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La politique musulmane de la France au XXème siècle

Pascal Le Pautremat, La politique musulmane de la France au XXème siècle. De l'Hexagone aux terres d'Islam. Espoirs, réussites, échecs . Maisonneuve et Larose, Paris, 2003. 565 p. Préface de Ch. R. Ageron.

Voilà un pavé qui grouille de détails et qui va faire le bonheur des chercheurs. Le sujet de l'Islam et des Musulmans étant en vogue, cette recherche tombe à point nommé pour rappeler l'histoire d'un sujet dont les ramifications, sous le feu de l'actualité, connaissent des développements vertigineux. On y découvre un contenu loin des préoccupations d'aujourd'hui, même si celle-ci, à mon avis sont tributaires, entre autre, de celles là. P. Le Pautremat nous relate l'histoire d'un organisme chargé d'une «politique musulmane» dans le contexte colonial français, qui ne l'oublions pas, pouvait se déclarer, à la vielle de premier conflit européen du XX°, une nation musulmane comme le disait le ministres des Colonies devant la Chambre des députés, le 5 avril 1911. Le 25 juin de la même année, un décret a crée la Commission Interministérielle des Affaires Musulmanes (CIAM). Nous voilà au cœur du sujet de l'ouvrage. Cette notion de « politique musulmane», on la doit selon l'auteur, à Alfred le Chatelier, militaire de carrière et ancien des «Bureaux Arabes» et des «Affaires indigène» d'Algérie, devenu un éminent savant des choses de l'Islam et des Musulmans. Le chatelier fût aussi le Professeur et créateur de «leur» chaire au Collège de France. Dans un article manifeste publié dans la Revue du Monde Musulman en 1910, il avait exposé l'idée de créer une institution consultative de préparation et de contrôle des questions musulmanes. Grâce aux archives, Le P. Le Pautremat a reconstitué le puzzle de tous ce qui est relatif à cet organisme où le Ministères des Colonies, de l'Intérieur, des Armées, des Affaires Etrangères se sont occupés de ce qui est devenu les Affaires musulmanes de la France. La France musulmane de l'époque comprenait ses colonies au Levant, en Indochine, en Afrique de l'Ouest et en Afrique de Nord. Mais qu'est ce que les Affaires musulmanes ? La politique musulmane de la France se limite principalement à une politique indigène en Afrique du Nord, plus particulièrement en Algérie (p.45). Nous sommes donc fixés qu'il s'agit d'une question des indigènes musulmans d'Algérie, ramenée à cette dimension, elle porte plus sur l'indigène colonisé que sur ses croyances ou les institutions chargées de la gestion des activités collectives des croyants colonisés par la France. Quoi que. Le CIAM va d'abord s'illustrer dans la gestion des Affaires des Musulmans dans l'Armée coloniale française, surtout avec la grande guerre et la propagande islamique de l'axe germano-turc. Après la guerre, il se pencha sur l'islamisme, le panislamisme, le Califat, les Senoussis, les pèlerinages de la Mecque , le droit musulman, l'immigration, la culture, l'enseignement, les hôpitaux, les mosquées et les cafés maures. Le Pautremat relate en détail les différents thèmes et sujets développés par l'organisme on s'appuyant sur toutes les correspondances et rapports relatifs aux différentes décisions. Il a pu suivre et reconstituer le fil des préoccupations politiques relatives aux «questions musulmanes» et leur évolution jusqu'à la seconde guerre. La suite est connue. Le Pautremat termine son magistral travail de fouilles aux relations de la France avec ses musulmans, les pays musulmans, et ses choix face à de «nouvelles menaces».et les échecs de ses relations avec l'Irak et les pays du wahabisme et de l'or noir. Ce qu'on peut résumer dans la fameuse «politique arabe» de Paris, «de Barbès à Bagdad» pour parodier une célèbre formule des années quatre-vingt de J. Berque.

Le Pautremat livre ainsi à la communauté des chercheurs un éclairage des plus instructifs sur une autre dimension des «affaires musulmanes», loin des manuscrits, des traités de jurisprudence, des marabouts, des zaouias, des oulémas et de la chariaâ. Une mention particulière à la bibliographie qui occupe plus 30 p. en plus d'une rapide chronologie, l'auteur a fourni un Glossaire et un Index des noms propres. Ce volet «islamique» de la politique coloniale pourrait éclairer trois autres volets de cette politique, à savoir la politique «arabe», la politique «juive» et la célèbre politique «berbère» sur lesquels de nombreuses fausses idées sont répandues y compris dans le champ savant ! Les autochtones sont, selon les circonstances et des objectifs ou des sujets, des «indigènes», des «Arabes», des «Musulmans», des « Juifs » ou des «Berbères». Curieusement, Imazighen furent les principaux concernés par ses «sobriquets» qui en disent long sur leur situation actuelle résumée souvent dans une «question berbère». Question de sémantique ?




Auteur: Mustapha El Qadéry


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