration de la bourgeoisie du bas pays et des cités, en l’associant aux « affaires ». C’est ainsi que, entre autre, pour plaire à la bourgeoisie citadine et apprivoiser ses enfants, élèves au collège Moulay Idriss, (et de quelques écoles de fils de notables), Lyautey entoura de toute sa sollicitude ces jeunes promotions « arabes », et les invita à Paris pour  visiter ses merveilles : les cathédrales, les abbayes, les musées, la Scène en bâteau, l’Université, l’Opéra, etc… Beaucoup d’entre eux revinrent mais quelques uns manquèrent à l’appel, l’Eglise ayant eu raison de quelques fils de la Karaouiyine, qui reçurent le baptême et entrèrent dans les « ordres ». Ce collège constitua la pépinière idéale d’où sortirent nos cadres connus sous le nom de « fils de Lyautey ». Avec quelques étudiants débarqués d’Orient, ils donnèrent naissance plus tard à ce « Maghreb Arabe ». Curieusement, ces « nationalistes arabistes »,  combattants « modernes » furent hostiles à la création par le Protectorat, de quelques écoles dans l’Atlas. Ce fut le cas du fameux « collège berbère d’Azrou » (dont les promotions successives prouvèrent la valeur de leur âme bien née), collège dont le Maroc indépendant a effacé le nom pour lui substituer celui de collège Moulay Idriss. Etait-ce par jalousie, que cette initiative louable du Protectorat de créer quelques écoles à la campagne et en pays amazigh, ou par « amour » pour ces compatriotes amazigh que les Français allaient « christianiser » que nos nationalistes préféraient plutôt maintenir dans l’ignorance, pendant que leurs progénitures, à eux, se pressaient sur les bancs des écoles franco-arabes, sans crainte de ce prosélytisme catholique si dénoncé pour l’Atlas mais qui, du reste n’eut de succès que dans nos cités spirituelles ?.

Le choix des caractères graphiques Tifinagh.

Quant au choix par l’I.R.C.A.M. ( Institut Royal pour la Culture amazigh) des caractères graphiques Tifinagh adaptés à la phonétique Amazigh et chargés de symboles, que n’a-t-il pas subi de critique et d’hostilité de la part de ces arabo-islamistes qui auraient aimé que ce choix se porte tout «  naturellement » sur les caractères arabes (Coran et arabité  obligent), afin de conserver ce lien de vassalité, oubliant ou feignant d’ignorer que maints pays musulmans ont conservé leur langue, leur identité et leur culture tout en adoptant le système d’écriture de leur choix (alphabet latin, caractères araméens que les arabes ont adoptés eux-mêmes, alphabet cyrillique…), choix souverain qui n’a rien d’hostile ou d’irréverancieux à l’égard de l’écriture du Coran. Les Imazighens, quant à eux et pour couper court à toute critique ou inféodation, ont rejeté aussi bien les caractères arabes que latins, (combien-même ces derniers aient été utilisés depuis plus de deux siècles et se prêtent mieux à la phonétique et à la transcription de la langue amazigh), préférant adopter leur alphabet propre, le tifinagh, millénaire, et typiquement national, coupant ainsi le cordon ombilical avec toute vassalité et réalisant l’attribut principal d’une langue souveraine qui ne soit ni orpheline ni infirme, ni emprunteuse ! Avec une riche littérature orale et écrite, une grammaire et un système graphique originel.

Création spectaculaire de l’I. R. C. A. M.
         Démission inattendue des Conseillers de L ’I.R.C.A.M. 
   Les arabo-islamistes. Toutes tendances confondues :

Deux courants idéologiques orientalistes tentent actuellement leur fortune au Maroc ; apparemment différents mais visant chacun suivant sa doctrine la désorganisation et la ruine de la personnalité marocaine :

  1. la tendance impérialiste panarabité de ce Maghreb El Arabi, idéologie basée sur la race rêvant d’une ouma arabe où seront rassemblés peuples, nations, et individus – arabes ou arabisés-, qu’ils soient musulmans, chrétiens, athées, noirs ou blancs, usant dans sa propagande suivant les circonstances, de procédés primaires, et de slogans usés, slogans équivoques tel l’amalgame « arabe islam » ou de pétrodollars autrement plus convaincants, afin de falsifier l’Histoire des peuples, leur identité et leur culture, et balayer toute réticence.
  2. La seconde tendance, universaliste, arabo islamiste des fondamentalistes musulmans, toutes tendances confondues (frères musulmans, intégristes, radicaux, etc…) qui prêche «  le retour aux sources » pour ramener ces peuples égarés à un purisme des temps protoislamiques, sacrifiant ainsi les progrès matériels, sociaux et moraux de tant de générations afin de ramener ces dévoyés aux moeurs saines des chameliers faméliques de l’Antique Arabie.

 

La création spectaculaire de l’Institut Royale pour la Culture Amazigh.

La création de l’I. R. C. A. M. (Institut Royal pour la Culture Amazigh) en l’an 2000 a fait coulé beaucoup d’encre et suscité beaucoup d’espoir et de joie parmi le peuple amazigh. Cet Institut naissant, occupé pour longtemps encore à résoudre ses problèmes d’organisation et de fonctionnement, n’est toutefois qu’un laboratoire, chargé de la recherche pour la promotion de la langue et de la Culture amazigh, mais ne jouit toutefois d’aucune compétence politique ; a malheureusement dés les débuts da sa création, affaibli et désorganisé, indirectement, certes, le mouvement culturel amazigh. Celui-ci soupçonneux et  souvent déçu par la politique gouvernementale est septique, sinon hostile à la création de cet Institution qui constitue à ses yeux un leurre conçu pour tromper le peuple Amazigh et endormir sa vigilance, et non une solution honnête et suffisante pour satisfaire ses revendications ; en outre, il estime que c’est là une manœuvre politique destinée à désorganiser et disqualifier le Mouvement Amazigh dans ces revendications légitimes en lui substituant aux yeux du peuple un Institut aux compétences somme toute limitées.

D’autre part, cet Institut qui a encore tout à « apprendre », a quelque peu outrepassé ces compétences, en se prêtant innocemment à l’élaboration de programmes et de manuels scolaires qui loin de chercher à unifier la langue consacrèrent pratiquement la reconnaissance des trois dialectes au Maroc. Plutôt  que d’unifier la langue, ces programmes et manuels pleins d’erreurs s’avèrent dés les débuts déroutants sinon catastrophiques. Au demeurant, l’initiative dans ce domaine, devait relever de la compétence et de la responsabilité principales du Ministère de l’Enseignement.

La démission spectaculaire d’un groupe de conseillers vise principalement le Ministère de l’Enseignement.

C’est ainsi que devant ces arabo-islamistes qui cherchent à vider de leur substance les directives Royales ; devant les réticences, disons le blocage et l’hostilité des Ministres de l’Enseignement, de la Culture et de la Communication et devant un Conseil d’Administration de l’I. R. C. A. M. dépourvu de toute initiative ou contrôle, et réduit à une assemblée de « Beni oui oui », pour avaliser le Budget annuel et ergoter sur des futilités, un groupe de Conseillers ont estimé de leur devoir de se retirer de cet Institut afin d’appeler l’attention du Pouvoir sur cette situation quasiment bloquée et de dégager leurs responsabilité, réduite en fait à cautionner moralement aux yeux du peuple, par leur simple présence au Conseil, une politique gouvernementale incertaine et dilatoire. En plus la présence inattendue de certains Délégués Ministériels au sein du Conseil d’Administration semble n’être à ce jour d’aucune utilité,  et donne à réfléchir…

Dépourvu de toute compétence politique et sans audience auprès des responsables ministériels, cet Institut doit se limiter, comme le stipulent d’ailleurs ses statuts, à effectuer son travail de recherche –dans ce domaine si vaste- de la langue et de la culture, ainsi que de dispenser – à la demande- ses avis et conseils aux services de l’Etat. Devant cette situation où la promotion de l’ Amazighité est sciemment bloquée justement par les ministres qui en ont la charge, et devant l’hostilité –de jour en jour- évidente par ces arabistes négligeant les directives royales, un groupe de Conseillers d’Administration de l’IRCAM (Institut Royal pour la Culture Amazigh) ont pris la décision de dégager leur responsabilité en se retirant de cet Institut (voir ci-après la lettre de retrait exposant les raisons qui ont motivé ce retrait). Ce geste fut ressenti comme un séisme. Les démissionnaires (parmi lesquels figurait l’auteur de ces lignes) furent convoqués à deux reprises par le Conseiller de sa Majesté chargé du suivi de l’IRCAM pour l’informer des raisons de ce fâcheux incident. Nos réponses furent claires, fermes et honnêtes suivis d’un refus respectueux au retour à l’IRCAM, qui constitue un leurre aux yeux du Mouvement Amazigh. Ainsi :

      - Vu le blocage manifeste du processus qui devait être engagé pour la promotion de l’amazighité, notamment dans le domaine de l’Enseignement, de la Communication et de la Culture.

      - Vu l’audience quasi nulle que vouent les services gouvernementaux à un IRCAM d’ailleurs frileux.

- Vu notre souci de ne plus paraître aux yeux du Mouvement Culturel Amazigh, cautionner par notre présence à l’IRCAM une opération « politique » spectaculaire que les Imazighens s’ils la considèrent comme un acquis théoriquement essentiels, mais « réduit » dans ses activités et son influence. Pour ces raisons l’invitation à retirer notre démission fut un refus courtois tant que des faits concrets ne viennent apporter les changements à cette situation, notamment :

- Une déclaration autorisée déplorant ce douloureux blocage dont il faudra déterminer les causes et dénoncer les responsables.
- Un engagement du gouvernement à concrétiser honnêtement sans réticence ni louvoiement les Hautes déclarations royales d’Ajdir- Khénifra.
- Un engagement du Rectorat de l’IRCAM à associer honnêtement son Conseil d’Administration dans le rôle qui lui revient.
L’I. R. C. A. M. est certes une création hautement bénéfique autant qu’indispensable pour la promotion de la langue et de la culture amazigh. C’est une réalisation nationale importante et un acquis précieux pour la Mazighité. Il est doté d’un budget confortable et bénéficie de la haute protection de S. M. le Roi ! Ce Monde Amazigh, ne peut que s’en féliciter, comme il en demeurera éternellement reconnaissant à  son fondateur  S. M. Le Roi Mohamed VI.

Cependant le peuple Amazigh prend amèrement acte de la politique équivoque du gouvernement et perd ainsi ses illusions et sa confiance en ces Ministres Arabistes d’Al Maghreb Al Arabi !
La population Amazigh, désabusée,  perplexe et ainsi méprisée est d’ailleurs habituée depuis longtemps à ce genre de promesses sans lendemain. Elle appréhende avec soucis et inquiétude les prétentions cyniques et les rêves de ce «  Maghreb Al Arabi ». Tout en lui vouant un profond mépris, le peuple amazigh en suit attentivement les divagations.

Assainissement et réaction à l’imposture.
 Mais réalise-t-on où allons nous de ce pas ? Quoi qu’il en soit, dans le brouillard et la confusion nous y allons tout droit ! Les échéances nous forcent à choisir :

Ou ces apprentis sorciers lèvent le masque et choisissent de s’intégrer honnêtement à ce peuple amazigh, principalement par la langue dont l’enseignement est obligatoire, et accepter sans réticence ni arrière pensée de vivre un destin commun sans lorgner à l’Est ou à l’Ouest à la recherche d’une paternité. C’est là une occasion qui leur est offerte pour les sortir de ce flou qu’ils ont nourri depuis des siècles, et contribuer à la construction d’une nation homogène. Dans le cas contraire, où ils s’entêtent – têtus comme la chèvre de Mr Seguin- à aller vivre dans la montagne et à rester comme un corps étranger, dans le corps de la Nation, et nourrir des projets chimériques et antinationaux, ils en assumeraient la responsabilité et s’exposeraient à des poursuites judiciaires pour haute trahison et à la déchéance de la nationalité marocaine et à l’exode. Du reste la voie est toujours ouverte pour ces irrédentistes qui voudront faire leur valise et quitter ce pays pour émigrer vers la Terre Promise, cet Orient arabe, leur paradis terrestre. Qu’ils se dépêchent alors car « l’Orient –expresse » est prêt à partir…

D’ailleurs, il s’en trouve beaucoup parmi ces concitoyens qui se sont dotés de passeports et de nationalités étrangères. Ce ne serait pas une atteinte à leur liberté de circulation que de mettre un terme à ces procédés suspects qui mettent en doute leur loyauté envers la nation d’origine. Cette acquisition de plusieurs passeports ou de nationalités étrangères est une précaution pour qu’en cas de poursuite ou que leurs privilèges prennent fin et qu’ils voudraient « mettre les voiles ». L’acquisition de nationalités étrangères –en dépit des avantages et facilitées d’établissement qu’elles procurent, est en tout état de causes condamnables. La solution à cette situation hybride résiderait dans des conventions bilatérales entre Etats, réglant les modalités d’établissement. En cas d’acquisition de nationalité étrangère, la position la plus logique serait la déchéance de la nationalité d’origine !

- Devant la répartition inégale des richesses et l’attribution illégale d’une partie du patrimoine national, et les privilèges accordés à une classe bourgeoise bien connue, d’où est exclue le peuple Amazigh,
- Devant la politique discriminatoire qui frappe le peuple amazigh sur tous les plans (politique, culturel, administratif, économique, judiciaire et social).
- Devant la confiscation de ses droits identitaires, culturels et linguistiques, malgré les Hautes déclarations Royales de l’an 2001 à Ajdir par lesquelles Sa Majesté Mohamed VI reconnaît solennellement à l’Amazigh son caractère de langue nationale et prescrit son enseignement obligatoire à tous les Marocains, afin de réconcilier ce peuple avec lui-même et avec son Histoire, et faire de ce pays un havre de paix, de prospérité et de démocratie.

- Devant les Services de l’Administration Publique et des Tribunaux où le citoyen amazigh se voit toujours interdire de s’exprimer dans sa langue maternelle et, faute d’interprète, (dans son pays – ô ironie du sort) !- de baragouiner un arabe approximatif pour réclamer ses droits.

- Devant l’attribution désinvolte et scandaleuse de ses terres et richesses, récupérées sur la colonisation.

- Devant la paupérisation continue d’un monde amazigh réduit au chômage et à l’exode pour avoir perdu ses biens, ses terres, ses sources, ses pâturages, ses forêts, ses structures sociales  et ses institutions.

- Devant un enseignement de la langue amazigh qui devait être général et obligatoire mais qui est réduit à une vaste comédie qui ne trompe plus personne par les manœuvres hypocrites et dilatoires d’un gouvernement et de ministres, arabistes et arabisants.

- Devant les Services de l’Information, l’audiovisuel et la presse qui usent d’un arabe littéraire –recherché - mais ignoré du peuple – pour  nous intoxiquer de ces productions orientales et nous donner les nouvelles du globe et du football excepté les nouvelles du Maroc profond. « Maroc dit-on Inutile »- dont les populations partagent  pourtant notre destin commun et participent à l’économie du pays par le labeur, les taxes et les impôts et ne manquent jamais au devoir de se dresser comme un seul homme pour la défense de l’unité et la liberté nationales,

- Devant ces plans économiques et sociaux annoncés à grand bruit mais qui ne voient que rarement leur réalisation dans nos régions oubliées.

- Devant le silence total de l’Etat sur l’éventualité d’une réhabilitation des résistants amazigh à la pénétration coloniale, de 1907-1934, et d’une réparation juste et légitime à leurs souffrances, alors que des allocations scandaleuses sont attribuées généreusement à de soi-disant résistants des années « 50 », combien-même ils n’étaient pas encore nés à cette époque.

- Devant l’attitude, hostile de nos dirigeants arabistes (gouvernement, administration, certains partis politiques, presse, radio, télévision, tous adeptes d’Al Maghreb Al Arabi) en réponse irrévérencieuse et négative aux nobles déclarations Royales d’Ajdir-Khénifra sur la promotion de l’amazighité, alors que ce jour devait être déclaré férié, fête nationale  et anniversaire d’un événement historique jetant les bases rationnelles de l’unité Nationale.

- Devant les tergiversations, -disons le blocage- du Ministère de l’Enseignement aux Directives de S. M. Le Roi et aux Dispositions du Dahir concernant  la promotion et l’enseignement obligatoire de la langue amazigh.

- Devant cette scandaleuse falsification de l’Histoire, trafiquée et clamée tous azimuts, par les arabistes d’Al Maghreb Al Arabi, allant jusqu’à influencer la Constitution, à falsifier  les programmes scolaires, à investir les organes de l’Etat (Gouvernement, Justice, Administrations, Information, Presse, Radio-Télévision…) où le Maghreb Al Aqsa est devenu Al Maghreb Al Arabi, ce Maghreb Al Arabi qui défie, méprise ou feint d’ignorer une population berbère autochtone immense !

- Devant cette conspiration antinationale, cette trahison des adeptes d’Al Maghreb Al Arabi menée scandaleusement et ouvertement à l’aide des appareils de l’Etat.

- Devant l’incurie des autorités face à cette compagne déviationniste qui menace l’Unité Nationale et sa stabilité qui jette par une propagande séparatiste le trouble dans les consciences.

- Devant le silence déconcertant occultant la Berbèrité du Sahara, faisant du Polisario, l’allié de nos arabistes d’Al Maghreb Al Arabi, le laissant militer pour sa République Arabe Sahraoui, les deux prenant ainsi en tenaille ce Maroc amazigh traditionnel.

Vu les récentes déclarations hostiles à l’amazighité, proférées par le Président d’un grand parti politique et Ministre d’Etat dans le gouvernement de sa Majesté, déclarations sans ménagement envers la population amazigh, qui constitue encore paradoxalement une grande masse de son parti. Les berbères ne s’émeuvent ni ne s’indignent des propos sortis de la bouche d’un leader de l’Istiqlal, connaissant depuis longtemps la haine que voue ce parti à ces « montagnes lointains, grises et mystérieuses » qui lui inspirent l’effroi.

Le verre est plein et prêt à déborder.

 En conséquence nous déclarons solennellement que le verre est plein et prêt à déborder.
Telle est une vue succincte de l’état de santé de la Nation, qui appelle des mesures urgentes, courageuses et énergiques :

- Mettre un terme à ce jeu dangereux et à cette campagne subversive et antinationale à laquelle se livrent certains égarés pensant naïvement à la faveur d’une conjoncture qui leur est favorable, mais toute passagère, falsifier l’Histoire et le Réalité par une simple substitution de noms et une arabisation forcée où le Grand Maghreb (Tamazgha : Berberie) devient comme par enchantement un « Maghreb El Arabi ». Cette politique et cette campagne aberrante et dissolvante de la Nation, est inspirées et financées par certains Etats arabes en mal de se redorer le blason, mais manifestement en retard sur notre époque. Ces visées hégémoniques étrangères semblent trouver chez nous des adeptes naïfs et irresponsables. A défaut d’une réaction énergique rappelant à l’ordre ces égarées, nous risquons de voir le Maroc précipité dans une spirale dangereuse et irréversible.

- Procéder honnêtement à la révision de la Constitution, où le Maroc sera dit « partie intégrante » du Grand Maghreb et solidaire des pays arabo-musulmans et Africains.

- Déclarer la langue amazighe, langue nationale et officielle au même titre que la langue arabe.

- Rendre effective et sans atermoiement ni réticence les déclarations Royales d’Ajdir-khénifra et les dispositions du Dahir relatives à la promotion de la Culture et de la langue Amazigh, dont l’enseignement doit être général et obligatoire à tous les Marocains.

- Création de centres d’enseignement obligatoires de la langue amazigh à tous les fonctionnaires – à l’exemple de ce qui se faisait du temps du Protectorat -, avec délivrance de diplômes, attribution de primes et promotion de carrière.

- Déclarer férie, chômé et fête nationale, le jour anniversaire des Hautes déclarations Royales d’Ajdir-khénifra.

- Pour lever le blocage de l’enseignement de la langue amazigh et de la promotion de l’amazighité en général, et sortir franchement du brouillard, sciemment entretenu par ces adeptes d’Al Maghreb Al Arabi, et abandonner les habitudes manouvrières malhonnêtes, il faut se décider à repartir sur des bases nouvelles, notamment :

- Reconnaissance officielle et constitutionnelle de la langue Amazigh, avec un enseignement général et obligatoire.

- Création d’un ministère chargé de la promotion de la Mazighité (enseignement, culture, communication et promotion sociale, etc.…) en collaborant avec les autres départements ministériels pour la réalisation des directives royales.

- Création avec d’autres ministères de commissions mixtes pour le suivi des programmes élaborés à cet effet. D’autre part : pour la stabilité sociale et la tranquillité des esprits, nous préconisons entre autre :

- Révision des noms de rues, de parcs, de monuments et édifices publics, de plaques commémoratives et signalétiques, topographiques et toponymiques, dont l’appellation  actuelle insulte quotidiennement les consciences dénature et brouille un paysage national traditionnel ;

-  Liberté et droit pour chacun de réviser son propre nom, s’il l’estime imposé ou mutilé par un agent de l’Etat Civil peu consciencieux.

- Que l’ostracisme inique qui frappe l’inscription des noms amazigh, sur les registres de l’Etat Civil soit levé avec liberté pour chacun de choisir le nom à donner à sa progéniture.

- Reconnaissance officielle de la Résistance Nationale à la conquête colonialiste de 1907 à 1934, et élévation de stèles commémoratives réhabilitant les héros tombés au champ d’honneur, comportant l’inscription des noms des martyres, en arabe et en tamazight.

D’autre part :
- Réhabilitation du peuple Amazigh, héros et martyre de la Résistance au colonialisme et le rétablir dans sa dignité et ses biens.
- Procéder à une répartition équitable des richesses nationales (domaines de l’Etat ; terres récupérées sur la colonisation, établissements industriels, commerciaux, bancaires, assurances, transports etc… ) qui ont été souvent l’objet d’une attribution abusive, discriminatoire, d’où l’Amazigh est généralement exclu.
Le peuple Amazigh revenu de ses illusions, s’aperçoit amèrement que ses sacrifices, sa fidélité à la Nation, sa patience, sa bonne foi et ses espérances n’ont pas été payées de retour, et qu’il reste victime depuis longtemps, d’une Administration bourgeoise et arabiste qui use cyniquement de procédés politiques divers, racistes et discriminatoires, planifiant ainsi le génocide de son Identité
Telles sont ci-dessus énumérées quelques remarques et revendications, sages et légitimes unanimement exprimés par le Peuple Amazigh afin qu’il puisse accéder à une citoyenneté à part entière  dans ce Maroc, pays dit de droit, sous la Haute Garantie de l’Arbitre Suprême S. M. Le Roi.
Quant aux autres revendications, principalement d’ordre politique, elles constituent un problème d’une autre dimension.

 

  

A propos de l’interdiction du Parti Démocratique Amazigh :

Les arguments avancés par le Ministère de l’Intérieur interdisant le Parti Démocratique Amazigh renforcent notre position de plaider contre cette politique gouvernementale érigée en principe « deux poids-deux mesures » le Parti Démocratique Amazigh est une formation légitime et une formation de légitime défense contre cette hégémonie colonialiste arabe, qui s’installe au Maroc et mine les consciences et l’Unité Nationale. Nous somme ici pour dénoncer et faire le procès de cette politique des deux poids -deux mesures et nous en appelons à l’opinion nationale et internationale pour mettre un terme à cette politique raciste qui mine l’authenticité et l’intégrité de Tamazgha et l’Unité Nationale, fustiger et mettre hors la loi ceux qui s’abritent derrière des mots contre nature : d’arabe, d’arabisme, de nations arabes.
Que le gouvernement prenne immédiatement des mesures mettant hors la loi tout mot et appellation de nature à falsifier l’Histoire et l’Identité Nationale.
Plut à Dieu que nos sonnettes d’alarme soient entendues. Amen, et malheur à celui par qui le scandale arrive.

Docteur OUSADDEN A. H.
        



 


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